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    Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé…

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    Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé… Empty Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé…

    Message par LANG

    Une histoire, un roman…
    Oui, quelques lignes inspirées d’un épisode lointain. Un passage dans un monde où tout est possible. Un monde parallèle ? Peut-être.
    En tout cas une histoire « romancée » à partir d’une petite histoire hors du temps…
    Je vous la propose… Sous forme de trois extraits, histoire de passer le temps…
    Oui, il s’agit de parachutistes. Et donc…  
    Non elle n’est pas hors sujet. Juste un tout petit peu…


    ******************************


    Nemrod 1

    Petit et luisant le détonateur paraissait ridicule.
    Accroupi contre la paroi du tunnel Reminger devinaient la forme du pain d’explosif qu’il manipulait avec précision.
    Avec précaution il introduisit le bout de métal et ses doigts remontèrent lentement le long de la mèche. Il était presque deux heures et demi du matin, le train n’allait pas tarder.
    Il esquissa un sourire en pensant qu’il devait faire exploser ce paquet avant son passage. Pauvres « civils » quelle panique et pour la suite quels emmerdements si cela se produisait au moment de l’entrée du train dans le tunnel!
    Il fit un effort pour se concentrer.
    L’allumette, la boîte, bien.
    Il jeta un coup d’œil vers l’entrée. Nemrod. était là ramassé et confiant. Un mouvement du bras se détachant du fond plus clair de l’entrée lui confirma qu’il pouvait y aller.
    Ils formaient une bonne équipe et pourtant tout les séparait.......

    Mais il y avait eu Meudec ce peut-être breton qui aimait se promener au milieu des mèches allumées histoire de vérifier que tout fonctionnait !
    Massif, pesant et rouge comme son béret il virevoltait entre les cordons, avec l’agilité d’un chat. Un sacré chat ce Meudec que les stagiaires regardaient à plat ventre en essayant de sourire malgré l’appréhension. Ils avaient peur pour lui.
    Comme par enchantement il venait s’aplatir au milieu d’eux une fraction de seconde avant l’explosion.
    Il avait décidé que ces deux là feraient équipe. Ils étaient chargés de la mise en place des charges destinées à faire sauter ce pont métallique dans le cadre d’un exercice qui portait le nom mystérieux de « iota ».

    Tablier gauche, tablier droit, connexion et allumage. C’était simple et surtout pas trop fatiguant car chargés de la mise en place, ils n’avaient pas à porter les charges. Le restant du commando jouait le rôle de sherpa.
    Pourquoi les avoir mis en équipe ? Un petit caprice certainement de la part de cet obelix à l’œil vif qui avait deviné leurs différences.
    Blond, grand, les yeux bleus, Reminger était beau comme un légionnaire et son béret vert ne faisait qu’accentuer l’impression de force et d’assurance qui émanaient de lui. Son passé, car il faisait partie des rares qui avaient un passé, lui donnait une autorité naturelle que beaucoup lui enviaient.
    Oui une sorte de jalousie mais aussi de respect, voila ce qu’il provoquait tout naturellement.
    Bien entendu c’est avec une certaine réserve que Nemrod participa à la préparation de l’opération. Plutôt discret, il n’aimait pas ce genre de type qui flirtait si facilement avec le succès.

    Mutuellement indifférents l’un à l’autre ils mirent au point la partie technique et la répartition des équipes en fonction des besoins. Nemrod qui avait potassé la notice confirma par de savants calculs que les charges étaient suffisantes. Un stagiaire du génie en confirmant son intervention lui donna une certaine importance et un début de réputation.
    Deux coloniaux furent désignés comme chef et adjoint de la section. Laurel et Hardy. En effet l’un était gros et un peu âgé, l’autre maigre et grand. Plutôt sympathiques et décontractés pour des biffins.

    Afin de se différencier, le commando eut droit au treillis camouflé. Revêtir cette tenue interdite depuis les événements d’Algérie c’était un peu la traversée du miroir d’Orphée pour retrouver un passé plein d’illusions. C’était aussi retrouver une veste avec des fermetures éclair et des boutons pression noyés dans une palette de couleurs qui passait du brun-vert au rouge.
    Le bar se peupla de feuilles d’automne. Les serveurs étaient impressionnés et quelques anciens se mirent à rêver, d’autres détournèrent les yeux. Ce soir là, la verveine eut un vague goût d’anisette. Il est vrai que depuis l’histoire des deux bidons d’eau de Bigeard l’infusion était à la mode et les soirées un peu tristes. Sages et préoccupés d’adapter leur démarche à leur tenue une bonne partie s’en alla regarder le journal télévisé.

    La mise en place se fit de nuit après un saut très banal.
    L’approche fut rapide et l’objectif apparut dans la clarté d’un quart de lune.
    C’était un pont métallique à l’entrée d’un tunnel.
    Observation, couverture, recueil, approche finale; tout se déroula comme prévu et les charges furent mises en place rapidement. Meudec était content.

    ********

    Il finit par sentir le bon côté de la boîte d’allumette.
    La mèche s’alluma et Reminger ressortit du tunnel. D’une tape sur l’épaule il fit comprendre à Nemrod qu’il était temps de dégager. Le pain de plastic allait sauter; ce serait le signal du repli. En silence ils se déplacèrent le long du talus pour s’arrêter quelques mètres plus loin. Le morceau de lune brillait derrière les branches d’un arbre, une chouette poussa son cri habituel et la montre indiquait qu’il était minuit et demi.
    La minute réglementaire s’écoula et aucune explosion ne vint troubler cette vallée du pays basque.
    Reminger, agacé par ce contre-temps, s’en retourna dans le tunnel. L’attente fût longue. Rien ne se passait.
    C’est avec une certaine satisfaction que Nemrod aperçu la silhouette de Meudec. Tiens ce Reminger tellement doué avait quand même ses petites faiblesses...

    (à suivre...)


    Dernière édition par LANG le Jeu 19 Sep - 17:12, édité 1 fois
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    Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé… Empty Re: Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé…

    Message par LANG

    Nemrod. Un deuxième extrait.

    Encore quelques images données par la lumière du passé à travers un kaléidoscope…

    Le second allumage fut le bon.
    La charge explosa et le pont resta intact.
    La deuxième partie de l’exercice commença.
    Déchargés de leurs responsabilités, Reminger et Nemrod fermaient la marche avec l’impression de ne plus servir à grand chose. L’orientation et le choix de l’itinéraire revenaient aux deux coloniaux qui confrontaient régulièrement leurs options à la lueur des lampes. Le restant du commando en profitait pour faire la pause. Même camouflées, les treillis n’étaient pas étanches et l’humidité de la nuit eut vite fait de rendre ces tenues trop ajustées parfaitement désagréables à chaque frottement de jambe.
    Les pentes abruptes se succédaient, ponctuées de réactions assourdies qui traduisaient un mauvais esprit grandissant. La marche de nuit n’est jamais évidente...et si de plus il y a un doute sur la compétence des guides...

    La récompense arriva entre un chemin et une ferme sous la forme d’un déluge de cartouches à blanc ponctué d’un éclairage de fusées vertes et rouges.
    La débandade fut générale.
    Bloqués contre un portail qui s’obstinait à rester fermé, Nemrod et Reminger se virent entourés par cinq types habillés en vert. Reminger qui ne pouvait admettre la capture se mit à manipuler son arme comme un gourdin. Le gars en face qui n’avait pas le sens de l’humour non plus commença à vouloir faire de même.
    Manifestement ils étaient morts depuis longtemps. Nemrod, qui avait le sens des réalités, en était convaincu. Après avoir consciencieusement vidé son chargeur, il se retourna vers Reminger et lui posa la main sur l’épaule afin d’attirer son attention. Un visage en fureur lui apparut.
    - Laisse tomber, tu vois bien qu’il n’y a rien à faire.
    Un instant il crut avoir parlé pour rien mais les yeux bleus de Reminger retrouvèrent une expression normale.
    La paix revint. Ils étaient capturés.

    L’accueil de l’ennemi fut sympathique. C’étaient des cavaliers.
    Ils eurent droit  à un quart de thé et à une neutralisation d’une heure.

