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    Hommage au CNE GAUVIN en 2011

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    Hommage au CNE GAUVIN en 2011 Empty Hommage au CNE GAUVIN en 2011

    Message par amarante


    Hommage au CNE GAUVIN en 2011 Tg10


    Mon cher GAUVIN, m’est revenu très vite à l’esprit ton visage. Comparable à celui de tant d’autres jeunes lieutenants bien sûr, et pourtant si singulier.
    Ce visage était doux, illuminé d’un regard bleu clair, ardent, mais que l’on ne pouvait manquer de trouver tendre. Il reflétait une sérénité surprenante pour ton jeune âge, une franchise absolue, et surtout, une immense humilité. Rien d’étonnant à ce que ce fût là le premier trait de ton caractère, tu n’aurais pu le cacher.

    Pourtant, major de ta promotion de Saint-Cyr, ce rang t’avait déjà valu l’honneur d’en porter le drapeau et de voir ton nom gravé sur un marbre célèbre, à Coëtquidan.
    Dans le grand hall de l’amphithéâtre Napoléon, tu y côtoies pour toujours des soldats qui ont fait notre histoire et dont certains furent autrefois connus de tous les Français.

    Ton parrain de promotion, lui, se nommait Beaumont. Avant de mourir en Algérie à la tête de sa compagnie, ce jeune capitaine s’était couvert de gloire en Indochine, au 1er régiment de chasseurs parachutistes… le régiment où tu rêvais de servir.
    Algérie, Indochine…ces guerres oubliées du siècle passé, dans l’étude desquelles tu t’étais forgé les convictions et l’idéal dont déjà tu rayonnais.
    Je te revois arriver à l’école d’infanterie que je commandais, à Montpellier. Nous étions tous fiers d’accueillir « le major de la Beaumont ». Franchissant une à une toutes les épreuves, tu fus très naturellement et modestement le meilleur et pus choisir le glorieux 1er RCP dont tu rêvais.

    Serein, et honoré de rejoindre cette belle unité, tu disparus dans un sourire, comme aspiré par l’aventure qui commençait enfin à Pamiers, dans ce quartier baptisé, lui aussi, « capitaine Beaumont ».

    En un an, ce régiment fit de toi un « chuteur opérationnel », et te confia ses meilleurs soldats. La section des « commandos parachutistes », dont tu pris le commandement, comptait une trentaine de lascars cumulant une expérience impressionnante.
    Sous-officiers confirmés pour la plupart, ils avaient déjà parcouru tous les théâtres d’opérations, vécu deux ou trois missions en Afghanistan.
    Eux aussi virent en toi un jeune et tendre lieutenant, presque juvénile. Mais en vieux soldats il ne leur fallut guère de temps pour comprendre que le regard était aussi doux que le caractère inflexible…Tu devins leur chef.
    Ils te confièrent leur vie car tu connaissais ton métier, avais du coeur et inspirais cette confiance dont on a tant besoin à la guerre. Ils te suivirent, et te firent rapidement comprendre qu’avec eux, la piste était sans fin !

    Ce 13 juillet à 11 h 07, l’aventure s’est pourtant arrêtée. Ton élan s’est brisé, soufflé par l’explosion d’un être humain transformé en bombe, si semblable à ceux qui participaient à la réunion dont tu assurais la protection depuis des heures. Elle emporta à tes côtés quatre de tes hommes, Laurent, Jean-Marc, Emmanuel et Sébastien, et en blessa quatre autres, Bruno, Rodolphe, Thierry et David.
    Après deux mois passés en Kapissa, vous aviez déjà connu pas mal d’épreuves, toutes surmontées avec ténacité…
    Celle-là était imparable.



    Voici quelques semaines j’écrivais dans ces mêmes colonnes, un « plaidoyer pour vos soldats », adressé à nos compatriotes. Une goutte d’eau, dans une mer trop souvent indifférente, pour tenter de dire que nous avons des hommes admirables qui se battent sans bruit dans une nouvelle « guerre cruelle », J’écrivais ces lignes en pensant à toi, et à d’autres, que je croise souvent, en Afrique, en Afghanistan ou ailleurs. Beaucoup sont de vrais héros. Des hommes et des femmes qui risquent, et souvent donnent, leur vie pour d’autres. Je les écrivais parce que j’ai pour toi et pour eux une immense admiration et que je crois utile de la faire partager.

