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    Roger FAULQUES

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    Roger FAULQUES Empty Roger FAULQUES

    Message par amarante


    Nos amis d’Indo-Editions viennent de faire paraitre le livre que nous attendions tous, celui de la vie d’aventure du commandant Roger Faulques, de la Résistance à la campagne des Vosges, de l’Indochine à l’Algérie, puis de sa longue carrière de libre soldat au Katanga, au Yémen, au Biafra et sans doute ailleurs…


    Roger FAULQUES Mille_10


    Toutefois, c’est durant ses trois séjours en Indochine qu’est née la légende de cet officier hors norme…

    Roger Faulques est né le 14 décembre 1924 à Coblence, en Allemagne, où son père adjudant au 5em Régiment de Tirailleurs Algériens est stationné. Il faut dire que la famille Faulques a payé un très lourd tribu lors de la Première Guerre mondiale : si son père a été blessé à de nombreuses reprises, ses deux oncles y ont laissé la vie. Entre temps revenu dans le Béarn, élevé dans le culte des héros des tranchées, la défaite de l’Armée française en 1940 le foudroie. Dès 1942, il souhaite choisir le métier des armes et prépare de fait le concours général des classes préparatoires à Saint Cyr pour juin 1943. L’envahissement de la zone libre met fin provisoirement à son rêve.

    L’ARMEE DE LATTRE

    Rapidement, il s’engage au Corps Franc Pommiès, une des principales unités de l’ORA en zone sud. Sous le matricule 1350, il croise dans sa compagnie un autre jeune guerrier qui lui aussi entrera dans la légende en Indochine : Roger Vandenberghe. A l’issue du débarquement de Provence, la majeure partie du Corps Franc est incorporé au sein de la 1ere Armée française et va être amené à participer à tous les combats de la Libération, notamment ceux de la ville d’Autun en septembre 1944 mais surtout dans les Vosges ou le caporal Faulques s’est révélé par son ardeur et comme un véritable meneur d’hommes lors de l’attaque du col de Bussang que le général De Lattre suit à la jumelle. Mais c’est lors d’une patrouille entre les lignes ennemies à Kruth dans le Haut Rhin, d’où il rapporte de précieux renseignements sur les positions allemandes, qu’il décroche sa première citation à l’ordre du régiment, se voyant décerner la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze. Il est caporal, il a vingt ans, l’épopée de sang et de gloire commence.

    PREMIER SEJOUR AU 3EME REGIMENT ETRANGER D’INFANTERIE

    Sélectionné par sa hiérarchie afin d’intégrer l’Ecole Militaire Interarmes à Coetquidan, il en sort sous-lieutenant d’active (promotion « Victoire » - dans sa promotion se trouvent également Bernard De Lattre et Henri Leclerc de Hautecloque qui tous deux seront tués en Indochine) et choisi la Légion étrangère. Affecté au 1er bataillon du 3em REI, ses hommes ont pour la plupart combattu sur tous les champs de bataille d’Europe et d’Afrique, souvent dans des camps opposés. C’est avec ces hommes qu’il débarque en Cochinchine le 25 avril 1946. La mission du régiment (ainsi que de la 13em DBLE) est de contrôler un ensemble immense puisque s’étalant de la mer de Chine aux frontières du Cambodge, zone comprenant la Plaine des Joncs, le grenier à riz de l’Indochine du sud ou les Viets sont déjà sérieusement implantés. En poste à Dong Nai, il multiplie les embuscades, les patrouilles offensives et les coups de main, ce qui lui vaudra sa première citation sur le sol indochinois. Après quelques opérations au Cambodge, le 3em REI monte au Tonkin et débarque dans Haiphong en ruines afin d’en chasser les rebelles qui défendent chèrement leur peau puis remonte sur Hanoi par la RC5. Durant la remontée, les accrochages sont particulièrement sévères, la véritable guerre d’Indochine est belle et bien commencée. En mars 1947, afin de dégager la cotonnière de Nam Dinh (sud du Delta) encerclée depuis deux mois, un groupement mobile comprenant le 3em REI est acheminé par le fleuve à quelques encablures de la ville. Les combats aux abords sont intenses et sans merci, il n’y pas de prisonniers dans les deux camps…C’est lors d’un assaut que des éclats de grenade le blessent à la tête, lui laissant cette fameuse cicatrice sur la tempe gauche qui lui donnera l’allure d’un lansquenet des temps modernes. A peine pansé, il reprend le combat à la tête de sa section pour être à nouveau blessé trois jours plus tard, lors d’un débarquement à Ninh Binh ou une balle lui enlève le pouce gauche ! Comme l’écrit son biographe Marc Dupont : « Sa résistance peu commune aux blessures et les circonstances durant lesquelles elles se sont produites vont grandement et inconsciemment contribuer à la légende naissante du jeune officier. Toujours en s’exposant lui-même et en entrainant sa section au plus fort de l’action. Il le fait d’ailleurs de la façon la plus naturelle qui soit, mais avec un courage et un élan qui subjuguent ses hommes…et bousculent ses adversaires. » Au cours de ce premier semestre 1947, deux nouvelles citations viennent orner sa croix de guerre TOE.

