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    Conversation avec mon drapeau…

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    Conversation avec mon drapeau… Empty Conversation avec mon drapeau…

    Message par LANG Lun 25 Jan - 21:01

    Mettre un pas devant l’autre c’est bien mais je me suis arrêté.
    Arrêté pour écrire quelques mots sur le temps qui passe.
     
    Hier soir, j’ai regardé le ciel en fermant mes volets. Bételgeuse dépassait d’une branche de mon érable pour me montrer sa robe rouge. Elle flamboyait…
    Belle Bételgeuse, personne ne te regarde. Réserve tes danses des sept voiles aux courageux emmitouflés dans leurs parkas ou à ces sentinelles du numérique…
    Bételgeuse ne m’a pas répondu.
    C’est loin Bételgeuse…
    Ce matin, j’ai regardé mon ami de tous les matins, mon collègue le Drapeau. Il est à cinquante mètres sur la place de la caserne des pompiers.
    Il est seul, car comme je l’ai déjà dit, les gendarmes d’à côté n’ont plus de mat des couleurs.
    Mon ami le Drapeau flottait. Le rouge en avant et le blanc accroché au bleu.
    - Bonjour Drapeau !
    - Salut mon frère !
    C’est comme ça que tous les matins, quand on y voit clair, que nous nous saluons.
    En vérité, il n’est pas mon frère, un voisin tout au plus, mais on a pris l’habitude de faire comme ça.
    Une habitude.
    Ce matin, mon frère le drapeau n’avait pas le moral. Je lui ai demandé pourquoi.
    Entre deux claquements dus au vent, il m’expliqua qu’une fois de plus, il y a quelques jours, on l’avait descendu pour le mettre en berne. Et se retrouver avec le rouge au ras des plantations, il n’aimait pas. Il n’aimait pas, et moi non plus.
    Un drapeau qui monte ou qui descend c’est beau et majestueux.
    Quand il reste accroché presqu’à mi hauteur, il dégage une impression de tristesse, d’abandon.
    Et on se demande pourquoi le blanc est brusquement teinté de rouge…
    Mais il n’y avait pas que cette position désagréable qui le gênait.
    - Tu vois quand je suis dans cette position inconfortable j’ai le temps de regarder les gens qui passent. Et bien, ils ne me regardent même pas !
    Pour tenter de le rassurer, je lui ai répondu :
    - Oui, mais tu sais les gens ont beaucoup de préoccupations surtout en ce moment, ce n’est pas facile pour eux.
    - D’accord, mais j’ai connu une époque où les gens qui passaient dans la rue s’arrêtaient pour respecter le lever ou la descente des couleurs. Le drapeau signifiait quelque chose. Parfois, ils enlevaient même leurs chapeaux.
    - C’est vrai, tu as raison. C’était une autre époque. Quand passait un enterrement c’était pareil, on respectait le passage du convoi. Aujourd’hui on klaxonne s’il n’avance pas assez vite…
    La conversation s’est poursuivie sur le même ton.
    De quoi être démoralisé pour la journée.
    Heureusement, pour nous changer les idées, un camion de pompiers est passé sirène hurlante. A l’intérieur, ils étaient revêtus de combinaisons blanches et portaient des masques bleus.
    Des jeunes dévoués aux autres qui allaient chercher un petit vieux de la maison de retraite.
    Un peu plus loin, deux jeunes désœuvrés jouaient au foot avec une canette au nom américain. Ces américains qui étaient venus chez nous pour gratter le sable d’Omaha et franchir le Rhin pour nos beaux yeux. Ces gamins ignoraient que le souvenir est quelque chose d’éphémère comme le sable qui glisse entre les doigts. Ou que cette canette en aluminium a nécessité une presse de plusieurs tonnes pour arriver à la fabriquer à partir d’une petite galette. Galette de Pont-Aven avec ses bonnets rouges ? Bauxite rouge venue de Mauritanie…
    Oui, ce gamin déculotté pour aérer ses fesses se fout pas mal de ce qu’il a au bout du pied. Il téléphone. Son pied,  il le prend avec son Smartphone qui lui annonce une photo osée de sa petite copine. A ne pas publier bien entendu en dehors du cercle élargi des copains adepte de la 4G. 4 G obtenue grâce à tous ces types qui ont bossé comme des fous pour qu’un gamin tape dans une canette…
    Je regarde ce gosse et je pense à tous ces types  qui ont gratté comme des fous pour avancer d’un mètre sur cette plage arpentée aujourd’hui par des Nike…
     
    Il croise mon regard. Je sens bien que quelque chose le gêne.
    Ce jeune homme au visage pâle me regarde comme si j’étais un indien. Vous savez ces gens qui arboraient des coiffures flamboyantes. Qui respectaient leurs morts en les exposant aux Dieux venus du ciel. Ces Dieux aux griffes acérées envoyés par le destin pour venir au secours des combattants sans espoirs acharnés à défendre leur cuvette…
    Mais je ne suis pas un Dieu et mes griffes ne servent plus à rien. 
    Nous nous sommes croisés comme nos regards et j’ai entendu la canette de Soda gémir en dévalant la pente.
    Cette pente qu’elle ne remontera pas. Comme nous, les indiens au couvre chef rougeoyant.
    Il n’y a plus de mythe de Sisyphe. Aujourd’hui plus personne n’accepte ce genre d’absurdité.
    Je suis retourné voir mon frère le drapeau.
    Il était en haut du mat, fier d’être remonté.
    Je n’ai pas voulu lui dire que passer son temps à monter pour descendre n’était plus à la mode. Aujourd’hui, on ne revient pas en arrière. Mais il était heureux comme ça.
    Les trois couleurs claquaient au vent.
    Le Bleu arcbouté pour soutenir le Blanc teinté du Rouge du passé.
    Le Rouge que personne ne veut regarder.
    Comme la belle Bételgeuse.
    Oui, c’est loin Bételgeuse.
    C’est trop loin, trop haut…
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    Conversation avec mon drapeau… Empty Re: Conversation avec mon drapeau…

