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    Ces harkis Afghans qu’on abandonne

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    14012020

    Message 

    Ces harkis Afghans qu’on abandonne Empty Ces harkis Afghans qu’on abandonne






    « L’avenir, c’est la trahison des promesses » (Daniel PENNAC)


    Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, une opération de l’OTAN fut lancée en Afghanistan dans le but « d’éradiquer le terrorisme ». La France en fit partie et envoya en 13 ans plus de 70 000 soldats dont 90 perdirent la vie.

    L’objectif avoué était d’éliminer Ben Laden, chasser les talibans de Kaboul, détruire les camps d’entraînement d’Al Qaïda et reconstituer une armée afghane. Dans cette optique, la France fit appel à des centaines d’interprètes indispensables dans la conquête du terrain, la négociation avec les chefs de tribus et l’interrogatoire des prisonniers islamistes. Ils étaient, en outre, chargés de mettre en place des barrages sur les routes, d’entrer dans les maisons des villageois, de leur demander de sortir avant que les forces françaises procèdent à des fouilles. « Les Français ne connaissent pas la culture afghane. C’était donc à l’interprète afghan d’entrer et d’avertir les occupants, surtout les femmes », explique l’un d’eux.

    Pour la plupart, ces traducteurs étaient des jeunes, éduqués, issus de la classe moyenne-supérieure que les militaires français étaient allés chercher directement dans le lycée français de Kaboul ou dans les universités.

    Quand les soldats du dispositif international quittèrent définitivement l’Afghanistan (les Français ont entamé leur retrait graduel en 2012 pour l’achever en décembre 2014), ils laissèrent derrière eux non seulement une tragique incertitude sur l’avenir du pays, mais aussi des milliers d’Afghans très inquiets pour leur propre avenir, pour leur propre vie : les interprètes… estimés à 700 quant à la partie française.

    Pour l’armée française, la question de l’avenir de ces traducteurs était d’autant plus sensible que notre histoire militaire reste marquée à jamais par la répudiation puis le massacre de milliers de harkis en Algérie.

    Qu’allait décider le gouvernement français face à une situation qui n’était rien d’autre que le prolongement historique de l’abandon de ces Musulmans fidèles à la France ? La réponse est cruelle ! Ces traducteurs allaient –comme les harkis- être abandonnés et livrés avec leur famille à la vindicte des talibans.

    « On a partagé les risques avec les militaires français, on se sent frères d’armes avec eux et aujourd’hui, ils nous laissent tomber ». Ce fut le cri de détresse lancé par ces hommes !

    « L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète » disait Paul Morand. Rien n’est plus vrai !

    Des voix (notamment parmi les militaires) s’élevant pour dénoncer la gravité de la situation, Emmanuel Macron, dans une vidéo de février 2017 lors de la campagne présidentielle, eut des mots forts. Comparant la situation de ces anciens interprètes de l'armée française à celle des harkis, il évoquait la « trahison » de la France envers ceux qui l'avaient servie et expliquait alors : « Nous avons commis une faute comparable avec nos interprètes afghans »… sans pour autant, une fois élu, entreprendre quoi que ce soit pour leur venir en aide.

    Dès le départ des forces occidentales d’Afghanistan, les interprètes reçurent des menaces de mort souvent suivies d’effets… En effet, ces hommes étaient perçus comme des traîtres par les talibans qui les accusaient d’avoir « collaboré avec l’ennemi ». Leurs vies et celles de leurs familles étaient désormais en danger.

    On se souvient, entre autres, de ce traducteur opérant pour les Américains, décapité et dont la vidéo fut diffusée sur les réseaux sociaux…

    Tous sollicitèrent les nations avec lesquelles ils avaient collaboré et demandèrent un visa leur permettant d’obtenir l’asile politique… Seuls, quelques-uns eurent satisfaction.

    Parmi eux, un homme de 33 ans, marié et père de trois petits garçons : Qader Daoudzai. Cet ancien interprète afghan qui avait affronté les talibans au côté des soldats américains, avait rejoint entre 2010 et 2012 les forces françaises en Afghanistan. Au départ de ces dernières, comme ses collègues, il se savait menacé par les islamistes et, dans une lettre adressée au Parlement français, avait demandé un visa pour venir en France, ajoutant : « J'aimerais aussi dire que depuis que les forces françaises ont quitté l'Afghanistan, nous n'avons reçu aucune aide de leur part, ils nous ont complètement oubliés, ils n'en ont rien à faire de nos vies maintenant »…

    La réponse lui parvint en 2015… cinglante… inhumaine : Refusé !... sans la moindre explication… Réponse aux antipodes de l’assertion de Caroline Decroix, vice-présidente de l'Association des anciens interprètes afghans de l'armée française, « En France, les anciens auxiliaires afghans de l'armée française qui ont déposé une demande d'asile ont tous obtenu le statut de réfugié ».

    En vérité, seule, une centaine d’entre-eux ont obtenu un visa pour la France.

    « À partir de maintenant, je suis mort ! » confia à ses proches Qader Daoudzai, quand il eut connaissance de ce rejet.

    Le 20 octobre 2018, jour des élections législatives, un attentat-suicide dans un bureau de vote à Kaboul coûta la vie à 78 Afghans. Parmi les débris humains, on identifia Qader Daoudzai, déchiqueté par la bombe. La « justice » des talibans était passée par là !



    José CASTANO
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    Ces harkis Afghans qu’on abandonne :: Commentaires

    LANG

    Message le Mar 14 Jan - 19:20 par LANG

    Merci suspente pour ce texte de José Castano.
    « À partir de maintenant, je suis mort ! »

    Ce cri, beaucoup l'ont entendu. Ce n'est pas un appel, c'est un constat...
    Je pense que nous n'avons pas fini de l'entendre...

    Quand deux armées se rencontrent sur un champ de bataille, il n’est pas nécessaire d’avoir des « alliés » dans la population civile. Ce fut très souvent le cas, même si des exceptions échappent certainement à la règle. La population était avant tout un « moyen » de se ravitailler ce qui était souvent synonyme de pillage…

    Depuis, on parle de « poisson dans l’eau ». Le peuple est devenu un enjeu.

    La « guerre révolutionnaire »  a vu le jour avec ses stratèges et nous savons que pour espérer « gagner » ce type de guerre, il faut maitriser ou avoir ses « entrées » dans la population.
    Ce genre de conflit entre un « fort » et un « faible » demande aux uns de pouvoir se « fondre » au milieu des habitants et aux autres d’avoir des « informateurs » et des « supplétifs » recrutés dans cette même population.

    Sur le front russe, les allemands ont eu leurs cosaques et des unités de russes « convertis ». On devine ce qui leur est arrivé… Mais il s’agissait encore d’une guerre disons « classique ».

    Avec l’Indochine, le Vietnam, l’Algérie… nous sommes entrés dans un nouveau type de guerre.
    A chaque fois, l’efficacité de ces unités (disons de « harkis » pour simplifier) a été prouvée.
    A chaque fois on a donc reconstitué ce genre d’unités. A chaque fois, comme l’acquisition d’informations est essentielle, on a favorisé l’émanation d’informateurs et cherché une forme de complicité de la part de la population.

    L’Afghanistan ne déroge pas à la règle.

    Mais à chaque fois le « plus fort » constate qu’il faut partir, la queue basse ou par reniement de ses engagements et il part…
    Et à chaque fois, il abandonne ses « harkis », ses informateurs, ses collaborateurs et la fraction de la population qui lui était favorable…

    Et l’histoire semble se répéter.

    Les conditions ne sont pas toujours les mêmes mais l’origine est le plus souvent une décision politique. Combien de revirements, de tractations secrètes, de mensonges, de promesses… qui n’engagent que ceux qui y croient…
    Toutes les armées sont aux ordres du « politique ». Si elles abandonnent leurs « harkis » c’est sur ordre…
    Nous l’avons fait en Indochine et en Algérie.
    Ce fut un déchirement mais nous l’avons fait.

    Aujourd’hui, on peut se poser la question à propos du Sahel.
    Tous ces gens que nous formons, ces interprètes, ces habitants qui « penchent » de notre côté…
    Pour lutter contre les islamistes, il faut en passer par là. Aviation et drones ne suffisent pas, ce serait trop beau… La même « histoire » va-t-elle se répéter ?
    Dommage collatéral… diront certains.
    Qu’en pensent ceux qui sont sur le terrain ?


    Ne me quitte pas
    Il faut oublier
    Tout peut s'oublier…(J. Brel)

    J'ai détourné le sens de cette chanson...

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    junker

    Message le Mer 15 Jan - 7:59 par junker

    Il en sera toujours ainsi, dans toute sorte de guerre subversive ou sont formés ou retournés des habitants du cru !!

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    LANG

    Message le Mer 15 Jan - 14:17 par LANG

    Oui junker, c’est toujours la même règle : « malheur aux vaincus » !
    Quand le vaincu est un soldat, il peut bénéficier (mais pas toujours !) de certaines « garanties ».
    L’habitant « collaborateur» a intérêt à sortir le nouveau drapeau et à revêtir rapidement le costume de « résistant »…
    Le « civil » ayant pris les armes n’en n’a aucune. C’est un « espion » ou un « terroriste »… (S’il fait partie du camp des vainqueurs, par contre, c’est un héros…).
    Le « supplétif » c’est souvent pire, il est considéré comme un traitre…
    Dans ce genre de guerre, quand on n’est pas sur le terrain et que l’on regarde « l’histoire » de loin, on se sent moins impliqué.
    Mais quand est-il pour ceux qui sont au contact ?
    Une mission ponctuelle d’accord, on arrive, on repart…
    Mais obtenir des renseignements demande souvent de s’engager avec « les gens » et de tenir dans le temps.
    Jusqu’où va cette implication ?

    Dommages collatéraux disent certains en regardant ailleurs…
    D’autres disent peut-être la même chose avec… des nuances.
    De quel côté sommes-nous ?

    ***

    «…Un jour de février 1950, j’ai vu arriver un convoi à moitié vide accompagné d’une escorte. J’ai cru à une inspection. C’était une opération de repli. La victoire communiste en Chine, sur l’autre rive du fleuve, avait changé le donne. Il fallait rapatrier toutes les forces éparpillées en Haute Région. D’un jour à l’autre, le poste de Talung risquait d’être submergé par le Vietminh, appuyé par les troupes de Mao. Il fallait faire vite, très vite, pour éviter une embuscade au retour. Les ordres n’étaient pas discutables. Il fallait obéir immédiatement.

       Je suis resté quelques minutes avec les légionnaires pour assurer l’arrière-garde, en cas d’attaque vietminh, puis nous avons embarqué. A ce moment, j’ai vu ceux que je n’avais pas voulu voir, auxquels je n’avais pas voulu penser. Les habitants des villages environnants, prévenus par la rumeur, accouraient pour partir avec nous. Ils avaient accepté notre protection. Certains avaient servi de relais. Ils savaient que, sans nous, la mort était promise. Nous ne pouvions pas les embarquer, faute de place, et les ordres étaient formels : seuls les partisans pouvaient nous accompagner.

       Les images de cet instant-là sont restées gravées dans ma mémoire, comme si elles avaient été découpées au fer, comme un remords qui ne s’atténuera jamais. Des hommes et des femmes qui m’avaient fait confiance, que j’avais entraînés à notre suite et que les légionnaires repoussaient sur le sol. Les mains qui s’accrochaient aux ridelles recevaient des coups de crosse jusqu’à tomber dans la poussière. Certains criaient, suppliaient. D’autres nous regardaient simplement, et leur incompréhension rendait notre trahison plus effroyable encore.


       Cette scène de cauchemar, où tous les liens humains basculèrent dans l’innommable, me happe encore, certains soirs, pour me jeter dans les gouffres de mon passé. Le remords me hante alors que j’ai atteint, vaille que vaille, les hauts plateaux de la vie, cette période de paix où l’on adhère à soi-même. La guerre a détruit, en une seule journée, le miracle qui s’était épanoui sous son aile, fragile, insensé, illusoire. Les hommes et les femmes de Talung, les légionnaires et moi, avons été réduits à notre état naturel de brindilles dans le vent de l’Histoire. .. »

    (Talung Denoix de Saint Marc)

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