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    Hélie Denoix de Saint Marc

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    Hélie Denoix de Saint Marc Empty Hélie Denoix de Saint Marc

    Message par LANG

    Hélie de Saint Marc

    (Aujourd’hui je voudrais vous parler de quelqu’un que j’admire beaucoup.
    C’est un témoignage sans prétention.
    Je voudrais simplement lui rendre hommage)


    Hélie Denoix de Saint Marc Img_5412



    « Nous allons devoir vivre ensemble » capitaine de Glatigny, longtemps peut-être. J’ai aimé votre geste quand vous avez appris que tout était perdu à Dien Bien Phu et que vous avez quitté  le général en Chef, un homme de votre caste et de votre tradition, pour vous faire parachuter ici.
    J’ai trouvé à ce geste un sens, qui n’est peut-être pas celui que vous avez voulu donner. A mes yeux, vous avez abandonné les hiérarchies mortes pour rejoindre les soldats et les petits cadres, tout ceux qui se battent, les militants de base d’une armée.
    C’est ainsi que Glatigny avait fait connaissance de Boisfeuras, qui maintenant, prisonnier et ligoté, était allongé à quelques mètres de lui… »
    Les Centurions

    Et c’est ainsi que j’ai fait connaissance avec le commandant Hélie de Saint Marc/de Glatigny.
    En lisant la page 16 de ce roman de Lartéguy. C’était un certain jour de juillet 1961…
    Je ne connaissais pas le détail des » évènements » qui avaient secoué l’Armée Française quelques mois plus tôt. Ce n’est que plus tard que j’ai appris qu’il n’était pas qu'un personnage de roman.
    Je ne l’ai jamais rencontré mais nous nous sommes sans doute frôlés.
    En 1969, lieutenant en premier commandant par intérim un escadron de reconnaissance, j’avais sous mes ordres un sous-lieutenant de réserve particulièrement actif. Dirigeant d’entreprise, il appliquait parfois ses principes de management (comme on dit aujourd’hui) pour diriger son peloton. Efficace et entreprenant, il s’affranchissait parfois des règles en usage dans une armée de temps de paix.
    Et, il m’arrivait de lui « remonter les bretelles »...
    Ainsi, un jour, parti faire un exercice à 50 km du régiment, il avait renvoyé les camions de l’ECS sans aucun chef de bord ni responsable de la colonne de véhicules ! Impensable mon cher Watson !
    Il m’a fait remarquer qu’un conducteur était un homme responsable parfaitement capable de rentrer tout seul…
    Bien entendu, il avait raison mais cela ne se faisait pas… chez nous.
    Disons qu’au passage, j’avais tendance à faire le même genre de "raccourci". Ainsi, pour la préparation d’une revue groupée du matériel (contrôle particulièrement redouté) il était prévu un emploi du temps bien précis et presque minuté. De telle heure à telle heure nettoyage moteur, de telle heure à telle heure nettoyage des roues etc. J’avais pris l’initiative de donner un ordre dont beaucoup se sont souvenus par la suite : les chefs de pelotons vérifient l’avancement des travaux et dès que l’opération est satisfaisante après inspection, sport collectif pour le peloton !
    Inutile de dire que les choses ne trainaient pas et que le résultat était impeccable car tout le monde s’y mettait à fond. Chefs de pelotons en tête.
    Bref, mon sous-lieutenant de réserve futur PDG était particulièrement "attachant" et il a fait un service militaire « constructif ». Il nous a quitté pour rejoindre son entreprise et a embauché au passage un appelé de son peloton.
    Quelques années plus tard, il a pris Hélie de Saint Marc comme directeur du personnel. C’était un beau coup de main car à cette époque les choses ne se passaient pas très bien pour le commandant.
    Il se trouve qu’en ce qui me concerne, passé dans la vie civile, j’ai fait connaissance avec le chômage. Et, comme tout bon chercheur d’emploi j’ai écris un peu partout et en particulier à mon ancien sous-lieutenant PDG. J’ai donc sollicité un emploi de directeur du personnel ! C’est le PDG qui m’a répondu, il n’y avait plus de place, elle était prise…
    Comme je l’ai dit, nous nous sommes frôlés...
    Et la dernière fois, ce fut peut-être à l’occasion d’un livre offert par l’un de mes gendres : Les sentinelles du soir.
    « Je veux ajouter de la vie aux années qui me restent, témoigner de tout ce qui dure, retrouver la vérité de l’enfant que j’ai été. Simplement essayer d’être un homme. »

    En ces temps où on parle beaucoup d’éthique avec de grands mots et une assurance digne des gladiateurs romains, j’ai pensé qu’on pouvait laisser la parole à ce soldat. Car ce soldat était aussi un écrivain.
    … retrouver la vérité de l’enfant…

    Hélie Denoix de Saint Marc St_mar10

    Laissons lui la parole.

    « QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »
    (extrait)

           Quand on a connu tout et le contraire de tout,
    quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
    on est tenté de ne rien lui dire,
    sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
    sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
    font partie de la noblesse de l’existence.

    Pourtant, je ne veux pas me dérober,
    et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
    en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

    «Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
    et vouloir l’asséner comme une certitude,
    mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

    A mon jeune interlocuteur,
    je dirai donc que nous vivons une période difficile
    où les bases de ce qu’on appelait la Morale
    et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
    sont remises constamment en cause,
    en particulier dans les domaines du don de la vie,
    de la manipulation de la vie,
    de l’interruption de la vie….


    (Texte complet : sur PDF en bas de page)

    *****************************

    « Boisfeuras s'approcha de Glatigny, toujours accroupi près du cadavre.
    -Sept promotions de Saint-Cyriens détruites en Indochine. C'est un peu trop, Glatigny, quand le résultat est une défaite. Il sera difficile de nous remettre de cette saignée.
    -Un gosse de vingt ans, une espérance et un enthousiasme de vingt ans sont morts, dit Glatigny. C'est un sacré capital qui vient d'être dilapidé et que l'on ne renouvelle pas facilement. Qu'en pensent-ils à Paris?
    -C'est l'heure où l'on sort du théâtre. »
    Les Centurions

    *****************************
    Et que dire à un adolescent...

    « Les adolescents d’aujourd’hui ont peur d’employer des mots comme la fidélité, l’honneur, l’idéal ou le courage. Sans doute ont-ils l’impression que l’on joue avec ces valeurs – et que l’on joue avec eux. Ils savent que leurs aînés se sont abîmé les ailes. Je voudrais leur expliquer comment les valeurs de l’engagement ont été la clef de voûte de mon existence, comment je me suis brûlé à elles, et comment elles m’ont porté. Il serait criminel de dérouler devant eux un tapis rouge et de leur faire croire qu’il est facile d’agir. La noblesse du destin. humain, c’est aussi l’inquiétude, l’interrogation, les choix douloureux qui ne font ni vainqueur ni vaincu.

       Que dire à un cadet ? Peut-être, avec pudeur, lui glisser dans la paume de la main deux ou trois conseils : mettre en accord ses actes et ses convictions ; pouvoir se regarder dans la glace sans avoir à rougir de lui-même ; ne pas tricher, sans doute la plus difficile, pratiquer et tâcher de concilier le courage et la générosité ; rester un homme libre.

       J’ai toujours essayé de récupérer les débris de mon existence pour faire tenir debout mon être intérieur. Même en prison et réprouvé, j’ai cherché à être heureux.  

       Un ami m’a dit un jour : « tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ». Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié.  

       Je tiens le courage en haute estime car il me semble contenir toutes les autres vertus.  

       Je crains les êtres gonflés de certitudes. Ils me semblent tellement inconscients de la complexité des choses … Pour ma part, j’avance au milieu d’incertitudes. J’ai vécu trop d’épreuves pour me laisser prendre au miroir aux alouettes.  

        Ai-je toujours été fidèle ? Ai-je toujours agi selon l’honneur ? J’ai essayé, sans jamais y parvenir entièrement, d’être digne des autres et de la vie. Je ne connais pas de vérité tranquille. Je veux ajouter de la vie aux années qui me restent, témoigner de tout ce qui dure, retrouver la vérité de l’enfant que j’ai été. Simplement essayer d’être un homme. »


    **************************************

    Hélie Denoix de Saint Marc Rg01111


    « C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à
    mes légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril,
    à treize heure trente, devant le général Challe, j’ai fait mon
    libre choix.
    « Terminé, Monsieur le président. »


    ************************************

    On pourra consulter le site qui lui est consacré :
    http://www.heliedesaintmarc.com/Index.htm

    Hélie Denoix de Saint Marc Helie_11
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    Hélie Denoix de Saint Marc Empty Re: Hélie Denoix de Saint Marc

    Message par LANG

    Sur le site, un document qui n'est pas forcément bien "visible".

    Discours du général Bruno Dary le 28 novembre 2011 à l'occasion de l'élévation à la dignité de Grand Croix de La Légion d'Honneur d'Hélie Denoix de Saint Marc.
    Avec ses derniers mots :
    ‘‘Non, rien de rien ! Non, je ne regrette rien !’
    Fichiers joints
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    Eloge par le général B. Dary 28nov2011.pdf (99 Ko) Téléchargé 36 fois
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    Hélie Denoix de Saint Marc Empty Re: Hélie Denoix de Saint Marc

    Message par JMR


    Dans la vie, on a besoin de points de repère et H. de Saint Marc nous en fourni de sérieux.
    Puisse notre jeunesse s'en inspirer !
    Amicalement.