    Après un retour en opération dans le secteur de la RC5 inondé par la saison des pluies puis à Thai Nguyen-Phu Lang Tuong dans le cadre de l’opération Ceinture (complément de Léa visant à couper puis à isoler la zone viet de la Chine) , c’est tout le 3em REI qui monte en zone frontière afin d’occuper tous les postes sur la RC4 et sur la RC3 et la RC3 bis (depuis Cao Bang jusqu’à Bac Kan). Le lieutenant Faulques et sa compagnie investissent le poste de Na Fac, à la jonction de la RC3 et de la RC3 bis. Une fois le poste totalement réaménagé pour résister à n’importe quel assaut, Faulques et ses légionnaires ne s’enferment pas mais multiplient les patrouilles et les ralliements de villages à la France malgré la montée de la pression viet que l’on devine de plus en plus nombreux dans la région. Giap momentanément sur la défensive après les opérations Léa et Ceinture souhaite reprendre pieds dans ce secteur et marquer un grand coup : le 25 juillet 1948, après une intense préparation d’artillerie, des milliers de bo dois attaquent le poste de Phu Tong Hoa qui deviendra le Camerone indochinois.

    Alerté, le lieutenant Faulques part avec sa section au secours des assiégés afin de desserrer l’étau en harcelant les viets sur leurs arrières. A mi-chemin, dans la montée du col de Déo Giang, il se heurte à un fort bouchon ennemi. L’accrochage est brutal et vire au corps à corps. Donnant l’assaut en tête de sa section, tentant de manœuvrer dans un terrain extrêmement difficile avec déjà trois blessés à secourir, une rafale d’arme automatique le blesse aux deux pieds (avec une fracture ouverte au pied gauche) et il ne doit la vie sauve qu’a un de ses légionnaires qui l’évacue sous le feu. Opéré à l’hôpital de Cao Bang ou il reste deux mois en convalescence, du fait de sa conduite exceptionnelle devant l’ennemi, il se voit décerner la Légion d’honneur, il n’a même pas 24 ans ! En octobre 1948, son premier séjour s’achève, sa croix de guerre TOE est piquetée de 5 citations…

    Roger FAULQUES Ls10

    SECOND SEJOUR AU 1ER BEP ET L’ENTREE DANS LA LÉGENDE

    Breveté parachutiste, en avril 1950 il est affecté au 1er Bataillon Etranger de Parachutistes et y prend le commandement du Peloton d’Elèves Gradés, une centaine d’hommes destinés à être les futurs caporaux ou sergents du BEP. De ce PEG, il va faire une phalange surentrainée, l’élite de l’élite qu’on n’intègre pas par hasard…Tous les hommes sont sélectionnés un à un, jaugés, triés et encadrés par des sous-officiers comme on n’en rencontre qu’a la Légion : les sergents Vraux, Savella, Lecomte et Féjès . Tirs, exercices de combat jours et nuits se succèdent à un rythme d’enfer, tous les déplacements se font en courant ou en chantant. Quelques Allemands qui ont déjà connu les dures écoles de formation de la Waffen SS surnomment ce PEG du surnom de la « Faulques Sturmbrigade »…

    C’est avec ces hommes que le lieutenant est parachuté à That Khé, sur la RC4 le 18 septembre 1950, afin de renforcer le groupement Lepage montant de Langson. Au BEP, personne pour le moment ne comprend le but précis de la mission. Mais on sait que dans les massifs calcaires recouverts de jungle qui bordent la RC4, près de 30 bataillons viets entrainés et équipés par la Chine sont là, tapis en embuscade. Les officiers du BEP le découvrent à l’issue d’un raid sur le hameau de Poma ou les hommes du lieutenant Faulques ont surpris des cadres viets et se sont emparés d’une pochette de documents sans équivoques sur le nombre et la présence ennemie.

    En tête du groupement Lepage composé essentiellement de tirailleurs, de goumiers et de tabors, le 1er BEP reçoit pour mission de reprendre la ville de Dong Khé tombée aux mains ennemis quelques jours auparavant et d’y attendre la colonne Charton évacuant Cao Bang. Aux portes de Dong Khé, en tête du BEP, le peloton du lieutenant Faulques est violemment pris à partie. Fonceur, audacieux il estime pouvoir reprendre la cité à la « hussarde » avec l’appui du bataillon mais le colonel Lepage, qui n’est pas un fantassin mais un artilleur préfère jouer la prudence et attendre l’arrivée de ses canons pour le lendemain. L’occasion est passée, elle ne se représentera plus, les troupes françaises ne reprendront plus jamais Dong Khé. La RC4 étant définitivement coupée, une partie du groupement Lepage pique dans la jungle plein ouest pour opérer la jonction avec Charton qui lui aussi a été obligé de quitter la RC4 pour prendre la piste de Quang Liet.

    Pour couvrir ses arrières, le colonel Le page demande au 1er BEP de prendre position sur une colline située à l’est de Dong Khé, le Na Kéo, ou le bataillon de marche du 8em Régiment de Tirailleurs Marocains a subi plusieurs assauts qui lui ont couté très cher. Le BEP s’installe sur cette position sans profondeur, le PEG s’installant sur le point 615 au pied de la position. Une compagnie viet entière en reconnaissance vient buter sur le PEG et y laisse beaucoup de monde. Le patron du 1er BEP, le commandant Segrétain demande à Faulques de monter en renfort sur le Na Kéo ou la nuit qui s’annonce promet d’être terrible : en effet, en fin d’après-midi, plusieurs coups de clairon déchirent le silence de la jungle : des grappes humaines de bo dois montent à l’assaut de la position. Faulques et ses hommes tenus en réserve interviennent à de nombreuses reprises pour rétablir une situation compromise. Toute la nuit, les assauts se succèdent, les pertes viets sont énormes. Au petit jour, la position n’étant plus tenable, le BEP redescend du Na Kéo avec ses très nombreux blessés, pour rejoindre le colonel Lepage plus à l’ouest. Pendant quatre jours et quatre nuits de marche, le BEP a subi embuscades sur embuscades dans la montagne et la jungle. « Ce qui a été le plus épouvantable pour nos blessés, dans ce terrain impénétrable, à travers les roches, les calcaires en dents de scie et les ravins, c’est qu’on n’a pas pu les sauver et qu’ils ont horriblement souffert – le médecin du BEP, le lieutenant Pedoussault a même parlé d’assassinat médical. Il aurait mieux valu leur mettre une balle dans la tête. Les médecins du bataillon n’y pouvaient rien. » Marchant à la boussole pour rejoindre la colonne Charton, le 6 octobre 1950, tout le groupement Lepage se trouve encerclé dans les calcaires de Coc Xa…

    LA PERCEE DE SANG

    C’est évidemment au 1er BEP que le colonel Lepage demande d’effectuer la percée pour faire sortir tout le groupement pris au piège dans la nasse. Le seul passage, un éboulis vertical… Personne ne se doute encore que dans quelques heures aura lieu le corps à corps le plus furieux de toute la guerre d’Indochine. « Nous avons reçu l’ordre de foncer, mon peloton en tête, en pleine nuit, dans les rochers, alors qu’on ne voyait pas le bout de sa main. De la folie. Quand on s’est lancé sur la pente, en aveugles, on a été reçus par un feu nourri. Les Viets nous tiraient à bout portant. Nous ripostions sans rien voir. NOUS AVONS EU UN HOMME TUE PAR METRE. Quand l’aube est venue, tous mes hommes étaient par terre. Nous avions fait la percée, mais nous ne pouvions pas l’exploiter. A ce moment-là, les tabors qui étaient derrière se sont rués en tirant au risque de massacrer nos blessés. » Dans la journée, les survivants de la colonne Lepage ont pu faire la jonction avec celle de Charton. Pour les blessés de la percée de sang, le scénario fut tout autre : « J’ai été blessé quatre fois en une heure et demi. D’abord un choc à l’épaule droite. Un second coup m’a touché au coude gauche. J’ai continué. Un nouveau choc dans la jambe m’a jeté au sol. Là, j’ai pris une quatrième balle qui m’a fracassé le fémur. » Adossé à un arbre près de la source de Coc Xa, au milieu des morts et des agonisants, le lieutenant Faulques va lucidement se préparer à mourir. La mort va roder autour de lui pendant trois jours et trois nuits, jusqu’au moment où les Viets vont le récupérer et le faire transporter en frontière de Chine avant de le ramener quasi-mourant à That Khé (ce sont les asticots qui lui sauveront la vie en lui mangeant les peaux pourris et la sanie nées de ses blessures). Pensant qu’il allait mourir, les Viets rendent le lieutenant Faulques à la France : à l’issue de la tragédie de la RC4, c’est le seul officier fait prisonnier qu’ils ont rendu. « Il est vrai que je n’étais pas beau à voir ni à renifler. Une fois dans l’avion, le pilote – le célèbre baron De Fontanges – a fait ouvrir tous les hublots. J’étais une pourriture vivante. »

