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    CES PETITES CHOSES INCONNUES EN FRANCE

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    CES PETITES CHOSES INCONNUES EN FRANCE Empty CES PETITES CHOSES INCONNUES EN FRANCE

    Message par Hubert DENYS Sam 20 Fév 2021 - 19:00



    Ces petites choses inconnues en France importée par le Débarquement de Normandie
    Lorsqu'ils débarquent en Normandie, les GI's américains amènent avec eux, dans leur paquetage, nombre de produits jusqu'ici inconnus en France parmi lesquels se trouvent le Coca-Cola, le Nescafé, les barres chocolatées, les lunettes de soleil, le T-shirt, les bas en nylon, le chewing-gum, le stylo à bille, le rasoir mécanique de sureté, les cigarettes blondes, le briquet Zippo, les préservatifs, le DDT, la jeep et même le scooter.
    Le Coca-Cola[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    Si cette boisson a été amenée en France par les Américains lors de la 1ere guerre mondiale et que le café de la Paix de Paris en a servi en 1934, elle n'a véritablement été connue qu'après le débarquement. En effet, elle est la boisson privilégiée des GI's depuis 1941, date où l'administration Roosevelt lui donne le statut de fourniture de guerre. Le PDG de l'entreprise, Robert Woodruff lance alors un message patriotique à l'adresse des soldats américains : "Chaque Américain portant l'uniforme pourra, où qu'il soit dans le monde et quoiqu'il puisse en coûter à la firme, se procurer du Coca-Cola pour 5 cents la bouteille." N'oublions pas que chaque GI's ne perçoit qu'un $/ jour. (119 francs français de l'époque).
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    Les français découvrent le Coca avec les américains. (NA/USA)
    Le Nescafé :
    Dans les années 1930, l'Office Brésilien du Café cherche à écouler ses excédents de stocks de grains de café brut. Il demande à la société suisse Nestlé de développer des "cubes de café" qui, par simple adjonction d'eau chaude devrait permettre d'avoir instantanément un café. Une équipe est créée avec le professeur Paul Dutoit et le chimiste Max Morgenthaler mais les premiers essais ne sont pas concluants et la direction générale demande de les arrêter car trop onéreux. Opiniâtre et certain d'être sur la bonne voie, Max Morgenthaler poursuit ses recherches chez lui, dans sa maison. Il trouve enfin la formule : le grain est torréfié, moulu et passé dans de grosses cafetières, puis déshydraté en pulvérisant le café préparé en très fines gouttelettes (atomisation) dans une grande cuve où circule de l'air surchauffé lequel fait évaporer l'eau. On collecte ensuite les cristaux de café qui sont tombés sur le sol de la cuve. On ajoute ensuite des hydrates de carbone sans goût pour faciliter le séchage et améliorer la conservation.
    Le 1er avril1938, après 7 ans de recherche le "Nescafé" est né, mais ce sera sous forme de poudre et non de cubes. Il est fabriqué à Orbe en Suisse.
    Depuis le début des années 40, Nescafé essaye de lancer le café déshydraté sur le marché français et européen mais sans succès. Certains prédisent même que l'étrange boisson ne trouvera jamais acquéreur, pourtant, en 1944, l'arrivée en force des GI's américains qui débarquent avec des rations de Nescafé dans leur paquetage va lancer le véritable essor du produit.

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    Les dosettes de Nescafé pour rations individuelles américaines (NA /USA)

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    Boite de Nescafé pour rations multiples (NA /USA)
    Les barres chocolatées :
    Si le chocolat au lait occupe aujourd'hui une place de choix dans les cuisines françaises, il n'en n'a pas toujours été ainsi car jusqu'au 6 juin 1944, il était complètement inconnu en France. On ne connaissait que la plaquette de chocolat noir. Ce sont les soldats américains qui l'ont amené avec eux dans leur paquetage avec la barre chocolatée. Ces deux produits ne seront commercialisés qu'à partir de 1951 en France.
    On doit la recette originale à la chocolaterie Hershey's qui l'a découverte dans les années 30. Afin d'obtenir les matières premières pour l'élaboration de ce produit, notamment le sucre, la firme Hershey's s'engage à mettre une barre chocolatée dans chaque ration de soldat.
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     Les barres chocolatées Hershey's (NA /USA)
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    La firme Mars produira elle aussi une barre chocolatée plus élaborée, agrémentée de pâte de nougat, de caramel et, plus tard de noisettes.
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    La barre chocolatée Mars (NA /USA)
    Les lunettes de soleil :
    C’est en 1927, après avoir traversé l'Atlantique en aérostat, que le lieutenant John A. Mac Ready, de l'US Air Force, demande au fabricant allemand Bausch&Lomb émigré aux États-Unis, d’imaginer des lunettes protectrices, panoramiques et enveloppantes.
    L’US Air Force voulait réduire les maux de tête et nausées provoqués par des verres de lunettes de couleur, et éviter les gouttes de sueurs de tomber du front jusque dans les yeux des pilotes.
    Le verre RB3, vert et filtrant les ultraviolets et les infrarouges, est créé trois ans plus tard.
    En 1933, l'US Air Force commande un modèle de lunettes pour ses pilotes de chasse afin qu'ils soient moins éblouis par le soleil. Ce modèle prend le nom d’Aviator à sa commercialisation en 1936. La marque Ray-Ban, contraction de "Ray-Banner" (bannir les rayons du soleil), est lancée en 1937.
    Les lunettes sont aussitôt adoptées par l’armée américaine, à l'image du général MacArthur et des stars de cinéma. Une deuxième version fut créée à la demande des pilotes durant la Seconde Guerre Mondiale avec l'instauration des verres à teinte progressive. Une bande supérieure foncée protégeait les pilotes des rayons du soleil et une bande plus claire, au niveau inférieur des verres , leur permettait de garder un œil plus précis sur le tableau de bord de l'avion.
    Les lunettes de soleil font leur apparition en France aussitôt la Libération. La "Rayban Aviator "ne fut commercialisée seulement qu'à partir des années 1960 pour les civils, mais ses ventes décollèrent vraiment dans les années 1980.
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    Les lunettes de soleil Ray-Ban "Aviator" équipent les pilotes de l'armée de l'air US dès 1933. (NA /USA)

    Le T-Shirt:
    Avant la seconde guerre mondiale, si les français avaient un maillot de corps à l'encolure et aux emmanchures très échancrées appelés "Marcel" (du nom de Marcel Eisenberg, propriétaire des "Établissements Marcel", à Roanne qui a commercialisé le vêtement), les américains, eux, avaient leur T-shirt.  Selon certaines sources, ce vêtement aurait été emprunté aux marins de la Royal Navy par des marins de l'US Navy durant la 1ère Guerre Mondiale mais en approfondissant les recherches, on s'aperçoit que, dès 1851, des industriels américains comme P.H. Hanes, Pilgrim ou Fruit of the Loom ont déjà imposés leurs idées en matière de chemises légère 100% Coton. En 1913, l'US Navy adopte un sous-vêtement en coton, avec une encolure circulaire, à manches courtes destiné à être porté sous une vareuse, une combinaison de travail ou un pull. En 1919, le T-shirt devient le maillot de corps réglementaire de la marine américaine.
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    Le T-shirt réglementaire dans la marine américaine. (NA/USA)

    Selon une autre source peu probable, ce seraient les troupes américaines, qui ont combattues en France durant la WWI, qui se seraient emparés des maillots de corps en coton des ouvriers locaux.
    Que ce soit l'une ou l'autre des hypothèses retenues, il est difficile de dire précisément quand la production du T-shirt a été effective car, ce genre de sous-vêtement a été porté plus spécifiquement par les marins militaires. Les civils, quant à eux portaient un maillot de corps sans manche dénommé "Singlet" ou un genre de combinaison d'une seule pièce appelée "Union suit" jusqu'au début des années 40.
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    Le sous-vêtement "Union suit" (NA/USA)

