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    jojo27

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    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste

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    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Empty Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste

    Message par amarante


    Fait prisonnier avec mon unité, le 1er Régiment Artillerie Coloniale, à Mirecourt (Vosges), le 20 juin 1940.
    M’évade du camp de Mirecourt le 14 juillet 1940 (dans une marmite servant à la distribution des repas).
    Décembre 1940, j’embarque clandestinement à Marseille, sur un navire en partance vers l’Afrique du Nord.


    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Kiuy10
    Jacques Mouhot (RFL)

    Je débarque à Alger. Sans argent, sans papiers d’identité, je traverse les frontières algérienne et marocaine, arrive à Casablanca ; ne pouvant embarquer de ce port, je pars pour Tanger, passe la frontière du Maroc espagnol (caché dans la cage à chien d’un des wagons du train). Arrivé à Tanger, je vais directement au consulat britannique, malheureusement le consul ne veut pas croire un mot de ce qu’il appelle un roman d’aventure.

    Un remorqueur anglais étant en rade (Le Rescue), je décide de le prendre à la nage. En pleine nuit, vers 2 heures du matin, je me rends sur la plage après avoir enfouis mes vêtements dans le sable, je me mets à l’eau, lentement, nageant sans bruit, j’atteins le navire, par la chaîne de l’ancre je grimpe à bord. Voyant une lumière filtrant par-dessous une porte, je m’y dirige, frappe… la porte s’ouvre… Vous imaginez facilement la frayeur des matelots (voyant apparaître un fantôme ruisselant d’eau et complètement nu… ) Revenus de leur peur, je fus empoigné et conduit auprès du commandant, celui-ci, après avoir écouté attentivement mon histoire, et paraissant s’y intéresser me dit : « Restez à bord, demain j’irai voir le consul… », puis se tournant vers ses matelots : « Donnez à cet homme des vêtements chauds et un bon repas… »
    Le lendemain, le commandant, après une visite au consulat, revint me voir et me dit amicalement : « O.K., boy, you can stay with us… »
    Un mois plus tard j’étais à Londres.

    Volontaire parachutiste, au printemps 1942 je me retrouve au Moyen-Orient avec mon unité, sous les ordres du commandant Bergé.
    Au mois de mai, à six, nous débarquons d’un sous-marin et abordons l’île de Crète, occupée par les Allemands.
    Nous faisons sauter, sur l’aérodrome d’Héraclion, 20 bombardiers et un chasseur allemand, puis mettons le feu à des ateliers de réparations.

    Quelques jours plus tard, quatre hommes : commandant Bergé, sergent Mouhot, caporal Sibard et le soldat Leostic, sont encerclés par une cinquantaine de soldats allemands.
    Malgré le nombre nous n’hésitons pas à engager le combat à quatre contre 50, nous tenons les Allemands en respect, les munitions s’épuisent, le soldat Leostic reçoit une rafale de fusil-mitrailleur et s’écroule blessé à mort. Il est vengé aussitôt, un soldat allemand tombé à son tour frappé en pleine poitrine d’une rafale de mitraillette. N’ayant plus de munitions, nous essayons d’échapper aux recherches en nous cachant sous les ronces, mais sommes découverts les uns après les autres. Leostic est achevé d’une rafale de mitraillette.

    Condamnés à mort, nous attendons d’être passés par les armes. Quinze jours passent ainsi. Un matin un soldat nous conduit auprès d’un officier allemand qui nous dit : « Messieurs, vous avez été condamnés à mort, mais le führer vous fait grâce, à cause de la belle conduite des Français à Bir-Hakeim. Vous serez envoyés en Allemagne comme prisonniers de guerre ».

    À peine arrivé en Allemagne, interné au Dulag-Luft, près de Francfort, je m’évade en passant à travers les barreaux de ma cellule. Je suis repris quelques jours plus tard sur les bords du Rhin, complètement épuisé.

    Envoyé à Lubeck, à l’Oflag X.C., je suis mis en cellule à cause de mon évasion de Francfort. Je n’en suis pas plus tôt sorti que je m’évade à nouveau, malheureusement je suis repris à Hambourg, renvoyé à Lubeck, retourne en cellule. Je ne me décourage pas, malgré la surveillance dont je fais l’objet, je trouve le moyen de m’évader à nouveau, le 20 février 1943, je traverse toute l’Allemagne ; la chance n’est pas avec moi, sur la frontière hollandaise je me perds dans des marécages, ayant de l’eau jusqu’à la ceinture.

    Je suis obligé d’attendre le jour pour pouvoir en sortir, ayant été vu par des douaniers allemands, je suis repris et interné dans un stalag près de Bathorn, 15 jours de cellule ; à peine sorti je m’évade encore une fois, je suis vu par une sentinelle qui tire, mais je réussis à gagner la forêt voisine, le lendemain je passais la frontière hollandaise, puis, à pied, traversais la Belgique, la France, atteignais les Pyrénées à travers les hauts sommets, évitant les vallées, toujours sur le qui-vive, j’arrivais enfin à Barcelone, où je fus pris immédiatement en charge par l’ambassade d’Angleterre. Je ne pesais plus que 52 kilos à mon arrivée à Barcelone. Un entraînement progressif devait me redonner toute ma vigueur. Je fus dirigé sur Gibraltar, un avion me prit et me déposa à Londres, où je rejoignis mon unité.
    Quelques mois plus tard, j’étais parachuté en Bretagne, avec mon bataillon, « Le Bataillon du ciel », sous les ordres du colonel Bourgoin et, avec mon camarade, participais à la libération de la France.


