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    Les « Supplétifs » (En Indochine, en Algérie…)

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    Les « Supplétifs » (En Indochine, en Algérie…) Empty Les « Supplétifs » (En Indochine, en Algérie…)

    Message par LANG Ven 24 Avr - 21:08

    Pour faire la guerre on a besoin de moyens.
    Les rois promulguaient des lois pour récolter des impôts. Le bon peuple de Louis XIV en savait quelque chose…
    On a aussi besoin d’hommes.
    Et parfois, d’éléphants…
    Même le pape faisait appel à des mercenaires.
    Vint aussi le temps des citoyens avec son tirage au sort.
    Mais, à y regarder de près, certaines fois, tous ces hommes et même tous les moyens ne suffisaient plus.
    Vaincre l’ennemi  était devenu plus difficile.
    Alors, vint le temps des supplétifs…
    Avec, parfois et même souvent, les conséquences que l’on connait…


    Les « Supplétifs » (En Indochine, en Algérie…) Ecpadc11
    Photo ecpad

    « La plupart des Vietnamiens ne disent rien. Ils nous regardent simplement. Nous avons honte. Ils nous auraient tués à ce moment-là que nous aurions trouvé cela juste. L’un d’eux me dit : « Alors, mon capitaine, vous nous laissez tomber ? »
    Je ne réponds rien… « Denoix de Saint Marc


    *******

    J’ai trouvé un article intéressant sur ce sujet des supplétifs. Je n’ai repris qu’une petite partie.

    Un article de Pascal Iani de 2009 de l’Institut de Stratégie Comparée et qui commence ainsi
    :
    L’aspect sociologique des guerres irrégulières constitue le cœur du problème pour une armée régulière, d’abord organisée et entraînée pour mener un combat conventionnel, des opérations militaires classiques. Remporter une guerre irrégulière ne se réduit pas à l’utilisation massive du feu, à l’exploitation d’une supériorité technologique et logistique. Bien au contraire, la dimension sociale, à travers le contrôle des populations, la propagande, l’action psychologique revêt une importance capitale. La prise en considération de cette dimension sociale implique le déploiement d’effectifs nombreux, pour contrôler le terrain et limiter la liberté d’action des rebelles, et l’emploi de forces autochtones pour toucher et s’attacher la population locale. Les troupes supplétives, unités autochtones encadrées par quelques cadres français peuvent alors apporter une aide extrêmement précieuse…

    Ainsi commence cet article consacré  à l’étude des supplétifs utilisés en Indochine et en Algérie. Il est possible de le lire en entier à l’adresse figurant à la fin ou d’utiliser le fichier PDF.
    J’ai choisi un extrait particulier. Il concerne le commando Georges  créé par le capitaine Georges Grillot en 1958.


    Transformer un prisonnier en harki, l’exemple du commando Georges

    En Algérie, la transformation d’un prisonnier FLN en harki répond à des exigences précises. Le commandement doit tenir compte du moral des autochtones qui servent depuis longtemps dans les unités de l’armée française et de la population, qui peut avoir subi la violence des rebelles. De plus, un rallié peut déserter après quelques mois.
    Une procédure est donc mise en place, un prisonnier est obligatoirement envoyé dans un centre militaire d’internés. Des certificats provisoires de ralliement sont établis au niveau des sous-secteurs, des dossiers de ralliement définitif sont ensuite adressés au général commandant le corps d’armée. Une enquête préalable à un engagement dans une harka est obligatoirement conduite par les services de renseignement du corps d’armée.
    L’une des plus célèbres unités de ralliés en Algérie fut peut-être le commando Georges, créé par le capitaine Georges Grillot dans la région de Saïda en 1958, sous les ordres du colonel Bigeard, commandant de secteur. Cet exemple illustre l’organisation et le fonctionnement que pouvait avoir un commando de supplétif chargé de lutter contre des bandes de guérilleros.
    Ce commando, par ses structures, épousait parfaitement les particularismes des guerres irrégulières, alliant souplesse d’emploi, connaissance du milieu et des populations, action politique et psychologique.
    La devise du commando parle d’elle-même : “Chasser la misère”.
    Le capitaine Grillot avait, après son expérience indochinoise, compris l’importance de la population dans la conduite d’une guerre de contre-guérilla. Dès 1947, alors jeune sergent, il commandait une section de partisans dans le delta tonkinois. Ces hommes semblent l’avoir rejoint pour fuir “les inévitables erreurs et les injustices des guerres révolutionnaires”  Cherchant à comprendre et à obtenir des renseignements sur le système Vietminh, il obtient le ralliement d’un commissaire politique, capturé par ses hommes.
    Cet homme rejoint l’unité de supplétifs et parvient à renseigner discrètement et à identifier les hommes du Vietminh sans se dévoiler. Le sergent Grillot peut définir l’organigramme des rebelles dans sa zone et découvre les modes d’action développés et employés par ses adversaires. La réussite est totale, cette section devient l’unité de renseignement de la zone opérationnelle.
    En 1955, il rejoint l’Algérie.
    En 1959, ce sera le secteur de Saïda pour servir sous les ordres du colonel Bigeard, lequel déclare lors de sa prise de fonction : “Ce qu’il faut ! C’est gagner la population, lui donner du travail, l’occuper, l’éduquer et enlever à l’adversaire les arguments valables sur le plan économique et social qui servent à son action psychologique” .
    Le colonel Bigeard décide de réorganiser les troupes du secteur et de donner la priorité au renseignement et au retournement des prisonniers détenus au centre de transit de Saïda. La création de ce commando de chasse obtient l’accord du général de corps d’armée Allard, commandant la 10e région militaire et les forces terrestres en Algérie. Dans une note de service du 29 mars 1959, il est précisé que le commandement “approuve et encourage l’expérience de formation d’un commando de chasse musulman tentée par le colonel Bigeard, commandant le secteur de Saïda” .
    Le colonel Bigeard est notamment autorisé à dépasser le pourcentage de gradés musulmans normalement accordés pour les harkas, le général commandant le corps d’armée d’Oran est habilité à faire délivrer l’armement, l’habillement, l’équipement nécessaires pour équiper ce commando comme les autres commandos de chasse.


    Les « Supplétifs » (En Indochine, en Algérie…) Cdo_ge11
    (Source Gal Gaget)

    Le capitaine Grillot débute la constitution du commando qui ne sera composé que de musulmans, des anciens fellaghas ralliés ou prisonniers, d’anciens militaires, des jeunes hommes de la région de Saïda, souvent tentés de rejoindre le maquis.
    Ce commando, composé uniquement de volontaires, est une harka spécialisée.
    Le statut de harka permet de recruter les supplétifs sur la base de contrat mensuel renouvelable. Les six premiers hommes sont trois prisonniers d’un camp de transit temporaire et trois de leurs amis civils. L’un d’eux est l’ancien responsable des liaisons et du convoyage d’armes et de fonds entre le Maroc et deux zones rebelles, Youcef Ben Brahim. Ce dernier, choqué de voir les chefs rebelles réfugiés à l’étranger vivre dans un confort inconnu sur le sol algérien, ne tarde pas à se rallier.
    Le recrutement s’accélère, les candidatures se multiplient, et dès le début, “Georges sera le chef militaire et Youcef le chef politique” . Youcef est chargé de recruter les membres du commando : en 3 jours, 75 volontaires le rejoignent.
    Youcef recrute également des agents de renseignements, il entretient des contacts avec les autorités locales et traditionnelles. Il met en place un réseau de renseignement parfaitement implanté dans la zone de responsabilité du commando. Les succès contre les éléments rebelles se multiplient, en coordination avec les troupes du secteur de Saïda et les éléments aériens de la marine nationale, hélicoptères armés, et de l’armée de l’air, avions de reconnaissance et d’appui au sol (Piper, T6).
    Le commando de 150 hommes est composé de 30 % de rebelles ralliés, tous mis à l’épreuve avant d’être définitivement intégrés, de 40 % d’anciens militaires, de 30 % de nouvelles recrues pris par les plus anciens.
    L’unité est articulée en quatre katibas, équivalant à une section, de trois sticks (un groupe de dix hommes). Un stick de “choc”, composé de dix hommes spécialement choisis, est aux ordres directs de Youcef, l’adjoint politique. L’armement est conséquent : AA52, MAS 56, PM et les katibas sont dotées de moyens radios leur permettant de se coordonner avec les hélicoptères et les avions d’appui.
    Les chefs de katiba sont tous des ralliés, ils sont adjudants. Les chefs de sticks ont le grade de sergent-chef. Les chefs de groupe et de commando sont élus par leurs pairs, chacun se sent d’autant plus responsable qu’il a été choisi. Une particularité supplémentaire organise les règles appliquées aux soldes et à la hiérarchie. “Les galons sont prêtés et il n’y a pas d’avancement automatique. Les chefs sont choisis par leurs hommes dans une liste de « possibles » établies par Georges et Youcef” . Notons que le capitaine Grillot considère cependant, “qu’à la tête de ces unités de supplétifs, il doit toujours y avoir au moins un officier métropolitain” .
    Dans le même temps, le chef de secteur lance une multitude de travaux destinés à “chasser la misère” et intensifie l’action vers la population. La situation générale s’améliore de façon certaine. “Vivant au contact direct de cette population misérable dans laquelle ils ont des parents, des frères, des cousins, les commandos de Georges prennent conscience de la noblesse de leur mission et croient très fort que la rébellion cessera d’elle-même lorsque la prospérité et le bien-être seront revenus, que le droit au travail et l’égalité sociale auront redonné à chacun sa dignité” . L’adjoint de Georges est d’ailleurs élu aux élections locales, la majorité de la population bascule vers la France.
    L’organisation géographique est calquée sur celle de la rébellion.
    Ainsi, dans le secteur de Saïda, l’organisation rebelle comprend une zone, deux régions, quatre secteurs. Youcef dirige la zone amie et chaque chef de katiba se voit attribuer un secteur de chasse : Youcef nomme deux chefs de régions et quatre chefs de secteur chargés de “marquer” leur alter ego rebelle.
    Les sticks agissant souvent isolés, chaque chef de stick est placé sous le contrôle d’un commissaire politique dont la mission est de surveiller les hommes lors des missions ou dans la vie quotidienne. Ce commissaire a en fait une lourde tâche. Outre ses prérogatives en matière de discipline, il conduit les interrogatoires, gère les contacts avec les autorités traditionnelles et locales. Il est également chargé de porter le message du commando vers la population en insistant sur les méfaits d’un régime FLN.
    Le commando Georges parviendra à détruire l’organisation rebelle dans la région de Saïda. L’efficacité du commando est telle que le commandement diffuse des consignes demandant la reprise des méthodes employées par le commando Georges. Une note de service du 3e bureau du corps d’armée d’Alger, portant sur “l’emploi des commandos dans des opérations de recherche et de destruction de bandes” présente, à l’ensemble des unités, les enseignements qui pouvaient être tirés des modes d’action développés par le commando Georges. Cette note insiste sur cinq points : la recherche minutieuse du renseignement par tous les moyens, notamment par l’étude des traces et les patrouilles de pistages ; la transmission immédiate des renseignements obtenus, leur étude, leur exploitation ; la mise en place discrète d’éléments d’embuscade, la manœuvre qui s’organise autour de l’élément qui a pris le contact ; l’aide efficace et primordiale apportée par les moyens “air”.
    La note s’achève sur une prescription intéressante : “l’assaut doit être mené par le Chef de l’unité au contact, il faut impérativement éviter toute superposition de commandement” .
    Le désengagement français décidé par les accords d’Evian entraînera la disparition du commando.
    En mars 1962, l’évolution de la situation en Algérie conduit à régulariser le sort des harkis du commando Georges, qui constitue une “unité solidement organisée, qui a obtenu d’excellents résultats opérationnels”. Il est décidé que ce commando, “tel qu’il est constitué actuellement, soit à l’effectif de 242 personnels FNSA, sera considéré provisoirement comme une unité supplémentaire du 1/8°RI où il comptera en sureffectif réalisé. Quatre aspirants FSNA à titre fictif sont inscrits sur une liste d’aptitude au grade de sous-lieutenant d’active, au titre de la loi 59-1431 du 21 décembre 1959 sur la promotion musulmane” .
    Le 5 avril 1962, une note du directeur du cabinet militaire du haut-commissaire de la République en Algérie indique qu’il était prévu d’intégrer le commando Georges “tel qu’il est actuellement constitué” .
    Néanmoins, la situation n’évoluant pas comme le prévoyaient les accords de paix, certains cadres supplétifs décident de rejoindre les rangs de l’ALN. Ils seront tués par les rebelles…

    C’est un extrait du document suivant :
    Iani Pascal, « Les supplétifs ralliés dans les guerres irrégulières (Indochine – Algérie, 1945-1962) », Stratégique, 2009/1 (N° 93-94-95-96), p. 371-397. DOI : 10.3917/strat.093.0371. URL : https://www.cairn.info/revue-strategique-2009-1-page-371.htm

    Les dernières lignes de ce document :
    Cependant, le ralliement d’anciens adversaires suppose une prise de risque certaine qui ne doit pas être occultée par les responsables militaires et politiques. Les trahisons et les manipulations restent une possibilité qui ne peut être écartée. Le commando Vandenberghe a été détruit par le Vietminh par la faute d’un traitre, l’expérience Bellounis s’est terminée dans le sang.
    Recruter d’anciens adversaires doit répondre à une stratégie claire, où la prise de risque est calculée, mais reste indubitablement un facteur d’efficacité pour des troupes étrangères peu habituées à la guerre irrégulière. L’exemple récent des tribus sunnites de la province d’Al Anbar, en Irak, ralliées aux forces américaines, le montre.
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    Message par amarante Sam 25 Avr - 12:32

    Les supplétifs, un éternel recommencement avec en point d'orgue l'abandon, les abandons, avec ce que cela comporte pour les populations.
    Ce fut pareil en Afghanistan, ce sera pareil au Mali, Oui un éternel recommencement.
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    Message par junker Sam 25 Avr - 19:19

    Nous en avions aussi au "3" pour les opés , notre guide connaissait tout les passages et tout les sentiers, un avantage certain pour encercler de nuit ou un pisteur devient un atout en toute circonstance !!
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