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    L'esprit Parachutiste

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    Message par bretivert


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    L'esprit Parachutiste Empty Re: L'esprit Parachutiste

    Message par LANG

    Merci bretivert d’avoir repris ce texte.
    Il reprend les points fondamentaux qui caractérisent « l’esprit para » avec toutes les nuances qui l’accompagnent.  
    Chacun aura bien entendu sa préférence selon son expérience et son origine.
    La jeunesse, la fierté d’appartenir à une unité d’élite, le saut…
    Et aussi des noms : Bigeard, Sergent, Sentenac, Saint Marc, Dien Bien Phu, Uzbin…
    Ce rappel des valeurs qui caractérisent les parachutistes m’inspire une réflexion.
    Je reste persuadé qu’aujourd’hui, ceux qui ont repris le flambeau sont imprégnés des mêmes valeurs. Quand ils se penchent pour ajuster leurs harnais, passent par la portière avec un peu d’appréhension ou bras écartés planent pendant quelques secondes… Et ceux qui sont là-bas, loin de chez eux, occupés à lutter contre la soif et le sable…
    Oui, aujourd’hui « l’esprit para »  vit toujours à travers ses "anciens" et ses "jeunes".
    C'est rassurant.
    Je regrette simplement le temps où il était proposé à plus de Français. Volontaires ou pas.
    Aux jeunes appelés qui parfois découvraient le dépassement de soi. Et d’autres vertus qui ont tendance à devenir confidentielles dans ce pays.
    Oui, une réflexion et… un regret.
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    L'esprit Parachutiste Empty L’esprit para, c’est quoi ?

    Message par locatelli



    C’est un sujet dont on parle beaucoup malgré sa tendance à disparaître ou se modifier, mais peu en connaissent la signification exacte.

    C’est avant tout un état de solidarité d’un genre fraternel entre les membres d’une corporation différente dans une communauté.
    Il se manifeste par la matérialisation d’entraide et de soutien en toutes circonstances entre les membres de cette corporation.
    On peut dire que cet état d’esprit a évolué en trois phases dans le milieu para.


    1/ - Génération paras de la France libre .

    C’était l’époque de la guerre patriotique ou les soldats étaient des engagés. Les théâtres d’opérations avaient lieu entre belligérants de civilisations européennes. Les paras étaient dénommés S.A.S. nom d’appellation anglaise du Spécial Air Service.
    Unités toutes nouvelles et utilisées suivant des méthodes non conventionnelles, les S.A.S. étaient peu nombreux et subissaient un entraînement lui aussi peu conventionnel. De plus, le fait de franchir la porte d’un avion en vol les faisait considérer comme des casses cou en leur donnant néanmoins un prestige de courage que le commun des mortels n’avait pas. Ils formaient donc une sorte de caste à part.

    Par la suite les effectifs paras ayant considérablement augmenté, l’admiration pour ces gens assez fous pour se jeter dans le vide diminua quelque peu avec l’habitude et le nombre de ce qui était considéré au début comme un exploit . Elle fut toutefois remplacée par leurs brillants résultats opérationnels obtenus à la suite de cette formation spéciale à laquelle ils étaient soumis . Actuellement, sauter en parachute est devenu quelconque et n’a plus rien d’exceptionnel. C’est devenu un sport à la mode pratiqué par une nombreuse jeunesse aussi bien garçons que filles.

    2/ - Génération paras d’Indochine.

    C’est certainement dans la génération paras d’Indochine que l’on trouvera le paroxysme de cet état d’esprit, mais pour des raisons assez différentes.
    Contrairement à ce que certains historiens prétendent, l’Indochine n’était pas une guerre patriotique. Le jeune engagé partant pour cette lointaine colonie y recherchait surtout l’aventure et l’exotisme mais quelques fois aussi pour certains, la conviction ou l’oubli d’engagements politiques, ce qui dans une unité de commandos parachutistes le rendait très volontaire. Ce fut aussi une campagne où les paras furent le plus utilisés comme parachutistes au sens propre du mot, c’est à dire pour des opérations de combats avec saut en parachute.
    Super entraînés avant leur départ et expérimentés par leur habitude du terrain, ils étaient intensément utilisés pendant leur séjour.
    On retrouvait dans ces unités, la même psychologie que chez les S.A.S, mais avec la différence que les théâtres d’opérations étaient entre belligérants de civilisations différentes. D’autre part, isolés et bien loin de leur famille, plus critiqués que soutenus par leur pays; ils se trouvaient seuls et davantage obligés de resserrer les liens entre eux, par nécessités.

    Les combats, souvent très violents avaient lieu dans une nature sauvage transformant l’évacuation des blessés très problématique. L’hélicoptère n’existant pas encore , il ne fallait donc compter que sur les copains .Tout cela aussi créa un état d’esprit à part que l’on retrouvera d’ailleurs pendant la bataille de Dien Bien Phu quand les paras de réserve, bien que sachant la bataille perdue étaient malgré tout volontaires pour les derniers parachutages “ pour aider les copains “.
    Cet état d’esprit était encouragé et partagé à tous grades, l’officier subissant les mêmes épreuves que le simple para. On retrouvera cet encouragement jusque dans certaines devises des unités, exemple la devise des commandos Pontchardier, reprise par le 2° BCCP - S.A.S :  A la vie, A la mort .
    Cet état d’esprit fut assez fort pour survivre à la séparation avec l’époque militaire et se retrouve toujours chez ces vétérans qui subirent ensemble les mêmes épreuves.

    3/ - Génération paras d’Algérie.

    L’aspect psychologique de la génération paras d’Algérie fut tout à fait différent des générations précédentes.
    Ce n’était ni une guerre patriotique ni une guerre de jeunes coureurs d’aventures, ce n’était même pas une guerre reconnue comme telle, puisque le pouvoir en place ne reconnaissait que des opérations de maintien de l’ordre. Les combats toutes proportions gardées étaient plus sporadiques et beaucoup moins meurtriers .

    Les unités parachutistes comprenaient quelques engagés mais surtout des appelés du contingent encadrés et commandés par un certain nombres de gradés ayant eu l’expérience de l’Indochine. Un grand nombre d’officiers étaient aussi à l’origine des appelés du contingent rapidement formés dans les écoles militaires, pour les nécessités du moment. Ces unités n’étaient plus engagées en opérations parachutées et disposaient d’une infrastructure d’hélicoptères qui résolvait les problèmes opérationnels et les évacuations sanitaires.

    Les conditions et confort de vie étaient bien meilleures. La famille et les parents pas très loins et facile à joindre ne serait-ce que par téléphone. Plusieurs permissions étaient accordées pendant le séjour.

    L’état d’esprit para existait certes, mais il était différent et surtout né de la fierté d’appartenir à une unité paras sans toutefois y retrouver systématiquement le volontariat de l’Indochine et de la France Libre, ce qui toutefois ne leur enlevait pas le courage et l’efficacité dans les engagements sur le terrain.

    En cours de séjour, il n’était pas rare d’entendre chanter “ La Quille “ , chanson inconnue dans les autres générations de paras. La solidarité entre les hommes était donc d’une intensité relativement plus faible et l’esprit de bloc corporatif disparaissait peu à peu avec le retour à la vie civile .
    Mis à part le copinage traditionnel de quelques anciens de régiment, la fraternité corporative et l’esprit de soutien disparaissaient rapidement dans un individualisme de fait, malgré la conviction contraire de quelques éléments nostalgiques de gloires manquées à la remorque d’un prestige paras que la plupart n’ont pas connu dans toute sa réalité.

    4/ - La Génération actuelle -

    Plusieurs jeunes paras se sont étonnés de ne trouver aucun commentaire sur la nouvelle génération paras. La raison est tout simplement : celle de rester objectif.

    Il nous est difficile à nous les anciens, de nous faire une opinion parce que " nous ne sommes plus dans le coup ".

    Pourtant, sans forfanterie je crois que la relève est bonne et cela nous met du baume au coeur, car il est juste de constater que les paras actuels semblent avoir repris le flambeau et l'esprit des anciennes générations de combattants. Celles-ci n'oubliant pas, que ce sont les événements qui commandent et que la grandeur du para comme sa force c'est de savoir s'adapter au cours des choses.

    J'ai personnellement constaté à plusieurs reprises combien ces jeunes paras ont la tenue, l'ardeur et la foi dans leurs missions souvent difficiles, et rendues ingrates par les subtilités de la politique mondiale actuelle. Leur aptitude à ces missions peu communes demandant toujours un sang froid exemplaire est sans doute le résultat de leur formation dans un professionnalisme compétent.

    Une belle et saine jeunesse avec qui il faudra compter demain.



    Jean Rosier
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    L'esprit Parachutiste Empty Re: L'esprit Parachutiste

    Message par saut ops



    « Goût du risque, volonté, camaraderie, fierté née des victoires remportées sur soi-même » (et sur quelques autres) : tel est l’esprit para, nous dit Henri Sauvagnac, général para, breveté n°1 (1937). Depuis, nous sommes, Français, quelques 650000 à avoir, comme lui, été brevetés parachutistes.
    Esprit (para) ? Es-tu (toujours) là ? Mais qu’es-tu encore ?
    Inventer c’est penser à côté. Inventeur du parachutisme après, certes, Léonard de Vinci, Jacques-André Garnerin, le premier, saute en 1797. Comme il n’imite personne, il s’invente lui-même. Et prédit : « ces machines (les parachutes) ne pourront jamais servir que comme appareils de guerre. Heureux l’Etat qui s’en servira le premier ! » Un siècle d’incompréhension suit. En vain, sa nièce, la belle Elisa saute en 1815 au Champ de Mars car on a autant l’esprit de famille que l’esprit para chez les Garnerin.

    En 1935, le colonel Geille, titulaire du brevet russe « d’instructeur en chef de parachutisme » ne peut former que des moniteurs. Pas question d’unités paras. On ne sait pas encore penser à côté. En 1918, les aviateurs français n’ont pas de parachute : 5.333 en meurent. Les aérostiers seuls en sont dotés. « Nous sommes quelques-uns à avoir effectué 3 ou 4 sauts de nos ballons d’observation », témoigne le sapeur aérostier Joseph Mathieu. Ces quelques-uns auront la vie sauve.

    Comme Geille. Abattu en juin 40 en combat aérien, obligé de sauter de son appareil en flammes, il s’en tire sans autre casse. Les esprits des « hautes » autorités (en est-il de basses ?) évoluent lentement. Ce n’est qu’en 1937 que naissent les troupes aéroportées françaises. Soit 2 « groupes d’Infanterie de l’Air (GIA 601 et GIA 602) » destinés à transporter par avion ou à débarquer (sic), par parachute, en territoire ennemi, des détachements d’infanterie » : 363 hommes. Objectif : promptitude, souplesse. L’esprit para est dans l’air. Les « Chasseurs parachutistes » suivent.

    Quant à cet «esprit », la Seconde guerre mondiale est une révélation. Une révolution. Alors qu’en une France accroupie, croupie, flouée, tétanisée, moulue, vermoulue, beaucoup, prisonniers sans avoir coup féri, ne pensent qu’à regagner leur petit habitat, il en est quelques-uns à refuser de vivre au ralenti. Tous paras. Quand 1000 hommes descendent des nuages, forts de leur armure invisible : leur volonté, la face de la terre de France change. Point besoin pour cela du nez de la pauvre Cléopâtatras ! Leurs 1000 corps qui tombent du ciel après l’avoir escaladé, inversent un sort malheureux qui avait trop bon dos.

    Aussi pleins de ressources que de redoutables Chats bottés, en bottes de saut, les parachutistes frappent partout. Et, d’abord, de… stupeur. Par-delà les frontières. Au-delà des combats. Quelle que soit leur nation. En 1936, déjà, au cours de la Guerre civile espagnole, les parachutages de ravitaillement sur l’Alcazar de Tolède assiégé par les Rouges permettent à ses cadets de ne pas céder. En 1940, la prise, en 10 minutes, par les seuls 84 Fallschirmjäger de Student, du formidable fort d’Eben-Emaël (Belgique) est un coup de tonnerre dans un ciel encore serin. Certes, Student, chef des troupes aéroportées allemandes de 1938 à 1945 et ses paras, en verront et en feront voir, ensuite, bien d’autres. Mais quel coup d’essai ! Et de maître ! Rarement – jamais ? – un succès si décisif fut obtenu en si peu de temps contre un adversaire si supérieur. De mémoire d’homme d’armes. Churchill n’en disconviendra pas. Il louait, lui, l’héroïsme de la R.A.F., soulignant que jamais tant d’hommes (les Anglais) n’avaient dû leur salut à si peu d’hommes (les pilotes). A ceci prés qu’il fallut plus de 10 minutes à ses aviateurs pour tirer d’affaire la très Grande Bretagne.

    Dès 40, donc, l’esprit para se déchaîne. Alors que 2 millions de soldats français encagés se résignent, prisonniers, à leurs chaînes voire décorent leur cage, les paras de la France Libre, les SAS de « Conan » soutiennent, à bout de bras, l’honneur perdu d’une France avilie, en coma dépassé. A l’esprit de défaite, ils opposent leur caustique esprit para. Avec Goethe et son Faust, ils estiment que « seul mérite la liberté et la vie, celui qui doit les conquérir chaque jour »… et chaque nuit (sauts nocturnes). A cet égard, l’aspirant André Zirnheld et ses camarades de la 1ère Cie parachutiste des F.F.L., comme Château-Jobert, sont emblématiques.

    C’est l’absence qui crée le sens. La patrie absente, en congé (de maladie), les Bérets Amarante redonnent au mot France sens et valeur. Foudroyé en 1942 dans le désert de Libye par un Stuka de Goering, Zirnheld a refusé de participer à la lâcheté de son époque. Avec son Groupe de Pénétration Profonde du Désert, il est allé jusqu’au bout de ses idées. En un siècle où l’énergie fait peur, cet étonnant état d’esprit donne des ailes à ceux qui n’aiment pas les reptations. Tous drapeaux confondus. A l’immense armée, à la Grande Désarmée, des rampants s’opposent des hommes choisis qui ont sauté, qui sautent. Ayez du courage ! Vous serez libres comme des oiseaux ! leur souffle l’esprit (para).

    Dès 1941, le colonel britannique Stirling, le « Major Fantôme », inventeur en quelque sorte du raid stratégique, crée avec 65 hommes le Special Air Service. Il faut montrer jusqu’où peut aller l’esprit para quand il est anglo-français. Partir de l’idée qu’on peut mener sa guerre comme on joue aux dés… Succès. Echec. Succès. Echec.. : 2 mots tintent comme des pièces de 100 sous dans l’esprit des SAS. Un Unité bien excentrique, ce SAS ! pense le Q.G. du Moyen-Orient. Gênante même. Trop originale… Cette sacrée indépendance d’esprit ! C’est encore elle qui conduit Château-Jobert à l’exploit d’être successivement condamné à mort par les Nazis et par de Gaulle tout Compagnon de la Libération qu’il est et en dépit de ses 26 sauts de guerre et ses 11 citations.

    Si l’esprit de liberté active est si intense chez ces paras si spéciaux, il leur coûte cher. Parachuté sur les arrières de l’ennemi allemand, le 3ème RCP de Château-Jobert en sait quelque chose. La veille du Jour « J », le 5 juin 44, ce sont eux, les SAS, qui sont largués sur la lande bretonne. « Première des Unités françaises à combattre sur le sol de la patrie » stipule leur citation. Un sol sous lequel maints d’entre eux restent.

    Les hommes des causes perdues, des situations désespérées ont toujours l’esprit para. Quand cet esprit Tintin est allemand, il peut aussi aller très loin. La libération de Mussolini en juin 44 par les paras SS du Fallschirmjäger – Lehrbataillon d’Otto Skorzeny, chef des Unités spéciales du IIIème Reich (Freischütz) est un cas de figure d’école (militaire). L’atterrisage à 3000 m. d’altitude au Gran Sasso de leurs planeurs puis l’envol de Duce à bord d’un Fieseler Storch relève d’une incroyable acrobatie. L’Etat-major prévoyait 80% de pertes. Il n’y aura que 11 blessés sur 80. Quand Odin opère main dans la main avec Ariel, esprit aérien de « La Tempête », le ciel même n’est plus assez grand. La terre non plus qui voit encore les paras du Fallschirmjäger – Régiment en butte aux Bolcheviks rétablir en 1942 par -40° à Smolensk une situation désespérée pendant que leurs kameraden de l’Afrikakorps se battent par +40°. Et Monte-Cassino où , en mai 44, malgré 3 batailles successives, les mêmes paras germaniques tiennent 4 mois sous l’orage d’acier de 600.000 obus ? Pour des paras comme Skorzeny, c’est clair : il n’y a pas des choses faciles et des choses difficiles ; il y a des choses possibles et des choses impossibles. Le prouve encore et avec quel éclat ! ses frères ennemis, les paras américains des 82ème et 101ème Airbornes quand, le 6 juin 1944, ils foncent et défoncent le Mur de l’Atlantique bien que la moitié des planeurs de la 82ème s’écrasent au sol.

    A Arnhem, en septembre 44, les mêmes soldats du ciel paient aussi très cher les improvisations de Montgomery, l’Anglais. Jaloux des faits d’armes yankees, il prétend contourner la Ligne Siegfried… Sieg Heil ! Total : 9 jours de défaites : 11850 morts et blessés alliés, surtout para U.S. Un drame aussi crépusculaire que celui de Wagner. Les compatriotes de ce dernier, aux abois, montrent que n’être pas victorieux ne signifie pas qu’on est vaincu quand on est para. Et de changer en interminable cimetière les 60 Kms de « La Route de l’Enfer » (d’Eindhoven à Grave). Tout comme en Indo le deviendra « La Rue sans Joie ». « Nouvelle démonstration lors de la bataille des Ardennes » en décembre 44 : offensive de la dernière chance pour Skorzeny –encore lui – au seuil de son Vaterland. Ultimes combats où s’opposent au canon et à la mitraillette jusqu’au 20 janvier 45, para U.S., allemands, anglais et SAS français.

    Janvier 1945 : l’esprit para est toujours là. Le Bataillon de Choc perd 50% de ses effectifs aux côtés du 254ème R.I. US et du 1er RCP lors de la Campagne d’Alsace. Mais, dirait Mérimée, « la redoute est prise ». Et Belfort, Colmar, repris.
    L’idée, para, d’appartenir à un groupe fermé de gens intenses a, décidément, un haut prix. Le constatent encore les 2000 paras US qui, en février 45, conquièrent l’Ile-forteresse de Corregidor, porte de Mamille. Face à eux : 6000 Japs, tenaces comme des loups exaspérés. Sept jours ininterrompus d’ « esprit para » incandescent. Combats sanglants. On ne se « couche » pas au pays du Soleil-Levant.

    C’est en Indochine que dans le cadre de 150 opérations aéroportées consécutives, de 1946 à 1954, cet « esprit » s’épanouit encore avec force. Sang et boue. Marches. Pistes sans fin. Combats. Jungle. Poursuites. Offensives. Défense. Guerre sans nom. Sans fin. Sans front. Sans sommeil. A la même époque, il y a surtout en France, « des gens qui au creux des lits, font des rêves ». L’engagé d’Indo en béret rouge ne rêve pas. Il vit sur une autre planète. Dans une autre dimension. Entre lui et le « pékin », l’altérité est complète. Il se tient en des lieux où personne ne peut ou ne veut le rejoindre. Il n’est pas du même peuple. Sa façon de voir l’existence étonne, choque. Question de structure mentale ? Sentiment d’appartenir sinon à un ordre différent du règne animal, du moins à un Ordre au sens quasi religieux, à l’issue d’un parcours initiatique ? Esprit de famille armée ? Idée d’être très autre, très ailleurs ? Monter chaque jour sur ses propres épaules ? Toujours remonter à la surface ? Apprendre, avec Nietzsche, à dire « non » à tout ce qui rend faible ? Chevalerie moderne ?
    En 51, les victoires paras, à l’arraché, de Vinh Yen et Hoa Binh sur les Viets fanatisés et sûrs de leur succès vu leur multitude, démontre que si l’on a assez de volonté, on a toujours assez de moyens. C’est aussi l’avis du capitaine Déodat du Puy-Montbrun, aide de camp de de Lattre, quand, dès 1952, il crée le Groupe de Commandos Mixtes Aéroportés. La « guerre révolutionnaire » du coup, est inventée. Mobilité, camouflage, sabotage, harcèlement : ses partisans hmongs (Méos) font merveille et sèment la terreur chez le Viet-Minh.

    La mort du commandant du 1er BEP (Segretain) à la tête de ses hommes puis du commandant du 2ème BEP (Raffali) dans les mêmes circonstances font voir jusqu’où va l’esprit para en Indo. La mort du commandant du 1er REP (Jeanpierre) quelques années plus tard, en Algérie, témoigne de la continuité du courage de nos camarades en béret vert. De seulement janvier à mai 58, c’est encore 111 hommes que ce 1er REP perd avec son colonel. Mais ils auront, au cours du même laps de temps, renvoyé 1193 Fells au « paradis » de leur chamelier, Mohamet.

    Une certaine férocité pour survivre pour arracher encore des instants de vie : ce fut cette ultime manifestation d’esprit para qui, une première fois, sauva, en Indo Jeanpierre à l’issue des combats furieux de la RC4. Mort, le chef de son 1er BEP, presque tous les autres, tués ou prisonniers, il échappe, à marches forcées dans la jungle à l’encerclement mortel. « Réussiront dans cette guerre disait-il au commandant Jacques Martin, ceux qui seront physiquement et moralement les plus fort ». Dont acte. Mais il ne verra, donc, pas à Guelma, la Mort, plus forte que lui venir sur lui pour le surprendre et le prendre.

    L’esprit para ! Esprit d’une aristocratie non-conformiste. Au sens grec. L’aristos, c’est « le meilleur ». Et ce sont bien toujours les meilleurs qui tombent à Dien Bien Phu. Aristocrates, fin avril 1954, les volontaires qui se présentent à Hanoï, à quelques jours de l’engloutissement du Camp, pour rejoindre dans leur fournaise, leurs camarades assiégés, sachant qu’ils sont dans une situation « que l’on dit désormais désespérée », rapporte le colonel Langlais, commandant des paras à Dien Bien Phu. Ils veulent, donc, absolument, ces volontaires, sauter sur un Camp entré en agonie à l’issue de 112 jours de combat. Sept cents d’entre eux « n’ont même jamais endossé un parachute » ! Ils se sont juré pourtant d’aller pallier sur place « les défaillances des tirailleurs algériens » (dixit Langlais), les paras seuls résistant héroïquement dans la cuvette funèbre.

    Après quoi, ne peut-on encore dire que l’esprit para est bien toujours celui qui nous anime, nous, gens du 2ème RPC, en 1956, quand nous sautons sur l’Egypte ? Interrompant nos travaux de contre-guérilla d’Algérie, le 5 novembre, nous ne sommes d’abord, après tout, que 487 avec « Conan » face aux 200.000 habitants de Suez que le général égyptien Salah el-Noguy a armés, leur intimant l’ordre de résister à outrance – 487 sous le feu des Volontaires de la Mort à tibias croisés et tête de mort. Victoire inutile, soit ! mais nous leur ferons tout de même 50 morts dès les premières heures à ces Fedayins, le temps d’ouvrir la route du Caire.

    Et qu’est-ce qui conduit encore, en 1967, « les commandos israéliens sinon, toujours, cet « esprit para » quand, à l’issue d’une « guerre des 6 jours », après avoir détruit les hordes des sectataires de Mahomet qui les vouaient au massacre, ils font flotter sur le Mur des Lamentations l’étoile du Roi (David) ? « Quand un peuple n’a plus de réaction de défense, il est mûr pour faire un peuple d’esclaves », notait Hitler (Mein Kampft). Ne se sentant pas une vocation de dhimmi, les Israéliens réagissent en paras.

    Le même Führer a toujours dit ce qu’il comptait faire. Et il l’a fait. Mais les Français, comme on sait, ont la mémoire ultra-courte. En 1939, ils avaient déjà oublié ses propos. Bien qu’aussi Français que ceux de 39 – plus ? -, nous avons la mémoire plus longue. Nous nous souvenons de ceux qui, en 1988, déclarent, goguenards et très résolus : « Dans 20 ans, c’est sûr, la France sera une république islamique ». N’ayant pas plus que les paras d’Israël l’intention de nous soumettre en tant que dhimmi et de payer tribut en attendant de nous convertir aux croyances d’un chamelier, nous gardons intact notre (mauvais) esprit, para. A ceux qui prétendent faire un « traité d’amitié » avec les pires ennemis de la France, nous disons « non ». Ne serait-ce qu’au nom du bon sens. Car, comme disait Einstein : « on ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés. »
    Sauvagnac, Student, Stirling, Château-Jobert, Skorzeny, du Puy-Montbrun, Zirnheld, Jeanpierre.., amis ou ennemis, tous étaient paras. En dépit de leurs ailes, tous n’étaient pas des anges. Mais, tous étaient des hommes de courage.
    Tant qu’il y aura des hommes…

    Des hommes, en 2007, il y en a 15 de notre 2ème RPIMA à veiller en armes aux limes fantomatiques de notre empire encore français, sur une île de 5 Km2 : Juan de Nova, territoire du Canal du Mozambique. Il s’agit de dissuader toute tentative d’occupation par un autre Etat. Mission de souveraineté pour nos jeunes camarades face à un clapotant désert des tartares.

    Isolés, donc, sur l’une des 5 « Iles Eparses », ils perpétuent au fin fond du bout du monde, l’esprit para. Tels des Robinsons sur leur île. Mais, des îles, il en existe au cœur de n’importe quelle Capital assiégée ou, disons, des îlots (de résistance) !
    Les paras de Juan de Nova vivent entourés de requins. Mais, des requins, il en existe, également, dans n’importe quelle Capitale cernée non par des mers mais par des banlieues « sensibles » !
    Lâcher pied. Subir. Il en est toujours pour préférer ne jamais s’opposer et tout accepter. L’esprit para ne l’entend pas ainsi.
    « Non ! Non ! Non ! Non ! Le para n’est pas mort !
    « Non ! Non ! Non ! Non !.. disait la chanson.
    « Car il… [censuré] encore ! Car il… »
    L’ « esprit para » n’est pas plus mort. Il renaît toujours. De ses cendres. Jamais éteintes. Tel l’Oiseau-Phénix.



    Pierre LEULLIETTE
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