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    L'histoire pas si récente des drones armés

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    L'histoire pas si récente des drones armés  Empty L'histoire pas si récente des drones armés

    Message par Blu le Ven 16 Oct - 9:47

    Un article de RFI proposé par Otosan.
    Présentation très complète de cette nouvelle arme.

    L'histoire pas si récente des drones armés dans les conflits
    par : Arnaud Jouve
    Voir ICI






    L'histoire pas si récente des drones armés  Drone10
    Un drone Reaper de l'armée de l'air française armé de deux bombes GBU-12 à la base militaire de Barkhane à Niamey le 15 décembre 2019. Daphné BENOIT / AFP
     
    Les drones, type d’armement aérien très utilisé, notamment par les Américains, est en plein développement dans les armées de nombreux pays. La France, qui utilise cette technologie, a doté ses drones d'armements depuis décembre 2019 et les utilise dans la guerre qu’elle mène au Sahel. Une autre manière de combattre qui soulève de nombreuses questions.
     
    Dans l’Antiquité, l'usage d'armes de jet était mal vu. On considéra en 1139 que les arcs et arbalètes trop meurtriers étaient incompatibles avec l’éthique du guerrier. En 1899, une déclaration demandait « l'interdiction de lancer des projectiles et des explosifs du haut de ballons ou par d'autres modes analogues nouveaux », mais depuis, beaucoup de choses ont changé. L’usage de drones militaires marque une nouvelle étape dans les pratiques guerrières et nous projette dans de nouvelles inquiétudes et de nouveaux dangers face à une technologie en plein développement.
     
