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    colonel Buchoud

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    16052019

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    colonel Buchoud Empty colonel Buchoud





    Le père François Casta, que nous avons connu aux Invalides et qui fut un parachutiste opérationnel, fait l’éloge du colonel Buchoud, chef de corps du 9° RCP, dont il fut l’aumônier de 1956 à 1959.

    colonel Buchoud B10

    Cette notice a été recueillie par le fils du colonel, qui est bénédictin (frère Bernard) au monastère de Bonne Espérance à Mesnil Saint-Loup.

    Sa position face au putsch n’est pas rappelée. On ne comprend pas qu’un chef de cette valeur ait été éliminé.

    Né le 15 août 1913 à Epinal dans une famille de militaires (père et 3 frères officiers), Pierre Buchoud entre à St Cyr en 1933 (promotion Albert 1er) ;
    affecté au 35° RI à Belfort, puis au 156° RI de Forteresse, il s’engage au Groupe franc de Faulquemont et succède au capitaine Vernhes, tué au combat.
    Il fait des prisonniers. Remarqué par son agressivité et son ascendant, il obtient deux citations dans les combats du 16 au 20 juin 1940.

    Il disperse son groupe et se réfugie chez sa grand-mère à St-Dié. Dénoncé par des voisins, il est fait prisonnier le 22 juin et transféré en Autriche.

    Promu capitaine en mars 1943, il constitue un mouvement de résistance (liaison radio avec Londres et avec la résistance autrichienne) ; il organise l’évasion de 144 officiers.

    Arrêté et torturé par la Gestapo pendant six mois, il est libéré le 7 avril 1945 par l’armée russe qui lui confie la responsabilité du camp des personnes déplacées.

    Il réussit à rapatrier les prisonniers, spécialistes de l’armée française. Il est promu officier de la L.H. avec citation à l’ordre de l’armée.

    Volontaire pour les parachutistes, il rejoint son camarade Lefort au 1er BCP ( 25°DAP) en Indochine.

    Commandant la 2° compagnie de Choc, il participe au dégagement d’Hanoi de mars à juin 1947 ;

    de juillet à octobre, il pacifie 105 villages du Canal des Rapides, et crée 16 écoles et 4 dispensaires ;

    Lors de l’opération Léa , il est parachuté le 7 octobre 1947 avec 3 bataillons sur le PC de Ho Chi Minh, récupère des tonnes de matériel et suit la colonne Beaufre de Bac Kan à Hanoi en décembre 1947.

    De janvier à avril 1948, il est à Bien Hoa en Cochinchine. De retour au Nord-Vietnam, il participe à l’opération Terminus du 25 au 31 mai et récupère une centaine de partisans Muongs et est grièvement blessé.

    Rapatrié le 6 septembre 1948, il est titulaire de 3 citations pour ses qualités d’entraîneur d’hommes.

    Nommé chef de corps du 9° RCP, un régiment d’appelés, il est basé à Batna et conduit des opérations de nettoyage dans l’Aurès en 1957.

    A la fin de 1957, il participe à la bataille des frontières sous les ordres du général Vanuxem. Après avoir nettoyé l’ouest du barrage, il est le principal artisan de la bataille de Souk -Ahras, du 29 avril au 1er mai 1958.

    Se tenant à l’écart des manifestations du 13 mai, il est promu colonel le 27 septembre 1958. Il a obtenu 3 citations à l’ordre de l’Armée,
    mettant hors de combat 700 rebelles et récupérant 450 armes de guerres.

    Relevé par le colonel Brechignac, il dirige l’école Jeanne d’Arc et forme 500 officiers à la contre-guérilla. Le général Salan apprécie sa très grande classe.

    Le 1er décembre 1958, il devient Directeur des études à l’EAI de St Maixent et forme les stagiaires au combat de contre-guérilla.

    En janvier 1961, il revient en Algérie. A la tête du Secteur de La Calle, il conduit pacification et garde du barrage.

    A l’issue du putsch, il est interné au Fort de l’Est ; acquitté par le Cour de Sûreté de l’Etat, il est cependant rayé des cadres militaires le 16 novembre 1961.

    Passionné par le rapprochement Armée-Nation, il suit les activités des associations parachutistes et soutient les anciens détenus.

    Revenant à la vie civile, il forme les cadres de l’industrie ( St Gobain et Rhône-Poulenc).

    Le père Casta fait l’éloge de sa vie de famille, de sa pratique religieuse, de sa rigueur personnelle et de son sens de l’humain.

    Il conclut par une citation de Péguy : Heureux les grands vainqueurs. Paix aux hommes de guerre.
    Maurice Faivre, le 10 juillet 2016

    François Casta. Homme de Dieu… Homme de guerre. Le drame spirituel de l’armée. Préface de J.Trémolet de Villers. Introduction du général de la Presle. Esprit du Livre, 2009, 275 pages, 22€.

    Le père Casta, aumônier parachutiste, publie à nouveau le livre sur le drame spirituel de l’armée, qui en 1962 avait été interdit par le cardinal Feltin et par le chef d’état-major Le Pulloch. Il le fait précéder d’un récit de sa vie de prêtre combattant.

    Après des études aux séminaires d’Ajaccio et de Lyon, François Casta s’engage comme brancardier au 1er BCP. Il participe à la bataille de Colmar et est grièvement blessé à Kembs en février 1945. Arrivé en Indochine en mars 1947, il est affecté en juillet comme aumônier du bataillon de choc du commandant Clauzon et participe à toutes ses opérations jusqu’en septembre 1949. Lors d’un deuxième séjour au 2ème BCCP, de janvier 1951 à avril 1953, il combat dans toutes les grandes opérations, jusqu’au camp de Na San. Il est blessé en mai 1952.

    Après un court séjour à Friedrichshafen, il rejoint en juin 1956 la 25ème Division para en Algérie ; il est aumônier du 2ème REP et du 9ème RCP, où il retrouve le colonel Buchoud. Il est présent à la bataille de Souk-Ahras, à Jumelles et Pierres précieuses. Rapatrié à Calvi en 1960, il est pensionné en 1962. Curé en Corse, il passe une thèse de doctorat et construit deux églises. En 1994, il est pensionnaire aux Invalides. Son parcours militaire exceptionnel lui a valu 9 citations, il a fait 18 sauts opérationnels en Indochine et a reçu la Grand Croix de la Légion d’honneur en 2003.

    Le drame spirituel de l’armée est une longue méditation sur l’éthique du soldat chrétien confronté à la guerre révolutionnaire, nouvelle forme de conflit qui conjugue la manipulation des foules, le terrorisme sélectif ou systématique, et les supplices infligés aux prisonniers. La répression de cette barbarie est nécessaire ; la victoire complète dans la bataille d’Alger était légitime, la défense de la civilisation était en jeu.
    Mais la législation du temps de paix étant inadaptée, des abus ont été commis, moins nombreux que des intellectuels irresponsables ne l’affirment. Le P. Casta s’en est entretenu avec le ministre Robert Lacoste. Citant les colonels Trinquier et Buchoud, il souligne le caractère pervers et inefficace de la torture ; traçant une typologie du tortionnaire, il condamne le comportement des sadiques, des obsédés d’efficacité, des paresseux, des idéalistes et des brutes réalistes, contre lesquels des sanctions ont été infligées, trop bénignes à son sens.

    Comment rester humain dans ces conditions inhumaines ? S’appuyant sur les exemples du général de Sonis, du Père Brottier, du capitaine Beaumont et du lieutenant Zirnheld, il montre la parenté entre l’idéal militaire et les vertus chrétiennes. La maîtrise de la force, valeur chrétienne, est aussi la vertu naturelle du militaire. Dans ces conflits de devoirs, le rôle de l’aumônier est important, mais en définitive, le chef militaire est la conscience de son unité. Une prière autographe de Paul Claudel à St Michel, patron des parachutistes célèbre le gendarme de Dieu ! Il revient au chef d’imposer un comportement humain, afin de protéger la population dont il doit assimiler la culture. On ne peut que résumer toute la richesse de cette pastorale, dont le général de La Presle estime qu’elle est toujours actuelle. C’est pourquoi cet ouvrage doit être lu par tous ceux qui sont acteurs ou observateurs des guerres contemporaines .



    Maurice Faivre
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