    En 1937, le rapport de l'union des consommateurs (Consumer’s Union Report) répertorie les ""cotton undershirts" (sous-chemise de coton) et les "union suit" en leur attribuant des noms spécifiques tels que "Skivvies et " jimshirts".
    S'il ressort que les T-shirt ont été créés pour l'armée parce qu'ils étaient pratiques et fonctionnels (" It’s practical, correct either way".) ce sont les Marine's qui les ont vraiment adoptés au point qu'ils seront appelés "gob shirt" (Gob = matelot en argot militaire américain). Ceux-ci s'apercevront rapidement que la couleur blanche éclatante des T-shirt, qui plait tant aux filles, n'était pas la couleur idéale pour passer inaperçus lors des combats, principalement avec les Japonais puisqu'ils ont été pris de suite pour cible par l'ennemi. Ils prennent alors l'initiative de teindre les T-shirt, sur le terrain, avec du marc de café. L'intendance réagira rapidement en fournissant aux hommes des T-shirt de couleur verte et en généralisera le port à toute les armes.
    Lors du débarquement et jusqu'à la fin de la guerre, le T-shirt a une encolure plus large, des manches plus courtes et est plus resserré sur le corps que ceux que l'on connait actuellement et il était porté plus pour son aspect fonctionnel que par mode.
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    Le T-shirt des GI's (NA/USA)

    Le bas Nylon :
    Lorsque la société Dupont de Nemours a découvert le fil de soie synthétique dans les années30, elle ne se doute pas qu'elle va révolutionner le quotidien des femmes américaines. C'est en 1939 que les premières paires de bas à jarretières seront commercialisées. Ce sera un véritable engouement tant la matière qui compose cet article féminin est solide, ne file pas aussi facilement que les mêmes articles fabriqués en soie naturelle et est surtout moins cher. La première année de mise sur le marché verra la vente de 64 millions de paires de bas.

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    Publicités américaines vantant la résistance et la tenue du bas nylon (NA/USA)

    Lorsque, en 1941, les Etats-Unis entrent en guerre, ce sera une catastrophe pour les femmes américaines car la production de nylon pour les bas doit être interrompue, le produit étant réservé en priorité à la fabrication de parachute ou de pneus pour les bombardiers. Les femmes éludent le problème en se teignant les jambes avec du henné ou de la chicorée et simulent la couture du bas avec un trait de crayon gras.
    Si le bas nylon n'est pas directement inclus dans le paquetage des soldats, ceux-ci peuvent facilement s'en procurer dans les PX (Point of Exchange) et ils ne manquent pas de les offrir aux belles françaises qui les acclament dans les villes libérées. Celles-ci raffoleront très vite du produit et cela créera un marché parallèle qui fera les beaux jours de leurs auteurs.
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    Le bas nylon. (NA /USA)

    Le chewing-gum:
    Lorsque les américains entrent en guerre après l'attaque de Pearl-Harbour, cela fait déjà 47 ans qu'ils ont pris l'habitude de mâcher du chewing-gum et que la firme Philip Wrigley en fabrique. C'est la Croix-Rouge américaine qui introduisit le chewing-gum en France en 1918 en envoyant 4,5 millions de sucreries pour les soldats américains. En 1941, le directeur général décide que la production de ses usines sera exclusivement réservée aux combattants américains suite aux déclarations des médecins de l'armée qui affirment que le fait de mâcher du chewing-gum réduit le stress et l'anxiété des combats et permet ainsi d'être mieux concentré sur sa mission.
    En 1944, en France, le chewing-gum est totalement inconnu et ce sont les Américains qui vont le populariser après le débarquement en distribuant la friandise par poignée aux gamins qu'ils rencontrent (en leur précisant bien de ne pas avaler la sucrerie) et ce, au grand dam des mères de familles. Le produit aura vite ses détracteurs qui émettront des fausses rumeurs qui diront qu'il ne faut pas mâcher du chewing-gum parce que cela (à juste titre) déclenche des carries, provoque des ulcères de l'estomac et qu'il ne faut surtout pas avaler la friandise sous peine de voir son système digestif obstrué ou collé. Après la guerre, le soldat Courtland E Parfet revient en France et lance un chewing-gum à la chlorophylle entièrement fabriqué en France (la première usine est installée à Montreuil) et crée la marque "Hollywood"
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    Diverses présentations du chewing-gum dans les années 40. (NA /USA)

