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    Malgré nous ! Partie 1

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    Malgré nous !  Partie 1    Empty Malgré nous ! Partie 1

    Message par LANG

    C’est un petit entrefilet dans un journal qui m’a interpellé

    Monsieur………. est décédé le 1er mars 2019 dans sa 92ème année.
    Il était un « Malgré nous » ancien de Tambov…

    et m’a poussé à écrire ce billet.

    Cet homme que je ne connaissais pas, portait mon nom et devait vraisemblablement faire partie de ma famille…
    L’Histoire fait parfois de curieux détours.
    Mes deux grands pères ont fait la première guerre mondiale sous l’uniforme allemand en 1914-1918. L’un d’abord sur le front russe à Tannenberg puis en France. L’autre était à Verdun…
    Mon père a fait la deuxième sous l’uniforme français en 1939. Il s’est enfui en zone occupée avec femme et enfant en 1943 quand il a reçu sa feuille de route pour se rendre sur le front russe. Echappant ainsi au statut de « Malgré nous ». Ce ne fut pas le cas de tout le monde.
    Un lointain cousin qui porte mon nom est mort à Minsk sur une voie ferrée le 10 octobre 1943 et cet homme dont j’ai lu le faire part de décès était dans le camp soviétique de Tambov…
    Je n’ai pas eu la possibilité de parler à mes deux grands pères à propos de leur guerre sur le front français. Pour l’un ce fut dans l’Aisne comme boulanger. Je pense qu’il n’a jamais participé directement aux combats.
    Le deuxième était à Verdun et, d’après ce que l’on m’a raconté, avait échappé de peu à la mort après un combat au corps à corps…
    Mon père, blessé sur la Meuse en mai 1940 après avoir fait exploser une péniche pour empêcher le passage aux troupes allemandes, s’est retrouvé prisonnier dans un hôpital à Nancy. « Libéré » en tant que « Mosellan  Lorrain » il est rentré chez lui et a travaillé à Metz dans une entreprise encadrée par des allemands jusqu’en 1943.
    Avec femme et enfant il a traversé la frontière du côté de Metz. Ce devait être au mois de mai. Mon père et son frère accompagnés d’un ami sont passés en prenant le train. A la frontière de la zone occupée, ils sont passés en choisissant un poste de contrôle tenu par des gendarmes français. En présentant leurs papiers allemands, ils ont fait le salut hitlérien auquel les gendarmes ont répondu en saluant. Il n’y eut aucun problème. S’ils étaient passés par le point de contrôle situé un peu plus loin, tenu par des gens de la gestapo, les choses auraient été différentes…
    De son côté, ma mère avec son fils dans les bras était censée ramasser des fraises avec d’autres personnes en compagnie d’un passeur. Le passage de la frontière du côté de Metz s’est fait avec discrétion mais ponctué par mes pleurs…  
    Oui, l’Histoire fait parfois des détours curieux…
    Les « Malgré nous »…
    On en parle à certains moments et puis on range le dossier…
    Ces soldats Français qui ont revêtu l’uniforme allemand pendant la première et la seconde guerre mondiale laissent toujours une impression de malaise. Pourquoi ?
    Parce que les « choses » n’étaient pas forcément simples à cette époque pour ces Alsaciens et ces Lorrains concernés.
    Dans une région française devenue allemande après la défaite de 1870 la paix s’est installée et c’est presque « naturellement » que ses habitants ont porté le casque à pointe…
    Avec la défaite de 1940 les conditions n’étaient plus les mêmes. L’Allemagne continuait à faire la guerre. Dans une région annexée au Reich certains ont porté l’uniforme du vainqueur « Malgré eux » et d’autres ont été volontaires. Certains ont même choisi les Waffen SS et d’autres s’y sont retrouvés sans l’avoir demandé. Enfin, quelques-uns ont fui à leurs risques et périls pour échapper à toute incorporation…
    Pour essayer de comprendre, il faut approfondir le sujet.
    Comme il ne m’est pas indifférent, j’ai tenté de le faire.

    J’ai trouvé quelques informations qui permettent d’éclairer un peu les choses.

    *****************************
    Avant de passer aux textes repris sur des sites, il faut préciser quel était le statut de ces régions « reprises » par l’Allemagne et la position de ses habitants face au « Service militaire ».

    Après la défaite de 1870, l’Alsace et la Lorraine sont devenues des territoires allemands et ses habitants des citoyens allemands. Le « service militaire » allait de soi. Mes deux grands pères ont fait leur service sous l’uniforme allemand et en 1914 se sont retrouvés face aux armées russes et françaises.
    Par contre, après 1940, les habitants des territoires « annexés » ne sont pas devenus des citoyens du Reich. Comme on pourra le lire plus loin, il faudra un tour de passe-passe juridique pour « naturaliser allemand » la majorité des habitants du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle. En aout 1942, en raison du manque d’effectifs, débuta une « incorporation de force » avec des « Malgré nous ».

    ***********************

    Commençons par le début, c’est-à-dire par la grande guerre.
    (Comme on peut le lire sur le site cairn.info. Le Mouvement Social 2015/2 (n° 251))


    « En 1914, l’Alsace-Lorraine est allemande depuis quarante-trois ans. À l’entrée en guerre, les hommes appelés à prendre les armes pour la défense du Reich sont ainsi, dans leur écrasante majorité, nés allemands. Ils ne connaissent de la France que ce que certains de leurs parents ou grands-parents ont voulu leur transmettre, un lien affectif que l’école et l’armée se sont employés à contrarier tout au long de leur apprentissage scolaire puis militaire.
    Si la mobilisation se déroule globalement sans encombre, une minorité parvient à s’enfuir vers la France et manque à l’appel. On estime que 17 500 Alsaciens-Lorrains se sont engagés volontairement dans l’armée française au cours de la guerre, parmi lesquels quelque 12 000, qui se trouvaient en France depuis plus ou moins longtemps au moment de l’entrée en guerre, choisissent d’y rester et de s’engager, tandis qu’environ 3 000 auraient fui la mobilisation allemande quand celle-ci s’est précisée. Le reste est constitué des prisonniers de guerre et des hommes mobilisables capturés par les troupes françaises lors des offensives en Alsace en août 1914, qui décident également de s’engager plutôt que de rester internés.
    Dans l’armée allemande, le chiffre habituellement retenu est celui de 380 000 Alsaciens-Lorrains mobilisés entre 1914 et 1918. En réalité, il comprend aussi les nombreux Allemands installés en Alsace-Lorraine, dont beaucoup quitteront le territoire après 1918. Le nombre des Alsaciens-Lorrains sous uniforme allemand se situerait plutôt autour de 300 000, voire moins.
    L’action de ces déserteurs a un impact inversement proportionnel à leur nombre : elle cristallise en effet la méfiance d’une partie des autorités militaires allemandes à l’égard de l’ensemble des Alsaciens-Lorrains. Pour prémunir l’armée contre toute tentative de trahison, ces derniers sont bientôt soumis à des mesures d’exception appliquées à plus ou moins grande échelle concernant notamment le contrôle postal et l’octroi des permissions, l’un et l’autre rendus plus contraignants, la limitation de l’accès à des fonctions et postes stratégiques et, surtout, le transfert d’un grand nombre de ces soldats sur le front Est.
    De ce point de vue, les Alsaciens-Lorrains ont pu ressentir, à des degrés divers dans le temps mais aussi en fonction de leur sensibilité nationale, le désagréable sentiment d’être traités en soldats de second rang, en dépit d’expériences quotidiennes de la guerre et du combat en tout point comparables à celles de leurs pairs venus d’autres contrées de l’Empire. En France, le cas de ces déserteurs et des engagés volontaires alsaciens-lorrains ne manque pas d’être utilisé par une propagande qui veut y voir la preuve des profonds sentiments français de l’ensemble de la population d’Alsace-Lorraine dont le retour à la « mère-patrie » est justement devenu l’un des buts de guerre. Celui-ci est finalement atteint et, au sortir de la guerre, les combattants de l’armée allemande vaincue retrouvent leur province natale parée des couleurs tricolores du vainqueur, avant de recouvrir bientôt eux-mêmes la citoyenneté française
    L’historiographie récente souligne la complexité de la situation de ces soldats en temps de guerre. Si une partie d’entre eux a revêtu à contrecœur l’uniforme allemand, la majorité semble s’y être conformée avec loyalisme et sens du devoir, sans vraiment se poser la question du sentiment national et du rapport à la France – du moins pas avant les derniers mois de la guerre.
    Mais qu’en est-il du souvenir que nos contemporains gardent de ce destin peu commun ?
    D’une manière générale, cette mémoire est assez éloignée du tableau issu des recherches des historiens. Le Poilu en bleu-horizon semble s’être imposé comme figure centrale des représentations collectives de la Grande Guerre, en Alsace et en Moselle – héritière de la Lorraine annexée – comme partout ailleurs en France.
    Si toutefois on se souvient de l’histoire compliquée des Alsaciens-Lorrains, c’est souvent sous les traits de « malgré-nous » de la première heure, « placés par les vicissitudes de l’histoire entre deux patries et qui se battaient avec un uniforme allemand et un cœur français », comme l’a formulé il y a quelques années Nicolas Sarkozy, alors président de la République, lors des cérémonies commémoratives du 11 novembre 2009
    Deux tendances se dessinent ainsi, l’une illustrant la dilution du cas alsacien-lorrain dans une mémoire nationale englobante, l’autre sa singularisation en un modèle de soldat conforme à l’idéal national. Dans les deux cas, la mémoire régionale s’est accordée avec la mémoire nationale, dans le souvenir d’une guerre justement caractérisée par le heurt entre des nationalismes bien tranchés.
    »

    Malgré nous !  Partie 1    Guerre10
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