Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Octobre 2019
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 6 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 6 Invités :: 1 Moteur de recherche

    Aucun

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 39 le Lun 13 Mai - 10:19

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

    Aller en bas

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Empty La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Message par locatelli


    L'année 1949 marqua un tournant décisif dans la guerre d'Indochine jusque là endémique.  Ayant conquis la Chine, le communiste Mao Tsé Tung ne tarda pas à masser des troupes le long de la frontière indochinoise.  En conséquence, le gouvernement français, qui depuis 1945 tentait de restaurer son autorité dans la région, s'inquiéta d'une éventuelle invasion chinoise.

       Le véritable danger était pourtant autre : la victoire des communistes chinois allait permettre un renforcement de la résistance communiste vietnamienne.
    Grâce au soutien des communistes chinois, le Vietminh parvint à constituer quatre divisions en une seule année, transformant ses forces de guérilla en une armée de type de plus en plus conventionnel.  Avant 1950, le Vietminh n'avait aligné qu'une seule division, dépourvue d'artillerie.
    Dans le même temps, les Chinois formèrent près de 2 000 cadres vietnamiens.
    Pour la seule année 1950, la Chine fournit au Vietminh 1 000 tonnes de munitions, 20 tonnes de médicaments, 71 tonnes de matériaux divers, 3 000 tonnes de nourriture...

       Malgré les renseignements fournis par le Deuxième Bureau, les militaires français ne perçurent pas clairement cette montée en puissance de l'adversaire.

       Entre 1947 et 1950, la France avait progressivement occupé le secteur de Cao Bang, situé le long de la frontière chinoise.  Les forces françaises s'appuyaient alors sur la RC4, la route coloniale 4, un axe sinueux entouré de hauteurs le long duquel furent établis plusieurs points d'appui.
    En 1949, le commandement français avait ordonné une concentration de ses forces dans le sud du Vietnam, laissant le secteur de la RC4 doté de moyens insuffisants.

       Dès l'été 1949, le haut-commandement français, à l'exemple du général Devers, chef d'état-major de l'armée, avait envisagé l'abandon de la frontière tonkinoise.
    Toutefois, dans les faits, le commandant en chef en Indochine, le général Carpentier, ne se décida pas à abandonner ses positions pourtant de plus en plus exposées.
    A partir de janvier 1950, les convois de ravitaillement français furent harcelés le long de la RC4.  Les positions de Cao Bang et Dong Khé durent faire l'objet d'un ravitaillement aérien.
    A l'été de 1950, Carpentier se rendit à l'évidence et constata que Cao Bang et Dong Khé ne représentaient plus que des places fortes isolées.  Il opta alors tardivement pour l'évacuation.  Si cette dernière pouvait être assurée par la voie aérienne, Carpentier, ignorant de la puissance du Vietminh, opta pour une évacuation terrestre le long de la RC4.  Cette décision allait s'avérer désastreuse.

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Tk10

       Le 2 septembre 1950, Carpentier présenta un plan d'évacuation biscornu :
    les troupes de Cao Bang, situées le plus au Nord, formées en une colonne "Charton" devaient prendre la route de Sud,
    dans le même temps, la garnison de Lang Son, située au Sud de la RC4, serait formée en une colonne "Lepage" et prendrait la direction du Nord pour s'enfoncer inutilement en territoire ennemi, avant d'atteindre la ville de Dong Khé où elle ferait sa jonction avec les troupes venus de Cao Bang.
    L'ensemble des forces reprendrait ensuite la direction du Sud pour abandonner la zone.
    Le choix de la RC4, une route étroite et encaissée sur laquelle s'était déjà déroulées plusieurs embuscades, était un véritable non sens d'autant plus que Carpentier avait à sa disposition une autre route, la RC3, certes plus longue mais dégagée, aboutissant directement à Hanoï et facilement contrôlable par les airs.

    La chute de Dong Khé

       Le 16 septembre 1950, le Vietminh lança une attaque sur la ville de Dong Khé située au centre de la RC4.  300 défenseurs subirent l'assaut de 10 000 Vietnamiens soutenus par une puissante artillerie.
    Le 18 septembre, malgré une résistance acharnée des légionnaires, la position tomba.  Si 31 défenseurs parvinrent à rejoindre les lignes françaises, plus d'une centaine d'autres avaient été tués et le reste capturé.

       La chute de Dong Khé isolait Cao Bang de Lang Son.  Pourtant, inexplicablement, Carpentier maintint son plan d'évacuation et chargea son subordonné, le colonel Constans, de mener les opérations sur le terrain.

       La chute de Dong Khé était révélatrice de l'importance des effectifs du Vietminh dans la région et de la qualité de son armement.  Néanmoins, le commandement français resta persuadé que la qualité de ses troupes compenserait facilement la supériorité numérique de l'adversaire.  A l'image de cette conception imbue, le colonel Constans afficha un mépris total pour l'adversaire et ne jugea pas utile de se rendre sur le terrain, se bornant à donner ses ordres par radio depuis Lang Son.

    Le désastre de la RC4

     Le 30 septembre 1950, le groupement Lepage reçut l'ordre de marcher vers le nord et de reprendre Dong Khé avant le 2 octobre.  Le véritable but de l'opération, permettre le repli de la garnison de Cao Bang, ne fut pas révélé à Lepage.  Ce dernier émit de vives objections et insista sur la nature désavantageuse du terrain mais se vit confirmer son ordre de marche.

       Arrivé le 1 octobre devant Dong Khé, Lepage ne passa pas à l'attaque, espérant une amélioration des conditions météorologiques et un parachutage de pièces d'artillerie.
    Le lendemain, Lepage reçut de Constans un ordre démentiel : laisser un rideau de troupes devant Dong Khé et s'enfoncer dans les montagnes avec le reste de ses troupes afin de contourner Dong Khé en vue d'aller effectuer sa jonction avec la garnison de Cao Bang.

       Les forces de Lepage tentèrent de contourner Dong Khé par l'ouest mais furent rapidement menacées d'encerclement par le Vietminh.  Lepage fut bientôt bloqué dans la vallée de Coc Xa entourée de hauteurs occupées par l'ennemi.

       De son côté, la colonne Charton, partie de Cao Bang, progressa lentement vers le sud et Dong Khé, encombrée par plusieurs centaines de civils vietnamiens qui avaient souhaité suivre les Français.
    Ayant appris que Lepage n'avait pu prendre Dong Khé, Charton fut contraint d'abandonner son matériel et de quitter la RC4 pour s'engager dans les massifs dans l'espoir de faire sa jonction avec la colonne Lepage.

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  C_et_l10
    Le colonel CHARTON - Le lieutenant colonel LEPAGE

       Le 6 octobre, Charton parvint sans trop d'encombre dans le secteur des troupes de Lepage mais se vit donner l'ordre de stopper sa progression et de laisser la colonne Lepage forcer les positions de Coc Xa pour venir le rejoindre.

       Lepage engagea les parachutistes de la Légion pour forcer le passage de Coc Xa.  Privés d'appui aérien, les parachutistes livrèrent l'une des plus dures batailles de la guerre d'Indochine, parvenant, au prix de lourdes pertes, à assurer la jonction des deux colonnes françaises.

       Le 7 octobre, Charton décida de forcer son passage vers l'Est mais tomba dans une embuscade et fut capturé.  Lepage ordonna la progression vers l'Est, décidant d'une marche nocturne en groupements tronçonnés.  Toutes les formations françaises furent accrochées par l'ennemi et Lepage fait prisonnier.
    En quelques heures, les colonnes Lepage et Charton furent totalement anéanties.

       Sur les 5 000 hommes qui composaient les deux colonnes françaises, les pertes d'élevèrent à 1 800 tués et 2 500 prisonniers.  Il n'y eut que 700 rescapés.

    Bilan

       La déroute de la RC4 déclencha une panique dans le haut-commandement français.  Constans ordonna intempestivement l'évacuation de la ville de Lang Son sur laquelle ne pesait aucune menace immédiate.  Pis encore, il ordonna une "évacuation surprise", interdisant la destruction des stocks de la ville pour ne pas alerter l'adversaire : 1 300 tonnes de munitions, 4 000 fusils et des quantités importantes de carburant furent abandonnées à l'ennemi.
    Dans la foulée, les positions de Laï Chau , Lao Kay et Dinh Lâp furent abandonnées.  Constans envisagea même l'évacuation de Hanoï.
    À That Khé, un bataillon français fut laissé sans ordre et oublié.  Attaqué par le Vietminh, il ne compta que cinq survivants sur les 700 hommes .
    Constans affirma que les dépôts seraient détruits par l'aviation, en dépit du bon sens car les dépôts avaient justement été protégés contre un tel danger; au final, le quart des munitions et du ravitaillement put être détruit.  Le reste tomba aux mains des Vietnamiens.
    Le bilan de la "rétractation" fut désastreux : 4 800 tués et disparus, 10 000 armes perdues, le moral anéanti...
    L'optimisme du commandement français, qui avait enfin pris conscience de la puissance du Vietminh, disparut.

       La bataille dite de Cao Bang ou de la RC4 avait été marquée par une succession d'erreurs :
    l'opération avait été déclenchée trop tard, le Viet Minh ayant été renforcé par l'aide chinoise,
    des indiscrétions avaient permis aux Vietnamiens de connaître les projets d'évacuation français,
    le choix de la RC4, une route sinueuse et encaissé facilement blocable par des effectifs réduits, était mauvais; l'évacuation par les airs ou la RC3 était plus favorable,
    la décision d'évacuer Cao Bang avec l'ensemble du matériel et des civils vietnamiens était des plus risquées,
    la poursuite de l'évacuation de Cao Bang alors que l'ennemi avait coupé la RC4 en prenant Dong Khé était suicidaire,
    engager la colonne Lepage dans la vallée de Coc Xa était pure folie...

       Avec la défaite de la RC4, la frontière nord de l'Indochine fut définitivement perdue et Hanoï laissée en position menacée.
    Marcel Carpentier fut remplacé en décembre 1950 par le général de Lattre de Tassigny.  Renvoyé par de Lattre pour incompétence, Carpentier fut considéré comme le grand responsable du désastre de Cao Bang,  Son subordonné, le colonel Constans, ne laissa pas meilleure impression : décrit comme prétentieux et mondain, rechignant à se rendre sur le terrain, il n'aida en rien au bon déroulement des opérations.
    Si les troupes françaises se couvrirent de gloire au cours de combats comptant parmi les plus difficiles de la guerre, le commandement fit preuve des plus sérieuses lacunes.  Mais les officiers supérieurs se défendirent en rejetant la faute sur le monde politique...




    Les Batailles célèbres de l'Histoire
    locatelli
    locatelli

    Messages : 47
    Points : 4680
    Réputation : 67
    Date d'inscription : 01/05/2017

    Revenir en haut Aller en bas

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Empty Re: La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Message par Blu

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Rc411

    On peut être d'accord ou pas mais le dernier paragraphe interpelle...
    "Si les troupes françaises se couvrirent de gloire au cours de combats comptant parmi les plus difficiles de la guerre, le commandement fit preuve des plus sérieuses lacunes. Mais les officiers supérieurs se défendirent en rejetant la faute sur le monde politique..."

    La faute est certainement partagée.
    Mais qui est responsable ? Qui est coupable ?
    Il n'y a pas de condamnés, rien que des victimes...
    Anonymous
    Blu
    Invité


    Revenir en haut Aller en bas

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Empty Re: La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Message par WILLIS


    Un fichier PDF complet, reprend plus en détails les moments clés de cette " catastrophe "
    Fichiers joints
    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Attachment
    RC4 1950.pdf (9.8 Mo) Téléchargé 34 fois

    _________________
    Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'on fait.
    WILLIS
    WILLIS
    Admin
    Admin

    Messages : 159
    Points : 5203
    Réputation : 169
    Date d'inscription : 21/04/2017

    http://www.campidron.fr

    Revenir en haut Aller en bas

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Empty Re: La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Message par LANG

    « Avec cette première défaite militaire du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient dans une bataille d’envergure, le haut-commandement, les troupes françaises et l’opinion publique prennent brutalement conscience que le conflit indochinois s’est transformé en une véritable guerre.  La bataille de la RC4 a entraîné la mort de plus de 4 000 hommes
    L’optimisme affiché par le commandement français jusqu’alors se délite… »


    Oui, un document très complet.
    Une histoire se raconte… aux petits enfants.
    L’Histoire, elle, se marque au fer rouge…
    Et les « Anciens » ne seront bientôt plus là pour nous dire que c’est vrai…
    LANG
    LANG
    MODÉRATEUR / EXPERT
    MODÉRATEUR / EXPERT

    Messages : 384
    Points : 2842
    Réputation : 561
    Date d'inscription : 09/12/2018
    Age : 78
    Localisation : Yonne

    Revenir en haut Aller en bas

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Empty Re: La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4

    Message par saut ops


    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Cao_110
    Eglise de CAO BANG

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Cao210
    Intérieur de l'église

    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Cao310


    La bataille de Cao Bang et de la route coloniale numéro 4  Cao410


    Le plan prévoit qu’une colonne partie de Lang Son, aux ordres du lieutenant-colonel Lepage, un artilleur, ira à la rencontre de la garnison de Cao Bang évacuée sous les ordres du lieutenantcolonel Charton, officier de Légion expérimenté.

    Puis les deux colonnes, ayant fait leur jonction, se replieront ensemble sur Lang Son, à 130 kilo mètres au sud-est de Cao Bang. La manoeuvre se transforme en calvaire, dans la jungle où grouille l’ennemi.

    Le bataillon, “suprême pensée et suprême espoir” comme la Garde impériale à Waterloo, ne peut empêcher le désastre face à un adversaire très supérieur en nombre et bien armé.

    Les blessés français sont achevés à la baïonnette. Le lieutenant-colonel Charton échappe à la mort grâce à ses galons, mais connaîtra de longues années de captivité dont il sortira brisé à jamais.

    (BEP) Le bataillon perd tous ses commandants de compagnie et plus de la moitié des chefs de section ; il ne compte que 9 officiers et 121 légionnaires rescapés. Son chef, Segrétain, a été tué. Le général Giap, qui commande l’armée du Viêt-minh, lui fera rendre les honneurs militaires.


    Roger FAULQUES
    Car c’est évidemment au 1er BEP que le colonel Lepage demande d’effectuer la percée pour faire sortir tout le groupement pris au piège dans la nasse.
    Le seul passage, un éboulis vertical… Personne ne se doute encore que dans quelques heures aura lieu le corps à corps le plus furieux de toute la guerre d’Indochine.
    « Nous avons reçu l’ordre de foncer, mon peloton en tête, en pleine nuit, dans les rochers, alors qu’on ne voyait pas le bout de sa main. De la folie.
    Quand on s’est lancé sur la pente, en aveugles, on a été reçus par un feu nourri. Les Viets nous tiraient à bout portant. Nous ripostions sans rien voir. NOUS AVONS EU UN HOMME TUE PAR MÈTRE.
    Quand l’aube est venue, tous mes hommes étaient par terre. Nous avions fait la percée, mais nous ne pouvions pas l’exploiter.
    A ce moment-là, les tabors qui étaient derrière se sont rués en tirant au risque de massacrer nos blessés. » Dans la journée, les survivants de la colonne Lepage ont pu faire la jonction avec celle de Charton.

    Pour les blessés de la percée de sang, le scénario fut tout autre : « J’ai été blessé quatre fois en une heure et demi. D’abord un choc à l’épaule droite. Un second coup m’a touché au coude gauche. J’ai continué. Un nouveau choc dans la jambe m’a jeté au sol. Là, j’ai pris une quatrième balle qui m’a fracassé le fémur. » Adossé à un arbre près de la source de Coc Xa, au milieu des morts et des agonisants, le lieutenant Faulques va lucidement se préparer à mourir. La mort va roder autour de lui pendant trois jours et trois nuits, jusqu’au moment où les Viets vont le récupérer et le faire transporter en frontière de Chine avant de le ramener quasi-mourant à That Khé (ce sont les asticots qui lui sauveront la vie en lui mangeant les peaux pourris et la sanie nées de ses blessures).

    Pensant qu’il allait mourir, les Viets rendent le lieutenant Faulques à la France : à l’issue de la tragédie de la RC4, c’est le seul officier fait prisonnier qu’ils ont rendu. « Il est vrai que je n’étais pas beau à voir ni à renifler. Une fois dans l’avion, le pilote – le célèbre baron De Fontanges – a fait ouvrir tous les hublots. J’étais une pourriture vivante. »
    saut ops
    saut ops

    Messages : 57
    Points : 4701
    Réputation : 56
    Date d'inscription : 29/04/2017

    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut


     
    Permission de ce forum:
    Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum