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    Ce jour-là. Le 26 juillet 1956

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    26072019

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    Ce jour-là. Le 26 juillet 1956 Empty Ce jour-là. Le 26 juillet 1956




    Ce jour-là. Le 26 juillet 1956, Nasser nationalise le canal de Suez...

    Le dessous des cartes ? Un éclairage de cette affaire sur : https://www.monde-diplomatique.fr/1966/06/ROULEAU/27283

    Ce jour-là. Le 26 juillet 1956 45601_10


    L’unité nationale se reconstitua ce soir du 26 juillet 1956, à l’instant même où le président Nasser annonçait la nationalisation de la Compagnie universelle du canal de Suez. Partisans et adversaires du régime, les Frères musulmans comme les communistes, « celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas », communiaient dans la même joie frénétique. La foule, réunie à Alexandrie pour célébrer le quatrième aniversaire de l’abdication du roi Farouk, était venue voir avec anxiété, et peut-être aussi avec quelque scepticisme, la réaction du leader égyptien au camouflet retentissant qu’il venait de recevoir des Anglo-Américains. Une semaine plus tôt, ceux-ci lui avaient signifié sèchement, par voie de presse, qu’ils ne financeraient pas le haut barrage d’Assouan. La population ne pouvait imaginer une riposte aussi foudroyante. « Le canal de Suez paiera, et amplement, la construction du barrage, s’était écrié triomphalement l’orateur, et nous n’aurons plus besoin d’aller mendier de l’argent à Washington, à Londres ou à Moscou ! » L’affirmation était nettement exagérée, mais sur le coup personne n’était d’humeur à se livrer à des calculs mentaux. La gifle était rendue au centuple, l’honneur national était sauf, et surtout l’indépendance égyptienne, rehaussée cinq semaines auparavant par l’évacuation des troupes britanniques de la zone du canal de Suez, prenait ainsi une nouvelle dimension. Emerveillée, conquise à la fois par l’audace et l’humour cinglant du leader égyptien, la foule s’esclaffa. Le Raïs dut interrompre sa harangue et, l’hilarité étant contagieuse, ne put retenir le rire d’un homme qui venait de laver l’affront subi par un peuple profondément humilié.

    En Occident, ce rire donna une toute autre résonance. A Paris, à Londres, à New-York — où les « valeurs » égyptiennes cotées à la Bourse s’effondrèrent, — on entendit le « sinistre ricanement du Bikbachi » devant le déchaînement des « foules fanatisées ». M. Christian Pineau, dans un exposé devant l’Assemblée nationale, n’hésita pas à se livrer, à ce propos, à des exercices de psychanalyse politique. Il soutint qu’on ne pouvait désormais faire confiance à un homme « qui annonce une mesure juridique par un rire quasi hystérique », à un homme qui, « à en juger par les photographies parvenues à Paris, n’est maître ni de ses actes ni de ses nerfs ! »


    ……………………

    Autre extrait :
    Le « héros » l’emporte sur le « vilain »
    C’est sur ces entrefaites qu’éclate l’affaire du barrage d’Assouan. Le président Nasser se rend brutalement compte que « l’histoire du canal de Suez risque de se répéter ». A la foule indignée qui l’écoute ce 26 juillet à Alexandrie, il révèle les « conditions humiliantes » que lui avaient posées les Anglo-Américains et la Banque mondiale pour l’aider à construire le barrage : il devait « normaliser » ses relations avec Londres, accorder à la B.I.R.D. un droit de regard sur les finances égyptiennes et s’abstenir de contracter de nouvelles dettes à l’étranger, surtout pas auprès du bloc communiste. Ces engagements préalables ne tenaient que pour la première tranche des travaux ; les Anglo-Américains se réservaient donc le droit d’imposer de nouvelles conditions pour l’achèvement d’une œuvre de laquelle dépendait le pain quotidien des Egyptiens. Le Raïs avait provoqué un délire d’enthousiasme chez ses auditeurs quand il s’était écrié, rageur : « Mais l’époque de Ferdinand de Lesseps est révolue. Nous ne laisserons jamais le passé se répéter. (..) Je suis un révolutionnaire et non un quelconque président du conseil. Je ne céderai ni à la force ni au chantage du dollar ! » Il commencera donc par s’emparer de la « vache à lait », la Compagnie universelle, pour nourrir « les enfants de ceux qui avaient arrosé de leur sang » le canal de Suez.

    Comme dans les films où le « héros », qui subit de multiples avanies tout au long de l’intrigue, finit par l’emporter sur le tout-puissant « vilain », l’exploit nassérien a ravi les Egyptiens, les Arabes, les peuples du « tiers monde », qui s’identifièrent à celui qui venait d’asséner un coup à une sorte d’hydre monstrueuse.