    A la remise en route, ils échangèrent leurs inquiétudes. Aucun point de rendez-vous n’avait été donné en cas d’éclatement du commando et la manœuvre durait cinq jours !
    Le seul coté rassurant était dans les sacs à dos; en effet compte-tenu de l’organisation très rationnelle de cette équipée, ils n’avaient pas de charges à porter, mais simplement le ravitaillement d’une journée pour vingt personnes. Au moins côté repas il n’y avait pas de problème, vraiment pas de problème.
    Le commando devait être ravitaillé par air le lendemain soir et c’est encore eux qui avaient la lampe mitraillette pour faire les signaux convenus à l’avion. Malheureusement, ils ne connaissaient pas le code qui avait été choisi ni la zone de largage exacte. En fait, ils ne connaissaient que le point d’arrivée situé sur la rivière de l’Adour. La mise au point fut rapide : objectif l’Adour en passant en gros par le plateau d’Etchery où le commando avait des chances de passer pour le ravitaillement.
    Désormais seuls, ils se mirent à avancer en direction du nord-ouest.
    Après plusieurs kilomètres de tout terrain la pluie se mit à tomber.
    Fatigués par les gifles des feuilles de maïs et les dérapages sur les cailloux des sentiers, ils s’arrêtèrent au bord d’un ruisseau. Le bruit de la pluie couvrait celui de l’eau. D’un commun accord, ils décidèrent de s’arrêter une heure ou deux en attendant le jour. Avec un peu de chance la pluie pouvait cesser.
    L’équipement de Nemrod était parfaitement adapté à ce genre de situation : tapis de sol, sac de couchage isolé et puncho. Il s’enfonça tout mouillé dans son abri, bercé par l’éclatement des gouttes d’eau sur le puncho. La pluie redoubla de violence et il apprécia son confort.

    Le bruit du ruisseau le réveilla, la pluie avait cessé. En soulevant un coin du puncho, Nemrod fit couler une flaque d’eau et découvrit le jour. Un brouillard léger flottait à un mètre du sol. A dix pas de là, il vit une toile de tente en boule, c’était Reminger. Il avait l’équipement standard parfaitement inefficace mais réglementaire.
    En le voyant sortir complètement trempé et transit il éprouva comme de la pitié.
    Tremblant de froid Reminger replia ses affaires. Un morceau de chocolat fit office de petit déjeuner et ils se remirent rapidement en route pour se réchauffer. Les pieds s’habituèrent progressivement aux rangers.
    Il fallait éviter de marcher de jour et leur but était de trouver un endroit discret en attendant la nuit. Sans concertation ils rentrèrent dans une sorte de grange vide et ouverte sur un côté. Ce n’était pas le camouflage parfait mais c’était sec.
    Reminger alluma un feu à l’entrée et commença à faire sécher ses affaires.
    Ce n’était pas très discret non plus mais Nemrod ne fit aucune remarque. Ils arrivaient à se comprendre sans parler.

    Nemrod sorti son sac de couchage et l’étala par terre.
    - Tiens c’est pour toi, ça te permettra de récupérer. Je ferai le guet pendant ce temps.

    Surpris, Reminger fit mine de refuser. Il ne pouvait pas accepter cette dépendance et puis il n’était pas habitué à recevoir des cadeaux. Il éprouvait des sentiments confus à l’égard de Nemrod. Réservé et fin, il ne correspondait pas au genre de type avec qui il pensait avoir un contact facile. De plus c’était un gamin, un jeunot sorti d’école après y être rentré par la grande porte. Il avait pourtant apprécié son comportement depuis le début de l’exercice. Pour un débutant il se débrouillait pas mal. Rapide et silencieux, il évoluait avec facilité dans ce terrain difficile. A plusieurs reprises, il avait apprécié sa manière intelligente de contourner les obstacles sans perdre son orientation.
    Finalement il accepta de se glisser dans le sac de couchage.
    Observant le champ devant lui, Nemrod essaya de se coller le mieux possible contre le mur pour se protéger du vent. Il jeta un coup d’œil vers Reminger et se dit qu’ils n’iraient pas loin en cas d’alerte en voyant toutes les affaires étalées prés du feu.

    Quelques vaches brunes s’activaient dans les champs voisins. En contrebas, un troupeau de brebis disparaissait dans les fougères. La musique lancinante de leurs cloches lui rappela qu’ils n’étaient pas en guerre.
    Au loin, la montagne se détachait sur ce fond de ciel si particulier. Il crût reconnaître les trois crêtes de sa balade du week-end…

    La pente était raide et les pierres ne demandaient qu’à glisser au fur et à mesure de leur ascension. Elle portait une jupe plissée bleu sombre et un chemisier blanc. Ce n’était pas la tenue parfaite pour marcher sur ces sentiers de montagne mais il n’était pas mieux servi avec ses chaussures basses et ses chevilles auraient préféré les bonnes vielles rangers. Pourquoi avait-il accepté cette sortie ? Un peu par hasard et sans beaucoup de conviction car la marche à pied de la semaine lui suffisait largement.
    Elle avait tenue à lui faire visiter le pays. Pour maintenir une certaine distance entre eux tout en ayant une bonne occasion de se retrouver ?
    Il avait apprécié son mélange de réserve et de franchise.
    Le hasard d’une soirée les avaient fait se rencontrer. C'était une autre histoire…

    (à suivre)
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    Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé… Empty Re: Nemrod, fin d'une histoire romancée du passé…

    Message par LANG

    Nemrod. Dernier extrait.


    … A peu près sec, Reminger sortit frais et dispos du sac de couchage. La nuit commençait à tomber, il était possible de reprendre ce déplacement en marchant vers le Nord…
    Bien entendu, les sacs s’allégèrent progressivement. Soucieux dans un premier temps de ne pas trop consommer les réserves de nourritures, ils avaient fini par changer d’avis. Comment faisait le reste du commando ? Après tout ce devait être un exercice de survie…
    La campagne basque était magnifique. Ce fut donc, n’hésitons pas à le dire, une promenade touristique. Par respect des principes, la journée se passait à l’abri des regards à essayer de dormir au milieu des fougères. Bercés par les clochettes des brebis ce n’était pas évident. Les hurlements du berger pour commander ses chiens provoquaient des sursauts peu propices à une bonne sieste. Quant aux repas, ils manquaient de variété mais de là à se plaindre…
    Kilomètres après kilomètres Nemrod et Reminger avaient appris à se connaitre un peu plus.
    Les échanges se résumaient à peu de chose mais ils étaient suffisants pour créer un début d’amitié.
    L’heure n’était pas aux bavardages, il fallait avancer.
    Au fur et à mesure de la progression il devint évident qu’ils avaient quitté la zone de manœuvre. Et puis, en fin de parcours les choses changèrent. L’Adour n’était plus très loin et les véhicules militaires firent leur réapparition…

