Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
» LA MARSEILLAISE
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeAujourd'hui à 2:45 par Hubert DENYS

» Cachez ce soldat, que je ne saurais voir.
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeHier à 11:35 par compagnie tournante

» Sommes-nous prêt pour un conflit majeur ?
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeHier à 9:09 par CASTOR2

» Ce jour-là. 25 février 1948 Le coup de Prague
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMer 24 Fév - 21:17 par Blu

» Pierre DECKEUR
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMer 24 Fév - 20:37 par 66-2B

» Une devise "Par le ciel, pour servir"
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMer 24 Fév - 17:08 par Jean

» 10 juillet 1943, opération Husky
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMer 24 Fév - 17:01 par FOUQUET65

» Mali. Vidéo sur Takuba
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMer 24 Fév - 9:04 par Kuiper

» 20 juillet 1969
Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Icon_minitimeMar 23 Fév - 22:34 par Blu

Février 2021
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 34 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 34 Invités :: 1 Moteur de recherche

    Aucun

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 257 le Mar 2 Juin - 23:31
    Statistiques
    Nous avons 490 membres enregistrés
    L'utilisateur enregistré le plus récent est Pomme

    Nos membres ont posté un total de 5788 messages dans 1916 sujets

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par LANG Mar 7 Avr - 17:56

    Il existe d’excellents sites qui présentent la Bataille des Ardennes fin 1944 début 1945. Ce dernier sursaut d’une armée écrasée de partout qui aura tenu jusqu’à la reddition totale…
    Aujourd’hui, je vous propose un simple aperçu de cette bataille.
    Ce ne sera pas une présentation historique mais plutôt quelques lignes inspirées d’un texte allemand avec des photos et de documents divers dont Wikipédia.
    Avec pour objectif de relater le  dernier engagement des parachutistes allemands par les airs et de présenter rapidement les actions de deux personnages : Otto Skorzeny  et Joachim Peiper…



    ***********************

    Tout avait commencé par des messages de sous-marins.
    Début décembre 1944 les U-Boot de l’Atlantique émettaient avec une fréquence inhabituelle beaucoup de bulletins météo. Uniquement sur les pressions atmosphériques, les vitesses du vent, la pluie et rien d’autre. Tous ces éléments étant indispensables pour faire des prévisions sur le temps avant de lancer une grande offensive.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A010

    La 1ère armée US qui avait investi le Luxembourg pendant l’automne s’enterrait pour l’hiver devant la ligne Siegfried qui avait stoppé son avance.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0310


    Les américains n’avaient pas saisi la raison de ces informations météorologiques.
    Bien entendu, les alliés s’attendaient à une offensive peut-être locale de la Wehrmacht ne serait-ce que pour remonter le moral de la population allemande. Une offensive logique et mesurée, vraisemblablement du côté d’Aachen et certainement pas à une « improvisation » par les Ardennes en passant par le Luxembourg et l’est de la Belgique…
    Ils ne pouvaient pas imaginer que du côté allemand la logique et le raisonnable avaient disparus.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0110

    Entre Bonn et Trêves furent regroupés toutes les réserves possibles et tous les moyens les plus modernes de la Wehrmacht et des Waffen SS. Hitler jetait sa dernière carte. Objectif la base d’approvisionnement des alliés : Anvers.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0510


    Ainsi le 16 décembre 1944 débuta une offensive presque totalement improvisée.

    Vers 5h30 du matin l’offensive débuta par un tir d’artillerie de 5000 pièces.
    A 7h l’assaut se déclencha avec la 6ème Armée SS et la 5ème Armée Blindée. Au sud la 7ème Armée servait de couverture.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0610


    En pointe se trouvaient des Divisions de grenadiers composées d’unités rapidement constituées, manquant de formation et mal équipées. Elles devaient briser la contre attaque attendue des troupes US au prix si nécessaire de très lourdes pertes pour laisser la place aux unités d’élite qui suivaient derrière.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0210


    Mais le commandement allemand savait que cela ne suffirait pas à battre les forces américaines. Deux opérations complémentaires étaient prévues.

    L’opération Stösser.
    En même temps que l’attaque initiale 3000 parachutistes commandés par le colonel  von der Heydte devaient être largués derrière les lignes ennemies au nord de Malmédy chargés de bloquer les routes venant du nord…

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Ardenn10


    Deux unités de transport de la Luftwaffe sont prévues pour le largage dont l'une a été spécialement formée pour cette opération. Ces deux unités disposent de 67 xxxxxx Ju 52..
    Ce qui inquiète fortement von der Heydte est le manque flagrant d'entraînement des équipages de ces appareils. La majorité viennent à peine de sortir de l'école et ne sont même pas qualifiés pour piloter ces appareils. De plus, ils n'ont pour la plupart jamais été entraînés au vol en formation ni au travail d'équipe avec un chef de saut. Cependant, on rassure le commandant de l'opération en lui accordant quelques-unes de ses demandes. Un balisage continuel au-dessus de l'Allemagne à l'aide de fusées éclairantes et aussi à l'aide de puissants projecteurs. On prévoit même des tirs d'obus traçants de la part de la FlaK à certains endroits où rien d'autre n'est possible. Ensuite, à partir de la ligne de front jusqu'à la zone de parachutage (environ 50 km), des avions du Nachtschlachtgruppe 20 guideront grâce à leurs feux de position, les Ju 52 chargés de paras.
    Rajoutons à tout cela, l'utilisation d'une astuce utilisée par les Américains lors du débarquement de Normandie : on prévoit de parachuter des mannequins et des fusées colorées à une vingtaine de km du véritable lieu de saut afin de donner l'impression d'un important largage dans la région d'Eupen-Elsenborn-Malmedy.
    L'opération
    Vers 23 h 0 le 16 décembre, les unités sont rassemblées à Bad Lippspringe et Paderborn. On indique aux pilotes une vitesse de vent de 6 mètres par seconde au-dessus de la zone de largage. Les anémomètres de Bad Lippspringe indiquent une vitesse encore supérieure à celle-là.
    Ces informations contradictoires seront catastrophiques pour la suite car les pilotes, inexpérimentés et qui doivent voler de nuit et par un temps épouvantable, vont être incapables de calculer avec précision leur vitesse.
    La conséquence est qu'en larguant les parachutistes à l'heure prévue, ceux-ci, commandés de chefs de saut sans expérience se retrouvent disséminés sur de grandes étendues. Ainsi, 200 hommes sautent à une cinquantaine de km de leur objectif, du côté de Bonn. On apprendra plus tard que d'autres atterriront en Hollande.
    Au moment de sauter, von der Heydte se rend compte qu'autour de lui, seuls une dizaine d'avions larguent leurs parachutistes. Dès cet instant, il est certain de l'échec de sa mission. Sur les 870 paras qui ont quitté les terrains de départ, seuls 450 atterrissent dans les Hautes Fagnes et une centaine seulement dans la zone prévue.
    À 5 h 0, environ 25 hommes sont réunis autour de leur commandant. Trois heures plus tard, ils sont 150. Mais rien ne fonctionne comme prévu. Leur armement est réduit au minimum, ils ont des vivres pour 24 heures (éventuellement 48 heures en se rationnant), pas plus de 4 boîtes de munitions pour chacune des quelques mitrailleuses qu'ils ont (à peine de quoi tenir quelques minutes au combat) et ils n'ont qu'un mortier comme armement lourd.
    Pour parachever cette situation, aucune de leurs radios ne fonctionne. Von der Heydte avait bien demandé à avoir des pigeons mais Sepp Dietrich, d'un air moqueur avait rejeté cette demande. Il faut bien avouer que ceux-ci auraient pu être utiles.
    Les faibles moyens de ces hommes ne leur permettent en aucun cas d'effectuer leur mission première. Ils se limitent donc à installer des positions défensives et à envoyer des missions de reconnaissance vers les routes de Verviers, Eupen et Malmedy.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Stosse10


    Dans la soirée du 17 décembre, un groupe qui avait sauté plus au nord, parvient à rejoindre von der Heydte qui se retrouve avec environ 300 hommes. Ils font quelques prisonniers américains et ce n'est que par eux qu'il parvient à avoir quelques nouvelles de l'offensive.
    Dès le 19 décembre, les Américains connaissent la présence des parachutistes allemands et commencent leur traque. Quelques escarmouches ont lieu, faisant quelques blessés, épuisant les hommes mais aussi les munitions. Plus le temps passe, plus von der Heydte se rend compte qu'il ne pourra plus tenir très longtemps. Sachant que l'offensive de la 6e SS Panzer Armee est enlisée, il prend la décision de tenter une percée vers l'Est afin de rejoindre ses lignes.
    Le matin du 20 décembre, ils observent des soldats américains progressant dans leur direction et, de toute évidence, à leur recherche. Afin de se donner un maximum de chances, von der Heydte ordonne que la retraite vers leurs propres lignes se fera par groupes de trois.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Rzocup10
    (Soldats américains à la recherche des parachutistes)

    Lorsqu'il arrive à Montjoie la nuit du 21 au 22 décembre, von der Heydte est épuisé et entre dans l'une des premières maisons de la ville où il sera fait prisonnier au petit matin par des soldats américains du 395e régiment de la 99e division d'infanterie.
    Seulement un tiers de ses hommes parviendront à rejoindre leurs lignes.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Von_de10

    heydte bléssé prisonnier

    Bien que l'opération Stösser ait été un véritable échec dans sa mission première, il faut cependant reconnaître que psychologiquement elle a joué un certain rôle dans la bataille des Ardennes.
    Lorsque von der Heydte fut mis au courant de l'autre opération spéciale (Opération Greif) qui aurait lieu approximativement dans la même zone géographique de l'offensive, il demanda à ce qu'une limite claire et précise soit fixée entre les deux opérations afin d'éviter des heurts. Si c'était bien clair pour les Allemands, ce le fut moins pour les Alliés qui ont, à de nombreuses reprises, confondu les deux opérations, croyant voir partout des « parachutages de commandos de Skorzeny ». C'est d'ailleurs une légende tenace qui durera très longtemps après la fin des hostilités car nombreux sont les endroits en Ardenne où des habitants affirment avoir assisté à ces parachutages


    Deuxième opération complémentaire : opération Greif.

    Infiltration en Ardennes de l'unité spéciale du colonel Skorzeny composée de militaires allemands en uniforme américain parlant l'anglais et chargés de créer la confusion dans les lignes américaines. Equipés de véhicules US récupérés ils devaient accompagner l’offensive.
    En totale infraction par rapport aux lois de la guerre. Tout homme prisonnier étant considéré comme espion pouvait être fusillé. Ce fut d’ailleurs le cas.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Fusill10


    La mission fut confiée à l’Obersturmbannführer SS Otto Skorzeny à qui on avait donné le commandement d’une unité de forces spéciales camouflée sous l’appellation de 150ème Panzer Brigade. Mais sur les 2676 hommes de cette unité seuls 100 parlaient anglais. Pour les véhicules seuls deux chars Sherman étaient disponibles.
    Une bonne partie des uniformes récupérés sur des prisonniers marqués par des sigles faits à la peinture à l’huile étaient inutilisables.
    Pour disposer d’un équipement lourd 12 chars Panther furent équipés de plaques soudées découpées sur des chars américains type « Wolverine ».

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Char_t10

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson German10


    L’offensive débuta malgré tout ces inconvénients.
    Le mauvais temps avec la neige, des températures glaciales et un ciel bas empêcha l’intervention de l’aviation alliée.
    Mais après le tir d’artillerie,  la 6ème Panzer Armé se trouva bloquée entre Monschau et Malmédy.
    Au sud par contre, la 5ème Panzer traversa en 36 heures pratiquement tout le Luxembourg.

    Dimanche 17 décembre 1944
    Le Waffen-SS Otto Skorzeny et ses commandos affublés d'uniformes américains et utilisant des véhicules de capture lancent l'opération Greif, coupent les lignes téléphoniques et créent la confusion, surtout dans les mouvements américains.
    Ils n'auront toutefois pas dans la durée tout l'effet perturbateur escompté.
    Au nord de la pénétration, la colonne Peiper (*) qui a déjà fait de nombreux prisonniers, s'empare vers 7 h d'un dépôt américain à Bullange et peut faire le plein de carburant. Elle reprend ensuite sa progression vers l'ouest. La 7e division blindée américaine qui descend vers Saint-Vith passe quelques kilomètres devant la tête de la colonne allemande.
    À 12 h 30, Peiper capture, à Baugnez près de Malmedy, une centaine d'artilleurs de la colonne de la division américaine. Ceux-ci sont rassemblés dans une prairie mais, vers 14 h, avec les troupes SS qui suivent, un officier déclenche la tuerie des prisonniers. Plusieurs peuvent s'enfuir et pour certains même rejoindre leurs lignes. L'information du « massacre de Baugnez » parviendra rapidement aux unités américaines (principalement via un article du Stars and Stripes du 22 décembre) qui, au lieu d'être terrorisées, penseront surtout à venger leurs camarades.
    Le soir, la 1re SS Panzer Division rejette vers le nord la jeune 99e division d'infanterie américaine et la colonne Peiper arrive devant Stavelot.

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A100010


    Dans la nuit du 16 au 17 décembre Joseph Goebbels pouvait annoncer la réussite de cette offensive éclair.  

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson B311


    Mais rapidement, il s’avéra  chez les troupes allemandes des Ardennes que l’offensive allait échouer…

    Les 23, 24 et 25 décembre

    Dès le 23, le temps s'éclaircit et l'aviation alliée passe à l'attaque. Le 24, il y a 5 000 sorties alliées contre seulement 1 000 sorties allemandes
    La ligne de défense alliée est fermement installée.
    Le 24, avant l'aube, Peiper, en panne de carburant et abandonné, fait sauter ses véhicules et s'exfiltre à travers bois.
    Il laisse à La Gleize ses blessés et des prisonniers américains.
    Tous ses chars sont perdus, la 1re SS Panzer Division est brisée.

    C'est la fin de l'offensive allemande. La dernière carte a été jouée. Les alliés peuvent partir en direction du Rhin...


    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A111



    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0910


    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A0810



    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson A211



    ************
    Compléments

    TIgre et Panther



    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson B910

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Panthe10


    ************

    (*) Joachim Peiper

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson 1_a_jo11


    À l’âge de 26 ans, Joachim Peiper, adjudant SS allemand, a participé à l’Opération Barbarossa, nom de code de l’invasion allemande de l’Union soviétique en juin 1941. Il est ensuite devenu rapidement Hauptsturmführer (capitaine) dans une unité de combat SS. Entre 1941 et 1943, il a dirigé plusieurs unités de combat en Union soviétique, en Italie, où il sera responsable du massacre de 22 civils, ainsi qu’en Ukraine.
    Dans la presse nazie, Joachim Peiper a acquis la réputation d’un leader exceptionnel, avant de devenir Obersturmbannführer (lieutenant-colonel) à la fin de l’année 1943. À partir de décembre 1944, il jouera un rôle important dans la bataille des Ardennes. Il avait alors pour mission de conquérir les ponts traversant la Meuse et il disposait pour cela du matériel le plus puissant de l’armée nazie : le Tiger II. Ce nouveau char pesait 70 tonnes, mais consommait énormément de carburant. Joachim Peiper et son unité ont par ailleurs organisé le massacre de Baugnez. Selon le rapport officiel, 86 soldats américains ont alors été tués, ainsi que 164 civils, dans la région de Stavelot.
    L’unité se retrouve finalement à court de carburant, avant d’être rejointe par les troupes américaines dans le village de La Gleize. Joachim Peiper et ses hommes s’échappent alors à pied, en laissant derrière eux des centaines de véhicules.
    Après la guerre, Joachim Peiper sera reconnu coupable de crimes de guerre et condamné à mort. Toutefois, il bénéficiera secrètement d’une libération conditionnelle en 1956. Il trouvera un travail dans l’industrie automobile et partira vivre en France, où il traduira des livres d’histoire.
    En 1976, un ancien résistant communiste Français qui l’avait reconnu révèlera aux médias la vraie identité de Joachim Peiper. Sa maison sera incendiée quelques jours plus tard et on retrouvera le corps de l’ancien nazi à l’intérieur.

    (Photos Welt, wikipédia, warhistory)
    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson S112


    Dernière édition par LANG le Dim 17 Jan - 15:39, édité 2 fois (Raison : Mise en page)
    LANG
    LANG
    ADMINISTRATEUR
    ADMINISTRATEUR

    Messages : 957
    Points : 34750
    Réputation : 16558
    Date d'inscription : 09/12/2018
    Age : 79
    Localisation : Yonne

    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Re: Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par WILLIS Mar 7 Avr - 18:48



    Merci Lang pour ce sujet bien construit et ..........  passionnant !
    Pour Peiper, j’avais vu à la télé un documentaire sur son périple.

    _________________
    Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
    WILLIS
    WILLIS
    ADMINISTRATEUR
    ADMINISTRATEUR

    Messages : 276
    Points : 23577
    Réputation : 7637
    Date d'inscription : 21/04/2017

    http://www.campidron.fr

    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Re: Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par LANG Mar 7 Avr - 19:30

    Merci WILLIS.
    Ce qui m'a poussé à faire un texte c'est d'une part cette dernière "utilisation" des parachutistes. Les conditions du saut étaient épouvantables mais ils ont sauté. Un instant on peut se mettre à leur place. Tout était perdu et ils le savaient bien. D'autres parachutistes ont fait des choses semblables. Le monde para est un peu universel... C'étaient nos ennemis mais on peut admirer leur courage.
    Ma deuxième motivation était de parler de Joachim Peiper (et pas trop de Skorzeny que tout le monde connait). Sur le plan militaire Peiper était une figure.
    Son parcours est parfois controversé car il est présenté comme l'exemple du nazi. Je crois qu'il faut savoir laisser de côté certains aspects "brulants" car la polémique a vite fait de reprendre le dessus. Les accusations portées contre lui ont prêtées à discussion. Même sa mort reste entourée d'un certain mystère. L'enquête a été faite très rapidement et le bruit court que le "cadavre" recroquevillé et carbonisé qui a été retrouvé serait celui de son grand chien…
    En tout cas avec cette offensive on a eu chaud aux oreilles.
    A cette époque nous étions "réfugiés clandestins" dans le nord. "Un soldat vaincu a toujours la même tête" m'avait dit mon père qui avait vécu 1940, vu les allemands après le débarquement et les américains après cette offensive...
    LANG
    LANG
    ADMINISTRATEUR
    ADMINISTRATEUR

    Messages : 957
    Points : 34750
    Réputation : 16558
    Date d'inscription : 09/12/2018
    Age : 79
    Localisation : Yonne

    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Re: Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par Blu Mer 8 Avr - 12:07

    Pour ceux qui voudrait en savoir plus sur le fait divers que constitue la disparition ou l’assassinat de Peiper
    Un article de presse de l’Est Républicain de 2016 ICI qui donne une réponse peut-être définitive au mystère ?
    Anonymous
    Blu
    Invité


    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par patrouille de nuit Sam 16 Jan - 21:47



    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Lookin10
    cliché military-history

    Texte par Maurin Picard, le Soir.be

    Ce fut le dernier choc de titans de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Ouest. Une bataille décisive livrée dans des conditions climatiques dantesques, au cœur de la forêt ardennaise, qui avait déjà vu passer les panzers en mai 1940. Quatre ans plus tard, l’armée américaine bousculée, parvenue au point de rupture, sut colmater les brèches in extremis et contenir l’envahisseur. Scellant au passage le sort de l’Allemagne nazie, désormais acculée sur les deux fronts, exposée aux coups de boutoir du rouleau compresseur russe et de la formidable machine de guerre américaine.

    Rick Atkinson, historien américain de 62 ans, livre sa vision de ce combat implacable, indécis, resté légendaire outre-Atlantique. A un détail près, selon lui: la Wehrmacht n’avait pas la moindre chance de s’imposer.

    Pourquoi la bataille des Ardennes porte-t-elle un nom différent outre-Atlantique, où on évoque de préférence la «bataille du saillant (Battle of the Bulge)»?

    Je ne sais pas exactement pourquoi elle a été baptisée ainsi, hormis le fait que, sur les cartes militaires, le «saillant» allemand dans les Ardennes paraissait une évidence. Cela étant dit, ces doubles appellations sont légion dans l’histoire américaine: à propos de la guerre de Sécession, selon le côté où l’on se trouve, nordiste ou sudiste, il est fait état d’Antietam ou de Sharpsburg, de Bull Run ou de Manassas, de Pittsburg Landing ou de Shiloh.

    L’ordre du jour pour les Allemands, lorsque débute l’opération «Herbstnebel (brouillard d’automne)» le 16décembre, est tout ce qu’il y a de plus clair: «Es geht um das Ganze». Le tout pour le tout: l’état-major jette toutes ses forces dans la bataille pour une ultime tentative de renverser le sort des armes et contraindre les alliés occidentaux à négocier une paix séparée. Peut-on déceler ici la particularité de la bataille, l’âpreté des combats à venir qui découle de ce jusqu’au-boutisme initial?

    Les Ardennes constituent indéniablement la plus massive bataille de l’histoire militaire américaine, en termes de moyens et d’effectifs engagés (600.000 hommes), et certainement l’une des plus importantes jamais livrées en Europe. Un dixième de toutes les pertes militaires américaines durant la Seconde Guerre mondiale ont été enregistrées dans les Ardennes: près de 11.000 morts, sans oublier 23.000 prisonniers de guerre et portés disparus.


    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Look10
    Photo military-history


    Les Allemands, eux, auraient compté 110.000 victimes, dont plus de 12.000 morts et près de 60.000 prisonniers et disparus. La magnitude et la férocité des combats donnent assurément un ton brutal aux événements de cette fin d’année 1944.


    Le massacre d’une unité d’artillerie américaine à Malmedy, le 17 décembre 1944, par le Kampfgruppe SS de Joachim Peiper, indique-t-il un tournant dans les combats, lorsque les deux camps décident de ne plus faire de quartier?

    Non. L’exécution de prisonniers constitue l’exception plus que la règle dans les Ardennes. Certes, il y a eu des massacres de civils belges, sans oublier ceux d’Américains qui s’étaient rendus (comme à Malmedy ou Wereth), et tout cela fut suffisamment horrible. Il y a eu en retour d’autres massacres (comme à Chenogne le 1er janvier 1945), principalement de Waffen SS faits prisonniers. Mais il ne faut pas oublier que des milliers d’hommes ont été faits prisonniers des deux côtés, sans que soient violées les conventions de Genève.

    La «Blitzkrieg» dont rêvait Hitler, comme en 1940, était-elle une vue de l’esprit, un «rêve fiévreux», comme vous le dites dans votre livre?

    Oui, elle le fut, littéralement, puisque toute cette offensive est sortie de son cerveau malade durant l’automne 1944, tandis qu’il était en convalescence et laissait son esprit désœuvré vagabonder. Il a échafaudé un plan stratégique à partir d’un pur fantasme. Il espérait pouvoir imposer une paix séparée à Londres et Washington. C’était une pure divagation de l’esprit.

    Divaguons aussi un instant: que se serait-il passé si les blindés allemands avaient atteint la Meuse, et si Anvers avait été capturée?

    La Meuse n’était qu’à quelques kilomètres, vraiment. L’atteindre aurait été vraiment faisable. Mais Anvers était hors de portée. Surtout si l’on pense que le 21egroupe d’armées de Montgomery ne s’est quasiment pas impliqué dans la bataille, et que le séparer de la 12e armée américaine était peu probable.

    Si les Allemands, par un heureux concours de circonstances, étaient parvenus à s’emparer d’Anvers, les lignes de ravitaillement alliées auraient été singulièrement réduites. Carburant, munitions, vivres et fournitures médicales seraient devenues monnaie rare et les vieilles voies logistiques à travers les ports de la Manche, plus longues, auraient été remises en service, ainsi que des ponts aériens massifs.

    Enfin, forcer Churchill et Roosevelt à solliciter une paix séparée, comme en rêvait Hitler pour jeter librement toutes ses forces contre Staline, ne risquait pas de se produire, quelle que soit la quantité de carburant dont les Allemands auraient pu s’emparer.


    Le front de l’Ouest enfoncé, les alliés sur le reculoir n’auraient-ils pas eu comme unique solution d’attendre des renforts durant l’année 1945 avant de pouvoir reprendre l’offensive?

    Il n’y avait pas de renfort, et il n’y en aurait pas eu. Les Anglais n’avaient plus aucune réserve existante. Les dernières divisions américaines disponibles étaient déjà soit en Europe, soit en partance pour l’Europe. En 1944, 11.000 Américains étaient enrôlés quotidiennement dans l’armée et la marine, soit 4millions par an. En 1945, à moins que vous ne réquisitionniez la classe d’âge 16-17 ans comme le firent les Allemands dos au mur, la population mâle américaine en âge de combattre était virtuellement épuisée. N’oubliez pas qu’au moment de la bataille des Ardennes, un tiers de l’USArmy, l’intégralité des six divisions existantes de Marines et l’essentiel de la marine étaient engagés dans le Pacifique, sans oublier la 5e armée en Italie.

    Le front anti-dépressionnaire qui, au septième jour de l’offensive, le 23 décembre 1944, balaie les nuages et rétablit un ciel d’azur au-dessus des Ardennes, autorisant la reprise des sorties aériennes, a-t-il sauvé Bastogne encerclée?

    Probablement pas. Le sort des armes avait déjà tourné, avec l’entrée en action de la 3e armée de Patton, mobilisée après la réunion d’Eisenhower et Patton à Verdun le 19 décembre. D’autres renforts conséquents étaient disponibles, dans le Nord avec le 21e groupe d’armées de Montgomery et dans le Sud avec le 6e groupe d’armées franco-américain, même si ces derniers étaient plutôt occupés à repousser l’opération «Nordwind», l’offensive déclenchée par les Allemands en Alsace, autour de Strasbourg.

    Assiégée du 20 au 27 décembre 1944, Bastogne a-t-elle été sauvée par la capacité de résilience proverbiale des GIs?

    La résilience et la détermination sont toujours des valeurs prisées au combat. Les batailles sont gagnées par les audacieux, pas par les timorés. Mais cela aide aussi lorsque l’ennemi se lance dans une entreprise hasardeuse qui a peu de chances de réussir!

    Quels sont les facteurs mentionnés par le chef d’état-major du général allemand von Rundstedt, le général Siegfried Westphal (1902-1982), pour expliquer l’échec de l’offensive dans les Ardennes?

    Lors d’une interview en 1954, Westphal en a recensé sept, parmi lesquels les retards enregistrés devant la résistance opiniâtre des Américains à Saint-Vith (prise le 21 décembre alors que le plan de Herbstnebel prévoyait sa chute dès le 17), le manque cruel de carburant disponible pour les panzers et, bien sûr, l’échec devant Bastogne.

    Il n’évoque donc pas directement la combativité des GIs dans le saillant ardennais?

    Attention: la plupart des GIs ont certes courageusement accompli leur devoir, beaucoup se sont battus héroïquement, mais d’autres se sont très mal battus. Les deux tiers d’une division se sont rendus (la 106e d’infanterie, composée de recrues inexpérimentées et fraîchement déployée, acculée sur le massif du Schnee Eifel). D’autres unités ont carrément jeté leurs armes et pris leurs jambes à leur cou.

    Revenons, si vous le voulez bien, à la place légendaire occupée par Bastogne et les Ardennes dans l’historiographie américaine. Est-ce aussi parce qu’elle s’accommode d’un scénario si épique, et quasi hollywoodien?