    Extrait de la Revue de la France Libre, n° 119, juin 1959.


    Dernière édition par amarante le Sam 1 Juin - 20:32, édité 2 fois
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    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Empty Re: Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste

    Message par amarante


    Jacques Mouhot est décédé le 11 décembre 1985.

    Les Parachutistes Français Libres du Special Air Service sont en deuil. Ils viennent de perdre l’un des plus prestigieux d’entre eux, l’un de ceux dont le parcours était exemplaire.
    Engagé en 1940 dans la bataille de France, fait prisonnier, il découvre au camp où il est transféré le renoncement de tous ces hommes en uniforme qui sont parqués là sans avoir livré bataille.
    Ce fils d’officier de carrière pour qui capituler n’avait pas de signification s’évade à la première occasion et n’a plus qu’un seul objectif : rejoindre ceux qui refusent la défaite et poursuivent le combat.

    Par l’Algérie, le Maroc, il arrive à Tanger. Il veut aller à Gibraltar, tout près et si loin. Il découvre dans la rade un caboteur battant pavillon anglais. Dans la nuit, il le rejoint à la nage. Monte à bord. Se cache dans les cordages, Au matin, l’équipage le découvre… et l’adopte. Deux semaines après, il est en Angleterre, il a rejoint les Forces Françaises Libres.

    Il s’engage aussitôt dans la petite unité de parachutistes que le capitaine Bergé, de retour d’une mission parachutée en France, a été chargé de créer par le général de Gaulle. Après son stage de saut, il est dirigé avec ses camarades sur la Syrie d’abord, sur le camp de Kabret ensuite, où les Anglais ont un centre d’entraînement. C’est là que la troupe de Bergé va être incorporée à la prestigieuse brigade du « Special Air Service » de David Stirling réputée pour ses raids meurtriers sur les arrières ennemis en Libye et en Cyrénaïque.
    En juin 1942, le capitaine Bergé choisit Mouhot avec Sibard et Léostic pour la première mission. En compagnie du capitaine Lord Jellicoe et du lieutenant grec Petrakis, un sous-marin les dépose en Crète avec l’ordre de saboter les avions allemands basés sur l’aérodrome de Héraklion.

    En une nuit, cette petite équipe détruira 20 bombardiers et un chasseur des soutes à bombes, des véhicules et un atelier de réparation. C’est Mouhot qui silencieusement a placé les bombes à retardement sur chaque avion. Fantastique succès.
    La traque est déclenchée mais ils ont pu profiter du total affolement, sur le terrain, dès les premières explosions. Hélas, quelques jours plus tard, alors que les quatre Français attendent le retour de Jellicoe et Petrakis partis en reconnaissance pour repérer le lieu où un sous-marin doit venir les reprendre, ils se découvrent encerclés, trahis par le ravitailleur de Petrakis. Ils se battent sans espoir contre 50.

    Léostic, ce petit Breton qui venait d’avoir seulement 17 ans, sera abattu. Ses trois compagnons de combat faits prisonniers, pour interrogatoire, seront condamnés à mort après de dures séances de questions. Curieusement, ils apprennent un matin que le Führer les a graciés eu égard à la belle conduite des Français Libres à Bir-Hakeim… Sans doute y avait-il plutôt là une intervention de Rommel.
    Jacques est envoyé en Allemagne. Il va connaître la vie des camps. Mais l’évasion il connaît, les Allemands vont s’en apercevoir.
    Trois fois il s’évadera. Trois fois il sera repris. À la quatrième, ils ne le verront plus. Parce que regagner sa liberté signifiait pour lui retrouver le combat, il va réussir un an après avoir posé ses bombes sur les appareils allemands de Héraklion à rejoindre ses camarades SAS en Angleterre.

    Extraordinaire périple passant par quatre évasions, la traversée de la Hollande, la Belgique, la France, l’Espagne pour atteindre une fois encore Gibraltar. Il ne lui reste plus qu’à reprendre le dur entraînement en vue du débarquement.
    Le 7 juin 1944, dans le cadre de l’opération Overlord, il est parachuté en Bretagne pour rejoindre les SAS qui, depuis le 5, veille du jour « J », sont entrés en action pour y bloquer les forces allemandes qui s’y trouvent.

    Pendant plus d’un mois, il va mener une formidable partie de cache-cache avec l’ennemi, Frapper, disparaître, frapper à nouveau. Parti avec ses deux compagnons de Libye, Martin et Dejean, il en sera séparé pour les besoins de l’action. Il échappera ainsi à la mort héroïque que tous deux ont connue à Kerihuel et pourra découvrir le sourire d’Alexis, le petit garçon que sa jeune épouse anglaise lui a donné.

    Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un extraordinaire combattant qui quitte sa famille SAS. C’est aussi un ami merveilleux dont la modestie, la gentillesse, la sensibilité étaient proverbiales. Dans son regard toujours un peu amusé s’exprimait une généreuse fraternité qui va gravement nous manquer.
    Ses camarades du Special Air Service, devant son cercueil, ont pleuré le soldat exceptionnel et l’ami irremplaçable.




    Georges Caïtucoli
    Président de l’Amicale des Parachutistes Français Libres du Special Air Service

    Extrait de la Revue de la France Libre, n° 253, 1er trimestre 1986.
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    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Empty Re: Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste

    Message par LANG

    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Jacque10

    Jacques Mouhot, sergent-chef parachutiste Ffl_sa10

    (Source site FFL SAS)
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