    Collés contre la haie ils s’engagèrent sur la route.
    Un bruit de moteur s’amplifiait. Merde ! Il fallait trouver un moyen de quitter ce piège à rat.
    Reminger trouva un passage et ils s’aplatirent derrière les arbustes. Manifestement ils étaient revenus dans la zone de manœuvre les patrouilles s’intensifiaient à proximité du seul pont sur l’Adour.
    Impossible de bouger tant qu’il faisait jour. Derrière eux, ils aperçurent une vielle petite maison. En fait ils avaient atterri dans le jardin. Volets clos, elle ressemblait à une résidence secondaire. Ils commencèrent à en faire le tour et machinalement Reminger testait la solidité des fermetures. Une serrure céda. Surpris ils se regardèrent et la décision de rentrer fut prise avec l’arrivée d’une nouvelle patrouille.
    Le silence revint.
    - bon qu’est ce qu’on fait, dit Nemrod, on ne peut pas rester ici en attendant la nuit?
    - pourquoi pas ? dit Reminger, qui commença à s’avancer dans le couloir. On n’a pas le choix et après tout il n’y a personne.
    Il est vrai qu’il n’y avait pas beaucoup de solutions et Nemrod se résolu à le suivre.
    Ils pénétrèrent dans une grande salle éclairée par la lumière qui passait par les fentes des volets. Au milieu de la pièce, un immense piano à queue, une grande glace contre le mur, des armoires anciennes et des bibelots d’une autre époque. En allumant une chandelle placée au bord du piano ils se rendirent compte qu’ils étaient dans un salon magnifique. Tout était bien à sa place et seule une auréole sur le piano faite par des gouttes d’eau qui tombaient du plafond indiquait l’abandon des lieux.
    Nemrod prit un vase sur la commode pour récupérer l’eau qui perlait.
    Impressionné par ce luxe, il avait le sentiment d’être hors du temps. Un bruit sourd le ramena à la réalité. Il sorti de la pièce et déboucha dans la cuisine où Reminger tentait d’ouvrir le robinet d’un tonneau. Décidément cette affaire commençait à tourner d’une manière bizarre
    - voyons si le vin est bon, dit Reminger qui saisit un verre posé au bord de l’évier.
    La piquette, vint agrémenter le repas composé de saucisse sèche et de pain. Il était temps que la manœuvre se termine, c’était le dernier morceau de pain.
    En mâchonnant sa saucisse Nemrod fit le tour des pièces et admira une fois de plus la qualité du mobilier. Devant la cheminée ancienne plusieurs tapis épais et doux semblaient attendre le propriétaire des lieux. Il était frappé de la propreté et du rangement, cette maison était peut-être inhabitée mais pas depuis longtemps. Il s’approcha du piano et tapota quelques touches.
    Reminger quant à lui se mit à ouvrir systématiquement tous les tiroirs.
    Ayant pris en quelque sorte possession des lieux, ils se mirent à rechercher un endroit plus adapté pour y attendre la nuit.
    Une pièce remplie de matelas posés les uns sur les autres fit l’affaire. Chacun se composa un lit et Reminger s’installa prés de la fenêtre dont il vérifia l’ouverture. Il n’y avait plus qu’à attendre et essayer de dormir.
    De temps en temps un bruit de moteur les faisait émerger de leur somnolence.
    Nemrod avait du mal à accepter l’étrangeté de la situation. Allongé sur ce matelas dans une maison luxueuse, il avait vraiment l’impression d’avoir commis une effraction. Il ne restait plus qu’à récupérer quelques bibelots au passage et Reminger était capable de le faire...
    Le bruit d’une porte que l’on ouvrait le fit sursauter.
    Enfournant avec précipitation leurs affaires dans les sacs ils s’aplatirent de part et d’autre de la porte de la chambre.
    Peut-être auraient-ils du réagir tout de suite ? Dans le genre : excusez-nous pour le dérangement on ne fait que passer. La rapidité de l’événement les avait fascinés. Impossible de bouger pour l’instant.
    Après la porte ce fut au tour des volets et la lumière éclaira l’intrus. C’était une femme, plutôt jeune à première vue. Elle s’activait à rentrer deux sacs de voyage qu’elle posa prés de la cheminée. Inquiets et penauds comme des gamins, Reminger et Nemrod ne pouvaient que regarder ses évolutions entre le salon, la cuisine et la chambre à coucher. Par bonheur, elle ne semblait pas s’intéresser à la pièce débarras et à ses matelas.
    Nemrod regarda Reminger en espérant une initiative mais ce dernier était trop occupé à regarder ce qui se passait. Il réflechissait. La sortie serait de plus en plus difficile. D’un autre côté une fois dehors signifiait se faire prendre une deuxième fois. Quel merdier ! Il se résolu à vivre l’instant présent et se concentra sur le va et vient de la jeune femme. Elle n’était pas désagréable à regarder d’ailleurs. Dans les trente ans environ, blonde avec des cheveux courts. A la vue des affaires qu’elle répartissait sur la table on pouvait deviner que le dîner se préparait.
    Elle se pencha vers la cheminée et quelques instants plus tard le feu se mit à crépiter.
    Nemrod et Reminger échangèrent un regard. Que faire ? Reminger haussa les épaules; manifestement il acceptait la situation et commençait à se décontracter. La nuit venue il serait toujours temps de se présenter, le sourire aux lèvres et le béret à la main. A condition de s’y prendre avec discrétion pour ne pas effrayer la charmante dame, ça devait marcher. De toute façon ça devait marcher. Nemrod qui avait plus ou moins deviné ses pensées se dit qu’avec une barbe de cinq jours ils étaient plutôt impressionnants.
    Il n’y avait qu’à attendre.
    En l’observant étaler les affaires sur la table on pouvait constater qu’un repas se préparait. Un repas pour deux.
    Un coup frappé à la porte, une voix d’homme, c’était l’invité.
    Il avait la quarantaine et quelques cheveux gris, une tête de notable ou de militaire. Il enleva son manteau, c’était un militaire.
    Les cinq barrettes sur ses épaules lui donnaient le grade de colonel. Son treillis prouvait qu’il était de la manœuvre. Entre deux briefings il rejoignait sa maîtresse ou sa femme histoire de passer le temps. Les échanges amoureux avaient tendance à laisser penser que c’était sa maîtresse.
    Reminger et Nemrod se regardèrent. Cette fois c’était la merde la plus complète.
    Nemrod rêva d’une autre vie sans manœuvres et sans militaires...

    *****************

    « L'histoire a beau prétendre nous raconter toujours du nouveau, elle est comme le kaléidoscope : chaque tour nous présente une configuration nouvelle, et cependant ce sont, à dire vrai, les mêmes éléments qui passent toujours sous nos yeux. » Schopenhauer
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