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    Le droit d’expression des militaires

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    Le droit d’expression des militaires Empty Le droit d’expression des militaires

    Message par LANG

    On connaissait l’affaire du colonel François-Régis Legrier qui s’était exprimé dans la Revue de la Défense Nationale et dont l’article avait été mis « hors circuit ». Elle revient sur le devant de la scène avec une audition du Général Lecointre qui - un mois après – a obtenu l’autorisation d’une diffusion.

    Le site opex360 vient d’en reprendre les éléments principaux.

    A noter qu’il n’y a pas si longtemps on a »remis dans le rang » un « commandant de promotion » de Polytechnique pour avoir tenu des propos « hors sujet » sur Facebook.
    (https://etudiant.lefigaro.fr/article/polytechnique-le-commandant-de-la-promo-2019-ecarte-pour-ses-propos-sur-facebook_a1d9cd76-ae01-11e9-bb15-6d6ced2e59b9/)

    Le général Lecointre précise les limites à l’expression des militaires
    PAR LAURENT LAGNEAU • 26 JUILLET 2019

    Le droit d’expression des militaires Cema-211


    Dans une tribune publiée par le quotidien Le Figaro en janvier 2018, le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA] avait invité les militaires à prendre la plume afin de permettre un renouvellement de la pensée sur les thèmes relatifs « à la confrontation et au fait guerriers ».

    « Faire l’impasse sur l’écriture n’est pas admissible chez ceux qui se disposent à être des chefs militaires. […] Prendre le temps d’écrire, de recueillir ses impressions de tout ordre, de tirer les enseignements de la mission tout juste effectuée, de raisonner l’opération à venir » sont autant « d’actes salutaires et indispensables pour maîtriser l’action », avait alors plaidé le général Lecointre.

    Et c’est ce que fit le colonel François-Régis Legrier qui, après avoir reçu la ministre des Armées, Florence Parly, à la frontière irako-syrienne où il commandait le détachement français d’artillerie [Task Force Wagram], publia un papier dans les colonnes de la Revue de la Défense nationale [RDN] très critique sur la conduite des opérations par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

    « En refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate », avait ainsi écrit le colonel Legrier.

    Seulement, ses critiques allèrent beaucoup trop loin au goût de sa hiérarchie. Au point qu’il fut sanctionné par la ministre.  » Je suis tout à fait favorable à la liberté d’expression, mais elle est limitée par la déontologie professionnelle qui s’applique à tous les agents publics, dont les militaires », avait-elle justifié, voyant dans l’attitude de l’officier « une certaine fausseté et un manque de courage. »

    On pensait cette affaire oubliée… Mais lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, le général Lecointre a été interpellé par un député au sujet de l’article du colonel Legrier.

    Cette audition n’ayant pas été ouverte à la presse, son compte-rendu a dû être passé au crible par le CEMA avant sa publication, plus d’un mois après, sur le site de l’Assemblée nationale. Ce qui veut dire qu’il tenait à ce que ses propos – très sévères à l’endroit du colonel Legrier – fussent connus…

    « Je suis un ardent défenseur de l’expression des militaires, mais c’est moi qui ai souhaité punir le colonel Legrier. J’ai souhaité le punir car ce qu’il a fait est exactement en parfaite contradiction avec l’exercice de la discipline militaire […], qui s’exerce singulièrement en respectant les états d’âme de chacun », a lancé le général Lecointre.

    « Chacun a la possibilité d’exprimer à son chef les doutes qui l’assaillent au moment où il reçoit sa mission et où on lui précise les objectifs à atteindre. En l’occurrence, ce face-à-face qui doit exister, et cet échange qui est toujours extrêmement franc entre un subordonné et son chef, n’a pas eu lieu préalablement à la parution de l’article du colonel Legrier, ce que je ne comprends pas », a enchaîné le CEMA.

    « Par ailleurs, le colonel Legrier a exprimé ce point de vue en faisant fi de ce que pourraient penser ses propres subordonnés qui mettent en œuvre une action qu’il leur commande de mettre en œuvre, et qu’il désavoue publiquement au moment même où ils le font, obéissant à ses ordres », a ensuite noté le général Lecointre, qui a confié avoir eu le « sentiment d’une double trahison ».

    « D’abord, la trahison vis-à-vis de son chef, parce qu’il n’a pas eu le dialogue qu’il aurait dû avoir pour exprimer ses doutes » et « trahison vis-à-vis de ses propres hommes », a développé le CEMA.

    « Je ne la comprends pas. J’essaie de me mettre à la place de ces soldats qui, pendant quatre mois, ont obéi à ses ordres et mis en œuvre une stratégie puis constatent que leur chef déclare publiquement, dans un article, que ce qu’ils sont en train de faire est contraire au sens commun, à l’éthique, à la morale et à l’efficacité militaires. Si j’étais à la place de ces hommes, je serais absolument bouleversé », a-t-il fait valoir.

