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    Barkhane : Audition du Général Conruyt

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    Barkhane : Audition du Général Conruyt   Empty Barkhane : Audition du Général Conruyt

    Message par Blu Sam 26 Déc - 15:29

    Commission de la Défense Nationale
    25 novembre 2020


    Audition, à huis clos, du général de division Marc Conruyt, commandant de la force Barkhane
    Extraits de ce compte rendu.
    (Texte complet en document PDF)
     
    …Dans mon propos liminaire, je souhaiterais apporter un éclairage de niveau opératif sur Barkhane qui, depuis son déclenchement, ne cesse de se réinventer et, aujourd’hui encore, évolue profondément. Il n’y a pas deux mandats Barkhane similaires. La raison en est simple : l’ennemi a sa propre volonté, sa stratégie, le contexte évolue, l’environnement change.
    Nous faisons face au Sahel à un enchevêtrement de crises et de conflits dont on souligne à juste titre les racines complexes, mais dont on voudrait parfois que la réponse à y apporter soit simple et rapide. Ma conviction est que notre stratégie est cohérente et que ses objectifs sont atteignables. Mon constat est que sa mise en œuvre reste soumise aux circonstances, à l’art opératif, au jeu politique, à l’expertise tactique même et à la détermination des moyens que nous y consacrons. Ce sont ces paramètres, cette tension, ces dilemmes parfois, que je souhaite vous exposer. Quels constats faire sur ces premiers mois ?
    Premièrement, nous faisons face à un ennemi qui évolue. Au terme des opérations récentes, dont l’opération Bourrasque, en octobre, l’État islamique dans le grand Sahara a été affaibli dans le Liptako malo-nigérien, même s’il convient de garder une forme de prudence sur l’évaluation que nous faisons de cet ennemi. Si celui-ci conserve une capacité de nuisance et de régénération, il semble davantage à la portée des forces partenaires sahéliennes. Ses capacités actuelles ne lui permettent plus d’envisager la prise de postes avancés comme en 2019. S’il cherche toujours à se développer, c’est plus lentement, en reconstituant ses réseaux de racket et en visant les cadres de l’État ou les chefs locaux pour prendre l’ascendant sur les populations. Dans le même temps, le rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans (RVIM), nébuleuse de plusieurs groupes liés à Al-Qaïda, étend son influence, consolide son organisation et gagne en confiance. C’est à ce jour l’ennemi le plus dangereux pour la Force Barkhane, pour les forces internationales et pour le Mali.
    Non seulement il déstabilise les périphéries du nord du Mali, mais il a en outre porté la guerre au centre, qui est le cœur économique et le bassin de population du pays. À partir de là, il cherche à progresser vers le bassin côtier de l’Afrique de l’Ouest. Soyons clairs : cet ennemi nous cible au Sahel et le ferait probablement en France s’il en avait l’occasion. Cet ennemi est rusé, agile, capable à la fois d’une vision et de coups tactiques. Il dispose de compétences critiques et d’une expérience acquise sur le long cours. Prospérant sur la misère, l’endoctrinement, l’absence d’alternative sociale ou économique, de manière plus insidieuse et patiente que l’EIGS, il cherche à établir son propre mode de gouvernement. Il s’appuie pour cela sur les tensions communautaires existantes en attirant à lui les exclus, les relégués, les menacés, bref, ceux que l’État ne peut protéger ou aider. Face à l’EIGS et au RVIM, nos partenaires sahéliens doivent poursuivre et amplifier leurs progrès militaires, mais aussi consentir un effort supplémentaire, avec le soutien de la communauté internationale, en termes de sécurité intérieure, de retour de l’État et de développement économique. C’est à ces conditions qu’une solution pour les populations se dessinera et permettra de donner une autre alternative que le recrutement des mouvements terroristes.
    Deuxièmement, le contexte lui aussi évolue. Cinq éléments récents ont influencé l’environnement de l’opération Barkhane ces derniers mois. Le premier est l’attaque de Kouré, au Niger, où six de nos ressortissants ont été assassinés. Cette attaque, que l’on attribue à un groupe lié à l’EIGS, a eu un double effet : en France, où elle a suscité dans l’opinion publique un débat légitime sur notre engagement, mais également au Niger, en ternissant les efforts que les autorités ont conduits et les résultats qu’elles ont obtenus depuis une année.
    Le deuxième événement est la transition en cours au Mali, qui doit conduire à des élections générales au début de l’année 2022. Sur le plan opérationnel, cela n’a quasiment rien changé à notre coopération avec les forces armées maliennes (FAMa), qui est très bonne. La dynamique de notre relation avec la haute hiérarchie militaire qui a pris ses fonctions récemment offre même des opportunités nouvelles.
    Le troisième événement est la libération des 204 prisonniers djihadistes, qui a suscité, là encore, des interrogations légitimes dans notre pays. Les déclarations du niveau stratégique et politique ont répondu à ces interrogations, qui sont restées limitées au sein de Barkhane et des familles de soldats. En ce qui me concerne, j’ai bien entendu un point d’attention particulier sur les conséquences sécuritaires. Autre élément de contexte : la série d’élections dans la sous-région, dont le Burkina Faso, ce week-end. En tant que COMANFOR Barkhane, cela n’a pas diverti mes moyens, mais la plus grande vigilance reste de mise, car la sécurité de nos compatriotes peut être en jeu. Enfin, le débat sur l’islam en France et ses répercussions à l’étranger n’est pas neutre pour une opération française qui se déroule dans des pays de religion et de cultures musulmanes.


