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    Quand Bigeard quittait ses paras

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    16052019

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    Quand Bigeard quittait ses paras Empty Quand Bigeard quittait ses paras





    Portrait du colonel Bigeard, au moment où il quitte le commandement de son régiment de parachutistes, en avril 1958, en Algérie.

    Le colonel Bigeard a quitté le commandement du 3e régiment de Parachutistes Coloniaux pour prendre la direction, à l'État-major d'Alger, d'une nouvelle école de cadres consacrée à la " guerre révolutionnaire".

    Le "Journal d'Alger" a publié, à cette occasion, les déclarations faites par le colonel Bigeard dans une interview accordée à notre confrère Fernand Carreras, sur l'évolution de la situation et la conduite des opérations en Algérie.
    Le plus prestigieux des officiers parachutistes s'élève contre l'optimisme officiel avec une franchise brutale, confirmant ce que de rares journalistes écrivent depuis longtemps sur la conduite des opérations en Algérie.
    Accusera-t-on le colonel Bigeard, comme ceux qui l'ont devancé, de " démoralisation " de l'armée ?

    Sur l'aérodrome de Tébessa, les officiers du 3e régiment de parachutistes coloniaux sont venus saluer leur chef, le colonel Marcel Bigeard, qui quitte l'unité, remplacé par le colonel Trinquier.
    D'un ton paternellement bourru, le " patron les renvoie " : " F ; le camp, je vous ai assez vus depuis trois ans ! "

    La veille, dans un ordre du jour, le colonel après avoir fait le bilan des joies et des peines du 3e R.C.P., disait " Je n'entendrai plus vos chants au lever du jour, je ne vous verrai plus défiler, conscients de votre force tranquille... Je m'arrête. Vous allez me faire pleurer. Que Dieu vous aide et vous garde ! "

    Je sais quel arrachement ce départ a dû être pour les garçons de la 3e. Après avoir vécu une dizaine de jours, en leur compagnie, la vie exaltante du djebel, j'écrivais en septembre dernier: " Bigeard sait qu'un jour il devra quitter le régiment. Il le fera avec peine. Ses officiers et ses hommes envisagent avec angoisse cette éventualité. Ils ne doivent pas entretenir d'inquiétudes. L'idée est en marche..."

    Ce moment est venu. Pour quelques jours seulement, le colonel a rejoint son P.C. de Sidi Ferruch. Il est là, toujours le même dans son uniforme brûlé par le soleil de Timimoune, délavé par les neiges du djebel, le cheveu court, le visage hâlé, souriant, "en forme". A ses côtés, un peu plus que son adjoint: son compagnon, le commandant Lenoir, qui ne peut demeurer où Bigeard n'est pas.

    Le colonel est détendu: "J'ai quitté le régiment comme ça", sans cérémonie, j'en ai l'habitude. Il en avait déjà été ainsi en Indochine. Il faut savoir tourner la page, même si elle raconte l'histoire d'une épopée.

    Ses projets ? Prendre un long congé en métropole avant d'être affecté à une autre fonction qu'il définit avec humour: "Je vais être le quatrième adjoint de la subdivision de l'état-major.

    Les punaises et les hommes
    Quand je lui demande s'il va effectivement occuper le poste de direction du stade de formation d'officiers, il me rappelle la définition qu'il m'avait faite, il y a longtemps, au cours d'une de ces nombreuses conversations amicales que j'ai eu le privilège d'avoir avec lui : "Un tableau noir, m'avait dit Bigeard. Devant, un personnage. C'est le professeur de l'Ecole de Guerre. Il plante des punaises sur le tableau. Les rouges, c'est l'infanterie, les bleues, les blindés, les noires, l'artillerie, les jaunes, les services, les blanches, l'appui de l'aviation. Il déplace les punaises. Et puis il sourit, satisfait. Il a gagné toutes les batailles. Mais quand on enlève les punaises..."

    Bigeard considère que la plupart de nos méthodes de guerre - surtout en Algérie-sont périmées. Et parce qu'il est incontestablement un homme d'action, il répugne à jouer à l'instituteur.
    Pourtant, le colonel a des idées précises sur la guerre que l'on doit mener en Algérie. Après l'expérience indochinoise, il s'est battu trois ans dans ce pays, payant de sa personne (il a été blessé deux fois), C'est lui qui, le premier, pensa à utiliser de l'hélicoptère. Il est l'auteur d'un ouvrage qui fait autorité : " Contre-guérilla ". Il a étonne d'abord, enthousiasmé ensuite les unités qui ont été adjointes à son régiment au cours des grandes opérations : les appelés de l'infanterie dans la région de Bône, les aviateurs et les nomades à Timimoune, les blindés des Nementcha.

    Il revient de la frontière tunisienne. Ses impressions : depuis plus de deux mois, les régiments de paras supportent presque seuls l'effort consenti dans cette région cruciale. Les moyens manquent, particulièrement les hélicoptères. Il y a trop de troupes de secteur inutilisées ou presque : elles manquent de mobilité, se cantonnent dans des opérations secondaires. Il y a aussi trop de régions en Algérie où l'on ne va plus : l'Ouarsenis, certaines zones de l'Atlas, les Nementcha.

    Du fusil au rocket
    Le colonel Bigeard s'élève encore contre l'optimisme qui est la marque des discours officiels :
    " Il y a trois ans, me dit-il, dans les Nementcha, les rebelles tiraient avec des fusils de chasse ou des vieilles Stati. Ils en sont désormais à la mitrailleuse et au rocket !
    La région de la frontière est " pourrie ", 1es fellagha trouvent une aide trop importante de la population, malgré l'implantation des S.A.S. Et le colonel me cite l'exemple d'un douar qui, a 80 %, collaborait avec le F.L.N. Il n'y découvrit que des supplétifs, des passeurs et des collecteurs de fonds.
    "La rébellion mène une guerre révolutionnaire précise t-il. Le propre de cette guerre, c'est d'essayer d'user l'adversaire, de le lasser. Malgré les pertes terribles que nous infligeons aux troupes de l'A.L.N., celles-ci progressent en effectifs, elles ont un armement qu'elles utilisent encore mal, mais dont il serait puéril de minimiser l'importance. Il est vrai qu'il est encore facile d'exterminer une de ces bandes d'une centaine d'hommes venant de Tunisie. Elles se battent mal, sont dépourvues d'expérience. Il est plus difficile de venir à bout d'un commando zonal d'une vingtaine d'authentiques combattants rodés dans le djebel."

    Récemment, on avait prononcé le nom de Bigeard pour occuper le poste de préfet de police de la Seine. Hier encore, le colonel était sollicité pour se présenter à une élection partielle à Paris, où on l'assurait d'une confortable majorité. Un ministre en exercice lui conseilla même d'accepter cette proposition...

    Il la refusa. "Comment aurais-je pu accepter que l'on m'appelle monsieur le député sous le regard de celui-là", me dit-il en désignant un immense portrait. "Celui-là", c'est le sergent-chef Santenac, " accroché " à Bigeard depuis Dien-Bien-Phu, admirable combattant, six fois blessé, mort à Timimoune en disant : " J'avais dépassé mon potentiel de chance!..." Et Bigeard termine : "Si j'étais un conformiste, un militaire bourgeois, dans trois ans je serais "poirot". Je préfère rester le colonel Bigeard. "




    L'Express, 3 avril 1958
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    Quand Bigeard quittait ses paras :: Commentaires

    LANG

    Message le Jeu 16 Mai - 17:38 par LANG

    Quel beau texte que cet article de 1958...
    Merci place d'armes.
    Lu et relu, on ne s'en lasse pas.
    Pourquoi cet homme a-t-il eu autant d'impact ?
    Pourquoi étaient-ils (ou étions-nous) si nombreux à guetter son regard à la fois doux et sans complaisance ?
    Et ses mots.
    Ces mots qu'il savait manier avec une pointe d'ironie pour passer la main dans le dos de ceux qu'il aimait pour les faire avancer encore plus loin...
    Et ceux, bien plus acérés, qu'il envoyait aux "manipulateurs de punaises"...
    "Il y a la guerre et l'Ecole de guerre..." Un peu dur peut-être car certains "stagiaires" de l'Ecole de guerre avaient des qualités de combattants mais ça ne fait pas de mal d'être remis à sa place.
    Oui, ce n'était pas un "donneur de leçons" mais comme le maître, il savait dire avec franchise les bonnes paroles...
    Je crois qu'on aurait tous aimé avoir un chef qui vous dise avant de partir :
    " Je n'entendrai plus vos chants au lever du jour, je ne vous verrai plus défiler, conscients de votre force tranquille... Je m'arrête. Vous allez me faire pleurer. Que Dieu vous aide et vous garde ! "

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    briselance13

    Message le Ven 17 Mai - 17:34 par briselance13

    Pour sûr, mais j'aime surtout les mots employés pour refuser le poste de député, "surveillé
    par son sergent-chef Sentenac" . Un Sentenac dont on se demande pourquoi est il resté
    sur le grade sergent chef, avec une telle valeur d'exemple de combativité.

    Inutile de rappeler qu'il avait entrepris de s'évader des convois de prisonniers après la  
    défaite de Dien Bie Phu. Si ça , ça n'est pas un exemple de combativité, alors ....

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