    Opéré à Hanoi puis rapatrié au Val de Grâce , il subit de très nombreuses interventions durant deux années. Sa rééducation achevée, le désormais capitaine Faulques envisage un troisième séjour en Indochine. Ses vœux sont exaucés. Fin 1952, il est affecté au Groupement de Commandos Mixtes Aéroportés.

    TROISIEME SEJOUR ET LA HONTE DE L’ABANDON

    Le GCMA est constitué de membres venant des troupes aéroportées mais dépend directement du SDECE. Commandé par le lieutenant-colonel Trinquier, sa mission est de constituer des maquis anti-viet composés à partir de tribus ethniques traditionnellement hostiles aux Vietnamiens et encadrés par quelques européens, volontaires (généralement un officier, deux- trois sous-off, un spécialiste radio, un spécialiste explosif) dans le but de mener des actions de renseignement et de contre-guérilla de manière à désorganiser les lignes ennemies, gêner ses déplacements, ses lignes de ravitaillement, lui créer une insécurité permanente…( une tactique que reprendront les forces spéciales américaines durant leur engagement au Vietnam dix ans plus tard.)

    Une mission dans laquelle le capitaine Faulques va exceller en devenant le chef d’état-major de la représentation régionale du Nord-Vietnam. Du fait de ses graves blessures, ne pouvant momentanément plus sauter en parachute, c’est d’avion qu’il guidera de nombreuses opérations au sol, largages…son appareil rentrant souvent à Hanoi transpercé de multiples impacts…Formant des équipes devant prendre la jungle, assurant la logistique des unités au sol, mettant en place de nombreux maquis en Haute et Moyenne région, on sait que le capitaine Faulques a joué un rôle majeur dans le succès offensif de ces maquis.

    On sait qu’il travaillait aussi à une opération très audacieuse visant à délivrer des prisonniers français des camps viets mais que le manque tragique de matériel ( notamment d’hélicoptères) a conduit à l’abandon du projet. On sait également que trois jours avant la chute de Dien Bien Phu, ne souhaitant rien lâcher, il coordonnait encore des actions clandestines en territoire laotien…Après la signature du cessez le feu en Indochine le 20 juillet 1954, le GCMA (entre-temps devenu Groupe Mixte d’Intervention) cesse toute activité en date du 20 aout.

    Mais surtout, un ordre incroyable va meurtrir à jamais le capitaine et ses camarades : celui d’abandonner définitivement les maquis (« les guérilléros des montagnes » comme les surnommaient Trinquier) livrant de fait les frères d’arme à une mort certaine puisque les viets avaient mis à prix la tête des combattants du GMI…Une tragédie qui précède de huit ans celle des harkis en Algérie et dont le capitaine Faulques gardera une plaie ouverte toute sa vie durant.

    En novembre 1954, Roger Faulques quitte l’Indochine le cœur lourd, fort de ses sept blessures, de ses huit citations sur sa TOE et du titre d’officier de la Légion d’honneur. De son parcours en Indochine, il écrivait : « Alors, si l’on cherche à expliquer cet attachement presque charnel à cette Indochine, à la beauté du paysage, au climat, aux populations, à l’Aventure, il faudra surtout ajouter que tous les survivants de cette épopée ont conscience d’avoir forgé là-bas un type de soldat particulier, aussi bien ceux des modestes postes perdus dans leur isolement que ceux des flamboyantes unités d’intervention des Réserves Générales. Soldats de l’impossible, sans calculs, sûrs d’eux-mêmes et orgueilleux de leurs sacrifices, ayant enterré dans cette terre d’Extrême-Orient leurs illusions de jeunesse et les meilleurs de leurs camarades, ce qui est peut-être le prix à payer pour vivre en Hommes. »



    ANAI
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