    Quelle est la feuille de route de Barkhane ?
    Vous le savez, nos actions visent simultanément à réduire la capacité de nuisance des groupes terroristes et à renforcer les capacités des forces partenaires, de façon à mettre les premiers à la portée de celles-ci. Il s’agit donc d’abord de mettre en échec l’ennemi en contrant sa stratégie. Il faut donc comprendre qui il est, quels sont ses objectifs, afin d’en désarticuler les différentes composantes et les traiter par les outils appropriés. Pour cela, notre manœuvre combine de multiples effets : neutraliser les cadres et les combattants ; perturber la coordination entre les katibas qui se renforcent par l’échange d’hommes, d’informations, d’équipements ; empêcher les bascules entre espaces sahariens et sahéliens, voire côtiers. Il faut aussi assécher les viviers de recrutement, désamorcer la dynamique d’exploitation des minorités qui alimentent le terrorisme. Mais au-delà de ces actions directes ou indirectes sur l’ennemi, c’est bien des partenariats avec les forces armées africaines, nationales et internationales, que viendra la solution. L’action des forces et des organisations partenaires en appui direct de la montée en puissance de celles-ci, en premier lieu des FAMa, est à ce titre essentielle, car Barkhane ne peut pas faire cela seule.
     
    ***********************
     
    En réponse à des questions :


    Je suis toujours très prudent en matière d’arithmétique. Les chiffres des pertes sont à chaque fois vérifiés : je n’annonce jamais que des dizaines de combattants ont été neutralisés si ce n’est pas le cas. En fait, votre question porte surtout sur la capacité de régénération de ces groupes terroristes combattants, malgré l’attrition que nous leur imposons. Chacun d’entre eux s’articule autour d’un noyau composé des combattants les plus aguerris ou les plus anciens, dont le nombre n’augmente pas. C’est ce noyau que nous visons et c’est le plus difficile à atteindre. L’important est de savoir comment, autour de ce noyau, ils sont capables d’agréger une masse combattante plus importante. Comment s’assurer que des jeunes sans perspective, vivant parfois au sein de populations qui s’estiment peu écoutées, ne cèdent pas aux sirènes de groupes armés islamiques quand ils leur proposent une moto, une kalachnikov, quelques dizaines de milliers de francs CFA et les font rêver à un meilleur avenir ?
     