    C’est pour cette raison, pour ce sentiment de trahison, que j’ai puni le colonel Legrier« . C’est moi qui ai souhaité le punir et je maintiens ce point de vue », a insisté le général Lecointre. Cependant, a-t-il admis, si cet ancien chef de la TF Wagram « avait fait paraître son article deux ou trois mois après, en étant plus nuancé dans son analyse, je l’aurais mieux accepté. »

    Cela étant, les rapports humains étant ce qu’ils sont, il n’est peut-être pas toujours facile de faire part de ses doutes à un supérieur hiérarchique… Mais ce n’est pas une excuse pour le général Lecointre. « Croyez-moi, il m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour de dire à mes chefs ce que je pensais des ordres qu’ils me donnaient, de préciser ce que je n’accepterais pas de faire et d’être prêt à démissionner, à quitter mon poste ou de ne pas accepter un commandement si le chef ne me disait pas qu’il prenait acte des réserves que j’émettais », a-t-il raconté aux députés.

    Ensuite, s’agissant du fond de l’article du colonel Legrier, le général Lecointre l’a réfuté de bout en bout.  »

    « Il y avait des troupes au sol. Le colonel Legrier affirme que l’on refuse de mettre des troupes au sol et d’aller au contact et qu’en ayant une attitude de bombardement à distance et de destruction systématique, on ajoute la destruction à la haine et on ne fait qu’accentuer le problème et la difficulté. Mais il y a quand même des troupes au sol! Ce sont les Forces démocratiques syriennes [FDS], qui ont eu à déplorer de nombreuses pertes », a rappelé le CEMA.

    « Il est assez facile de dire ‘bande de lâches, apprenez à vous battre!’. C’est d’ailleurs assez confortable quand on est l’artilleur qui appuie ses petits camarades au sol. Mais ils étaient là, au sol. Ils y étaient, s’est emporté le général Lecointre.

    « Par ailleurs, je peux témoigner que les frappes, en tout cas pour la partie française, qui sont effectuées dans le cadre de cette opération Inherent Resolve et pour appuyer l’action des FDS dans la réduction des poches successives de Daesh dans la moyenne vallée de l’Euphrate, se font avec un contrôle extrêmement étroit de la France, un contrôle national très précis », a fait valoir le CEMA. « Nous sommes, de ce point de vue, des alliés très exigeants et tatillons », a-t-il conclu.
    (source opex360)

    **********************************************


    Cette audition a effectivement le mérite de faire "progresser" la notion de "liberté d'expression" chez les militaires...
    A chacun de se faire une opinion.
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    Le droit d’expression des militaires Empty Re: Le droit d’expression des militaires

    Message par LANG

    En complément, il est nécessaire de disposer du texte complet de l’audition du général François Lecointre, chef d’état–major des armées
    Commission de la défense nationale et des forces armées
    Mardi 11 juin 2019 Séance de 17 heures


    On trouvera le compte rendu complet sur le site :

    http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/18-19/c1819042.asp

    Extrait qui concerne le sujet de l'article :

    M. Fabien Gouttefarde. J’aimerais vous interroger sur l’analyse relative à notre manière de conduire les hostilités au Levant qu’a pu faire un de vos officiers – je dirais l’un des plus expérimentés, puisqu’il a commandé la task force Wagram – dans un article qui a fait grand bruit, intitulé « La bataille d’Hajin, victoire tactique, défaite stratégique ? ». Loin de moi l’idée d’entrer ici dans le débat sur la liberté d’expression des officiers d’active. Je souhaite plutôt connaître votre interprétation sur le fond de cette analyse que je résume d’un mot : en refusant l’engagement au sol, la coalition a prolongé inutilement le conflit, a contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population et a donné une image négative de ce que peut être une libération à l’occidentale. Quel regard portez-vous sur ces critiques ? Les jugez-vous fondées ? Au regard du rapport à la mort, même celle de nos soldats, qu’entretiennent des nations occidentales, peut-on faire autrement ?