    Le drone a déjà 104 ans
    L’histoire est plus ancienne qu’on ne le pense. L’origine du drone remonte à la Première Guerre mondiale. Les combats sont meurtriers, la formation de pilote est longue et des recherches d’avions sans pilote sont lancées. En Grande-Bretagne, un ingénieur anglais, Archibald Low, développe pour l’armée dès 1916, l’Aerial Target, un projet d’avion cible sans pilote commandé à distance au moyen des ondes TSF. Aux États-Unis, en 1917, les ingénieurs Elmer Ambrose Sperry, Lawrence Sperry et Peter Cooper travaillent sur un projet : le Hewitt-Sperry Automatic Airplane. En France, le 2 juillet 1917, le capitaine Max Boucher arrive à faire voler sur 1 km un avion Voisin sans pilote. En 1918, il réussit une meilleure performance avec un vol de 51 minutes sur 100 km et, avec l’aide de l’ingénieur Maurice Percheron, ils mettent au point en 1923 un premier drone radiocommandé par TSF. Mais cela n’intéresse plus les militaires, la guerre est finie.
    L’intérêt pour les drones renaît avec la Seconde Guerre mondiale. Pour faire face aux très nombreuses pertes d’avions d’observation et de leurs équipages (pilotes et observateurs), les armées se ré-intéressent aux drones, mais leur utilisation se révèle pratiquement impossible à cause de leur sensibilité au brouillage qui affecte leur système de guidage. Il faudra attendre l’arrivée de l’informatique dans les années 1960 pour que de nouveaux drones dotés d’un programme de vol interne, insensible au brouillage, soient développés. D’après l’encyclopédie Universalis, ce sera le cas en France du R20 de Nord-Aviation, dérivé de l’avion cible CT20 (utilisé pour l’entrainement des tirs de missiles et d’avions de chasse) qui seront opérationnels de 1966 à 1976 pour la surveillance des champs de bataille. Depuis, l’arrivée de nouvelles technologies informatique, robotique, optronique, d’imagerie radar ou de transmissions ont contribué au développement des drones dans de multiples domaines.
    L’utilisation militaire à grande échelle
    Pendant la guerre du Vietnam, dès 1960, les Américains vont utiliser des drones Firebee développés par Teledyne-Ryan pour localiser des rampes de lancement de missiles sol-air soviétiques SAM-2 utilisés par les Nord-Vietnamiens. Quelque 3 500 missions seront réalisées pendant toute la durée du conflit : ce sera la première utilisation à grande échelle de drones sur une zone de guerre.
    À partir de là, des drones de différents types seront de plus en plus présents sur toutes les grandes zones de conflits et prendront une place centrale dans toutes les opérations militaires. Israël, qui est avec les États-Unis, un des grands pays utilisateur de drones, y aura recours dès 1973 lors de la guerre du Kippour et en 1982 dans l’opération Paix en Galilée. Les Américains en feront usage en 1991, lors de la guerre du Golfe, sur les conflits en ex-Yougoslavie jusqu’en 1999 et sur la deuxième guerre d’Irak en 2003.
    Depuis, l’armée américaine, qui a fait des drones son arme de prédilection (certains étant armés de missiles et de bombes à guidage laser), opère avec la CIA des centaines de drones qui survolent en permanence l’Afghanistan (où plus de 600 sortes de drones ont été utilisés entre 2001 et 2014), le Pakistan, le Yémen, la Somalie et d’autres zones de conflits.
    Aujourd’hui, tous les pays les utilisent et les drones sont très actifs sur tous les grands théâtres de crise actuels (Yémen, Syrie, Afghanistan, Somalie, Libye, Gaza, Sahel, Haut-Karabakh…). Toutes les armées du monde cherchent à s’équiper de différents types de drones principalement utilisés pour le renseignement et l’observation (comme par exemple la Minusma, la Mission multidimentionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, qui cherche actuellement à se doter de drones pour la surveillance du Sahel), mais seulement une dizaine de pays les ont armés (États-Unis, Israël, Grande-Bretagne, France, Arabie saoudite, Turquie…).
    Des armes d’une redoutable efficacité
    Les drones sont devenus au fil du temps et de l’évolution des technologies, des engins de plus en plus sollicités par les militaires. On les classe en plusieurs catégories : les drones miniatures qui ont un rayon d’action de quelques dizaines de mètres ; les drones de court rayon d’action, soit moins de 20 km ; les drones tactiques allant de 30 à 500 km; les drones M.A.L.E. (moyenne altitude et longue endurance) avec un rayon d’action entre 500 et 1500 km, pouvant monter jusqu’à 15 000 mètres d’altitude, rester en vol entre 12 et 36 heures et peuvent être armés ; les drones H.A.L.E. (haute altitude et longue endurance) qui peuvent couvrir 10 000 km à 20 000 m d’altitude ; et les drones U.C.A.V. (unmanned combat aerial vehicle) capables d’intervenir entre 3 000 et 4 000 km à la vitesse de Mach 0,9 armés de bombes et de missiles.
     « Zéro mort » chez les opérateurs de drones
    Ces drones, outre leurs performances techniques, permettent surtout de ne pas exposer ceux qui les manœuvrent, les opérateurs se trouvant à distance sur des sites sécurisés loin de leur zone d’utilisation. Les Américains, par exemple, pilotent leurs drones et réalisent des tirs et des opérations diverses à travers le monde depuis des bases aux États-Unis. Le concept de conflit « zero kill » (zéro mort), largement préconisé par les politiques américains pour limiter les pertes humaines parmi leurs combattants, a beaucoup contribué à l’utilisation de ces engins. Mais le recours à ce nouveau type d’engagement, qui se veut plus efficace et plus précis, n’a pas empêché de nombreux drames sur les populations civiles.
    L’usage intensif de drones armés sur les zones de conflits et la multiplication des opérations notamment en Afghanistan a fait de très nombreuses victimes parmi les combattants, mais aussi parmi les civils. Selon Médiapart, le Bureau of Investigative Journalisme (BIJ) qui a recensé toutes les frappes américaines de drones en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie, estime qu’entre 910 et 2 200 civils pourraient avoir été tués sur ces quatre pays durant les quinze dernières années. Airwar, une ONG spécialisée sur ces questions, avance de son côté le chiffre de 2 214 civils tués en Syrie, en Irak, en Libye et en Somalie, par des engins américains, mais aussi turcs, saoudiens ou israéliens. Un sénateur républicain américain, Lindsey Graham, qui affirmait en 2013 que les attaques de drones de la CIA avaient tué 4 700 personnes, disait à propos de ce qu’on appelle pudiquement des « dégâts collatéraux » : « Parfois on frappe des personnes innocentes, ce que je déteste, mais nous sommes en guerre et nous avons tué plusieurs hauts responsables d’al-Qaïda ».