    Hélie de Saint Marc connut un destin exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu'au cours de sa longue vie il fut successivement l'homme de l'humiliation, de l'engagement, de la proscription avant d'être finalement réhabilité.

    Humiliation: au printemps 1940, un adolescent assiste à Bordeaux à l'arrivée de l'armée française en déroute. Peu après, il entre dans la Résistance, décide de gagner l'Espagne, avant d'être arrêté dans les Pyrénées et déporté en Allemagne, au redoutable camp de travail de Langenstein.

    Engagement: en 1945, un rescapé mal à l'aise dans la France de la Libération délaisse le statut que peut lui conférer son passé incontestable de résistant déporté, pour endosser la défroque mal taillée d'officier de la Légion étrangère. Avec l'armée française, il plonge dans une guerre incertaine en Indochine.

    Proscription: en avril 1961, le commandant en second du 1er REP choisit la sédition pour protester contre la politique algérienne du général de Gaulle. Après l'échec du putsch, il connaît la prison.

    Réhabilitation: longtemps, Hélie de Saint Marc reste silencieux, muré dans ses souffrances, acceptant son manteau de paria. Jusqu'à ce que l'amitié quasi paternelle qu'il porte à son neveu, l'éditeur Laurent Beccaria, le pousse à accepter de témoigner.

    En 1989, Hélie Denoix de Saint Marc témoigne dans l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie.
    L'ancien officier, sorti de prison en 1966, qui vit paisiblement à Lyon, en pratiquant avec bonheur l'art d'être grand-père, devient en quelques livres l'icône d'un pays en mal de références.

    Un mélange de tradition et de liberté

    Hélie Denoix de Saint Marc incarnait la grandeur et la servitude de la vie militaire. De tout, il tirait des leçons de vie. Il relatait des faits d'armes oubliés, décrivait des héros inconnus. Il avait fait du Letton qui lui avait sauvé la vie à Langenstein, de son frère d'armes l'adjudant Bonnin mort en Indochine, du lieutenant Yves Schoen, son beau-frère, de Jacques Morin, son camarade de la Légion, des seigneurs et des héros à l'égal d'un Lyautey, d'un Bournazel, d'un Brazza. Au fil de souvenirs élégamment ciselés, il dessinait une autre histoire de France, plus humaine, plus compréhensible que celle des manuels scolaires.

    Écouter ou lire Saint Marc, c'était voir passer, par la grâce de sa voix étonnamment expressive et de sa plume sensible et claire, une existence riche et intense.

    Né en 1922, Hélie Denoix de Saint Marc était un fruit de la société bordelaise de l'avant-guerre, et de l'éducation jésuite. Il avait été élevé dans un mélange de tradition et de liberté (n'est-ce pas le directeur de son collège qui l'avait poussé à entrer dans le réseau Jade-Amicol?). De sa vie dans les camps, de son expérience de l'inhumanité, de ses séjours en Indochine, puis en Algérie, il faisait le récit sobre et émouvant, jusqu'aux larmes. Et de son geste de rébellion, il parlait toujours avec retenue, mezza voce, comme s'il était encore hanté par les conséquences de celui-ci.

    es milliers de lecteurs, ses admirateurs, tous ceux qui se pressaient à ses conférences, aimaient en lui ceci: par son histoire se retrouvaient et se réconciliaient plusieurs France: celle de la Résistance, celle de la démocratie chrétienne et celle de l'Algérie française. Aux diverses phases de son existence, Saint Marc avait su donner une unité, en martelant: «Il n'y a pas d'actes isolés. Tout se tient.» C'était un être profond qui cherchait davantage à comprendre qu'à condamner. D'une conversation avec lui, on tirait toujours quelque chose sur soi-même, sur ses passions, ses tentations ou ses errements.

    Cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes.

    La grande leçon qu'administrait Saint Marc, c'était que le destin d'un homme - et plus largement celui d'un pays - ne se limite pas à une joute entre un Bien et un Mal, un vainqueur et un vaincu. Il avait comme personne connu et subi la guerre, avec son cortège d'horreur, d'héroïsme et de dilemmes: en Indochine, que faire des partisans auxquels l'armée française avait promis assistance, maintenant qu'elle pliait bagage? En Algérie, que dire à ses hommes en opération, alors que le gouvernement avait choisi de négocier avec le FLN?

    Son parcours chaotique, abîmé, toujours en quête de sens, n'avait en rien altéré sa personnalité complexe et attachante qui faisait de lui un homme de bonne compagnie et lui valait des fidélités en provenance des horizons les plus divers.

