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    En Avant ! (2)

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    03072019

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    En Avant ! (2)

    On ne choisit pas sa famille

    Bien entendu, j’avais de quoi m’occuper en regardant ceux qui étaient arrivés avant moi.
    Difficile de les citer tous.
    Je vais commencer par vous parler de l’oncle Hans…


    L'oncle Hans, qui était aussi l'oncle de mon père, était bien entendu mineur.
    Dans ce monde sérieux et travailleur, il avait réussi à se tailler une réputation de légèreté et d'insouciance qui, évidemment, n'était pas toujours bien vue au sein de la famille.
    Membre de l'harmonie municipale, il jouait du tambour, et la troupe musicale accompagnait les visites touristiques organisées par la mine ou les anciens combattants. Mes parents étaient souvent du voyage et parfois je les accompagnais.
    L'oncle Hans n'avait pas son pareil pour animer une fin de soirée.
    Il donnait le rythme sur un air de swing et, la bière aidant, il montait sur la table pour esquisser quelques pas de danse. C'était généralement le moment où ma mère me faisait sortir de la salle. Caché derrière une fenêtre, il m'arrivait d'en voir un peu plus.
    L'oncle Hans était magnifique !
    Avec un sens de la mesure bien assuré, du moins au début, il évoluait sous les lampes du plafond et mimait une chasse aux papillons. Un haut-de-forme surgi de nulle part lui servait de filet ou parfois de chapeau pour jongler entre les guirlandes et les lampions.
    Maîtrisant parfaitement la situation, il circulait entre les assiettes et les verres comme une danseuse étoile. La salle, visiblement ravie, applaudissait à tout rompre pour l'encourager. Ma tante, toujours à l'écart, souriait mais ne semblait pas partager l'enthousiasme général. Je pense qu'elle jouait la comédie car à certains moments elle tentait d'étouffer un éclat de rire et détournait la tête.
    Les démonstrations comiques de l'oncle Hans étaient effectivement irrésistibles, j'en étais le premier convaincu. Mais, avec la soirée qui s'avançait et quelques bières de plus, la prestation devenait incertaine et finissait dans un fauteuil. L'oncle Hans s’endormait.
    Il dormait d'ailleurs souvent, en particulier les dimanches après-midi. Parfois, il s’agissait d’une simple sieste mais la plupart du temps c’était pour se reposer de la sortie du samedi soir avec l’harmonie municipale. Allongé sur le canapé, bras croisés sur son ventre rond, il ronflait allègrement pendant que nous parlions tout bas avec tante Grete. J’attendais son réveil avec impatience.
    Mineur, musicien, il était aussi sapeur-pompier. Il était beau avec son casque brillant et son uniforme bleu !
    D’un caractère enfantin et joueur, il savait être proche de moi. C'est ainsi qu'un jour, connaissant ma passion pour l'uniforme, il m'habilla avec sa tenue. J'étais fier avec ce grand casque, qui était encore plus impressionnant que celui d’un mineur. Une fourragère sur le côté, la chemise bien rentrée dans le pantalon, et j'étais prêt à partir pour la guerre.
    Pour l'entraînement, pas de souci : mon instructeur était l'oncle Hans.
    Dans un endroit secret de la cuisine, sous l'évier et bien cachée, se trouvait la baïonnette ! Elle était très longue, mince et pointue. À l'abri du regard de tante Grete, mon maître d’armes sortait cette fameuse épée avec beaucoup de cérémonie, et nous commencions le duel. J’avais droit au fourreau, mais, dans ma main, il devenait une lame redoutable.
    Notre combat était intense et sans pitié. Il m'arrivait de gagner, et il s'étalait de tout son long sur le sol, les quatre fers en l'air. La lutte se terminait généralement avec l'arrivée de ma tante, qui le sermonnait sévèrement.
    Pour éviter ses remontrances, nous avions recours à des duels de western, moins dangereux mais tout aussi bruyants car il fallait bien imiter le tir des balles.
    C'était un excellent instructeur. Pourtant, il n’avait pas fait la guerre, ni celle de 1914 - il était trop jeune - ni celle de 1940 - il était trop vieux. Mais il avait accompli un acte héroïque en 1945, à l'arrivée des Américains dans notre petite ville.
    L'armée allemande occupait encore les lieux. L'oncle Hans regardait par la fenêtre. Sa maison était au coin d'une rue. Une patrouille américaine avançait avec précaution de porche en porche. Bien placé, il vit un détachement allemand qui arrivait dans une rue perpendiculaire. Les Allemands étaient plus nombreux que les Américains. L’oncle Hans n'eut aucune hésitation, il siffla pour prévenir les Alliés en leur indiquant d'où venait l'ennemi.
    Il avait sifflé très fort. Tout le monde avait entendu - les Allemands aussi !
    La façade fut arrosée de balles. Il eut de la chance, aucune ne l’atteignit.
    Cet acte héroïque ne lui rapporta aucune médaille, et je ne l'ai jamais entendu s'en vanter. Si quelqu’un le racontait, il ne faisait aucun commentaire mais souriait comme s'il s'agissait d'un canular.
    J'aimais bien entendre cette histoire ; elle me démontrait que l'oncle Hans, contrairement à sa réputation, était bien l'homme de guerre que j'admirais. D'autres, qui l’avaient faite, parlaient de leurs exploits mais ne jouaient jamais avec moi. Ils ne surgissaient pas de la chambre à coucher déguisés en bandits de grand chemin avec un gros ceinturon, le visage masqué par un mouchoir en brandissant deux colts imaginaires…

    (à suivre...)
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