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    6 , 7 , 8 octobre 1950

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    6 , 7 , 8 octobre 1950 Empty 6 , 7 , 8 octobre 1950

    Message par LOUSTIC le Dim 6 Oct - 20:55


    6 octobre 1950 : le colonel Lepage n’est pas à Coc Xa, au fond de la vallée, mais un peu plus haut, ‘’dans la cuvette de Coc Xa’’, une large dépression, un bon kilomètre au sud de la cote 649, traversée par la piste menant de la cote 765 à Coc Xa.

    Le 1er B.E.P. ne compte plus guère que 350 valides quand il amorce la montée vers la cuvette. La piste, enserrée dans une végétation intense, se glisse entre deux parois calcaires. Aux deux tiers du parcours, sur un palier, elle offre une source ; ce point de passage quasi obligé verrouillant la descente de la vallée est gardée par des tirailleurs du 8e R.T.M. Le site est dominé de toutes parts. ‘’Un vrai trou à rats’’ grommelle Jeanpierre.
    Un parachutage à moitié réussi permet aux légionnaires de compléter leurs chargeurs et de se partager une boîte de rations pour deux. Les partisans du lieutenant Stien, l’O.R., font cuire des tubercules de manioc sous la cendre. Un festin de roi !
    Segrétain et Jeanpierre sont partis aux informations. Lepage compte sur Charton pour se dégager. De Langson, Constans ne cesse de dire ‘’Décrochez, décrochez’’.
    En début d’après-midi, une éclaircie ; la colonne de Cao Bang a été retardée mais demain matin, elle se portera sur la cote 477. Lepage voit dans sa cuvette un havre de paix.

    Des salves de 81 tombent ; les Viets ont parfaitement localisé les Français. Leur étau se resserre. Vers 17 heures, Les Viets sont à la source et verrouillent l’issue de la cuvette.
    Dans son P.C., Lepage est conscient d’avoir séjourné trop longtemps dans sa cuvette. Il n’a qu’un recours : le B.E.P. A Segrétain et ses légionnaires de forcer le passage pour gagner la cote 477 avec une attaque de nuit. Les blessés resteront sur place avec le médecin-capitaine Pédoussant, les médecins lieutenants Lévy, Rouvière et Ensalbert du 11e Tabors, du 1er B.E.P. et du 8e R.T.M., volontaires pour rester, et quelques infirmiers.

    De son côté, exténuée de fatigue, la colonne Charton arrive à proximité du secteur où le combat fait rage. Vers 18 heures, en débouchant sur la cote 590, le III/3e R.E.I., arrière-garde du groupement, est durement accroché. A l’avant, le 3e Tabor subit des attaques violentes sur la cote 477.
    La colonne Charton passe la nuit entre ces deux points.
    Durant la nuit, les Viets tentent de s’emparer des positions tenues par le III/3e R.E.I. Ils sont repoussés avec des pertes sévères. Mais les harcèlements aux armes lourdes continuent de plus belle. La puissance de feu des Viets est impressionnante.

    7 octobre 1950 : il n’est pas encore 4 heures du matin lorsque le B.E.P. commence à s’engager vers le fond de la cuvette en direction du goulet et de la source : la 2e compagnie du capitaine Gilbert Bouyssou, le P.E.G. du lieutenant Roger Faulques, le P.C., puis la 1er compagnie du capitaine Pierre Garrigues, la 3e compagnie du capitaine Robert de Saint-Etienne et la C.C.B. du lieutenant Deborde.

    La section Chauvet est en tête de la colonne ; les légionnaires avancent un par un ; soudain la section se heurte à des centaines de Viets qui ne lui laissent pas le temps de réagir. En un instant, elle est anéantie.

    Les élèves-gradés et les survivants de la 2e compagnie font plier l’ennemi. Ils ont presque réussis mais ils sont aussi décimés. Faulques est blessé et avec lui, son adjoint. A deux, ils tentent l’impossible, avant de tomber. Bouyssou s’élance à son tour, sans plus de succès.
    Plus haut, la 1ère compagnie du capitaine Garrigues a réussi à atteindre le bord de la falaise, au prix de lourdes pertes, dont la capitaine. De Saint-Etienne et la 3e foncent en criant. Comme ses camarades Garrigues et Bouyssou, et tout à l’heure Deborde, Saint-Etienne tombe au milieu de ses légionnaires.

    A 5 heures 30, la source est atteinte et les bo-doïs bousculés décrochent. Mais à quel prix ! Les quatre commandants de compagnie, plus de la moitié des chefs de section tués et avec eux la majorité de leurs légionnaires. Avant de foncer vers la vallée, Pierre Segrétain lance un dernier message à Lepage : ‘’Je n’ai plus de bataillon’’. Une centaine de chanceux avec les lieutenants Marcé, Roy et Cornuault, s’extraient de la cuvette de Coc Xa, et réussissent à se glisser au bord du ravin ; certains blessés mais encore capables de marcher.

    Le B.E.P. ouvre la marche ; derrière lui, goumiers et tirailleurs se pressent pour sortir. Les ultimes résistances Viets sont emportées par ce torrent humain qui s’écoule. Mais si les Viets ont cédé à la source, ils dévalent par le haut. Le groupement Bayard file vers la vallée, qui par la piste, qui par les falaises, à l’aide de lianes.
    Les rescapés des sections des lieutenants Hippert et Auboin descendent le long des parois verticales ; au sud de la faille, le lieutenant Stien et le groupe des partisans effectuent la même démarche. Il y a des chutes mortelles.

    L’objectif est toujours la cote 477 où la colonne de Cao-Bang est arrivée, plus éprouvée que prévu ; à l’aube le 3e Tabor est submergé et perd son piton ; mais, arrivant sur les lieux, les légionnaires du III/3e R.E.I. contre-attaquent avec succès. Poursuivant leur action, ils se heurtent à une résistance acharnée sur ce piton escarpé.
    L’ennemi est nombreux et tenace ; l’assaut doit être renouvelé plusieurs fois ; alors qu’il enlève la position dans une lutte au corps à corps, le commandant Michel Forget du III/3e R.E.I., l’une des plus grandes figures du 3e R.E.I., est tué.

    Les débris des deux colonnes se mêlent ; rares sont les unités encore à peu près constituées ; seul le miracle légionnaire permet à une centaine du B.E.P. à se présenter en sections, avec armes. Malgré ses lourdes pertes, le III/3e R.E.I. est encore le plus cohérent. Il est désigné pour fixer l’ennemi en queue de colonne. Il reçoit le choc du régiment 209, venu de Dong Khé. Isolé, affaibli par les combats précédents, le bataillon remplit sa mission d’arrière-garde et disparaît en entier dans la tourmente.

    Tout autour de 477, l’étau se referme et se durcit ; le salut est à That Khé vers les cotes 680 et 703 où le capitaine Labaume et ses légionnaires se sont portés en recueil.
    Charton en force et Lepage en souplesse tentent le passage et se font intercepter.
    Jeanpierre donne les ordres : les légionnaires constituent des groupes de 15 ; ils partent ensemble en colonne par un, sans matériel. En cas d’accrochage, les groupes prennent leur autonomie et s’efforceront de s’infiltrer entre les positions adverses. Objectif That Khé à 20 kilomètres d’ici.

    La colonne tombe dans une embuscade près de la rivière ; elle éclate non sans pertes ; le commandant Pierre Segrétain est très grièvement touché au ventre. L’héroïque commandant du 1er B.E.P. reste sur la piste avec deux sous-officiers blessés. Le soir même, il est emmené à l’hôpital Viet de Dong-Khé où il décède de ses blessures..
    Au départ, dans la nuit du 7 au 8 octobre, ils étaient une petite centaine ; au terme d’une odyssée infernale, ils ne seront qu’à peine un quart à rallier un poste de la Légion au nord de That Khé le mardi 10 octobre.

    Le capitaine Jeanpierre en tête, le lieutenant Marce en serre-file, le groupe formé après l’embuscade de la rivière rallie le poste.
    Au total, ils sont 23 rescapés du 1er B.E.P. : trois officiers, le capitaine Jeanpierre et les lieutenants Marce et Roy, les sous-officiers Hartkopf, Antonoff et Becker, 17 légionnaires.
    Dès leur arrivée à That Khé, ils sont évacués par avion sur Langson et Hanoï. Sinon ils auraient partagé le sort des derniers défenseurs de That-Khé.

    Au profit de la R.C.4, le commandement désigne le 3e B.C.C.P. du capitaine Paul Cazaux qui n’aligne qu’un effectif squelettique de 270 parachutistes, renforcé par la compagnie du lieutenant Daniel Loth avec ses 130 légionnaires, arrivée de Sétif à Bach Mai, la base arrière, en renfort du 1er B.E.P.. Le bataillon saute sur That Khé vers 16 heures.

    8 octobre 1950 : au matin, le bataillon Cazaux reçoit mission de se porter à hauteur du groupement Labaume qui occupe la cote 608. Une fois sur la crête, Cazaux s’installe en position défensive, la compagnie Loth étant placée en réserve. Au soir du 8, Labaume décroche et c’est à Cazaux de couvrir son repli et de contenir les Viets.

    Ce qu’il exécute le 9 et dans la matinée du 10. La colonne des rescapés se disloque. Epuisés, abattus, les survivants se frayent un chemin à travers les Viets, marchant vers le nord. Embuscades devant et derrière. Des cris et des rafales d’armés déchirent la nuit. Beaucoup d’hommes, valides ou blessés sont fait prisonniers, souvent achevés sur place. S’ils sont épargnés, comme les lieutenants-colonels Charton et Lepage, ils connaîtront les souffrances de la captivité.

    Au soir du 8 octobre, la presque totalité des forces françaises est hors de combat, tuées, disparues ou prisonnières.

    Malgré leur bravoure, le III/3e R.E.I. du commandant Michel Forget et le 1er B.E.P. du commandant Pierre Segrétain disparaissent dans la tourmente.

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