    Tu avais 27 ans. Ton prénom était Thomas.
    J’aimerais tellement que nos concitoyens le retiennent et comprennent qu’à la question lancinante « pourquoi ? », tu n’apportais, comme nous tous, qu’une seule réponse : SERVIR.





    Général Hervé Charpentier
    amarante
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    Hommage au CNE GAUVIN en 2011 Empty En 2015 ses grands parents ...

    Message par suspente



    Sur la boîte-aux-lettres du petit pavillon, à Colleville-Montgomery, près de Caen (Calvados), son nom est toujours écrit à côté du leur. « Il faudrait changer cette boîte, elle n'est plus en état. Mais il n'est plus là, ça ne servirait alors à rien de garder son nom. Et ça, je ne peux m'y résoudre... »

    Nelly Decaen, 78 ans, en a la gorge nouée. À ses côtés, son mari, Georges, incline légèrement la tête pour ne pas montrer ses larmes. Ce mercredi 11 novembre, tous deux iront se recueillir au monument aux morts.

    Là, sous les drapeaux français commémorant l'Armistice, ils honoreront la mémoire de leur petit-fils Thomas Gauvin, mort en soldat le 13 juillet 2011, à l'âge de 27 ans. À des milliers de kilomètres du petit village où il confia les dernières années de son adolescence à ses grands-parents.

    Cinq soldats tués

    Officier au 1er régiment de chasseurs-parachutistes (RCP) de Pamiers, le capitaine Gauvin assurait ce jour-là la sécurité d'une assemblée de dignitaires locaux, au nord-est de Kaboul, en Afghanistan. Un kamikaze est parvenu à s'approcher avant de déclencher ses explosifs, tuant Thomas Gauvin, quatre autres soldats français et un interprète afghan.

    « Cinq soldats morts sur les 4 000 Français envoyés à l'époque, ce serait vraiment la malchance si Thomas était l'un deux : c'est ce que je me suis d'abord dit en apprenant la nouvelle, se souvient Nelly qui avait allumé alors la télévision sur les chaines d'information en continu. Quand ils ont parlé d'un lieutenant du régiment de Pamiers, j'ai voulu prévenir Georges qui bricolait à la cave. J'ai alors aperçu par la fenêtre le maire et deux militaires devant le portail... » Leur monde s'effondre. « Georges et moi sommes restés ensemble dans le salon, longtemps, sans bouger. J'ai su alors ce qu'est l'état de sidération. Nous n'existions plus... »

    Un enfant brillant

    Thomas est allé à l'école de Colleville-Montgomery avant de suivre sa famille en Dordogne. Quand il revient chez ses grands-parents, il a 16 ans. « Il avait d'excellents résultats en 1re S mais ils ne voulaient pas se limiter aux matières scientifiques. Il s'intéressait déjà à la chose politique, aux relations internationales. Il a donc demandé à redoubler en 1re ES (économie) », se souviennent ses grands parents qui conservent toujours ses livres et ses affaires dans sa chambre à l'étage.

    Le garçon avait une idée précise : décrocher une mention au baccalauréat pour entrer intégrer le Prytanée national de La Flèche. Ce sera ensuite Saint-Cyr-Coëtquidan. Il en sort major de promotion et choisit l'école d'application de l'infanterie à Montpellier. Au top encore une fois, il est 2e. « C'était en 2009, Thomas m'a alors demandé conseil. Je lui ai suggéré le 1er RCP, ce sont les meilleurs, se souvient Georges qui a servi, lui-même, dans ce régiment parachutiste de 1955 à 1957, en Algérie. Le vieil homme pleure. « J'aurais dû lui conseiller un régiment moins prestigieux, il serait encore avec nous... » Nelly tente de consoler son mari, « on ne peut pas lui enlever ça de la tête... »

    Quatre ans après, la plaie n'est pas refermée. « C'est dur, je m'efforce de me dire qu'il n'est pas mort pour rien... Nous avons rencontré ses hommes et camarades à Pamiers. Je dois le dire, l'armée nous a énormément soutenus », reconnaît Nelly en feuilletant les pages d'un épais classeur de coupures de presse.

    En exergue, sur la première page, elle a recopié Saint-Exupéry :

    « Le soldat n'est pas homme de violence. il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d'aller sans faillir au bout de sa parole, tout en sachant qu'il est voué à l'oubli. »
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