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    La lettre de MARCUS FLAVINIUS

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    La lettre de MARCUS FLAVINIUS Empty La lettre de MARCUS FLAVINIUS

    Message par LANG le Ven 24 Mai - 17:12

    Ce n’est que le hasard.
    Une recherche d’un côté, un texte aperçu de l’autre.
    Des noms, Denoix de Saint Marc, Sentenac, Brunbrouck ou Bigeard…
    Des capitaines, Pierre Sergent, Jean Assemat…
    Ou des légendes, celles des Siécles…
    Oui, finalement c’est le hasard qui m’a fait relire ce texte qui devait être gravé quelque part sur un mur en plein désert…

    La lettre de MARCUS FLAVINIUS Mf10

    Lettre de Marcus Flavinius, centurion à la 2ème cohorte de la légion Augusta adressée à son cousin Tertullus à Rome :


    « On nous avait dit, lorsque nous avons quitté le sol natal, que nous partions défendre les droits sacrés que nous confèrent tant de citoyens installés là-bas, tant d’années de présence, tant de bienfaits apportés à des populations qui ont besoin de notre aide et de notre civilisation.
               Nous avons pu vérifier que tout était vrai et, parce que c’était vrai, nous n’avons pas hésité à verser l’impôt du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs. Nous ne regrettons rien mais, alors qu’ici cet état d’esprit nous anime, on me dit que dans Rome se succèdent cabales et complots, que fleurit la trahison et que beaucoup, hésitants, troublés, prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations de l’abandon et vilipendent notre action.
               Je ne puis croire que tout cela soit vrai et, pourtant, des guerres récentes ont montré à quel point pouvait être pernicieux un tel état d’âme et où il pouvait mener.
               Je t’en prie, rassure-moi au plus vite et dis-moi que nos concitoyens nous comprennent , nous soutiennent, nous protègent comme nous protégeons, nous-mêmes, la grandeur de l’Empire.
               S’il devait en être autrement, si nous devions laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert, alors que l’on prenne garde à la colère des légions ».


    C’était le hasard mais personne n’a retrouvé ce texte. Peut-être a-t-il disparu avec l’assaut du vent ? Ou n’était-ce qu’un chant de sirènes destiné à attirer quelque apprenti centurion ?
    Oui, le hasard m’a fait relire ce texte et j’ai découvert qu’il n’était qu’un rêve…


    ***

    Ce texte n’est pas authentique.
    Jean Lartéguy note dans son autobiographie : «Jean Pouget, que j'avais rencontré en Algérie au moment du 13 mai, m'a fourni des renseignements précieux sur le Camp n 1 et la longue marche des rescapés de Dien Bien Phu. Ainsi que la lettre du centurion Marcus Flavinius, de la légion Augusta, qui sert d'ouverture à ce livre, et qui se termine par cette phrase prophétique : «Que l'on prenne garde à la colère des légions !»
    Il s'agissait d'un faux : je l'ignorais alors. Il avait été fabriqué par Roger Frey, dans le but de réveiller la colère des légions d'Algérie pour qu'elles chassent de Paris, la nouvelle Rome, un gouvernement faible, incapable de régler le problème de l'Algérie, et nomment un empereur. Ce qui fut fait [Charles de Gaulle]»
    (J. LARTÉGUY, La guerre nue, Stock, 1976).

    Je vous le disais, c’était un rêve, un chant.
    Un faux pour « renverser » une quatrième République…
    L’auteur du « faux », la « Sirène » Roger Frey, devint ministre de l’intérieur en mai 1961 dans le gouvernement de Michel Debré. C’est lui qui mit en place les « Barbouzes » chargés de lutter contre l’OAS…
     
    ***
    Ce chant a peut-être inspiré les « Centurions » d’avril 1961.
    Avaient-ils reçu la réponse du cousin Tertullus ?

    Cher Marcus Flavinius, cher cousin,
    Tes craintes sont malheureusement fondées. J’ai entendu l’autre jour fleurir la trahison au sommet du Capitole. Jupiter entouré de Junon et de Minerve a signé le parchemin de la honte.
    Le peuple a applaudi avant de partir se détendre aux jeux du cirque…


    Que pouvaient faire les Centurions, même à dix ?

    À nous dix, nous prîmes la ville ;
    — Et le roi lui-même ! — Après quoi,
    Maîtres du port, maîtres de l’île,
    Ne sachant qu’en faire, ma foi,
    D’une manière très-civile,
    Nous rendîmes la ville au roi…
    (Victor Hugo)
    ***

    Le livre de Lartéguy « Les Centurions » avait été publié en 1960. J’avais lu ce livre pendant l’été 1961. Inutile de préciser que je l’avais beaucoup apprécié. Esclavier, Raspeguy…
    Marcus Flavinius avait laissé les os blanchis de ses amis sur les pistes du désert…
    Coïncidence ? Le 1er RCP venait de s’installer à Moulins les Metz.
    Quelques Centurions étaient revenus. Toujours aussi impressionnants.
    Un soir, ils se sont mis en colère.
    Durant la nuit du 23 au 24 juillet, la ville de Metz a vécu une nuit particulièrement agitée. Le 1er RCP comptait 2 morts et 8 blessés…

    Les « Centurions » quittèrent Metz en septembre 1962 pour le Camp d’Idron.
    Au même moment, je faisais mes premiers pas dans un autre camp, celui de Coëtquidan…

    Depuis, j’ai eu l’occasion très souvent de repenser à Marcus Flavinius.
    A ses os blanchis loin des pistes du désert. A son chant des sirènes que j’avais entendu…
    Je viens de le relire.
    Tout cela n’était qu’un hasard…
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    La lettre de MARCUS FLAVINIUS Empty Re: La lettre de MARCUS FLAVINIUS

    Message par Jeando le Ven 24 Mai - 18:07

    La terre est ronde et elle tourne sur elle-même comme l'Histoire... Il y a beaucoup de récits que nous oublions.
    Anonymous
    Jeando
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    La lettre de MARCUS FLAVINIUS Empty Re: La lettre de MARCUS FLAVINIUS

    Message par LOUSTIC le Ven 24 Mai - 19:13


    Oui, le hasard m’a fait relire ce texte et j’ai découvert qu’il n’était qu’un rêve…
    Cela laisse bien sur des regrets, sur la forme mais sur le fond, combien de choses peuvent ou pourraient êtres remises en question !
    Le parachutistes sur le clocher de Sainte Mère Eglise ......

    Mais quel plaisir de vous lire.

    LOUSTIC

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