    Avant de répondre à la question sur les hélicoptères, je soulignerai que le succès de nos opérations dépend de notre capacité à combiner les différentes composantes qui nous sont confiées : on n’obtient des résultats que si l’on est capable d’utiliser le plus efficacement possible et en parfaite combinaison nos moyens aériens, chasseurs, avions de renseignement, drones, nos unités au sol dans leurs différentes spécialités, nos hélicoptères et nos forces spéciales. Le résultat de chacun dépend des résultats de tous. Je me garde toujours de dire que tel résultat a été obtenu grâce à telle composante ou à tel outil, car il n’est pas une opération dans laquelle des résultats n’aient été obtenus par la combinaison des composantes. On parle beaucoup des drones et des forces spéciales. Mais c’est passer sous silence nombre de réalités tactiques. Sur un théâtre comme le Sahel, la fulgurance et l’ubiquité ne sont possibles que grâce à l’emploi de toute la panoplie des autres moyens. Il serait illusoire de croire que les résultats obtenus pourraient l’être en l’absence de ceux-ci.
    Cela étant, les hélicoptères jouent un rôle très important dans le fonctionnement d’ensemble, ne serait-ce qu’en permettant d’aller chercher très rapidement nos blessés. Le seul fait de savoir qu’à bref délai, un médecin peut être auprès de vous et qu’un hélicoptère peut vous emmener à l’hôpital, a un effet considérable sur le moral de nos soldats. Leur assurer cette bulle d’évacuation médicale (EVM) est un impératif. Pour nos partenaires locaux, les moyens d’évacuation médicale (EVM) sont aussi souvent le soutien le plus important de Barkhane. Toutes les composantes de notre groupement d’hélicoptères, qu’il s’agisse du transport, de la reconnaissance avec les Gazelle, de l’appui au sol avec nos Tigre ou du transport des blessés jouent un rôle fondamental. Tout cela, je le fais avec seize hélicoptères français, auxquels s’ajoutent trois hélicoptères britanniques et deux hélicoptères danois, sur toute la BSS, autrement dit sur un théâtre vaste comme l’Europe, ce qui impose une gestion dynamique d’une très grande complexité. Le colonel qui commande le groupement d’hélicoptères doit quotidiennement résoudre un véritable Tetris pour déterminer comment à la fois appuyer telle opération, assurer l’évacuation sanitaire de telle autre ou réagir à toute demande d’opération  d’opportunité car à chaque fois qu’arrive un renseignement estimé pertinent, il faut l’exploiter au plus vite pour obtenir un résultat face à l’ennemi…

    ******************

    On pourra lire des commentaires sur cette audition sur différents sites dont :
    Opex360
    Général Conruyt : le GSIM, lié à al-Qaïda, est désormais "l'ennemi le plus dangereux" pour Barkhane | Zone Militaire (opex360.com)
     
    **************************

    Biographie du général Conruyt
     
    Barkhane : Audition du Général Conruyt   Genera11


    Le colonel Marc Conruyt est né à Saint-Quentin en 1967 .
    > 1986/1989. Il intègre l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1986. Diplômé de Saint-Cyr en 1989, il choisit de servir au sein des Troupes de marine et rejoint l'école d'application des blindés à Saumur.
    > 1990/1992. Il sert comme chef de peloton blindé au Régiment d'infanterie chars de marine à Vannes. Il participe à l'opération Daguet de janvier à avril 1992.
    > A compter de juillet 1992, il est affecté au 5 eRIAOM (régiment interarmes d'Outremer) en qualité de chef de peloton blindé. Durant son séjour, il effectue une mission en Somalie d’avril à août 1993 . De retour en France en août 1994, il rejoint le 1 erRégiment d'infanterie de marine et y sert durant 4 ans.
    > En août 1998, il rejoint le Contrôle général des armées à Paris et y sert pendant trois ans. Il rejoint l'USMC Staff College de Quantico aux États-Unis pour une durée d'un an.
    Affecté à l'issue de cette scolarité, il sert au Régiment d'infanterie-chars de marine à Poitiers, où il tient le poste de chef du bureau opérations instruction d’octobre 2002 à juin 2004 . Durant ces deux années, il effectue une opération extérieure en Côte d'Ivoire.
    > En septembre 2004, il est affecté au ministère des Affaires étrangères où il occupe le poste de rédacteur auprès du ministre jusqu'en 2006.
    > Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 2005, officier de l'ordre national du Mérite depuis 2009, médaille d'or de la Défense nationale depuis 1998 et titulaire des médailles d'Outre-mer avec agrafes « Moyen-Orient », « Somalie », « Tchad », « République de Côte d'Ivoire ». Il est titulaire de la croix des TOE (théâtres d'opération extérieure) avec étoile d'argent et de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze.
    (Source La Nouvelle République)
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