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    Un GI's montre à un jeune français comment mâcher le chewing-gum. (NA/USA)

    Le stylo-bille:
    L'idée du stylo à bille revient à l'américain John J. Loud en 1888 qui invente une sorte de stylo pour marquer le cuir tanné des animaux mais cette idée ne se concrétisera pas réellement avant trente ans. Deux hongrois Laszlo Biro, journaliste et György Biro, chimiste vont reprendre le concept et apporter des améliorations sur trois points essentiels : Le dispositif d'alimentation de l'encre, l'encre en elle-même et la bille.
    Le journaliste Laszlo Biro constate que l'encre utilisée pour l'impression des journaux sèche très rapidement et ne s'étale pas par frottement. Il essaie cette encre dans un stylo à plume qu'un de ces concitoyens, Slavoljub Penkala, a mis au point en 1907. Le résultat est un échec car l'encre est trop visqueuse pour s'écouler mais il ne s'avoue pas pour autant vaincu.
    Une journée, il remarque des enfants qui jouent aux billes et constate que, lorsqu'une bille passe au travers d'une flaque d'eau, elle laisse derrière elle un sillage mouillé et il a l'idée d'adapter cette constatation à une invention qui consiste à doter un stylo à encre d'un minuscule roulement à bille, avec une seule bille. Cela deviendra le stylo à bille mais il sera coiffé au poteau par un français, M. Pasquis qui gagne le concours Lépine de Paris, en 1919, avec la même invention. Le problème est que, si le principe fonctionne, l'encre n'est pas étalée uniformément sur le papier ce qui oblige à réécrire plusieurs fois le même texte.
    Convaincu que le principe est bon, Laszlo Biro s'entête et, aidé de son frère qui est chimiste, ils développent une tête de stylo formée par un cône au bout duquel, une pointe constituée par une bille qui tourne librement dans un logement qui maintien celle-ci en même temps qu'elle se recouvre d'encre et dépose celle-ci sur le papier permettant ainsi l'écriture. L'encre quant à elle, est contenue dans un petit tube métallique serti sur le cône, la pression atmosphérique se chargeant de la faire s'écouler sur la surface de la bille par gravité.
    Les deux frères déposent le brevet de cette invention le 15 juin 1938.
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     Principe du fonctionnement du stylo à bille

    Entre-temps, la guerre a été déclarée et les deux frères doivent quitter la Hongrie, en 1943, pour échapper à la ségrégation anti-juive des nazis, et se réfugier en Argentine.
    Leur brevet original n'étant pas international, ils en déposent un autre le 10 juin 1943 auprès des autorités argentines, créent la société des stylos Biro et vendent leurs produits sous la marque Birome.
    En 1944, la RAF britannique et l'US Air Force, à qui les deux frères ont proposé un modèle, adoptent le stylo à bille en raison de son aptitude à écrire en haute altitude dans les avions non pressurisés de l'époque.
    Anecdote : Si le stylo à bille permettait d'écrire en haute altitude dans les avions, il a la particularité de ne pas fonctionner dans l'espace à cause de l'apesanteur donc du manque de pression atmosphérique.