    Plusieurs témoignages, reportages et rapports de commissions d’enquête ont révélé de nombreux crimes et atteintes graves réalisés par des drones armés sur des populations civiles. Le risque d’exécutions extrajudiciaires, d’impacts traumatisants sur les populations, confirmés notamment par des dérives observées avec les drones américains pendant la présidence de Georges Bush, a engendré de vives condamnations internationales.
    Des philosophes comme Grégoire Chamayou dans son ouvrage La théorie du drone publié en 2013 aux éditions La Fabrique, ont vivement critiqué cette nouvelle manière de faire la guerre, largement médiatisée par le film Good Kill, sorti en 2015. Le recours à des drones armés soulève des questions de droit international et de droit humanitaire dont certaines sont loin d’être résolues. Plus de transparence, d’enquêtes et de débat éthique sur leur utilisation sont fortement réclamés par des populations à qui on oppose le plus souvent le secret militaire et la raison d’État.
    L’approche française de l’usage des drones
    La France, comme toutes les grandes armées du monde, utilise depuis très longtemps différents types de drones, mais son engagement dans la guerre antiterroriste qu’elle mène au Sahel l’a amenée à s’équiper de drones M.A.L.E. pour couvrir l’immensité de la zone de conflit. Or ni la France ni l’Europe, qui travaille sur un projet d’Eurodrone (qui ne sera livré à la France qu’en 2028), ne disposent du modèle recherché et la France s’est dotée en 2013, après de longs débats internes, de drones M.A.L.E. Reaper MQ-9 achetés au constructeur américain General Atomics, malgré les contraintes que cela induit. Car, comme le signalait un rapport sénatorial, bien que la France les ait achetés, elle est tenue par des dispositions américaines et ne pourrait pas les utiliser en dehors du Sahel sur d’autres théâtres d’opérations extérieures sans une autorisation du Congrès américain.
    Mais pour les politiques, le problème est l’acceptation par les populations de drones qui pourront être armés. Comme le résume Médiapart, « Les militaires y sont favorables, mais pas Jean-Yves Le Drian, l’inamovible ministre de la Défense de François Hollande. " Il craignait des réactions négatives à gauche ", estime un ancien de ses collaborateurs à l’hôtel de Brienne. Aucune étude ne le prouve, mais tout le monde est persuadé que l’emploi de drones armés est mal vu en France ».
    Dès 2013, la France déploie ces nouveaux drones au Sahel pour réaliser des missions d’observations. En 2014, l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) co-publie avec le ministère de la Défense une étude intitulée « Aspects juridiques et éthiques des frappes à distance sur cibles humaines stratégiques » qui évalue le niveau d’acceptabilité de ce type d’action et le plaidoyer pour l’armement des drones revient en force en 2017. Un rapport de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées relance le débat au Sénat, mais pas devant l’ensemble des Français comme le dénonce Aymeric Elluin, responsable Armes et Justice internationale au sein de la section française de l’ONG Amnesty International qui regrette que le Parlement n’ait aucun pouvoir en la matière.
    Le 5 septembre 2017, la ministre de la Défense Florence Parly annonce la décision d’armer les drones estimant que les enjeux « ont été parfaitement identifiés et expliqués » par les sénateurs et que « les drones sont devenus des moyens incontournables dans les opérations que nous menons au Sahel », précisant que « les règles d’engagement pour les drones armés seront strictement identiques à celles que nous appliquons déjà ». Un communiqué de la ministre des Armées du 19 décembre 2019 indique que les drones sont armés, que des tirs ont été réalisés et que les drones sont opérationnels depuis la base aérienne projetée de Niamey (Niger), dans le cadre de l’opération Barkhane.
    Des drones armés au Sahel
    Les Américains et les Français sont les seuls à opérer des drones M.A.L.E. au Sahel et peu d’information circule quant à leur utilisation. Comme le rapporte le site zone militaire Opex360.com, en 2018 le commandement militaire américain pour l’Afrique, l’US Africom, confirme le déploiement de drones Reaper MQ-9 armés sur la base aérienne 101 de Niamey et à Agadez et annonce alors que cela fait « partie du partenariat stratégique à long terme entre les États-Unis et le Niger pour contrer les extrémistes violents dans la région ». Le 9 septembre de la même année, le New York Times révèle la présence d’une base secrète de drones de la CIA (supposés être des drones armés de type Predator) à Dirkou dans le nord du Niger, non loin de la frontière libyenne… Une information non commentée par la CIA, mais confirmée à l’époque par le maire de la localité et par le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum qui reconnait que de tels appareils y ont été envoyés. Depuis, le dispositif américain officiel joue un rôle important de surveillance sur la zone notamment pour les Français qui tentent de les dissuader de partir dans un contexte où la Maison Blanche exprime sa volonté de se désengager de plusieurs théâtres d’opérations extérieurs.
    Du côté des Français, l’armée de l’air dispose de plusieurs systèmes de drones M.A.L.E. Reaper composés de 3 drones chacun, pouvant transporter sur chaque appareil quatre bombes GBU-12 de 250 kg, guidées par laser, qui seront complétés à la fin de l’année par des missiles air-sol Hellfire et en 2021 par des bombes GBU-49. Ces drones sont opérés par des équipages de quatre personnes depuis la base aérienne projetée de (BAP) de Niamey au Niger. Mais comme l’explique le directeur adjoint de l’IRIS Jean-Pierre Maulny, ces drones ont été conçus à l’origine pour faire de la reconnaissance et ont été armés pour faire des frappes d’opportunités, mais leur vocation première est l’observation et le renseignement. Dans ce contexte tragique, des sources locales ont signalé des frappes de drones qui auraient touché des civils le 7 février 2020 dans la région de Gossi et le 24 février à Tintidhane dans la région de Tombouctou. Des informations démenties par l’état-major français qui a confirmé à Médiapart que les tirs du 7 et du 24 février ont permis de mettre hors de combat des membres de groupes armés terroristes et qu’aucune victime civile n’était à déplorer. En 2019, les Reapers français auraient effectué 460 missions et près de 6 000 heures de vol au-dessus de la bande sahélo-saharienne.
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