    Oui, c’est vrai, il y a les contrées enneigées, un brouillard épais, l’obscurité angoissante, des cuisiniers obligés de se battre avec un bazooka, des assaillants fanatiques, des parachutistes infiltrés derrière les lignes, des imposteurs parfaitement bilingues, des rumeurs de tentative d’assassinat contre Eisenhower à Versailles, des généraux prostrés dans la déroute, des pertes humaines effroyables des deux côtés… Ajoutez à tout cela l’armée allemande que l’on pensait finie, revenant d’entre les morts pour livrer un combat dantesque. Cela fait penser à ces films d’horreur, où tout le monde pense que le monstre hideux est mort et bien mort, et soudain…

    Des vétérans continuent de se rendre sur le champ de bataille en Belgique et au Luxembourg, tout comme la Normandie. Dans leur sillage, beaucoup de touristes américains font de même. Que cherchent tous ces gens en se rendant sur ces lieux de mémoire?

    Dans la mesure où presque tous les vétérans sont désormais nonagénaires, et que seulement un million des 16millions d’Américains ayant porté l’uniforme durant la guerre sont encore vivants, de moins en moins d’entre eux vont être en mesure de retourner en Belgique et au Luxembourg. Mais leurs enfants et leurs petits-enfants continueront à venir durant les prochaines décennies pour essayer de comprendre ce que ces hommes ont vécu. Mais attention: là aussi, derrière les célébrations, il importe de ne pas romancer exagérément cette bataille, comme toutes les guerres d’ailleurs. Elle fut une sale, une horrible affaire, sanglante, durant laquelle des dizaines de milliers d’hommes ont souffert au-delà de l’entendement.

    In fine, les Allemands ont-ils sous-estimé la capacité de résistance des unités américaines, qui leur causèrent des retards dramatiques dans le plan d’exécution de Herbstnebel?

    C’est surtout la puissance de feu américaine, sur terre comme dans les airs, qui s’est avérée insurmontable pour les Allemands. C’est elle qui, le 15 janvier 1945, dans un accès de découragement, fait dire à Hitler que «la guerre est perdue, devant une telle puissance supérieure».

    Le Premier ministre britannique Winston Churchill a qualifié la bataille des Ardennes de «plus vaste déploiement de forces de l’Histoire» et loué la «plus grande bataille américaine de la guerre». Il exprimait par là son admiration sincère devant la preuve faite par l’armée américaine de sa capacité à mener simultanément quatre batailles de front: dans les Ardennes, en Alsace, en Italie et dans le Pacifique.


    Où les conséquences de la bataille des Ardennes se sont-elles fait principalement sentir?

    Sur le front de l’Est, sans hésiter. Le transfert de matériel et de carburant par la Wehrmacht sur le front de l’Ouest aux dépens du front de l’Est a constitué du pain bénit pour l’armée rouge. 180 divisions soviétiques et 9.000 avions attaquent le 12 janvier 1945 au nord des Carpates et progressent bientôt de Budapest à la Baltique. Une fois l’offensive des Ardennes définitivement avortée à la mi-janvier, la Wehrmacht était réellement devenue cette coquille vide que les services de renseignements anglais et américains croyaient deviner (erronément) un mois et demi plus tôt, début décembre. Cependant, la guerre resta brutale jusqu’au dernier jour. Plus de 10.000 soldats américains furent encore tués en action en Allemagne lors du seul mois d’avril 1945, le dernier mois de guerre sur le théâtre d’opérations européen. Soit presque autant de morts qu’en juin 1944, le mois du débarquement en Normandie.

    Pourquoi Eisenhower fut-il incapable d’exploiter l’échec patent de l’opération Herbstnebel? Parce que Montgomery refusa de prendre le risque d’un mouvement en tenaille de tout le saillant allemand et laissa ainsi filer l’essentiel des forces allemandes quasi encerclées, comme à Falaise en août 1944? Patton, lui, flairant l’odeur du sang, aurait-il pu l’accomplir s’il n’avait pas été barré par Montgomery et Bradley, bien plus prudents?

    Montgomery parvint à convaincre Eisenhower de refermer le saillant allemand dans un mouvement d’encerclement, les deux pinces devant se rejoindre à hauteur d’Houffalize. Ce faisant, il laissa s’échapper presque toutes les forces allemandes de Herbstnebel battant en retraite. Sommé d’obéir à ce plan exagérément prudent validé par Eisenhower, Patton était en colère. Mais il eut en réalité déjà largement assez de problèmes à gérer en s’efforçant de refermer le saillant à Houffalize. Son rêve de profiter de la retraite allemande pour bousculer la Wehrmacht et pousser jusqu’à Berlin était donc irréaliste. Cependant, si la guerre ne s’est pas achevée plus tôt, c’est tout simplement parce que les «salopards» n’ont pas voulu se rendre avant. Et puis n’oubliez pas: il restait encore 700 kilomètres entre Bastogne et Berlin…

    Que représente Bastogne aux yeux des Américains? Un nouvel Alamo?