    Le rasoir mécanique :
    Lorsque les Américains entrent dans la seconde guerre mondiale, cela fait déjà plus d'une vingtaine d'années qu'ils connaissaient la marque Gillette. En effet, lorsque les troupes américaines vinrent en France lors de la guerre 14/18, elles connaissaient déjà le rasoir mécanique de sureté individuel et cela faisait déjà longtemps que les autorités militaires avaient décidées de doter chacun de leur soldat d'un nécessaire de rasage. Elles commandèrent alors 3,5 millions de rasoirs et 36 millions de lames à la firme Gillette.
    Au-delà de la question hygiénique qu'apportait ce petit accessoire qui permettait à chaque soldat de se raser quotidiennement, elle lui permettait surtout de porter plus efficacement son masque à gaz. C'est d'ailleurs à l'époque de la première guerre mondiale qu'a été instauré le rasage obligatoire quotidien (Dans la mesure où les circonstances du combat le permettent) pour chaque homme et qu'a été interdit le port de la barbe et de la moustache pour les militaires américains, contrairement à la France où le rasoir individuel était méconnu et que le port de la barbe et de la moustache faisait pour ainsi dire, partie de l'uniforme.
    Pour se raser, qu'ils soient civils ou militaires, les Français se rendaient chez le barbier ou le coiffeur et, dans les milieux ruraux, les hommes ne pratiquaient cet usage qu'une fois par semaine, voire une fois par quinzaine. Par raisons d'économies certains hommes se lançaient parfois dans l'exercice du rasage à la maison lors de la toilette matinale. C'était un exercice périlleux car l'instrument utilisé était un rasoir à longue lame appelé coupe-choux et c'était à un véritable cérémonial auquel se livraient les candidats au rasage :
    Il fallait d'abord préparer la mousse à raser dans un bol, appelé plat à barbe, au moyen d'un savon spécial. Une fois cette mousse prête, il fallait se mouiller le visage. Ensuite, au moyen d'un blaireau, l'homme enduisait copieusement son visage de mousse à raser.
    Venait alors l'affilage du rasoir : L'instrument était passé sur un cuir tendu, un coup pour un côté de la lame, le coup suivant pour l'autre côté. Lorsque le rasoir était jugé prêt, il fallait faire le vide autour de l'homme car l'exercice ne souffrait d'aucune présence ou d'aucun bruit qui pourrait faire que la main tremble ou sursaute entrainant immédiatement la coupure. Dans ce cas, il fallait arrêter l'écoulement sanguin. On utilisait alors soit un morceau de feuille de papier à cigarette si on était fumeur, soit on utilisait un crayon hémostatique à base de sulfate d'aluminium que l'on appliquait sur la lésion pour arrêter le saignement.
    Lorsque les Américains débarquèrent, ils firent connaitre et procurèrent des rasoirs aux Français, faisant ainsi perdre une source de revenus à beaucoup de barbiers mais améliorant du même coup l'hygiène et l'esthétique de l'homme français

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     Le nécessaire de rasage du soldat américain dans la seconde guerre mondiale. (NA /USA)

    Les cigarettes blondes :
    Avant la seconde guerre mondiale, la France était un pays où l'on ne trouvait que du tabac brun. Celui-ci était consommé sous différentes formes :
    Le tabac à priser : c'est du tabac réduit en poudre très fine, souvent aromatisé, que l'on met sur le dos de la main et que l'on aspire par le nez
    Le tabac à chiquer : c'est du tabac roulé en carotte dont on coupe une tranche. On mâche celle-ci et on recrache le jus.
    Le tabac pour la pipe : C'est du tabac dont les feuilles ont été finement ciselées et dont on bourre la pipe pour le fumer.
    Le tabac à rouler : C'est du tabac dont les feuilles sont coupées plus grossièrement que le tabac pour pipe que l'on roule dans une feuille de papier gommé de façon à en faire un rouleau. Ce rouleau appelé cigarette est allumé et fumé. C'est la façon la plus communément utilisée pour consommer le tabac en France. Le tabac le plus consommé est le tabac scaferlati dit "Caporal " (appelé ainsi parce qu'il était réservé aux caporaux durant la WWI) que l'on peut trouver, entre autres, sous forme de paquet cubique de couleur grise. Cette couleur lui donnera l'appellation de "Gris" pour le tabac utilisé dans les classes populaires et les milieux ouvriers.
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    Le tabac Scaferlati Caporal appelé "Gris" (SEITA)

    Ce sont plus spécifiquement les hommes qui consomment le tabac en France. Il est en effet mal vu, à l'époque de l'entre-deux guerre, qu'une femme fume en public. Ce geste était synonyme de vulgarité, laissant supposer une femme frivole et de mauvaise vie. Fumer du tabac est un signe de virilité en France, signe qui est imagé par le casque ailé du gaulois reproduit sur les paquets de cigarettes les plus vendus que sont les "Gauloises" et que l'on n'hésitait pas à offrir gratuitement sous le nom de "Troupe", en complément de la solde, à tous les hommes sous les drapeaux.