    Le géant occidental, puissant et nanti, ne comprit guère ni les ressorts psychologiques ni la portée du geste, qualifié aussitôt d’ « impudent ». En France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Allemagne fédérale notamment, le « coup de force » du « dictateur mégalomane » fut dénoncé avec une rare violence, qui étonne à dix ans de distance.

    L’unanimité en France, de l’extrême droite à la gauche, est presque aussi totale qu’en Egypte. Les analogies historiques les plus inattendues contribuent à mobiliser l’opinion. M. Jacques Soustelle, avant M. Pineau, compare « la mainmise sur le canal » à « l’occupation de la Rhénanie en 1936 »  ; M. Guy Mollet qualifie l’opuscule du président Nasser la Philosophie de la révolution de Mein Kampf égyptien ; curieusement, les munichois les plus notoires sont les premiers à exiger que l’on ne cède pas à « un nouveau Munich ». Un grand quotidien, pourtant modéré, donne le ton. « Dans le discours de Nasser, écrivait son directeur, n’entendez-vous pas l’écho des éructations de Nuremberg ? Le colonel des fanfarons qui joue aux pharaons, à peine sorti de l’école des cadets hitlériens, fait le pas de l’oie avec des bottes de sept lieues. Il semble bien près d’arriver à l’étape par laquelle Hitler a fini ».

    Dans ce climat surchauffé, la nécessité d’une intervention armée en faveur de laquelle plaident de nombreux journaux français et anglais dès le 27 juillet, parait presque « normale »...

    (Le monde diplomatique Eric Rouleau ambassadeur de France)

    La suite est connue. Petit rappel…

    « Le 5 novembre, démarre une opération aéroportée, baptisée « Amilcar » pour les Français ou « Hamilcar », pour les Britanniques. Cette opération aéroportée est composée de 4 bataillons britanniques, qui sautent sur le terrain de Gamil, à 10 km à l’ouest de Port-Saïd, du 2e régiment de parachutistes coloniaux (2e RPC) commandé par le colonel Chateau-Jobert, dit Conan, largué avec une section de la 60e compagnie du génie aéroporté (60e CGAP) sur l’usine des eaux à l’entrée de Port-Saïd et au sud de Port-Fouad.
    La 3e phase termine le dispositif par les principaux débarquements qui ont lieu les 6 et 7 novembre. Le Royaume-Uni est fort de la 3e brigade de commandos des « Royal Marines », d’un régiment de blindés, d’un escadron du génie, de 2 bataillons de la 16e brigade parachutiste. La France aligne le 1er REP, 3 commandos de marine, 2 escadrons de chars AMX, un escadron de chars Patton et trois sections de la 60e compagnie du génie aéroporté. La progression des troupes est freinée par les négociations politiques qui se passent à l’insu des Français

    La Légion étrangère est au sein du dispositif : un escadron du 2e régiment étranger de cavalerie, commandé par le capitaine Abraham avec l’adjudant Degueldre comme adjudant d’unité, est intégré au 1er REP à Zeralda, avant de rejoindre la base de départ à Chypre. Avec les autres unités françaises, il a pour mission de s’emparer dans la zone de Port-Fouad des points sensibles et de faire la liaison avec les éléments du 2e RPC parachutés au sud. Le groupement est commandé par le lieutenant-colonel Brothier, chef de corps du 1er REP. Tous les objectifs sont atteints par les compagnies.
    Le 7 novembre à 8 h, toutes les unités se rassemblent, prêtes à marcher vers El Qantara. Une demi-heure plus tard, le cessez-le-feu est ordonné et les troupes doivent rester sur leurs positions et n’ouvrir le feu que si elles sont attaquées. La section du lieutenant Ysquierdo du 1er REP, représente l’avant-garde française d’El Qantara et maintient jour et nuit un poste de surveillance, au PK 37,5, à 800 m des lignes égyptiennes.
    Sous la pression du monde entier, le Royaume-Uni puis la France sont contraints d’accepter un cessez-le-feu. Les troupes de l’ONU débarquent le 27 novembre. Le 22 décembre la force d’intervention quitte l’Égypte. Elle déplore 11 tués et 43 blessés.

    Finalement, 11 Français et 22 Britanniques sont tués, 130 soldats sont blessés dont 33 Français. On estime que les pertes égyptiennes, essentiellement civiles, s’établissent entre 750 et 1 000 morts dans la zone du canal. Les Israéliens, de leur côté, ont eu 176 tués et un prisonnier. »
    (Wikipédia)
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