    L'une d'elles, parmi les plus inattendues (et, au fond, des plus bouleversantes), s'était nouée il y a une dizaine d'années avec l'écrivain et journaliste allemand August von Kageneck. Cet ancien officier de la Wehrmacht avait demandé à s'entretenir avec son homologue français. Leur conversation, parsemée d'aveux et de miséricorde, devint un livre, Notre histoire (2002). Kageneck était mort peu de temps après, comme si avoir reçu le salut (et pour ainsi dire l'absolution) d'un fraternel adversaire l'avait apaisé pour l'éternité. Sa photo en uniforme de lieutenant de panzers était dans le bureau de Saint Marc, à côté de celle de sa mère, qu'il vénérait.

    Rien d'un ancien combattant

    D'autres admirations pouvaient s'exprimer dans le secret. Ce fut le cas dès son procès, où le commandant de Saint Marc suscita la curiosité des observateurs en se démarquant du profil convenu du «réprouvé». Des intellectuels comme Jean Daniel, Jean d'Ormesson, Régine Deforges, Gilles Perrault, un écrivain comme François Nourissier lui témoignèrent leur estime. Se souvient-on que ses Mémoires, Les Champs de braises, furent couronnés en 1996 par le Femina essai, prix décerné par un jury de romancières a priori peu sensibles au charme noir des traîneurs de sabre?

    En novembre 2011, Hélie de Saint Marc fut fait grand-croix de la Légion d'honneur par le président de la République. Dans la cour des Invalides, par une matinée glaciale, le vieil homme recru d'épreuves et cerné par la maladie reçut cette récompense debout, des mains de Nicolas Sarkozy. Justice lui était faite. Commentant cette cérémonie, il disait d'une voix où perçait une modestie un brin persifleuse: «La Légion d'honneur, on me l'a donnée, on me l'a reprise, on me l'a rendue…»

    À ces hommages s'ajoutèrent au fil des ans les nombreux signes de bienveillance de l'institution militaire (notamment grâce à une nouvelle génération d'officiers libérée des cas de conscience qui entravaient leurs aînés), qui furent comme un baume au cœur de cet homme qui prenait tout avec une apparente distance, dissimulant sa sensibilité derrière l'humour et la politesse.

    Histoire authentique ou apocryphe, il se raconte qu'un jour l'ex-commandant de Saint Marc avait été accosté par une admiratrice qui lui avait glissé: «Je suis fière d'habiter la France, ce pays qui permet à un ancien putschiste de présider le Conseil d'État.» La bonne dame confondait Hélie avec son neveu Renaud (aujourd'hui membre du Conseil constitutionnel). Cette anecdote recèle quelque vérité. La France contemporaine l'avait pleinement adopté, ayant compris que cet homme lui ressemblait, avec ses engagements heureux ou tragiques, ses zones d'ombre, ses chagrins et ses silences.

    Hélie de Saint Marc n'avait rien d'un «ancien combattant». S'il avait insolemment placardé à la porte de son bureau le mandat d'arrêt délivré contre lui en mai 1961, il parlait de ceux qui avaient été ses adversaires avec mansuétude. Quand un article lui était consacré dans Le Figaro, il ne manquait jamais de demander à son auteur, avec ironie: «Avez-vous eu une réaction des gaullistes?» Son épouse, Manette, et leurs quatre filles s'attachaient à lui faire mener une vie tournée vers l'avenir. Il n'était pas du genre à raconter ses guerres, s'enquérant plutôt de la vie de ses amis, les pressant de questions sur le monde moderne, ses problèmes, ses défis. Ce vieux soldat bardé d'expériences comme d'autres le sont de diplômes n'avait jamais renoncé à scruter son époque pour la rendre un tant soit peu plus intelligible.

    Énigme insondable

    L'existence humaine restait pour lui une énigme insondable. À Buchenwald, Saint Marc avait laissé la foi de son enfance. L'éclatement de tout ce qui avait été le socle de son éducation l'avait laissé groggy. Une vie de plus de quatre-vingt-dix ans n'avait pas suffi pour reconstituer entièrement un capital de joie et d'espérance. C'était un être profondément inquiet, qui confessait que sa foi se résumait à une minute de certitude pour cinquante-neuf de doute. Le mal, la souffrance, le handicap d'un enfant, ces mystères douloureux le laissaient sans voix.

    Attendant la fin, il confiait récemment avec un détachement de vieux sage: «La semaine dernière, la mort est encore passée tout près de moi. Je l'ai tout de suite reconnue: nous nous sommes si souvent rencontrés.»




    Le Figaro
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    JMR
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    Hélie Denoix de Saint Marc Empty Re: Hélie Denoix de Saint Marc

    Message par tarmac


    Ce grand SOLDAT a bien mérité les hommages qui lui ont été faits.
    tarmac
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    Hélie Denoix de Saint Marc Empty Re: Hélie Denoix de Saint Marc

    Message par Aldeguer



    SUPERBE ! ! ! !

    C'est écrit avec les tripes, l'ouverture du sujet avec Glatigny et les centurions est un très bon choix .
    Anonymous
    Aldeguer
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