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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par LANG le Ven 4 Sep - 18:22

    « Passant souviens-toi… » : Pour que les combats de la RC 4 ne restent pas oubliés !

    Fin septembre - début octobre, ce sera les 70 ans de la RC 4 ...


    Beaucoup de textes ont été écrits sur la Bataille de la RC4.
    Aujourd’hui, je voudrais vous proposer une étude très complète sur cet épisode catastrophique de la guerre d’Indochine. Un travail considérable que je vous engage à lire… pour que les combats de la RC 4 ne restent pas oubliés.
    C’est la motivation de l’auteur de cette étude. Qu’il partage avec un témoin ayant vécu cette tragédie…
    Nous les remercions d’avoir bien voulu nous faire partager cette évocation…



    L’auteur : Saint-cyrien (1962-1964), le général de brigade (2S) Bertrand Potel a servi au 2e REP comme chef de section et comme commandant de compagnie ; il est breveté de l’ESG et auditeur de l’IHEDN ; il a commandé le 151e R.I. dont le bataillon de marche s’est distingué en Indochine (Croix de guerre des TOE avec palme pour le fanion et inscription « INDOCHINE  1947-1950 » au drapeau).

    (Roger Delpey, sergent du 151e RI, a écrit, de 1950 à 1954 les cinq tomes de « Soldats de la boue », un des tous premiers récits sur la guerre d’Indochine…)

    Les sources : Cette présentation des combats de la RC 4 repose sur l’exploitation d’une quinzaine d’ouvrages notamment « Les combats de la RC4 / Face au Viet-Minh et à la Chine » de Longeret, Laurent, Bondriot et « Le rendez-vous manqué des colonnes Chartron et Le Page   Indochine RC 4 1950 » de Serge Desbois (voir renvoi bas de page).

    En complément de la bibliographie, les lecteurs intéressés par la guerre d’Indochine, et en particulier par les combats de la RC4, pourront trouver sur le site « indochine-images.blogspot.com » un recueil d’une trentaine de billets, intitulés "Arrêt sur image",  du colonel (er) Jean-Luc Martin qui font découvrir, par les textes et par les très nombreuses illustrations d’hier et d’aujourd’hui, tous les sites se rapportant à ces batailles.

    On pourra également regarder sur Internet le film « Cao Bang, les soldats sacrifiés d’Indochine » de Bernard George (durée 53 mn) avec ses témoignages et ses prises de vue d’époque.


    Note : les textes relatifs aux combats émanent du livre de Serge Desbois (récit le plus fidèle, d’après un survivant du 1er BEP* ayant vécu ces journées et qui est bien connu de l’auteur) ; ils sont complétés par des informations provenant d’autres sources ainsi que par des réflexions personnelles.
    (* A/C Francis Ruiz alors sergent-chef, chef de la section commandement de la 1ère compagnie)


    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Potel_10



    Général Bertrand Potel et A/C Francis Ruiz
    8 mai 2017 à Rennes : remise de l'insigne d'officier de la Légion d'Honneur à l'A/C Ruiz


    -----------------------------------------------------------


    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Mzod11

     
    Médaille de la RC 4 et insigne du cinquantenaire des combats, offerts à l’auteur par l’A/C Ruiz.


    Pour beaucoup de Français la guerre d’Indochine se résume à son épilogue, Dien Bien Phu en 1954 ; ce faisant, ils ignorent une défaite majeure du Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient, la bataille de la Route coloniale n°4, la RC 4, en octobre 1950. C’est à cette époque, toujours au Tonkin mais à proximité de la frontière qui sépare l’Indochine de la Chine, que va se dérouler une série de combats qui constitueront de fait le tournant de la guerre d’Indochine ; les répercussions immédiates en seront énormes et resteront irréversibles.

    On pourra noter que le Viet Minh emploie les termes : « Bataille de Dong Khê » pour désigner les combats qui ont eu lieu sur la RC4 en octobre 1950. Les Français utilisent eux, les termes : « Désastre de Cao Bang » ou bien encore « Bataille de Cao Bang ». Les Français perçoivent ces événements comme une opération de retrait du poste de Cao bang qui aurait mal tourné. Pour le Vietminh, le plan était dès le départ, d’enlever Dong Khê, puis d’attaquer les colonnes de secours. La bataille de Dong Khê était donc la clé de voûte du plan du Vietminh. Le haut-commandement français n’a pas saisi l’importance de la chute de ce poste.

    Serge Desbois pour clore son ouvrage de référence ; "L'Histoire de ces batailles de la guerre d'Indochine à l'issue souvent catastrophique, doit stigmatiser l'inconséquence des hommes politiques quand elle s'associe à l'impéritie des grands chefs de l'Armée".

    Serge Desbois :

    "Lors des événements de Cao Bang, en 1950, Serge Desbois est étudiant à Rennes. Il fait partie des Français que la guerre d’Indochine ne laisse pas indifférents. Plusieurs de ses camarades de lycée à Rennes abandonneront leurs études secondaires, avant l’obtention du baccalauréat, pour s’engager dans l’Armée, c’est-à-dire pour l’Indochine, et ne reviendront pas… Cent noms sont inscrits sur le monument aux morts de Rennes.
    Depuis l’ouverture du Vietnam en 1990, le Docteur Serge Desbois a effectué six voyages, se spécialisant plus particulièrement dans l’histoire de la Route Coloniale N° 4. Les nombreux camarades qui ont visionné ses documentaires réalisés au cours de ses voyages l’ont incité à reprendre l’histoire de « l’affaire » de l’évacuation de Cao Bang.
    Parmi les documents consultés au Service Historique de l’Armée, les messages échangés entre les différents protagonistes de cette bataille ne semblaient pas, à ce jour, avoir été exploités dans leur totalité. Leur analyse éclaire le déroulement des différents épisodes de ces combats où 5 000 soldats français disparurent…