    Non, on ne peut pas comparer ces deux événements. Alamo fut une calamité. Toute la garnison américaine fut massacrée jusqu’au dernier. Le drame de Bastogne, avec la défense courageuse de la 101e division aéroportée et de la 10e division blindée, continue cependant de captiver l’imagination de mes compatriotes.

    Comment expliquer que ce fait d’armes, survenu dans un coin perdu des Ardennes belges, occupe une place si célèbre dans l’Histoire?

    En termes d’amplitude, il n’a pas d’égal, là aussi du fait des moyens et des effectifs impliqués, entre les 16.000 hommes de la garnison, l’armée de Patton lancée à leur rescousse, et les moyens aériens déployés pour les approvisionner. En termes stratégiques, selon qu’une guerre se gagne ou se perd sur ce genre de moment décisif, Bastogne n’arrive cependant pas à la hauteur de Midway (1942) ou de Gettysburg (1863). En outre, aussi importante la bataille dans les Ardennes soit-elle, elle ne constitue pas non plus le point tournant des hostilités. Celui-ci s’est produit deux ans plus tôt, fin 1942, avec les succès alliés en Méditerranée, et début 1943, avec la victoire soviétique à Stalingrad.

    Le général Patton a pourtant écrit que «Bastogne fut tout aussi importante que la bataille de Gettysburg durant la guerre de Sécession»...

    Je ne suis pas d’accord. Vous savez, Patton a toujours eu une imagination fertile et une tendance nette à l’exagération, surtout lorsqu’il s’agissait de décrire le rôle que lui-même avait joué lors d’événements majeurs !

    La victoire dans les Ardennes marque-t-elle le début de l’après-guerre, en amorçant la reconstruction de l’Europe sous la «pax americana»?

    Non. Je ne pense pas que beaucoup d’Américains, même les officiers, pensaient en ces termes en janvier 1945. L’écrasante majorité d’entre eux n’avait qu’une chose en tête: détruire l’Allemagne nazie, brique par brique s’il le faut, puis rentrer à la maison. Il est donc historiquement incorrect de voir l’offensive des Ardennes comme la fin de la guerre. Les forces alliées venues de l’Ouest allaient piétiner encore deux bons mois avant de franchir le Rhin, sans parler d’encercler la Ruhr, ni même de faire leur jonction avec les troupes russes à Torgau, puis exterminer chaque «Dorf» (village) insoumis entre la Rhénanie et la frontière tchécoslovaque.

    Quelles transformations la bataille des Ardennes a-t-elle générées dans les grands équilibres internationaux?

    Elle confirme le déclin accéléré du rôle de la Grande-Bretagne, sur les plans stratégique et opérationnel. Churchill, qui l’a décelé, en saisira la réalité quelques semaines après la bataille, lorsqu’il retrouve Roosevelt et Staline à Yalta, du 4 au 11février 1945. C’est en ce sens qu’il faut comprendre les tensions entre le maréchal Montgomery et ses homologues américains durant la bataille des Ardennes. En grand naïf politique, lui n’avait pas vu la perte d’influence de son pays face aux deux futurs «Grands». Si la bataille des Ardennes, à proprement parler, n’a pas joué de rôle dans les enjeux plus larges qui furent débattus à Yalta, elle a cependant permis une explication franche avec Staline: les alliés occidentaux pouvaient ainsi prouver qu’eux aussi se battaient durement pour écraser le Troisième Reich, face à Moscou qui leur reprochait de laisser l’Armée rouge faire l’essentiel de la sale besogne.



    Par Maurin Picard, le Soir.be
    patrouille de nuit
    patrouille de nuit

    Messages : 84
    Points : 16822
    Réputation : 2396
    Date d'inscription : 30/04/2017

    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Re: Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par amarante Dim 17 Jan - 11:10

    Merci pour ce " gros " sujet sur la bataille des Ardennes 1944 / 1945.
    amarante
    amarante

    Messages : 116
    Points : 18683
    Réputation : 3498
    Date d'inscription : 28/04/2017

    Revenir en haut Aller en bas

    Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson Empty Re: Bataille des Ardennes:«La Wehrmacht n’avait pas la moindre chance», selon Rick Atkinson

    Message par Jean Lun 18 Jan - 0:15



    Une vidéo en rapport.
    Amicalement, JEAN


    Ardennes 1944
    Jean
    Jean

    Messages : 63
    Points : 8047
    Réputation : 1948
    Date d'inscription : 01/10/2019
    Localisation : poitiers

    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut


     
    Permission de ce forum:
    Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum