Philippe DURAND-RUEL

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Message  Invité Ven 8 Nov - 21:14



Ce camarade aussi valeureux que fantasque nous a quittés le 8 mars 2016.

Philippe DURAND-RUEL Durant10

Toujours accompagné de sa chère Denyse, il ne loupait pas une seule réunion . Mais, depuis plusieurs mois, nous avions discrètement vu son allure flamboyante s'altérer sous l'effet de la maladie.
Son fidèle camarade du 1er REP, Georges Labriffe, dont la carrière avait, elle aussi, été brisée, lui a adressé un message d'adieu émouvant au cours d'une réception en son hommage, dont nous extrayons les éléments suivants.

"Philippe était un personnage complexe, un caractère affirmé, un homme de passion : mélange détonnant pour un parcours atypique...D'une famille mondialement connue dans le domaine de l'art, il avait là un avenir tout tracé...Au lieu de quoi il s'en détache, s'engage dans l'Armée en 1947.

Au Maroc d'abord. Puis c'est l'Indochine en 1949, au Tonkin, avec le 1er Régiment de Chasseurs...Quadrillage, actions défensives...Blessé, deux fois cité.
Il côtoie la Légion et les grandes unités d'intervention, qu'il aimerait rejoindre. Il aurait pu être rapatrié, mais signe un nouvel engagement.
De retour en métropole il postule pour l'ESMIA, rejoint la promo de Saint Cyr "Ceux de Dien Bien Phu"...Poursuit sa formation à Saumur. Il est affecté au 2ème REC. Au Maroc d’abord - où Denyse, son épouse, le rejoint et ne le quittera plus- puis c'est l'Algérie.
D'abord Sidi Bel Abbès, la Mecque de la Légion...Comme il dit n'avoir aucun goût pour l'instruction, il demande à rejoindre un régiment opérationnel.
C'est fait, en juin 1957 : le fameux 1er REP, dont la base arrière est à Zeralda. C'est un régiment d'exception, dont beaucoup de cadres ont connu la plupart des conflits. Successeur du 1er BEP, deux fois décimé (RC4 et Dien bien Phu). Il commence par avoir un Chef de Corps remarquable, un monument : le Colonel Jeanpierre.

Philippe se fait vite remarquer comme l'un des meilleurs. De 1957 à 1962, les opérations se succèdent sans ménagement mais avec succès. Blessé une deuxième fois en 58, il décroche 4 citations dont 3 palmes, puis la Légion d'Honneur.

Au grade de Capitaine, fin 60, il commande la Compagnie Portée.
Après tant de sacrifices et tant d'abandons annoncés, la révolte est déclenchée...Philippe est chargé d'investir le "GG", grand immeuble du Gouvernement Général, au centre d'Alger. En vrai cavalier, il a le culot de barrer la route au Général Gambiez,
commandant en chef en Algérie. Celui-ci lui dit : "de mon temps, les lieutenants ne répondaient pas ainsi aux généraux". A quoi Philippe répondit : "de votre temps, les Généraux ne bradaient pas l'Empire !", ou quelque chose d'approchant.

Fin du putsch, vécu au Régiment comme un hara-kiri collectif qui témoignait de l'inanité des sacrifices consentis pour une cause sans issue politique réaliste.
Philippe assume, il est condamné à deux ans de prison avec sursis. La potion est bue jusqu'à la lie. Philippe reste plein d'amertume et de rage intérieure.
Mais son caractère passionné résiste. Il s'investit complètement dans l'art contemporain. Avec l'aide de Denyse, sa réputation de collectionneur avisé dépasse les frontières nationales."
Georges Labriffe termine par un adieu fraternel à son fidèle camarade.



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