    Le Docteur Serge Desbois. 1930 - 2013. Docteur en médecine en 1958. Il effectue quatre séjours en Algérie où il sert successivement à la 13e demi-brigade de la Légion Étrangère, à l’hôpital de Laghouat et comme chef de l’antenne chirurgicale de Reggane.
    Assistant de chirurgie du Val-de-Grâce en 1963, il est nommé chirurgien des hôpitaux en 1969 et occupe successivement les postes d’adjoint du service de chirurgie de Bühl (Baden-Baden), chef du service de chirurgie et de la maternité de Trèves puis chef du service de chirurgie de l’hôpital Ambroise Paré à Rennes.
    En 1978, il est chirurgien-consultant de la 3e Région Militaire. De retour à la vie civile, en 1981, il poursuit une carrière dans la médecine d’expertise et de contrôle."

    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Pc_d10

    ****

    Note Complémentaire : Serge Desbois (1930 – 2013) avait de bonnes raisons de se prendre de passion pour cette Indochine où tant de ses camarades médecins, à peine sortis de leurs écoles de formation, se sont donnés sans réserve au secours des soldats comme des populations civiles ; pendant les combats de la RC 4, les médecins des bataillons ont été placés dans des conditions inédites jusque-là.
    Leur courage, leur détermination, leurs hautes qualités morales, tout autant que leur expérience de praticien ont reçu une juste reconnaissance : à l’Ecole du Service de Santé des Armées de Lyon-Bron, le 18 octobre 2003, les élèves-officiers de la Promotion 2002 ont choisi comme nom « Médecins de bataillon de la RC4 » ; sur les neuf médecins de la RC 4, deux ont été tués au combat, six ont été faits prisonniers –un d’eux décèdera en captivité-, un seul en échappera . Le parrain de la promotion était le médecin-colonel Pierre Pédoussaut qui lui remettra son fanion(source BCISSA : « Cet homme et soldat atypique est né en 1918. Il a vécu 17 années de guerre dont 2 ans de captivité en Allemagne et 3 ans au Tonkin. Premier médecin breveté parachutiste (brevet numéro 10 661 décerné le 20 juin 1947 et signé le 23 septembre 1954 à Paris par le général Gilles, inspecteur des troupes aéroportées), il a été le médecin-capitaine du 1er Bataillon étranger parachutiste (BEP). Comme tous ses camarades médecins, il aura un comportement extraordinaire pendant les combats de la RC4 en septembre et octobre 1950 puis en captivité[au camp n°1]. A l’époque de ces combats, il a eu ce propos adressé au capitaine Jeanpierre, commandant en second le BEP : « Je ne me mêle pas des combats, mais les combattants blessés m'appartiennent ». Avec son équipe d’infirmiers, il soignera les blessés au mépris du danger. Lui-même blessé, il est fait prisonnier le 7 octobre 1950. Il s'agissait du dernier survivant des médecins présents sur la RC4 »).
    NDLR : de source sure, on peut affirmer que "le médecin-colonel Pédoussaut était parfaitement d'accord avec le récit établi par le docteur Desbois qu'il avait très bien connu et estimé".
    A noter qu'en 1991, la promotion de l’ESSA Lyon avait choisi comme nom « Médecins de Dien Bien Phu ».


    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Sd10
    ***
    ***************

    Pour que les combats de la RC 4 ne restent pas oubliés !


    Sommaire :

    1. Les données initiales
    1.1 Le contexte politique et social  
    1.2 La situation militaire en Indochine et au Tonkin
    1.3 Le cadre de la bataille de la RC4
    1.3.1 Les chefs
    1.3.2 Les plans
    1.3.3 Les moyens
    1.3.4 Les capacités opérationnelles
    2. Le déroulement de la bataille
    2 1 Sur la RC4, les combats pour Dong Khê
    2.1.1 La première chute et la reprise de Dong Khê
    2.1.2 La perte de Dong Khê et l’échec de la tentative de reprise
    2.2 Dans les calcaires et dans la jungle
    2.3 Le sacrifice des colonnes de secours
    2.4 L’effondrement de la Zone Frontière
    3. Le bilan et conséquences
    3.1 Le bilan humain
    3.2 Les répercussions
    3.2.1 Les aspects politiques
    3.2.2 Les aspects militaires
    4. Conclusion

    ******

    A lire sur le fichier PDF ci-joint :
    Fichiers joints
    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Attachment
    MOD RC4 complet.pdf Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(4.8 Mo) Téléchargé 63 fois


    Dernière édition par LANG le Jeu 10 Sep - 8:40, édité 10 fois (Raison : Mise à jour Fichier PDF)
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par bretivert le Ven 4 Sep - 19:05



    Un bel et bon sujet, le fichier PDF est lui aussi à consulter. Même si la guerre d'Indochine reste malheureusement pour beaucoup une guerre oubliée.
    bretivert
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par LANG le Ven 4 Sep - 21:31

    Oui bretivert, il faut lire ce fichier PDF.

    Il faut le lire.
    Et je vais vous dire pourquoi.
    D’abord, parce que c’est intéressant et très détaillé.
    Et puis, en avançant lentement les pieds trempés dans des chaussures qui aspirent la boue…
    Soldats de la boue, vous le savez bien…
    Vous savez bien que ce sont eux qui, colonne par un ou presque, ont cherché leur chemin.
    Ils l’ont cherché pendant que d’autres sous un ventilateur fumaient un cigare ou regardaient par la fenêtre. Une fenêtre sans tain sans rien, sans quoi ils étaient tranquilles à 100 kms…
    Car, c’est ça aussi, cette histoire de boue qui accroche aux semelles et parfois orne le chapeau de brousse perdu lors d’un accrochage…
    Ces blessés « gardés » par des soldats du Vietminh. Segrétain honoré par ces mêmes vietnamiens…
    Ces messages en noir et blanc qui ne veulent parfois rien dire car ils disent l’inverse du message précédent ou sont lancés « dans le vide » pour l’ennemi qui écoute et les autres qui attendent mais n’entendent rien…
    Et puis, vous savez, ça me rappelle…
    Ca me rappelle plein de choses  comme à vous… Tenez, nous arrivons ! Ne lâchez rien on arrive…
    Tenez bon, mais ne me demandez pas pourquoi…
    Et en face, ces autos critiques que nous critiquons si sévèrement…
    Elles ont permis Dien Bien Phu ! Elles leur ont permis Dien Bien Phu !
    Oui, il faut lire ce fichier. Cela prend un peu de temps. Plus de temps qu’avec Face de book c’est certain… Mais il faut savoir ce que l’on veut.
    Où on regarde l’Histoire comme on écoute celle du Chaperon rouge et on va se coucher. Bonne nuit les petits !
    Où, on lit et on imagine…
    On imagine l’imaginable de ce qu’on vécu ces soldats… de la boue et du bout du monde dont même Malraux n’a pas parlé. Il avait la voix, l’illumination, la flamme. Je le regrette…
    Ce poète, cet écrivain, ce combattant dont j’ai lu les livres n’était pas au rendez-vous. Son « Espoir » sonne curieusement à mes oreilles. Il a oublié « quelqu’un » dans sa « Condition humaine ». Il a parlé de ceux que l’on envoyait dans les chaudières de locomotives, il a oublié ceux qui trébuchaient dans les lianes  qui contemplaient la RC 4.
    Je n’aime pas son silence…
    Alors, lisez cette pièce jointe. Prenez ce temps, demain il sera trop tard…
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par B. P. le Mer 9 Sep - 13:17

    Médecin-colonel Pierre Pédoussaut
    "brevet numéro 10 661 décerné le 20 juin 1947 et signé le 23 septembre 1954 à Paris par le général Gilles, inspecteur des troupes aéroportées"

    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Brevet13

    Une originalité !

    Question :
    je me suis toujours demandé pourquoi on avait le numéro 10 000 en 1947 ; pour l'A/C Ruiz, il est breveté parachutiste en janvier 1949 à Hanoï (n° de brevet : 166) mais le brevet sera enregistré sous le n° 40166.
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    B. P.
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par amarante le Mer 9 Sep - 19:21




    Bonjour
    Nous ne voyons rien de bizarre dans la numérotation.
    Le brevet para tel que nous le connaissons a été créé en 1946, s'en est suivi une longue mise à jour avec attribution des numéros de brevets avant 1946.

    Pour le numéro 166, dans le cas qui vous préoccupe, ne peut être un numéro d'attribution, peut être le numéro dans une promotion spécifique.
    le numéro 166 date de 1938 et il est la propriété de monsieur FINET Pierre.
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Cao-Bang

    Message par SERGE le Lun 5 Oct - 21:12

    Bonjour à tous,

    Pour le 70e anniversaire de la bataille sur la RC4, je vous propose un lien résumant l'odyssée de la colonne Charton, outre la retraite des 1400 rescapés des deux colonnes sur Lang-Son (mon père commandait le 3e Tabor) :

    https://www.saint-cyr.org/article/cao-bang-la-bataille-de-la-cote-477/30/06/2020/1115

    Bonne lecture et "in memoriam"

    S.

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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par CASTOR2 le Lun 5 Oct - 22:21

    Bonjour SERGE.
    Merci pour cette contribution de première main qui complète bien cette étude.
    On ne doit pas oublier ceux de la RC4.
    Ils étaient là-bas pour nous...
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par SERGE le Jeu 15 Oct - 19:48

    Bonjour,
    Le mérite du Gal Potel est de poursuivre le devoir de mémoire sur ce tragique événement. Je souhaite néanmoins combler quelques inexactitudes datant d'ouvrages qui n'ont pas consulté les JMO des unités, et notamment du 3e Tabor.

    Le passage du Song Ki Cung a permis le passage suivant : paras thos (deux sections du Lnt Chaumier) qui traversent à gué, II/3e REI de Labaume (CCB du Cne de Montferrand et deux compagnies), les 1 400 rescapés des deux colonnes. Le 3e BCCP, soit 400 hommes, parachuté en renfort le 8 octobre au soir, en cours de décrochage du pont Bascou, arrive à That-Khê vers 22H30 (il a été requis à 18H pour un échange de grands blessés sur la RC 4 qui s’avérera être une ruse des Viets). Il se réapprovisionne à That-Khê et récupère à la nage les bateaux laissés par le génie sur l’autre rive. L’arrière-garde se compose ainsi du 3e BCCP et du peloton d’automitrailleuses Pascal (détaché du 5e escadron du 1er Rgt de chasseurs) , resté en couverture, et qui précipite ses engins dans la rivière. Avec la 4e Cie (I/3e REI), ils achèvent la traversée le 11 octobre au matin sous le feu ennemi.

    Les 11 et 12 octobre, les 1406 rescapés, exténués, sont pourchassés. Il reste des passages difficiles : la RC 4, détruite sur des kilomètres, est verrouillée par l’étroit défilé du Deo Cat. Le colonel Constans, chef de corps du 3e REI, n’a pas fait réoccuper d’urgence l’ancien fort Galliéni qui commande le défilé : il a été évacué en mars 1949. De plus, les postes qui jalonnent la RC 4 (PK45, PK41 ouest et est, Ben Me), tenus par la 3e Cie du S/L Roques du I/3e REI depuis mai 1950, sont éliminés par les Viets les 3 et 4 octobre. Bo Cung, après une dure bataille, est évacué. Les garnisons de Lung Vai, Ban Be, Ananas, 341, Capkhê et 327 se joignent aux rescapés.

    Partis en tête de That-Khê, les paras thos rejoignent Na Cham le 11 octobre au matin.

    Les autres rescapés sous les ordres du CE de Chergé (seul officier supérieur rescapé) passent le défilé du Deo Cat à vive allure au petit jour, le Cne Labaume du II/3e REI en tête . Ils atteignent Ban Be, se cachent et attendent les autres à l’est de Luang Vai, laissant une section du I/3e REI en recueil du 3e BCCP jusqu’à 22H. « Nous attendons la nuit pour rejoindre Na Cham par un itinéraire détourné et contourner la cote 371 par l’est ». Citation du 14 octobre 1952 : « le 10 octobre 1950, chargé d’assurer la flanc-garde de son Goum lors du repli de That-Khê sur Nacham, le sergent major Caron du 3e Tabor est tombé dans une embuscade rebelle et a été capturé ».

    Néanmoins, l’arrière de la colonne doit faire face au renforcement des Viets au Deo Cat. Il fait jour. Après avoir manœuvré sans succès et tergiversé, le 3e BCCP, accompagné du peloton Pascal, contourne vers 19H le bouchon Viet par la montagne, abandonnant ses blessés sur ordre . Il perd 10 heures à tourner en rond dans la nuit et un Morane lui parachute une carte en plein jour, ce qui signe son arrêt de mort. Repéré, fractionné, le 3e BCCP sera anéanti le 14 octobre matin par l’ennemi « rameuté à marche forcée pour lui barrer la route » . La 4e compagnie du I/3e REI, restée sur la RC 4 (« ne suit pas »), est anéantie le 12 au matin. Le comportement de cette unité n’est pas documenté, mais il apparaît qu’elle n’a pas pu ou pas voulu suivre le 3e BCCP.

    Pour les autres, cachés à Luang Vai et repartis le 11 à 20H, guidés par la 1ère Cie du 3e REI : « nous enfonçons dans la boue jusqu’aux genoux ; la colonne s’étire et se scinde ; j’entends de Chergé qui m’appelle ; je lui réponds mais nous ne pouvons pas nous rejoindre ; je poursuis la marche à la boussole » ; « un violent orage éclate, les arroyos sont en crue ; cette nuit sera la plus hallucinante de toutes celles que j’ai jamais vécues » - Cne Farret. « La piste est difficile, la nuit est d’encre, sous une pluie dense, les hommes sont fatigués". Les rescapés échappent à une embuscade vers 6H (« nous n’avons qu’un blessé mais nous avons eu chaud »). Ils évitent la RC 4 : « nous escaladons et redescendons des pitons ; nous nous demandons à chaque fois si nous n’allons pas tomber sur des viets ».
    Ils arrivent le 12 octobre matin à Na Cham (« nous retrouvons d’autres éléments du Tabor »). Mais dans la petite ville règne une « invraisemblable atmosphère de panique ». Le II/5e REI du Cne Bernard, envoyé d’urgence depuis Lang Son à Dong Dang et Na Cham, se replie le 13 octobre au soir sans attendre les autres rescapés
    Reparti à pied, le 3e Tabor embarque à Tha Lai en direction de Lang Son où « tout le monde est très ému de nous voir »-Farret. « Au prix de bien des difficultés, le Tabor rejoindra, regroupé, Lang Son le 13 octobre »-A. de Chergé 1979.

    La ville de Lang Son sera toutefois abandonnée intacte le 17 octobre par un commandement français incompétent, malgré la demande de surseoir du haut-commissaire M. Pignon, dans l’attente de l’arrivée depuis la France du ministre Letourneau et du général Juin.

    Serge




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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par LANG le Ven 16 Oct - 9:06

    Il était important de compléter ces informations sur la RC4.
    Le récit de la progression de ces rescapés est sobre. Mais quel drame vécu par ces hommes.
    Quelques mots pour décrire un calvaire…
     
    « …Repéré, fractionné, le 3e BCCP sera anéanti…
    …nous enfonçons dans la boue jusqu’aux genoux…
    …la nuit est d’encre, sous une pluie dense, les hommes sont fatigués".
     
    Et derrière cette phrase banale comme l’est un compte rendu
    « Au prix de bien des difficultés, le Tabor rejoindra, regroupé, Lang Son le 13 octobre »
    combien d’exploits oubliés…
    *************

    Il me semble logique de rajouter un dernier mot…
    Un  dernier mot ?



    Celui de Chartron que j’ai trouvé sur la Revue de la Défense Nationale publié le 11 octobre 2020.
    Article à lire  ICI

    70 ans des combats de la RC4
    Du 11 au 20 octobre : épilogue d’un désastre



    Au moment d’être rendu aux Français après quatre années de détention, le commissaire politique du Camp n° 1, de sinistre mémoire, lui a demandé s’il avait quelque chose à lui dire, avant de partir.
    Partant d’un énorme éclat de rire, Charton lui a répondu : 
    « Oui, bien naturellement. Merde à Hô Chi Minh ! » 

    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Carte_11
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Le 20 octobre il y a 70 ans au Tonkin

    Message par SERGE le Mar 20 Oct - 21:39

    Bonjour à tous,

    Merci pour ce suivi de qualité qui honore nos anciens de la RC4. En ce 20 octobre, il y a 70 ans,  trois événements peuvent être rappelés.

    1/Le 20 octobre 1950, le ministre d’Etat chargé des relations avec les Etats associés M. Jean Letourneau, vient sur place à Phu Lang Thuong (non loin d’Hanoï sur la RC 1), lieu de rassemblement des rescapés de la RC 4, accompagné du général Juin, Résident général du Maroc, et du haut-commissaire M. Pignon. Le général Carpentier est présent (remplacé par le général de Lattre en décembre 1950 ; affecté à l’OTAN et promu… général d'armée en 1952). M. Letourneau s'informe, interroge, décore. Il écrira sur ce pénible voyage : " les rescapés  s’étaient magnifiquement battus ; je pus admirer comment en dépit des pertes et les fatigues vraiment inhumaines ils avaient su conserver leur moral. Je suis heureux de pouvoir leur rendre  ce témoignage d’admiration et de gratitude ".

    2/Au Palais-Bourbon, il est donné lecture du « dramatique récit des combats » les 20 et 21 octobre 1950 (2e séance, p 6996) par le président du Conseil, M. Pleven. Il déclare à la Chambre des Députés le 20 octobre 1950, après une minute de silence, que  1 840 rescapés (39 officiers, 166 sous-officiers, 1 635 soldats) ont pu échapper à l'ennemi. Il précise aussi un total de 3 205 disparus (75 officiers, 291 sous-officiers et 2 839 soldats). Le Figaro (21-22 octobre 1950) et Le Monde consacrent plusieurs pages à ce drame  « récit saisissant de ces événements dramatiques » ; « les combattants des deux colonnes se sont défendus magnifiquement ». Questionné, le CE de Chergé écrit : « l’énorme supériorité numérique des assaillants, le nombre de ses mortiers, l’abondance de son ravitaillement en munitions, la science avec laquelle il manœuvre nous surprirent. Jamais je n’avais vu une telle densité d’armes automatiques et de mortiers. Les pertes ennemies furent extrêmement lourdes. Devant une seule compagnie du BEP on dénombra 300 cadavres » (Le Figaro 21-22 octobre 1950).

    3/L’évacuation des blessés de Cao-Bang à That-Khê : un miracle peu connu. Le commandement français charge sans grand espoir la Croix-Rouge, via le professeur Huart, doyen de la faculté de médecine d'Hanoi, de s'entremettre avec le Secours-Rouge en vue d'un rapatriement des blessés. Or, les Viets ne s’opposent pas : ils ont intérêt à se débarrasser publiquement de quelques blessés (le sauvetage sera filmé par des journalistes soviétiques et diffusé à des fins de propagande).  Les Viets s'engagent à neutraliser le terrain de That-Khé les 19 et 20 octobre pour un seul avion.

    Le lieutenant Guillaume de Fontanges, aviateur  chevronné, volontaire, fait transformer un Junkers 32 Toucan en avion sanitaire et prend toutes les dispositions pour évacuer un maximum de blessés dans des conditions acrobatiques. Il obtient même le retour de 4 avions le deuxième jour.

    Fontanges racontera (Les ailes te portent - Éd. Maritimes et d’Outre-mer 1981) les mésaventures liées à son courage : alors qu’il réclame sur le terrain de That-Khê qu’on lui donne des officiers blessés, un Viet lui dit « vous allez être content,  nous vous rendons un officier de la Légion que vous connaissez. Quelques instants plus tard, une ambulance amène sur un brancard le lieutenant Faulques, une des plus belles figures des paras de la Légion. Ce pauvre garçon se trouve dans un état pitoyable, grièvement blessé en plusieurs endroits, il est l'ombre de lui-même ; en le voyant, je me dis : « Les salauds, ils appellent ça un geste, ils me rendent un cadavre. » Comble de malheur, alors que l'on monte Faulques dans l'avion, je serre des mains tant que je peux devant les caméras. Quand j'approche de l'avion pour aider au transport de Faulques, ce dernier a la force de se relever légèrement et de gueuler littéralement : « Pauvre type ! Tu serres la main de ces fumiers ! Tu es un salaud ! » - « Ta gueule, espèce de con. » Et je demande à l'IPSA  de lui faire immédiatement une morphine, tellement je crains le scandale. Les Viets entendent-ils ? Sûrement, oui. Ils ont le bon goût de ne pas en tenir compte.  
    Mais, pendant un moment, j'ai peur, tant cette algarade a jeté un froid. Faulques , grâce à sa robuste constitution, et surtout sa force de caractère, se remettra de ses graves blessures et poursuivra dans le monde entier sa magnifique carrière d'homme de guerre ».

    Selon Fontanges, l'état-major est satisfait de voir cesser ces évacuations le 5 novembre : « les blessés qui rentrent sont des témoins gênants. Ils sont isolés jusqu'à leur retour en France. Au bout de quelques jours, étant un peu déchoqués, ils accusent, certains avec violence. Faulques n'est pas des moins virulents. Des huiles venues à l'hôpital Lannessan pour remettre des décorations sont très mal reçues. Beaucoup de camarades vont voir les blessés ; tout cela crée un très mauvais climat moral. Tous les jours on apprend des faits nouveaux, loin d'être à la gloire des responsables. La fronde gronde à Hanoi. »  Il racontera avoir été convoqué  par le colonel chef d'état-major au Tonkin, lui reprochant « d'être allé chez les Viets en tenue et avec le ruban de la Légion d'honneur ; vous devriez avoir honte, vous, un officier français, d'avoir serré les mains de ces assassins,  vous avez même été filmé pour la propagande communiste ».

    Faulques écrira de son côté  : «il est vrai que je n’étais pas beau à voir ni à renifler. Une fois dans l’avion, le pilote - le célèbre baron De Fontanges - a fait ouvrir tous les hublots. J’étais une pourriture vivante. »

    Parmi toutes ces personnes hors du commun figure également Madeleine Astor (IPSA) : "le Baron de Fontanges, pilote de transport, qu'elle accompagne le 10 octobre lorsqu'il tente pour la première fois un atterrissage sur la piste de That Khé non homologuée pour les JU 52 (trop courte) pour permettre l'évacuation en urgence des blessés des colonnes Charton et Le Page. Les 19 et 20 octobre, puis le 4 novembre, Madeleine Astor se pose à nouveau à That Khé pour évacuer des prisonniers blessés rendus par le Vietminh grâce à l'intervention de la Croix-Rouge. » ONAC Indochine récits de guerre Cao-Bang RC4.

    Hommage à tous et toutes.

    Longue pensée pour notre pays "en ces heures sombres".
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    Serge

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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Pour un bilan des effectifs à Cao Bang

    Message par SERGE le Dim 25 Oct - 16:10

    1 Effectifs théoriques et disponibles (1er, 3e, 11e Tabors, 8e RTM, 1er BEP, III/3e REI et FI)

    Aucun document officiel n’a été publié de façon globale ou par unité (effectifs théoriques et réels, rescapés, tués, blessés, prisonniers libérés, disparus) sur le nombre de combattants ayant participé aux combats de la RC 4. M. Pleven évoque le 20 octobre 1950 devant les députés 1 600 combattants pour la colonne Charton « plus les partisans vietnamiens » et 3 200 pour la colonne Lepage, soit 5 750 hommes. Puis on trouve : « 7 000 soldats anéantis » , 7 409 « effectifs engagés » (Les Combats de la RC 4), 5 805 hommes, dont 2 612 Charton et 3 193 Lepage (S. Desbois), un « désastre historique avec 6 500 soldats engagés » (J. Guisnel Le Point avril 2013).

    La revue des effectifs est la suivante :

    Les unités parachutées (BEP et BCCP) et aérotransportées (III/3e REI le 16 juin 1950 et 3e Tabor le 21 septembre 1950) ont des effectifs décomptés par l’armée de l’air et donc plus fiables.

    Les 1er, 3e, 11e Tabors et 8e RTM sont mentionnés pour chacun à plus de 900 combattants, ce qui  correspond à des effectifs théoriques. Mais il doit être tenu compte de leur sur-utilisation au Tonkin depuis des mois (décédés non remplacés, blessés, malades, indisponibles, rapatriables). Ainsi, en février 1950, le 3e Tabor recense 850 combattants mais seulement 620 « disponibles ». Il a engagé à Cao-Bang 600 combattants en raison de pertes récentes, des indisponibles et des possibilités d’aérotransport, chiffre repris par X. Dugoin et Charton. Au 15 septembre 1950, le 8e Tabor est rapatrié depuis Dong-Khê avec 500 Goumiers (Lepage p 106). « Le 1er tabor est presque totalement décimé. Le bataillon laissa environ 450 hommes sur le terrain sur 600 engagés » (www.defense.gouv.fr.).

    Il en résulte qu’une diminution des effectifs théoriques de 20% pour les 1er, 11e Tabors et 8e RTM ne serait pas illogique, corroborée par le total des rescapés et des disparus.

    Les unités rattachées, sous-évaluées ou omises, peuvent être réparties par moitié entre les deux colonnes : génie 40, artillerie 50, cavalerie 20, train 50.

    Les unités de garnison, repliées avec les rescapés depuis That-Khê le long de la RC4 (paras Thos, I/3e REI et II/3e REI), représentent environ 550 soldats. Certaines ont été anéanties (4e Cie du I/3e REI) et d’autres n’ont pas vécu les journées les plus tragiques (1e Cie du I/3e REI qui a guidé entre Luang Vai et Na Cham). La garnison de Dong-Khê (272) pourrait en être exclue, car elle correspond à une situation en cours depuis le mois de mai 1950.

    Les FI de Cao-Bang recensent 950 combattants. Mais il n’existe pas de preuve à ce jour de l’existence de 1 000 autres « partisans », double compte apparent avec les 950 FI précités.

    Au total, l’effectif disponible serait de 5 962 combattants (2 749 Lepage, 2 265 Charton, 948 3e BCCP et garnisons), toutes choses égales par ailleurs.


    Effectifs des colonnes Charton et Lepage, 3e BCCP et garnisons repliées
    Officiers Sous-officiers Soldats/Lég/Goum/Tir/Part « Bivouac »Effectif théorique disponible
    BEP 22 55 402 ND 516 516
    1er Tabor 15 54 856 ND 925 740
    11e Tabor 14 50 860 ND 924 739
    8e RTM 17 119 706 ND 842 674
    Unités rattachées 1 5 19 ND 25 80
    A Total Lepage 69 283 2843 0 3232 2749
    III/3e REI 15 62 558 ND 635 635
    3e Tabor 16 50 850 105 916 600
    FI 10 50 890 ND 950 950
    Unités rattachées 2 9 53 ND 64 80
    B Total Charton 43 171 2351 105 2565 2265
    3e BCCP ND ND ND ND 398 398
    Garnisons ND ND ND ND 550 550
    C Total BCCP et Garnisons 0 948 948
    Total A+B+C 112 454 5194 105 6745 5962


    2 Les rescapés

    Les chiffres oscillent entre 1 840 rescapés (39 officiers, 166 sous-officiers, 1 635 soldats), selon M. Pleven, 1 500 selon la commémoration du 5 octobre 2000, 1 390 selon Les Combats de la RC 4,       1 388 (367 pour Charton et 1 021 pour Lepage) selon S. Desbois.

    Mais les rescapés ont peut-être été majorés devant les Députés. A titre d’exemple, selon M. Pleven, « les Tabors ont eu des pertes moins fortes qu’on ne l’avait craint : 23/47 officiers, 110/160 sous-officiers, 1 340/2 736 hommes ont rejoint nos lignes ». Or, les 1er, 3e et 11e Tabors ont décompté respectivement 330, 312 et 369 rescapés, soit un total de 1 011 et non de 1 473.

    Certaines unités considérées comme anéanties peuvent  comporter un taux significatif de rescapés en incluant les prisonniers libérés. Ainsi, pour les 268 paras du 3e BCCP hors Cie BEP, le taux de retour est de 44% : 14  rescapés au 20 octobre, 38 tués, 106 prisonniers revenus, 110 disparus.

    Au total, les deux colonnes ont réussi à préserver 1 422 combattants au 20 octobre 1950. Avec le 3e BCCP et les garnisons repliées, il s’agit de 1 661 combattants, soit 28 % des effectifs disponibles. On atteint même 45 % de survivants avec 1 000 prisonniers rapatriés au terme de leur captivité échelonnée entre 1950 et 1954. Il n’est pas encore possible de décompter les blessés rapatriés par avion à That-Khê, décédés des suites de leurs blessures ou libérés dans les mois suivants.

    Rescapés des  colonnes Charton et Lepage, 3e BCCP et garnisons repliées
    Officiers Sous-off Soldats/Lég/Goum/Tir Rescapés Effect disp % Rescapés Pris libérés % Libres
    BEP   3 3 21 27 516 5% ND
    1er Tabor 4 26 300 330 740 45% ND
    11e Tabor 5 20 344 369 739 50% ND
    8e RTM 8 44 231 283 674 42% ND
    III/3e REI 1 5 26 32 635 5% ND
    3e Tabor 8 24 280 312 600 52% 49 62
    FI 3 6 10 19 950 2% ND
    Unités rattachées ND ND ND 50 160 31% ND
    Total 1422 5014 28%
    3e BCCP ND ND ND 14 398 4% 106 44
    Garnisons ND ND ND 225 550 41%
    Total général 1661 5962 28% 1 000 45%


    3 Les pertes

    Les chiffres oscillent entre 3 205 disparus selon M. Pleven (75 officiers, 291 sous-officiers et 2 839 soldats), 3 400 « pertes globales » (La Longue Route des Tabors) et 5 987 « effectifs perdus » (Les Combats de la RC 4), « 2 000 tués par un ennemi cinq fois supérieur en nombre et 2 500 prisonniers faisant l'expérience tragique des camps de rétention » (J. Guisnel avril 2013). L’estimation généralement partagée est d’environ 5 000 soldats perdus (2 000 morts au combat et 3 000 prisonniers).

    Mais les données sont peu fiables, calculées par un solde entre les effectifs théoriques et les effectifs rescapés. Les unités rattachées, les morts, les blessés, les prisonniers, ne sont pas décomptés.

    Les pertes totales représenteraient 4 303 combattants, soit 72% des effectifs disponibles. La colonne Charton est la plus atteinte avec un taux de pertes de 87% contre un taux de 62 % pour la colonne Lepage. Avec 3 000 prisonniers , on aurait un total de 1 303 morts au combat, soit 22% de l’effectif engagé. En 1954, 1 000 prisonniers étant libérés, on aurait un total de 3 303 soldats définitivement perdus, soit 55%. Il ne s’agit heureusement pas d’un « anéantissement total ».


    Le viet-minh aurait subi  des « pertes bcp plus lourdes » , peut-être de 5 000 tués et blessés.

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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par LANG le Dim 25 Oct - 18:21

    Merci pour ces compléments qui apportent toutes ces précisions.
    Les chiffres sont impressionnants.
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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Re: Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" !

    Message par junker le Dim 25 Oct - 19:45

    L'affaire de ce désastre et bien connu mais pas avec tant de précision !! Bravo messieurs !!!


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    Il y a 70 ans la RC 4 ! "Passant souviens-toi!" ! Empty Les prisonniers de la RC 4 : hommage

    Message par SERGE le Dim 1 Nov - 19:45

    Selon l’Anapi, le taux global de mortalité dans les camps viet-minh était de 69% (57% pour les prisonniers soviétiques en 1941-1945). Selon la note n°1929/EMCEC du 8 juillet 1955, sur 10 975 prisonniers libérés fin 1954 (incluant tous les combats), 2 591 étaient Français (23%), 2 570 issus de la Légion (23%), 3 370 des Nord-Africains et 796 des Africains (38%), 1 648 des autochtones. Moins d’un tiers des prisonniers de la RC 4 survivra dans les camps Viets (dont Lepage et Charton), « chaque rescapé restant marqué dans sa chair et dans son esprit par cette épouvantable épreuve » (général Longeret - octobre 2000).

    Le commandant du 3e Tabor avait conservé les listes des disparus, gardé des contacts avec les familles puis les cadres et goumiers libérés des terribles camps viet-minh. Certains de ces courriers sont éclairants.


    L’adjudant-chef Larousse, chef de section au 4e Goum  : « le 8 octobre, je tombe dans une embuscade, deux Viets cherchent à me désarmer, je profite d’un instant d’inattention pour les descendre tous les deux d’une rafale de mitraillette. Nouvelle embuscade que je réussis à forcer avec bcp de mal grâce au FM récupéré. Je suis tiré comme un lapin et m’effondre en crachant du sang, les poumons transpercés. J’entends nettement à mon sujet « il est gravement blessé ». Toute la journée je suis mis en joue par des Viets. Une pluie diluvienne se met à tomber. Je roule au fond d’un ravin. Ma fracture à la colonne vertébrale est survenue à ce moment-là. Je suis abandonné en pleine brousse. En rampant, je parviens à faire 200 mètres et passe une nouvelle nuit dehors. 16 octobre : je ne veux pas crever, à quatre pattes, debout, rampant, je rejoins une butte puis un village où je reste prisonnier sans soin avec l’abdomen noir. Je rejoins That-Khê le 4 novembre par mes propres moyens. Je dois ensuite marcher pendant 250 km vers le camp n° 1. Je suis libéré le 8 octobre 1953 et opéré à Hanoï » .

    Lettre d’un cadre du  6 août 1951 « (…) Les camps sont situés sur l’axe Bac-Kan Cao-Bang. Ils sont très mobiles. Leur régime est le même mais les conditions plus dures. Il se trouve dans des forêts de bambous très sombres et humides et le paludisme fait de gros ravages. Le moral dans l’ensemble est resté excellent surtout pour les goumiers moyens qui n’ont pas perdu confiance en nous. Les VM ont compris qu’ils perdaient peine et salive ;  ma santé assez durement éprouvée par ma captivité est assez bonne. « Le médecin-Lnt Iehlé est prisonnier mais nous sommes coupés des officiers depuis décembre 1950 ; les goumiers étaient dans des camps à part ; il doit en rester une vingtaine du 51e Goum, deux se sont évadés de Lang Son et sont arrivés juste après nous ».

    Un autre relate le 14 octobre 1951 : « j’ai quitté l’A/C Larousse le 18 décembre 1950 blessé et atteint de dysenterie ; il avait terriblement souffert et avait bcp maigri ; il reprenait peu à peu des forces ; la mortalité est très grande dans les camps, bcp de prisonniers meurent faute de soins ; la nourriture  quotidienne consiste en riz quelques légumes cuits à l’eau et un peu de sel ; avant notre libération, nous avons été gavés de politique et de propagande communiste et de mensonges ; pour être libéré, il a fallu jouer le jeu du VM ou attendre patiemment la mort ».

    S/C Caron le 24 octobre 1951 : « J’ai repris 12 kg depuis mon hospitalisation, ce qui fait 56 kg  ; je m’excuse d’avoir tardé à vous répondre j’étais tellement désorienté ; j’ai eu la chance de faire partie du 2e convoi de libérés sans cela je ne serai jamais revenu ; au départ du convoi, il y a avait le sergent Péri du 36e Goum. Malheureusement il a commis deux fautes et n’a pas été libéré ; il a fait demi-tour à 40 km de nos postes ; les nouvelles sont rapportées par les prisonniers mutés ou lorsque deux corvées de riz se rencontrent sur la route ; à mon retour au Maroc, j’espère rencontrer certains officiers qui étaient au 3e Tabor, cela me fera infiniment plaisir ; je vous prie de croire en mon dévouement ».

    Un sous-officier écrit le 28 novembre 1952 (« c’est par le Lnt Charpentier que j’ai eu votre adresse ») pour lui annoncer son évasion le 14 août 1952 : « j’étais très fatigué mais grâce à Dieu, à part un peu d’anémie j’étais encore assez solide ; le mois de repos au cap Saint-Jacques m’a fait le plus grand bien ;j’ai eu le bonheur, la chance de sortir de cet enfer ; j’ai laissé hélas bcp d’officiers et de sous-officiers ; sont en bonne santé Lepage, Faugeas, Ravel, Battle, Delecourt, Beucler, Vetillard, Larousse, ; malheureusement, Ruef, Mathieu, Berau, Razès sont morts ; je compte rejoindre le Maroc et bien entendu les Goums ».

    Une lettre émouvante de Mme Beucler en date du 24 janvier 1951 indique « n’avoir toujours reçu aucune nouvelle de son mari depuis son petit mot du 17 octobre". Cette lettre correspond à ce que racontera plus tard son mari, évadé repris à That-Khê : « apprenant qu’un certain professeur Huart utilise sa notoriété pour évacuer par avion les grands blessés, je m’arrange pour confier une lettre qui permettra à ma famille de ne plus me considérer comme disparu. Le seul officier à bénéficier de ce retour est le Lnt Faulques sur le point de mourir » - JJ. Beucler p 134. M. Jean-Jacques Beucler (1923-1999) , courageux lieutenant au 51e Goum du 3e Tabor, a été secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants. Son comportement en captivité pendant 4 ans a été salué unanimement.  M. Beucler est également, et ce n'est pas rien, à l’origine de l’affaire Boudarel et des poursuites à son encontre.

    SERGE

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