    Général François Lecointre
    ……………………… Une question portait sur l’article du colonel Legrier. Je ne résiste pas au plaisir de vous dire d’abord ce que je pense sur la forme. Je suis un ardent défenseur de l’expression des militaires, mais c’est moi qui ai souhaité punir le colonel Legrier. J’ai souhaité le punir car ce qu’il a fait est exactement en parfaite contradiction avec l’exercice de la discipline militaire que j’ai évoqué tout à l’heure, qui s’exerce singulièrement en respectant les états d’âme de chacun. Chacun a la possibilité d’exprimer à son chef les doutes qui l’assaillent au moment où il reçoit sa mission et où on lui précise les objectifs à atteindre. En l’occurrence, ce face-à-face qui doit exister, et cet échange qui est toujours extrêmement franc entre un subordonné et son chef, n’a pas eu lieu préalablement à la parution de l’article du colonel Legrier – ce que je ne comprends pas. Jamais il n’est allé voir ni le chef d’état-major des armées, peut-être étais-je un peu loin, ni le général qui représentait le commandement français dans l’opération Inherent Resolve. Il n’a pas saisi l’occasion du passage de la ministre pour lui dire qu’il éprouvait des doutes quant à la stratégie mise en œuvre. Par ailleurs, le colonel Legrier a exprimé ce point de vue en faisant fi de ce que pourraient penser ses propres subordonnés qui mettent en œuvre une action qu’il leur commande de mettre en œuvre, et qu’il désavoue publiquement au moment même où ils le font, obéissant à ses ordres.
    Je ne comprends pas. J’ai le sentiment d’une double trahison. D’abord, la trahison vis-à-vis de son chef, parce qu’il n’a pas eu le dialogue qu’il aurait dû avoir pour exprimer ses doutes – et croyez-moi, il m’est arrivé plus souvent qu’à mon tour de dire à mes chefs ce que je pensais des ordres qu’ils me donnaient, de préciser ce que je n’accepterais pas de faire et d’être prêt à démissionner, à quitter mon poste ou de ne pas accepter un commandement si le chef ne me disait pas qu’il prenait acte des réserves que j’émettais.
    L’autre trahison est celle vis-à-vis de ses propres hommes. Je ne la comprends pas. J’essaie de me mettre à la place de ces soldats qui, pendant quatre mois, ont obéi à ses ordres et mis en œuvre une stratégie puis constatent que leur chef déclare publiquement, dans un article, que ce qu’ils sont en train de faire est contraire au sens commun, à l’éthique, à la morale et à l’efficacité militaires. Si j’étais à la place de ces hommes, je serais absolument bouleversé. C’est pour cette raison, pour ce sentiment de trahison, que j’ai puni le colonel Legrier. C’est moi qui ai souhaité le punir et je maintiens ce point de vue. Par ailleurs, si le colonel Legrier avait fait paraître son article deux ou trois mois après, en étant plus nuancé dans son analyse, je l’aurais mieux accepté.
    Sur le fond, vous avez raison de poser la question. Il y avait des troupes au sol. Le colonel Legrier affirme que l’on refuse de mettre des troupes au sol et d’aller au contact et qu’en ayant une attitude de bombardement à distance et de destruction systématique, on ajoute la destruction à la haine et on ne fait qu’accentuer le problème et la difficulté. Mais il y a quand même des troupes au sol ! Ce sont les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui ont eu à déplorer de nombreuses pertes. Il est assez facile de dire « bande de lâches, apprenez à vous battre ! ». C’est d’ailleurs assez confortable quand on est l’artilleur qui appuie ses petits camarades au sol. Mais ils étaient là, au sol. Ils y étaient.
    Par ailleurs, je peux témoigner que les frappes, en tout cas pour la partie française, qui sont effectuées dans le cadre de cette opération Inherent Resolve et pour appuyer l’action des FDS dans la réduction des poches successives de Daech dans la moyenne vallée de l’Euphrate, se font avec un contrôle extrêmement étroit de la France, un contrôle national très précis. Je me suis rendu au Qatar, où j’ai vu le Combined Air Operations Center et l’équipe française qui participait à ce contrôle. J’ai vu la façon dont, lorsque les objectifs nous sont proposés par les Américains, nous contrôlons leur réalité avec nos propres moyens de renseignement et d’acquisition d’images. Nous nous assurons aussi qu’en traitant ces objectifs, nous n’aurons pas de dégâts collatéraux. Nous sommes, de ce point de vue, des alliés très exigeants et tatillons.
    Peut-être le colonel Legrier a-t-il raison sur le fond ? Peut-être faudrait-il consentir plus de morts ? Peut-être faudrait-il offrir plus de poitrines et plus de héros pour avoir moins de pertes ? Vous avez posé la bonne question en demandant si nos sociétés sont prêtes à l’accepter. Je n’en sais rien. Ce que je crois, aussi, c’est que quand on fait la guerre, malheureusement, on la fait avec tous les moyens dont on dispose pour remporter la victoire le plus vite possible. Dans l’histoire qui nous intéresse et dans cette guerre terrible, face à des gens complètement fanatisés, il y avait la nécessité de se battre, poitrine contre poitrine – et c’est ce que faisaient les FDS courageusement. Il fallait en plus, si l’on voulait obtenir une victoire face à un ennemi qui est délibérément allé s’installer dans les villes et au milieu de la population civile, le déloger de là où il était. Cela passait par des destructions. C’est certes terrible. Mais nous avons évoqué tout à l’heure les cérémonies du 6 juin, Colleville-Montgomery et ces villes qui ont été détruites par la guerre et par nos alliés américains et britanniques. La destruction de Caen a été terrible. Mais il arrive un moment où l’on fait la guerre et où il faut vaincre l’ennemi.

    (Cet extrait a été repris sans annotation particulière afin de laisser à chacun le soin de se faire une idée)
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    Le droit d’expression des militaires Empty Re: Le droit d’expression des militaires

    Message par Blu

    "Mais il y a quand même des troupes au sol ! Ce sont les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui ont eu à déplorer de nombreuses pertes. Il est assez facile de dire « bande de lâches, apprenez à vous battre ! ». C’est d’ailleurs assez confortable quand on est l’artilleur qui appuie ses petits camarades au sol. Mais ils étaient là, au sol. Ils y étaient."

    Un... CEMA ne devrait pas dire ça..."
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