Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Novembre 2019
LunMarMerJeuVenSamDim
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930 

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 26 utilisateurs en ligne :: 1 Enregistré, 0 Invisible et 25 Invités :: 1 Moteur de recherche

    junker

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 238 le Jeu 14 Nov - 21:29
    Statistiques
    Nous avons 225 membres enregistrés
    L'utilisateur enregistré le plus récent est Spduvar

    Nos membres ont posté un total de 2603 messages dans 939 sujets

    LE PÈRE BROTTIER

    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

    Aller en bas

    LE PÈRE BROTTIER Empty LE PÈRE BROTTIER

    Message par LOUSTIC



    Fondateur du corps des aumôniers volontaires, et lui-même sur le front de 1914 à 1919, le père Daniel Brottier se donne entièrement à sa mission auprès des soldats.
    Récit des années de guerre de celui qui deviendra directeur des Orphelins Apprentis d’Auteuil de 1923 à 1936.



    LE PÈRE BROTTIER Pzore_10

    Août 1914 : création du corps des aumôniers volontaires.

    3 août 1914. L’Allemagne déclare la guerre à la France. Daniel Brottier, 38 ans, missionnaire de la congrégation du Saint-Esprit, est réformé pour cause de migraines incessantes. Mais il n’envisage pas de rester sans rien faire. Avec son confrère le père Trilles, il a l’idée d’un corps d’aumôniers volontaires (1) qui vivraient au quotidien sur le front, aux côtés des soldats. Ils exerceraient leur ministère de prêtre en première ligne des combats et apporteraient leur secours aux blessés et aux mourants. Relayé par Mgr Le Roy, leur supérieur, et Albert de Mun, député du Finistère, ce projet est accepté dans la foulée par René Viviani, président du Conseil.

    Mobilisé le 26 août 1914, Daniel Brottier est envoyé dans la 26ème division d’infanterie, (105ème et 121ème régiments), dans l’Oise, la Belgique, la Somme et l’enfer de Verdun à quatre reprises… Son courage, son humour et sa proximité avec les soldats comme avec les officiers, le font tout de suite remarquer. Tout comme sa volonté de rendre leur quotidien moins inhumain.

    En mars 1915, il écrit à Mgr Le Roy : « Je suis dans un secteur où les troupes occupent les tranchées depuis déjà longtemps (…). Il m’a semblé que ma visite leur serait beaucoup plus agréable si elle leur était de quelque utilité, non seulement spirituelle, mais matérielle. Et j’ai songé à la photographie… » Un équipement lui est immédiatement octroyé par son évêque. L’œuvre de la photographie du soldat est née. Il sillonne le terrain, photographie les soldats et envoie leur photo aux familles, favorisant un lien essentiel.

    Plus tard, ce sera L’œuvre du sous-vêtement du soldat pour rééquiper les blessés guéris, complètement démunis. Il écrit aussi longuement aux mères et aux veuves des soldats tombés au combat. La prière, mais aussi l’accueil des confidences de ces hommes, sont au cœur de son ministère.

    Son souci des hommes est aussi visible au plus fort des combats. En mars 1916, à Verdun, un ordre d’attaque totalement impréparé voue les hommes de sa compagnie à la mort ; ne parvenant pas à convaincre l’officier supérieur de modifier ce plan, il l’invite alors à mener l’assaut en tête avec lui… Après visite du terrain, les instructions sont modifiées !

    Sur le terrain, uniquement équipé de sa croix rouge de brancardier et de sa croix d’aumônier, il est aux côtés des hommes qui se lancent dans la bataille. Comme en septembre 1916, lors de la célèbre attaque du Bois Triangulaire dans la Somme, où il laisse une partie de sa soutane dans les barbelés. Son implication crée l’étonnement. Un jour, en pleine bataille, Daniel Brottier entend un dialogue dans le trou d’obus voisin du sien : « Ah dis donc, si on était aumônier, on ne serait pas là. - Mais si, le nôtre est toujours avec nous. -Penses-tu, il est avec la seconde vague ! » Il saute alors hors de son trou pour les rejoindre et leur offrir des cigarettes…

    En 1917, le combat de Saint-Quentin est une page glorieuse du 121ème : « Le père Brottier, notre brave aumônier, se prodigue. Parti selon son habitude en tête des vagues d’assaut, laissant une deuxième soutane dans le fil de fer, il parcourt toute la ligne, impassible sous les bombardements, pour apporter le secours de son ministère aux blessés et aux mourants. »

    En août 1917, de nouveau à Verdun, le colonel Janson raconte : « Les obus pleuvaient de toutes parts, le père remontait le moral de chacun. Et quand on lui disait : « Vous, vous n’avez pas peur de la mort ! » Il répondait : « Ne croyez pas cela ! J’ai la trouille autant que vous ! » Pourtant, pour les soldats, « le père Brottier, c’était le réconfort. Chaque fois qu’il arrivait, il faisait rire tout le monde, même sous les marmitages les plus intensifs… »
    La guerre s’achèvera pour lui en mai 1919 en Allemagne où il a suivi les troupes d’occupation.

    Lorsqu’il se retourne sur ses années de guerre, Daniel Brottier a cette réflexion : « On m'appelait l'aumônier verni. Il est vrai que, souvent exposé, j'ai été préservé des pires dangers comme par un miracle perpétuel. Mes habits ont été troués, déchirés, je n'ai jamais eu de vraies blessures… » En 1919, Mgr Jalabert, son ami et supérieur pour l’œuvre du Souvenir africain (2), lui montre la prière qu’il avait écrite dans son bréviaire : « Petite sœur Thérèse, gardez-moi mon père Brottier. » Celui-ci découvre alors la jeune carmélite de Lisieux à qui il confiera à nouveau (3) les Orphelins Apprentis d’Auteuil, lorsqu'il prendra la direction de l'Oeuvre.

    Il poursuit : « S’il me fallait recommencer ce que j’ai fait à Verdun et dans la Somme, je ne le pourrais plus. Je ne pourrais plus porter des blessés sur mon dos, demeurer des nuits et des journées entières dans les trous d’obus sous des bombardements insensés, sourire et plaisanter quand on se sent abruti par le froid, la faim, la fatigue, le sommeil et la peur. Voyez-vous, tout cela, c’est quelque chose de surhumain. » Plus tard, il ajoutera : « Si j’ai fait quelque chose de bien, c’est pendant la guerre que je l’ai fait. »


    (1) En 1914, les 150 aumôniers militaires en titre sont à l’arrière du front, les prêtres ordonnés avant 1905 vont dans les services de santé, les autres prêtres et les séminaristes intègrent le corps des combattants.
    (2) La construction d’une cathédrale à Dakar, au Sénégal
    (3) L’abbé Muffat, son prédécesseur, l’avait fait début 1923.


    Père Daniel Brottier, brève biographie
    1876 naissance à La Ferté Saint-Cyr, diocèse de Blois
    1899 ordination sacerdotale
    1902 entrée dans la congrégation du Saint-Esprit
    1903-1911 missionnaire au Sénégal
    26 août 1914–20 mai 1919 aumônier volontaire
    1918 création de l’Union nationale des combattants avec l’aide de Clémenceau
    1923-1936 directeur des Orphelins Apprentis d’Auteuil
    25 novembre 1984 béatification à Rome.




    Apprentis d'Auteuil

    _________________
    « La France n’est plus que silence. Elle est perdue quelque part dans la nuit, tous feux éteints, comme un navire. Sa conscience et sa vie spirituelle se sont ramassées dans son  épaisseur » (Antoine de Saint-Exupéry)
    LOUSTIC
    LOUSTIC

    Messages : 30
    Points : 1167
    Réputation : 89
    Date d'inscription : 30/04/2019
    Age : 59
    Localisation : Vimines

    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut


     
    Permission de ce forum:
    Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum