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    L'Armée des ailes

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    L'Armée des ailes Empty L'Armée des ailes

    Message par suspente le Ven 15 Nov - 13:10



    C'est en 1502 qu'esprit ailé, Léonard de Vinci dessine le premier parachute. C'est en 1797 que, plus heureux qu'Icare, Jacques Garnerin se confie, de 1000 mètres de haut, au premier parachute opérationnel et vinc l'air. Depuis, le parachute s'est fait symbole. La grande Armée des ailes s'est déployée dans tous les cieux. Un fil invisible ne cesse de se dérouler de Garnerin à Conan (Château-Jobert). Who dares, wins ! C'était la devise de son ­ de, notre- 2ème RPC. Garnerin avait, lui aussi, osé, gagné ».

    Nostalgie des Gaulois au casque d'alouette ? L'armée des voilures fascine. « Mon domaine, la gloire ; mon rêve, la bagarre : en 1954, l'appel des Centres d'engagement séduit plus d'un Français de 18 ans soucieux de ne pas enliser sa vie. Le même appel en 2004 peut faire rêver, à condition de croire à son rêve.

    A chacun ses tropismes. Mon neveu, qui n'a pas 18 ans, sait ce qu'il aime. Au diable, la vie fade ! A d'autres, l'hébétude de la vie quotidienne ! Laissons messieurs-les-ronds-de-cuir gagner leur avoine à force d'occupations aussi insignifiantes qu'étouffantes ! Commerce ?.. Banque ?.. Bureau ?.. Non ! « Plus haut ! Plus loin ! De l'air ! Du bleu, Des ailes ! Des ailes ! Des ailes !.. » Mon neveu sera « Commando ». Il sera « Para ». Il organisera son destin. Il rejoindra ses rêves. Relève Comme le jour, le blé lèvera. Garnerin, Château-Jobert, Louis-Marie Leulliette : « para » n'est pas un dénominateur si commun que ça !

    C'est avec la Seconde guerre mondiale que naît véritablement le « para », - l'honorable effort du parachutiste de la Première guerre restant marginal. Mais on le verra, certainement, ce même « para » triompher plus encore lors de la Troisième guerre mondiale ­ cette « Troisième » qui nous arrive (11 septembre 2001 11 mars 2004 11 ?..) non « sur des pattes de colombe » comme « les grands évènements » de Nietzsche mais en babouches déjà bien lourdes. Plus que d'informaticiens, d'électroniciens, de techniciens.., ce sera de paras, souples, hardis, subtils, déterminés dont cette « Troisième ne pourra se passer. Nécessité « d'hommes choisis, agissant par équipe, produisant à une heure, dans un lieu imprévus, des évènements écrasants » (fin de citation à l'ordre de l'Armée ?).

    Fantassins du ciel, Spécial Air Service, Airborne, Fallschirmjägers, Paratroops Blitzkrieg, Choc, Sabotage, Infiltration en milieu hostile, Intervention rapide, Opération spéciale, Coup de main (de fer).., plus qu'hier, les paras de demain seront partout où les autres n'oseront être, - facteurs primordiaux de décision.

    Guerre ?.. Guérilla planétaire ? En ce 3ème millénaire, ces commandos accepteront que ce soit aux soldats qui ont des ailes qu'on demande de mourir à la place des autres . ET ils ne seront ni décevants ni déçus.

    Déçus, nous, paras d'Indo et d'A.F.N., tout compte fait, il nous est arrivé de l'être. Souvent, même. Comme bien de nos prédécesseurs de la Seconde guerre, possédés d'un courage infernal.

    Tradition de sacrifices et de sacrifiés ?

    Déçus ­ c'est peu dire ­ les 22000 Fallschirmjägers de Student qui plongèrent, en 1941, de leurs JU 52 [1] parmi les mortels flocons blancs de la DCA britannique sur des canons Bofor en alerte. Ils prirent, certes, ce jour-là, la Crète aux Anglais, leur faisant 10000 prisonniers et 6700 tués ou blessés. Mais quelle victoire amère ! Trois mille deux cent cinquante morts et 3400 blessés allemands, c'était cher payé. Contre eux : 40000 hommes étaient là. Les Renseignement de Canaris n'en prévoyaient que 3 ou 4000. Das ist krieg !

    ... Déçus, horriblement, de même, en 1944, les 35000 parachutistes américains et anglais d'Arnhem quand ils virent la situation se retourner comme un sablier. Student ­ encore lui ! ­ les attendait. A son tour. Ils ne s'y attendaient pas. Treize mille tués, blessés, disparus US et Britishes ! Sanglant cafouillage. Paras versus paras. Affrontements sans merci. Mortelle erreur de Montgomery, trop soucieux de sa promotion et jaloux de Patton. Les anciens d'Indo se souviennent de la RC4 : « la Rue Sans Joie » ; Taylor, l'américain, appellera la route d'Eindhoven à Grave, « la Route de l'Enfer ». Comme celle du « Fer », elle était coupée.

    Déçus, encore, toujours, les quelque 12000 bérets rouges et verts.. de Dien-Bien-Phu, en 1954, vite réduits à 3000 ­ artilleurs et Nord-africains faisant défection. Un dernier carré, ces 3000, engloutis, les armes à la main , après 56 jours de combats, dans la marée jaune de centaines de milliers de Viets et de Chinois « rouges ». Plus de 5000 blessés, quelque 4000 tués et disparus parachutistes ! Honneur et fidélité Sang et honneur Encore des équations sans inconnue.

    Et déçus, nous aussi, les paras du 2ème RPC de 1956, en Egypte. Le 5 novembre, à 7 heures, surgissant de Chypre, nous n'étions que 487 à sauter chez les pharaons sur une D.Z. ingrate, marécageuse, pleine de trous (providentiels, eux). Mission : faire face à tout ce qui se présente, investir tout ce qui bouge ou ne bouge pas. Beau moment alors même que notre extermination personnelle est de l'ordre du possible. Nasser a 5 divisions, 100 chars, 300 avions, 100 de combat Poker ! « Dieu ne joue pas aux dés », dit Einstein. Les paras, si. Tous les espoirs ou désespoirs sont ainsi permis comme tout était déjà possible ­le pire inclus­ en 1944 pour Conan quand il sauta, à la tête des S.A.S. français, le 5 juin, sur les arrières de l'ennemi (allemand), la veille d' »Overlord » et du grand Jour « J » du Débarquement (américain) en Normandie. Dans la brise moyen-orientale et marine, dans le ciel trop clair d'Egypte, nous n'étions, donc, que 487 à plonger casqués, ce petit matin-là mais de 150 mètres alors que le minimum autorisé est de 180. Ainsi, le risque de « dérive » ne devait-il s'avérer quepolitique.

    Terrible déception pour tous. Avoir en vain pris pied, victorieusement, sur le sol égyptien alors que les Soviétiques de Port-Saïd arment tous ceux qui se présentent et que Nasser ordonne « la résistance à outrance » !.. En vain, avoir pris-nous, ceux de la 1ère Compagnie du « 2 », le capitaine Engels et le lieutenant de Brem en tête ­ le pont jumelé Rail-Route, pourtant bien défendu [2], qui ouvre la route de Suez, puis, l'Usine des Eaux !

    Progressant, le lendemain, en direction d'Ismaïlia, notre colonne ne doit-elle pas s'arrêter net, à 1 heure 59 à 3 km d'El Kantara, au kilomètre 37, suite à un fatal coup de téléphone ? « Halte au feu ! » ordonnent postes « 300 » et « 694 ». Et c'est bien le « cessez-le-feu » au propre comme au figuré. Russes et Américains promettent le pire ( en chur : curiosité politique !) aux Français et aux Anglais si l'on n'obtempère pas sur le champ (de bataille). Boulganine nous menace « des terribles moyens de destruction moderne, comme, dit-il, des fusées, par exemple » sur Paris et Londres.

    L'ONU des bons à rien, qui ne sait faire ni la guerre ni la paix, entérine à grands cris. Les gouvernements anglais et français, socialistes (Mac Millan, Guy Mollet), cèdent au chantage planétaire. Capitulation mentale en premier chef. On n'a pas compris dans les ministères qu'il est inutile de lever des lièvres si l'on n'ose pas les poursuivre. Singularité : longtemps ­ l'histoire l'enseigne ­ il n'y eut qu'une façon d'arrêter la guerre : la gagner. Les arabes d'Egypte gagnent la nôtre en la perdant ­ pratique ! ­ tout comme vont encore le faire les Arabes d'Algérie, quelques années plus tard, nous, toujours et pourtant, vainqueurs.

    Amertume. Exaspération. Frustration de première grandeur qui ne doit rien à monsieur Freud, sans compter, bien entendu, quelques morts pour rien. Bravo, messieurs les diplomates à la rose au poing !

    Mais, somme toute, le « para » n'est-il pas, par essence, l'homme des causes perdues, des situations impossibles, désespérées ou intenables ? Ne va-t-on pas le voir, de nouveau, à Alger, en avril 1961 ? Car, déçus ­ euphémisme ! là, encore ! ­ comme personne et jamais, devront être ceux qui, à l'issue d'une guerre de 7 ans, seront mis en demeure d'abandonner une fois de plus le terrain (conquis, pacifié) aux vaincus, massacreurs arabes. Insulte aux morts et au bon sens !.. Qui plus est : ces vainqueurs seront sommés, du même coup, de livrer, pieds et poings liés, à la sauvagerie naturelle de ces vaincus ceux qui n'ont pas eu la « chance » de mourir pour la France : les Harkis. Cent cinquante mille combattants désarmés et leurs familles à massacrer à l'aise !.. Allah akbhar ! « Moi, vivant, jamais le drapeau FLN ne flottera sur l'Algérie », dit de Gaulle en 59. Moins de 3 ans plus tard, lui toujours bien « vivant », il ordonne qu'on amène les 3 couleurs. Que le drapeau épinard de Mahomet, le chamelier, les remplace partout « sur l'Algérie » ! Et d'interdire même, aux chefs de Corps français (paras, Légion) de rapatrier en France les seuls Arabes d'Algérie qui l'ont aimée. « Eh oui ! vous souffrirez ! » dit-il au député de Batna, Ahmed Laradji  dont 30 des proches ont déjà, en avant-première, été massacrés par le FLN On a toujours assez de force pour supporter les maux d'autrui. Mesmer, ministre de même de Gaulle, en 62, exige, lui, que l'on « sanctionne les officiers qui pourraient être à l'origine des rapatriements de supplétifs menacés. » Et nombre de ces officiers perdront effectivement leur « place » pour avoir refusé de céder au complexe de Ponce-Pilate : se laver les mains dans le sang des autres ! Joxe, autre ministre aux ordres, ordonne de renvoyer les Harkis rescapés en Algérie. C'est plus qu'être résigné aux malheurs des autres ! Les malheurs donnent des droits. On n'en accorde qu'un à ces Harkis : celui de se faire assassiner avec les leurs. Cruauté insouciante. Baroud de déshonneur . Ignominie où l'on veut entraîner l'Armée des ailes, manipulée, brisée.

    Dans ses « Archives inédites de la politique algérienne » [3], Maurice Faivre précise, évoquant le supplice de ces harkis, voués au « Sourire d'Allah et au « douk-douk » : « Systématiquement émasculés, les hommes sont, ensuite, battus à coup de bâtons ; on leur arrache la langue, les lèvres, le nez, les oreilles et on leur crève les yeux ; ils sont ensuite lapidés [4]  jusqu'à ce que mort s'en suive ou achevés à la hache ou à la scie. Parfois, ils sont dépecés vivants à la tenaille ou encoure crucifiés, électrocutés, ébouillantés ou jetés dans un brasier. Les vieillards et les infirmes ? Egorgés. Les femmes ? Violées puis éventrées. Les enfants ? Fracassés contre un mur sous les yeux de leur mère «  Allah akbhar !

    Est-ce pour « ça » que bérets rouges, bleus, verts.., nous nous sommes battus 7 ans et avons gagné la guerre d'Algérie ? Nos camarades sont-ils morts pour ouvrir ce sanglant boulevard à des chacals hystériques ?.. Et ne disons rien des misérables Pieds-noirs qui perdirent, eux aussi, la vie par milliers , après 62, pour être resté ­ jobardise ? Insurmontable réflexe de « collabo » ? ­ dans cette Afrique pétrie d'insondable cruauté. Impression de pénétrer dans les dédales de la Cloaca Maxima, - dédales qu'on fera, ensuite, tout pour faire oublier, scotomiser, voire nier.

    Bandera ? Communauté fraternelle ? Ordre militaire et moral ? Ordre au sens presque religieux du terme ?.. Phalange ferme au cur des pires tempêtes. Culte de la différence, du risque de l'audace, du défi C'est dans un certain esprit que, déçus ou pas déçus, les paras absorbent, subliment, intègrent (comme des X), les épreuves qui tétanisent les autres. Tout un art de gérer sinon digérer, tribulations, défaites, victoires. Une éthique jamais étique. Un talent incompréhensible à maints « jeunes » de 2004, prisonniers de leur glu mentale, gavés de « télé », de sports assis, de confort paralysant ­leur société de consommation ne leur laissant même pas un point de repère pour imaginer cette éthique alors qu'ils somnolent sur un volcan.

    On ne joue pas à la belote sur le pont du Titanic. Danger de l'oublier quand une civilisation ne sait plus que se laisser lentement tomber dans le vide ou égorger sans protester ou si faiblement !

    Quand on achète la paix, on se met en situation de la payer toujours plus cher. Montesquieu est clair. Danger de se refuser au risque parce qu'il est plus facile de renoncer que de vouloir.

    La complaisance pour l'adversaire est le signe distinctif de la débilité, c'est-à-dire de la tolérance, laquelle n'est en dernier ressort qu'une coquetterie d'agonisant, souligne Cioran. «  Coquets, complaisants », nos aînés ne l'ont pas été. Des « adversaires », il y en aura, il y en a toujours.

    Au fil des ans et des guerres, nombre des nos camarades sont sortis des rangs de l'Armée des ailes pour rejoindre l'Armée des ombres ­ morts tués. En s'éloignant, ces ombres ne cessent de grandir. Elles sont devenues colossales. Difficiles à  « zapper ». De nouvelles armées en naissent, en naîtront. La marche silencieuse du temps, des nations, du destin peut être funèbre mais, royale, impériale ou républicaine, c'est bien toujours une marche militaire Une marche commando vers de nouveaux horizons ­ there is always a new frontier ­ des horizons où l'on se battra.

    Une nation est aussi un être collectif. La biologie exige, pour qu'un être soit sain, qu'il se batte.



    [1] Ces mêmes « Junkers » de tôle ondulée où l'on ne pouvait même pas s'asseoir et dont on sautait (récup. !) au 8ème BPC avant d'avoir droit, avec le 2ème RPC, aux Dakotas, déjà mieux, puis aux Nord 2501 deux queues, tout de même plus stables.

    [2] Treize pièces égyptiennes : mortiers, mitrailleuses et canons en assurent la défense. Premier mort : le sergent Blondel.

    [3]  L'Harmattan, éditeur.

    [4] Selon les prescriptions textuelles du coran.




    Pierre LEULLIETTE
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    Message par junker le Ven 15 Nov - 20:04

    De qui est cette écriture ?? et quand a -t-elle était faite ?? Merci de ce morceau !!! un ancien de BIGEARD !! 110396
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    Message par suspente le Ven 15 Nov - 20:48

    C'est un texte de Pierre LEULLIETTE, comme indiqué à la fin du texte. Il doit avoir une dizaine d'année.
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