Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
» Ce jour-là : 22 juillet 1834
En Avant ! (3) Icon_minitimeHier à 9:11 par Invité

» En Avant ! (10)
En Avant ! (3) Icon_minitimeSam 20 Juil - 19:09 par LANG

» Ce jour là : 20 juillet 1944
En Avant ! (3) Icon_minitimeSam 20 Juil - 10:11 par LANG

» ASAF "14 juillet : Examen de conscience"
En Avant ! (3) Icon_minitimeVen 19 Juil - 19:08 par Invité

» PHOTO : boire ou conduire ?
En Avant ! (3) Icon_minitimeVen 19 Juil - 18:50 par Invité

» Ce jour là : 19 juillet 1870
En Avant ! (3) Icon_minitimeVen 19 Juil - 14:16 par Invité

» Trois militaires français ont accidentellement péri en Guyane
En Avant ! (3) Icon_minitimeJeu 18 Juil - 10:02 par Invité

» Canal de Suez juillet 1956
En Avant ! (3) Icon_minitimeJeu 18 Juil - 9:21 par LANG

» En Avant ! (9)
En Avant ! (3) Icon_minitimeMer 17 Juil - 14:19 par LANG

Juillet 2019

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 6 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 6 Invités :: 1 Moteur de recherche

    Aucun

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 39 le Lun 13 Mai - 10:19

    En Avant ! (3)

    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

    Aller en bas

    05072019

    Message 

    En Avant ! (3) Empty En Avant ! (3)




    En Avant ! (3)