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    Les Gauloises Caporal et les Gauloises "Troupe" (SEITA)

    Le principal producteur de cigarettes en France est la SEITA (Société d'Exploitation Industrielle de Tabac et Allumettes) qui détient le monopole national fondé par Raymond Poincaré.
    Lorsqu'ils débarquent sur les plages normandes le 6 juin 1944, les Américains amènent avec eux leurs cigarettes blondes plus légères, souvent munies d'un bout filtre (utilisé depuis 1930 aux Etats-Unis). Certains paquets sont "Flip top box" c'est-à-dire que les cigarettes sont emballées dans un paquet cartonné muni d'un rabat qui évite au maximum l'écrasement des cigarettes dans les poches. D'autres, comme les Craven "A" sont emballées dans une boîte plate entièrement métallique qui rappelle l'étui à cigarettes.
       
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    Différentes marques de cigarettes blondes que les Américains fumaient en 1944. (NA/USA)

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         Boîte métallique de cigarettes Craven "A"   Paquet de cigarettes Lucky Strike à partir de 1942 (NA/USA)

    Les GI's ont des quantités apparemment inépuisables de ces cigarettes aussi, ils n'hésitent pas à en jeter du haut de leur char ou de leur camion, aux populations civiles qui les acclament. Immédiatement, c'est l'engouement chez les jeunes et surtout chez les femmes qui en apprécient l'odeur suave du miel, la saveur sucrée et douce contrairement aux brunes qui sont plus âpres et fortes. En guise d'amitié et de jovialité, le premier geste d'un Américain envers un civil, d'un blessé, voire d'un prisonnier est de lui offrir une cigarette.

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    GI's offrant une cigarette blonde à un soldat français (NA/USA)
    Anecdote : Avant l'entrée en guerre des Etats-Unis, les paquets de cigarettes de la marque Lucky Strike étaient de couleur verte. En 1942, la firme change la couleur de l'emballage de ses paquets, qui deviennent blanc, au motif que l'encre verte utilisée pour produire cette teinte est à base de cuivre, matériau on ne peut plus nécessaire à l'effort de guerre du pays et la firme se doit de soutenir cet effort.
    Le briquet "Zippo":
    S'il y a eu un ustensile devenu emblématique du soldat américain, c'est le briquet Zippo avec son odeur d'essence caractéristique.
    Depuis 1943 et pendant toute la durée de la guerre, la firme Zippo Manufacturing Company s'est chargée de la fourniture exclusive de briquets aux militaires américains et toute la production de la firme leur est consacrée.
    A l'origine, l'objet était fabriqué en laiton poli rehaussé de chrome. La guerre a changé la donne et les matériaux utilisés sont désormais réservé à l'effort de guerre notamment, en ce qui concerne le laiton, pour la fabrication de douilles pour les balles et les obus. Qu'à cela ne tienne, la firme se tourne alors vers l'acier dont la production est plus étendue. Le problème de l'acier est qu'il s'oxyde et rouille facilement aussi on recouvre la surface du briquet avec une couche de peinture noire cuite au four. Cette cuisson donnera un aspect craquelé d'où le nom de "Black Crackle Finish" (Finition noir craquelé) qu'auront les briquets fabriqués durant cette période. Ce briquet, qui fonctionne sous tous les climats et sous toutes les conditions atmosphériques, devient si populaire que les hommes les personnalisaient en faisant graver une date, un lieu ou un message. D'emblée, le briquet plut aux Français qui, s'ils connaissaient l'usage du briquet de longue date ne tardèrent pas à l'adopter, en particulier les militaires qui l'appréciaient beaucoup pour sa robustesse et sa faible consommation en carburant. Une ampoule d'essence normale pour auto permettait des dizaines d'allumages.
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    Le briquet Zippo d'époque et un exemplaire personnalisé. Le propriétaire de ce briquet, qui a débarqué à Fox green, sur Omaha Beach y a fait graver un message trivial qui dit : "Quand je mourrais, enterrez-moi à plat ventre de façon à ce que le monde entier puisse embrasser mon cul". (NA /USA)

    Les préservatifs:
    Si les militaires américains qui débarquèrent en Normandie, le 6 juin 44, avaient dans leur paquetage un lot de 5 préservatifs, (dénommés "condom") ils ne l'utilisaient rarement pour l'usage auxquels étaient destinés originellement ces accessoires.
    En effet, dès le 8 novembre 1942, date du débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord, les soldats américains se sont plus souciés de l'efficacité avec laquelle leur arme fonctionnerait au combat qu'à lutiner les belles algériennes. Ils se servaient de leur dotation en préservatif pour protéger le canon de leur arme des infiltrations d'eau ou de sable afin d'éviter qu'elles ne s'enrayent. Ils avaient bien un protège-canon dans la trousse d'entretien de leur Garand USM1 mais celui-ci était en tissu, donc non étanche, et il fallait l'enlever avant de pouvoir utiliser l'arme et ce, contrairement au préservatif qui permettait de tirer sans avoir à l'enlever et qui assurait l'étanchéité de par son élasticité et de par le matériau (le latex) utilisé pour sa fabrication. A noter que cet usage de l'accessoire perdure encore au sein des armées d'aujourd'hui.
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    Le protège-canon en tissu (flèche) en dotation dans la trousse d'entretien de l'arme.

    Mais ce n'était pas la seule utilisation détournée de l'accessoire. Les hommes les utilisaient pour protéger leurs cigarettes, leurs allumettes, leurs billets de banque ou leurs friandises lors de la traversée d'un gué ou d'une rivière ou sous des pluies battantes comme celles qu'ils rencontrèrent dans les îles du Pacifique. Il y a même eu des cas où il a été relaté que des militaires distribuaient des préservatifs à des enfants, au grand dam de leurs mères, afin qu'ils s'en servent comme ballon de baudruche ou pour faire des batailles après les avoir emplis d'eau.
    La consommation fut telle qu'elle atteignit les 6 millions d'exemplaires dans la première semaine qui suivit le débarquement en Afrique du Nord au point que l'usine Durex, qui fabriquait le préservatif Texide en dotation dans les paquetages, dut construire une usine à Oran, en Algérie.
    Lorsque les Américains débarquèrent en France, la demande et la consommation fut la même, pour chuter dès les jours qui suivirent l'événement mais elles chutèrent encore plus rapidement lorsque du personnel féminin fut incorporé dans les magasins de l'armée qui fit face en mettant des distributeurs automatiques dans les casernes en transformant des distributeurs automatiques de lames de rasoirs en distributeurs de préservatifs.
    Si cet accessoire était en dotation dans le paquetage des GI's, c'est qu'il y avait une bonne raison à cela. L'Etat-Major s'était souvenu que lors de la WW1, le Corps Expéditionnaire Américain qui avait combattu en France, dénombra près de 18 000 soldats manquants pour cause de maladies vénériennes. De ce fait, durant la Seconde Guerre mondiale, le commandement abandonna la "prévention morale " basée sur l'abstinence, au profit de la distribution de préservatifs dans un but de prophylaxie. Près de cinquante millions de préservatifs par mois ont été distribuées aux troupes américaines durant ce conflit.
    Les Français connaissaient bien sûr le préservatif mais celui-ci était peu utilisé car, pour se procurer cet accessoire, il fallait le demander en pharmacie, au vu et au su de tous, ce qui n'était pas pour favoriser l'intimité de certains couples, plus ou moins réguliers, qui auraient pu avoir recours à ce procédé de contraception.

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    Préservatifs Texide et leur conditionnement. (NA /USA)

    Le DDT:
    En 1938, Paul Muller travaillait en tant que chimiste pour la firme suisse Geigy. Ses recherches étaient basées sur l'élaboration d'un insecticide capable de tuer les mites. Ses travaux, réalisés avec des confrères, lui permirent de mettre au point un produit qu'ils appelèrent " dichlorodiphényltrichloroéthane". Il s'aperçut que le produit était également efficace contre un petit coléoptère, importé accidentellement des Etats-Unis, qui faisait des ravages dans les cultures de pommes de terre en Europe, le doryphore. La firme Geigy déposa un brevet auprès des autorités suisses pour le produit sous le nom de DDT.
    Les autorités suisses testèrent avec succès le produit sur les doryphores et demandèrent à tester l'efficacité du DDT sur d'autres insectes ravageurs des cultures. Ces recherches permirent de constater que le DDT était non seulement efficace sur les insectes sévissant dans l'agriculture mais aussi sur les arthropodes vecteurs de maladies telles que le paludisme, la peste bubonique, le typhus exanthématique, la maladie de Lyme etc. En 1942, les Suisses firent connaitre leur découverte auprès des Américains et des Allemands. Ces derniers ne trouvèrent pas d'intérêts dans la découverte, par contre, elle intéressa au plus haut point les Américains et les Britanniques qui firent tester le produit dans leurs laboratoires afin d'en confirmer l'efficacité. En 1943, la Food and Drug Administration confirma tous les travaux des Suisses, en particulier sur les poux, et attesta l'innocuité du DDT sur l'espèce humaine. Elle encouragea la production du DDT à grande échelle en particulier pour l'Armée. Les Suisses implantèrent une filiale aux Etats-Unis, sous le nom de Cincinnati Chemicals Works, et produisent le DDT en quantités industrielles. Fin des années 44, elles commercialisent le produit, sous forme de liquides à pulvériser, sous diverses appellations : Néocide, Fly-tox, Moth Killer, Kybosh, Weedone, Black flag etc.
       
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    Différentes formes de présentation du DDT aux Etats-Unis (NA/USA)

    Le DDT fera une entrée spectaculaire en Italie en janvier 1944 lorsqu'une épidémie de typhus qui sévissait à Naples depuis octobre 1943 et qui sera enrayée. Plus d'1,3 million de civils italiens seront traités avec une poudre insecticide contenant du DDT. Des murs de villes entières seront recouverts avec un produit composé de kérosène contenant 10% de DDT pour tuer les moustiques, vecteurs du paludisme et de la malaria, et les poux porteurs du typhus. Le DDT a permis l'éradication complète du paludisme en Europe et en Amérique du Nord. Au Brésil et en Egypte, malgré l'assèchement de marais, c'est le DDT qui éradiquera le fléau.

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    Pulvérisation de DDT en Italie lors de l'épidémie de typhus à Naples en 1944. (NA/USA)

    Les recherches des Américains sur le DDT seront classées Top-Secret jusqu'au début 1945.
    Ce produit est arrivé en France lors du débarquement en Normandie car les GI's avaient recours au DDT, pour leur usage personnel, sous forme de poudre contenue dans des boîtes métalliques et ils ne se privèrent pas d'en faire bénéficier la population civile.
     
    Les Américains utilisèrent beaucoup le DDT pour décontaminer les camps de concentration ou de prisonniers qu'ils découvraient lors de leur avancée. Les prisonniers de guerre, les déportés, les personnels ayant des contacts avec ceux-ci se trouvèrent copieusement aspergés de DDT dès qu'ils arrivaient en milieu hospitalier. Dans les camps de concentration libérés, les Medics américains se livrèrent même à de petits jeux pour prouver l'efficacité du produit en organisant des chasses au pou. Toute personne traitée au DDT qui trouvait un pou vivant sur lui ou dans ses effets devait ramener celui-ci au Medic qui le lui échangeait contre deux cigarettes blondes. Les prisonniers, qui croyaient se faire un petit avantage en troquant ces cigarettes contre de la nourriture, déchantaient vite car les poux vivants qui leur avaient tant empoisonné la vie durant leur captivité faisaient désormais partie de l'histoire ancienne.
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    Décontamination de personnels. (NA/USA)

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    Diverses affiches publicitaires vantant le DDT aux Etats-Unis en 1944. (NA/USA)

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    CES PETITES CHOSES INCONNUES EN FRANCE Empty Re: CES PETITES CHOSES INCONNUES EN FRANCE

    Message par salamandre Sam 20 Fév 2021 - 19:17



    Salut,
    Tout cela est devenu des produits de consommations courantes, et on a oublié que, il y a pas si longtemps, il n'y en avait pas en France.  
    Cela paraitra même surréaliste aux plus jeunes, et pourtant.
    Merci de nous rappeler cela ! En tous cas un sacré travail de recherche.
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