    Message par - Bidassoa - Lun 25 Jan - 23:10

    Mais qui êtes vous ? Oui qui êtes vous LANG pour écrire de telles choses, des choses si belles qu'elles en sont, comme Bételgeuse, presque inaccessibles dans leur écriture à la plupart d'entre nous. Nous les lisons, nous les apprécions, mais nous ne pouvons pas rivaliser !
    Vos textes agrémentent de belle manière ce support.
    Cette étoile que vous regardez et que, j'en suis sûr, vous aimeriez atteindre doit sinon veiller sur vous, du moins vous guider.
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    Conversation avec mon drapeau… Empty Re: Conversation avec mon drapeau…

    Message par Hubert DENYS Mar 26 Jan - 3:23

    C'est vrai que le texte est profond, plein de sous-entendus, certains patriotiques, d'autre plus nostalgiques sur le mal-être de notre beau pays.
    Ce pays, il n'y a pas encore si longtemps, nous avons juré intérieurement de le défendre. Mais pas de le faire n'importe comment. Pour chacun de nous, nous n'avons pas opté pour la facilité. Nous sommes entrés dans la famille des fraises des bois comme nous appellent les aviateurs. Nous savions dès le départ que rien ne serait facile et qu'on ne nous donnerait pas notre béret ni notre plaque à vélo parce que nous avions de beaux yeux ou une belle gueule, il fallait les mériter mais nous y sommes allés quand même.
    Nous savions aussi que bien des fois, dans bien des circonstances, il nous faudrait serrer les fesses et contrarier notre peur ou notre angoisse ne serait-ce que pour monter  à la tour de la BETAP.
    Mais en fin de compte, qu'est-ce que nous étions joyeux de nous promener dans les rues de nos villes dans nos uniformes flamboyants parce que la tenue civile nous était proscrite à l'époque. Et bien que souvent, nous ayons râlé parce que nous aurions aimé être en civil ,  nous étions encore plus fier d'arborer notre brevet et notre béret rouge qui montraient à tous que nous n'étions pas des branquignolles et que nous faisions partie intégrante de cette grande famille que sont les paras, que beaucoup nous enviaient sans avoir le cran de franchir le pas. Nous n'étions pas très appréciés par certaines gens qui nous qualifiaient de fascistes , de têtes brûlées etc. mais on s'en foutaient parce qu'on avait pour nous la jeunesse et qu'en contrepartie , nous avions la cote auprès des jeunes demoiselles.
    Pour reparler du sujet abordé par Lang, Nous aurions donné notre vie pour ce rectangle de tissu tricolore qui montait chaque jour au mât des couleurs et nous étions fiers de lui présenter nos armes ou de le suivre au pas cadencé lors des défilés.
    Nous étions moins heureux quand ce même rectangle recouvrait la boîte qui contenait le corps d'un de nos camarades qui avait poussé son sacrifice à l'extrême. Mais c'était avec honneur, bien souvent avec les larmes aux yeux que nous accompagnions ce frère d'arme à sa dernière demeure en portant son cercueil
    Pour ceux qui sont allé dans d'autres pays,  nous représentions,  dans nos uniformes, la grandeur de notre pays.
    Ces temps-là sont révolus et notre emblème maintenant est souillé et foulé au pied par des compatriotes, ou autres,  qui n'ont rien compris aux valeurs que nous dégagions.
    Quand je vois des images où notre drapeau est blasphémé,, je ne peux pas m'empêcher de fredonner ce couplet d'un de nos chant -" France, ma France très belle, pour toi je ferais bataille, je quitterais père et mère, sans espoir de les revoir jamais
    Et je ne parle même pas de ces minables qui huent ou sifflent notre Marseillaise pour un match de foot. Se rendent-ils compte que s'ils peuvent commettre ce sacrilège aujourd'hui, c'est parce que des centaines de leurs aînés ont payé de leur vie les droits qu'ils revendiquent au nom d'une certaine liberté qu'ils n'ont  pas acquis. J'en doute
    Maintenant, et pour la plupart d'entre nous, nous arrivons au soir de notre vie et nous ne pouvons qu'éprouver de l'amertume  au regard de ce qui se passe actuellement mais on ne nous enlèvera jamais cet esprit de camaraderie, d'amitié de fraternité et de respect, méconnu des civils que nos sommes redevenus, que seuls nos frères d'armes connaissent

    "Et que dans le ciel fièrement flottent nos trois couleurs"

    _________________
    La guerre ne crée que des cimetières. Dans ces cimetières il n'y a pas d'ennemis, seuls des braves reposent
    Ho Chi Minh
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