    L’humour existe, même au fond de la mine, et ce n’est pas de l’humour noir…

    Insouciant par nature, c’est seulement dans le jeu que l’oncle Hans s'efforçait d’être sérieux.
    Cette application et cette impression de vérité se retrouvaient aussi dans ses blagues, qu'il savait parfaitement organiser.
    L'une d'elles ne favorisa pas sa carrière.
    Avec un comparse, ils mirent au point une plaisanterie, qui se déroula au fond de la mine.
    L'oncle Hans avait un chef d'équipe, prénommé Jacob, un peu crédule, qui croyait en l'astrologie, et surtout aux signes pouvant venir de l'au-delà.
    L'opération fut préparée à deux, dans les moindres détails.
    Un des compères s'était caché à l'avance au fond d'une galerie, toutes lumières éteintes. L’oncle Hans et le chef d'équipe arrivèrent un peu plus tard. Ils commencèrent à travailler, et bientôt ce fut la pause. Sous prétexte de satisfaire un besoin naturel, mon oncle s'éloigna vers le fond de la galerie.
    Il revint un peu plus tard, l'œil inquiet et la voix haletante.
    - Chef, il y a des bruits étranges en tête de taille. »
    Le chef dégustait un savoureux saucisson à l'ail fait maison. Il répondit négligemment :
    - Mais il n'y a personne par là !
    - Bien entendu, et c'est pourquoi je trouve cela inquiétant. »
    Navré de quitter son casse-croûte, le chef se leva la bouche encore pleine.
    - On dirait une sorte de gémissement », poursuivit l'oncle Hans en soulevant son casque pour se gratter la tête. Sa voix sourde et un peu tremblotante traduisait parfaitement son émotion.
    - Bon ; allons-y », lança le chef d'équipe, qui voulait faire preuve d'autorité.
    La progression commença dans le silence.
    - Ce coin est abandonné depuis l'éboulement du mois dernier. Tu ne crois pas que c'est une chute de pierres que tu as entendu ?
    - Ecoute, Jacob, je suis dans la mine depuis assez longtemps pour reconnaître ce genre de bruit. Je t'assure que celui-là est anormal. »
    Ils finirent par arriver à la limite de l'éboulement, et leurs lampes balayèrent le fond de la galerie. On ne voyait rien, sinon des éboulis de pierres et des poutres en ferraille tordues à la suite de l'effondrement.
    Après un long silence, Jacob se retourna vers l'oncle Hans et d'une voix calme lui dit :
    - C'est bien ce que je pensais : certainement des cailloux qui se sont cassé la figure. »
    Avec une petite tape bienveillante sur l'épaule de mon oncle, il lui fit comprendre qu'il n'y avait plus qu'à rebrousser chemin.
    Ils venaient de faire une dizaine de pas lorsqu'ils s'arrêtèrent brusquement. Un bruit étrange s'élevait de l'endroit qu'ils venaient de quitter. Un son lancinant qui changeait de direction et de volume. Il avait l'air de venir de partout à la fois. Il cessait et reprenait sur un rythme qui ressemblait à une incantation.
    Oncle Hans prit le bras de Jacob et lui murmura :
    - C'est un gémissement, il y a du fantôme là-dedans. »
    La complainte prit fin brutalement.
    Malgré son masque de poussière, Jacob était blême. Ces soupirs étranges n'étaient pas provoqués par des glissements de pierres ou de charbon. D'où venaient-ils ?
    Toutes sortes d'idées s'entrechoquaient dans sa tête, et puis, il eut une certitude : c'était un appel de l'au-delà ! Cette conviction qui prenait forme amplifia son inquiétude.
    L'oncle Hans, bien entendu, ne fit rien pour le rassurer.
    - Je n'ai pas envie de rester ici avec des morts qui reviennent. Viens ; on s'en va. »
    Jacob ne se fit pas prier et c'est presque en courant qu'il rejoignit son casse-croûte. Il n'avait plus faim. Lui, qui adorait le saucisson à l'ail, remballa le tout dans sa musette. Préoccupé par la scène à laquelle il avait assisté, il attendait avec impatience la fin du poste pour repartir.
    L'oncle Hans se crut obligé de maintenir la pression.
    - C'est sûr, on a assisté à la manifestation d'un esprit. J'ai lu des trucs là-dessus... Il paraît que certains morts peuvent revenir pour expier leurs fautes. C'était probablement quelqu'un qui voulait nous faire un signe.
    - Oui, je pense que c'est quelque chose comme ça », lui répondit Jacob, en ajoutant :
    - Je ne savais pas que c'était possible, mais maintenant… »
    C'est alors qu'un bruit sourd leur parvint. Cela ressemblait à des pas. Après un instant de silence, ils entendirent un étrange gémissement.
    C'en était trop, Jacob attrapa sa musette et, le casque en bataille, s'élança vers la galerie principale sans attendre la fin du poste ni mon oncle, qui resta sur place.
    Le sachant hors de portée, l’oncle Hans rejoignit son comparse, et une immense rigolade résonna à deux cents mètres sous terre.
    L'affaire ne s'arrêta pas là. Le brave Jacob se mit à raconter cette histoire notamment à son supérieur hiérarchique. Ce dernier, après avoir bien ri, car il ne croyait pas aux fantômes, convoqua l'oncle Hans pour lui faire comprendre que la mine était un lieu de travail et non un château hanté.
    La mine avait ses mineurs et parfois ses comiques.
    Baladin malicieux, l'oncle Hans faisait partie de cette dernière catégorie, mais, sérieux dans l'amusement, il pouvait l'être aussi dans le travail. Je l'ai appris quelques années plus tard, lors de la visite d’un nouveau puits, en compagnie de mon père. Nous étions entrés dans la salle de contrôle, située sous les grandes roues ; elle était impressionnante avec ses leviers de manœuvre et ses cadrans. Les câbles, véritables gardiens du jour et de la nuit, attendaient les ordres pour plonger ou se tendre.
    L'homme qui faisait monter et descendre les cages n'était autre que l'oncle Hans. Le timonier, le maître de la grande roue, c'était lui.
    L'homme à la baïonnette et au casque de pompier était aussi un capitaine…
    J'aimais bien l'oncle Hans…

    (à suivre…)
    LANG
    LANG
    MODÉRATEUR / EXPERT
    MODÉRATEUR / EXPERT

    Messages : 279
    Points : 1986
    Réputation : 353
    Date d'inscription : 09/12/2018
    Age : 77
    Localisation : Yonne

    Revenir en haut Aller en bas

    - Sujets similaires
    Partager cet article sur : diggdeliciousredditstumbleuponslashdotyahoogooglelive

     
    Permission de ce forum:
    Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum