Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Octobre 2019
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 28 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 1 Invisible et 27 Invités :: 1 Moteur de recherche

    Aucun

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 49 le Ven 18 Oct - 18:16

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar

    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

    Aller en bas

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Empty Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar

    Message par saut ops


    23 OCTOBRE 1983

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Drakka13


    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar qui coûta la vie à 58 chasseurs parachutistes.

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Drakka10

    « J’avais les pieds sur les premières marches de l’escalier quand tout a sauté ; je me suis retrouvé tout à coup dans le vide avec le bâtiment qui s’ouvrait, puis j’étais sous les décombres, en-dessous du bâtiment », raconte le major (R) Omer Marie-Magdeleine, un des quinze rescapés, tous blessés, de l’explosion du poste Drakkar à Beyrouth, au Liban, le 23 octobre 1983.

    En quelques secondes, l’immeuble 1 de huit étages abritant ces soldats français de la force multinationale d’interposition est réduit en un impressionnant tas de gravats. L’attentat emporta 55 parachutistes du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) et 3 du 9e RCP. « C’était tôt le matin. J’étais l’adjudant d’unité de la 3e compagnie du 1er RCP.

    Je venais d’inspecter les postes de combat sur les balcons du bâtiment ainsi que le ʺcheckpostʺ, un peu plus loin tenu par le 35e régiment d’artillerie parachutiste (35e RAP), précise le major.

    Une explosion gigantesque est survenue du côté de l’aéroport au moment où je rentrais. Le bâtiment où étaient basés les Marines s’effondrait en causant la mort de 241 Américains. Je me suis précipité vers notre bâtiment où j’ai entendu les chefs de section qui appelaient aux postes de combat. Puis, il y eut l’explosion. D’abord inconscient, j’ai ensuite entendu les marteaux-piqueurs et j’ai crié : ʺAttention, je suis là !ʺ » C’est l’adjudant-chef du 35e RAP qu’il venait de quitter qui l’a entendu.
    L’explosion s’est produite vers 06 h 20. Le major (R) Marie-Magdeleine, à l’époque adjudant-chef, est extrait des décombres vers midi, souffrant de nombreuses fractures qui ont causé de multiples dégâts internes. Le pronostic vital était initialement réservé. « Je suis resté trois ans à l’hôpital du Val-de-Grâce.

    On a ensuite voulu me démobiliser mais je suis quand même resté », confie-t-il. « Une section de ma compagnie, de garde sur d’autres sites à Beyrouth 2 lors de l’attentat, a eu la douloureuse tâche de reconnaître les corps de leurs camarades et certains sont aujourd’hui victimes de l’inévitable syndrome post-traumatique. » Les plus chanceux furent le sergent Hartung, le caporal Pichon et le parachutiste Jaillet, partis peu avant l’attentat, en jeep, effectuer une mission de ravitaillement pour le petit-déjeuner. L’approvisionnement en croissants pour leurs camarades leur a sauvé la vie. Le concierge libanais de l’immeuble venait également de sortir, mais sa femme et ses cinq enfants ont été tués.

    Camion piégé

    L’enquête établit qu’un camion piégé comme celui qui a détruit l’immeuble des Marines est venu percuter le bâtiment. Le major (R) Marie-Madeleine n’a pas vu arriver le véhicule. La France et les États-Unis ont accusé des groupes composant le mouvement islamiste chiite libanais Hezbollah 3 , et l’Iran qui le soutient, d’être responsables des attentats.

    Le 17 novembre 1983, des chasseurs-bombardiers Étendard du porte-avions Clémenceau bombardent un camp terroriste à Baalbek, dans l’est du Liban, en représailles. L’attentat du Drakkar a provoqué une émotion immense en France car les parachutistes étaient en mission d’interposition pour tenter d’arrêter la guerre civile au Liban, pays créé par la France à la suite de la guerre de 1914-1918.

    Le président de la République François Mitterrand se rendit immédiatement à Beyrouth où les efforts pour retrouver des survivants continuèrent pendant quatre jours et quatre nuits. Le 2 novembre, il décora les cercueils des 58 soldats (dont 3 étaient détachés du 9e régiment de chasseurs parachutistes) dans la cour de l’Hôtel national des Invalides à Paris. Il commença par celui du capitaine Jacky Thomas, commandant la 3e compagnie du 1er RCP. Celle-ci fut citée à l’ordre de l’armée et son fanion décoré de la médaille militaire.
    Elle avait été rattachée à une unité de marche, le 6e régiment d’infanterie parachutiste, composée en grande partie d’appelés volontaires pour un service long, affectés depuis plusieurs régiments de la 11e division parachutiste. Au 1er RCP à Pau, une centaine de jeunes appelés se portèrent volontaires dans les heures suivant l’attentat pour remplacer leurs camarades tués de la 3e compagnie. C’est finalement la 1re compagnie du régiment qui fut engagée.

    Le major (R) Marie-Magdeleine a quitté l’armée en 1999. Sa dernière affectation a été le 33e RIMa à la Martinique, son département d’origine. Il réside à présent dans les Hautes-Pyrénées. Il est officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, médaillé militaire. Il est président de l’association des rescapés et des familles de victimes de l’attentat Drakkar (ARFVA) qui rassemble également les anciens d’une section de sa compagnie qui était de garde sur d’autres sites à Beyrouth, lors de l’attentat.

    1 Situé dans le quartier de Ramlet El Baida.

    2 Voir Encadré : Président de l’ARFVRA.

    3 En 2008, à Damas, en Syrie, un attentat tue le chef des services de sécurité du Hezbollah, Imad Mougniyah, que la presse occidentale identifiait comme l’instigateur des attentats de 1983.



    Publié dans le Terre information magazine du mois d’octobre 2013

    Par Bernard Edinger
    Date de parution: 24/10/2013

    -----------------------------------------------------------------------------------


    Pierre Martinet, alors au 3e RPIMa de Carcassonne, était là. Il s'est confié à Midi Libre.

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Dra210

    Comment vous êtes-vous retrouvés à Beyrouth en 1983 ?

    « J’avais 19 ans, je m'étais engagé depuis un an au 3e RPIMA de Carcassonne. J'étais soldat de première classe, opérateur radio à la deuxième section de la première compagnie du 3e RPIMA. Le régiment avait déjà participé à une première opération au Liban en 1982, à la suite du massacre de Sabra et Chatila, dans le cadre de la force multinationale de sécurité à Beyrouth.

    Notre mission, Diodon 4, était de s’interposer entre les belligérants, les chrétiens et les musulmans. On devait être répartis sur tout le territoire libanais, sur des postes qui avaient des noms de bateau : Caravelle, kayak, péniche, et drakkar, dans le sud de Beyrouth. Dans la majorité, il y avait des volontaires du service long : Le 3e rpima était la seule unité de professionnels. A l’époque il y avait encore des appelés. On était 400, 500 personnes, une grosse partie du 3e RPIMA.

    C’était impressionnant : déjà on part en septembre de Toulouse en Boeing 747, et le ministre de la Défense de l’époque, Charles Hernu vient dans l’avion, me demande qui je suis, me serre la main. A 19 ans, j’étais impressionné, je m’en souviens comme si c’était hier. Ce qui était aussi particulier, c’est qu’on se pose à Chypre, on prend un bateau, et on débarque à Beyrouth en péniche de débarquements, comme le 6 juin 1944.

    Personne ne nous tirait dessus, mais on voyait des combats au loin, l’aéroport international était fermé. On arrive sur une plage : dans nos esprits, c’était obligatoire qu’on pense à ceux qui ont débarqué en Normandie en 1944. Ensuite on a rejoint le centre culturel français avant d’être dispatchés sur les différents postes autour de Beyrouth. Le nôtre, c’était Caravelle. Drakkar était à quelques kilomètres au sud, sur la frontière entre les chrétiens et les musulmans.
    Les missions principales était de faire des patrouilles profondes dans le grand Beyrouth, on faisait pas mal de renseignement aussi, avec des patrouilles jour et nuit autour du poste. Il y a eu quelques petits accrochages, mais rien de bien méchant. Jusqu’au 23 octobre. Là, notre vie a changé. Totalement.

    Avant cela, quelle était la situation à Beyrouth ?

    La grosse particularité de Beyrouth, c’est que c’était la première fois depuis la bataille d’Alger que des militaires français étaient confrontés à du combat de localité, qui n’a rien à voir avec le combat en zone rurale. On avait beaucoup de retard, par rapport aux Libanais qui se battaient depuis pas mal d’années dans leur ville. On avait remis nos bérets rouge, enlevé nos gilets pare-balle, pour se recentrer sur la relation entre les Libanais et la force d’interposition pour ramener du renseignement et arriver à comprendre ce qui se passait dans cette ville. La vie au poste était ponctuée de patrouilles, de nuit, de jour, de gardes devant l’ambassade de France. La grande crainte, c’était les pièges. Ils avaient une école de piégeage très importante, ils piégeaient tout. Les boites de coca métallique, par exemple. On savait très bien qu’il ne fallait pas donner de coup de pied dedans.

    Comment s'est passée cette journée du 23 octobre 1983 ?

    Rien ne nous laissait présager qu’on allait subir ça. Le 22 au soir je prends une permanence radio de nuit, jusqu’à 6 h du matin ou l’adjudant m’a dit d’aller me reposer. Je me mets sur mon lit picot, et j’entends une première explosion. Boum. C’est le PC américain qui saute. Deux ou trois minutes après, une deuxième explosion. Quelques instants après, les radios crépitent, ça commence à se savoir, on reçoit l’ordre d’aller directement sur l’immeuble Drakkar. On y est tout de suite, 30 minutes après l’explosion.

    Quand on arrive, on ne comprend pas bien ce qui se passe. On voit un château de cartes écrasé, avec des étages successifs qui se sont empilés les uns sur les autres. Il y a du bruit partout, des sauveteurs qui déjà s’affairent… Notre première mission a été de sécuriser le site : il y avait des snipers qui tiraient sur les sauveteurs et sur les militaires français qui essayaient de récupérer des survivants.

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Drakka12

    Pendant quatre jours et quatre nuits, les sauveteurs fouillent les décombres de l’immeuble à la recherche de survivants et des corps des victimes.

    Il n’y a pas de cris, pas de panique. On est professionnels et on va au plus rapide, à essayer de trouver des survivants. La particularité de cette journée, c’est qu’on est confrontés à la mort violente et incompréhensible. On ne sait pas ce qui se passe. On va sur les gravats pour ramasser des cailloux, à la main, car on est pas équipé. Ma première image : je passe la tête sous un bloc de béton, et je vois quelqu’un qui est écrasé, le corps transpercé de part en part par des fers de béton armé, et le mec est tout noir, son corps n’était qu’un gros hématome. C’est mon premier mort, et j’en ai souvent rêvé, de ce mec.

    Une autre image violente : Quelqu’un qui va voir mon chef de section avec un membre et lui demande : « qu’est-ce que j’en fait ? » C’était très, très violent. On a passé quatre jours et quatre nuits à déterrrer les corps de nos camarades. On a trouvé des blessés, qui sont marqués à vie. L’un était monté sur le toit de l’immeuble à la première explosion, pour voir, et il s’est retrouvé plusieurs étages plus bas. Le mec a été marqué à vie. Un autre était parti chercher des pains au chocolat pou le petit déjeuner, il revient, il n’y a plus de poste. C’est des images qui restent.

    C'était compliqué d’enlever les gravats. Dès qu’on soulevait une dalle ça faisait s’écrouler d’autres rochers, ça pouvait tuer d’éventuels blessés. Ca a été très compliqué, très long, c’était non stop, il y avait une relève perpétuelle entre les différentes unités. C‘était intense. A ma connaissance, tout le monde, mort ou blessé, a été récupéré. On est allé jusqu’au fond, jusqu’au cratère. Tout a été enlevé. On était obligé de porter des masques à gaz, tellement ça puait. Il y a avait un gros travail d’identification, en relevant les empreintes sur les cadavres, car on ne connaissait pas encore l’ADN.

    Que s'est-il passé ensuite ?

    On a aussi été assez impactés par la levée des corps à Beyrouth, avec un sermon de l’aumônier militaire extraordinaire, qui était révolté de voir des enfants tués dans leur sommeil. Des soldats à l’explosion se sont réveillés, et ont été écrasés assis par les blocs de béton. Ce qui nous reste, c'est cette levée des corps, c’était très impressionnant, et c’est aussi l’odeur de la mort dans le nez. Il faisait très chaud à l’automne 83 à Beyrouth, ça sentait le cadavre. On brûlait nos treillis, après une journée passée à déterrer les cadavres, parce que c’était imprégné de l’odeur de la mort.

    Pour nous, il y a eu un avant et un après Drakkar. Avant, on se méfiait moyennement des populations, et après, on se méfiait de tout le monde. On n’hésitait pas à tirer, même si bien sûr la riposte devait être proportionnelle à l’attaque. Il y a eu beaucoup d’accrochages, on a souvent riposté au lance roquette anti char. Je suis tombé avec quatre camarades dans une embuscade assez violente, avec tir de lance-roquette, et le camion criblé d’impacts d’AK 47, avec un échange de tirs vraiment important. La tension dans Beyrouth était vraiment importante.

    A partir de ce moment là, on a été redéployés sur la ligne de démarcation, et là, ça tirait facilement. Après Drakkar, on dormait jamais au même endroit la nuit. On dormait sur les toits, aux alentours de l’immeuble parce qu’on recevait des messages d’attentats imminents sur note poste. On changeait de toit chaque nuit. On a subi des attaques régulières. Les patrouilles étaient très particulières : on s’attendait à s’en prendre une à chaque instant, et, on était prêt à faire feu à chaque fois. On savait qu’on était vulnérable.

    On a fait des postes de combat très sécurisés, on passait beaucoup de temps à remplir des sacs de sable, pour nous protéger. On a pris conscience qu’on n’était absolument pas protégés. Il y eu beaucoup d’accrochages, beaucoup de morts. On était isolé, au poste kayak, sur un carrefour avec une section de combat, à la merci d’un attentat, d’une attaque. On fouillait les véhicules, on avait fabriqué des chicanes, pour trouver des armes et de l’explosif. On avait des listes de véhicules susceptibles d’être piégés. On ne voulait pas se laisser aller à la psychose, mais on était sous tension permanente. On dormait habillé avec l’arme sur nous. On avait aucun répit, perpétuellement aux aguets.

    Aviez-vous une aide psychologique ?

    Non. Le stress post-traumatique, ça n’existait pas. A l’époque, il suffisait de visser un peu plus sur le crane ton béret rouge, de dire : « on est pas des gonzesses », et c’était terminé. Il n’était pas question de savoir si tu étais traumatisé, si tu faisais des cauchemar. Mais bien évidemment, ça nous a marqués. Moi, même après ma retraite, ça m’est arrivé la nuit d’être réveillé par le visage de ce premier mort à Drakkar. Ça a hanté mes nuits. Quand on est revenus de Beyrouth, je suis parti en vacances à Toulon, je regardais en permanence les toits, parce qu’à Beyrouth en patrouille, il y en avait un qui regardait les toits, un devant, un derrière, à droite, à gauche... Mais on était conditionné pour le combat. A l’époque, on était les rois du monde, il ne pouvait rien nous arriver. Je n’en ai pris conscience qu’après, quand j’ai quitté l’armée. Après, la question c’était qui. Honnêtement on ne sait toujours pas. Le Liban, l’Iran, la Syrie, il y a plein de rumeurs qui circulent. IL y a plein de rumeurs qui ont circulé…

    Est-ce que ça a été le pire souvenir de votre carrière ?

    Paradoxalement, ça reste le plus dramatique souvenir, mais aussi le meilleur. Cette mission nous a marqués à tous. Si je me suis engagé au 3e RPIMa, c’était pour partir au Liban, à Beyrouth. On s’engage pas pour rester dans la caserne. On s’engage pour aller au combat.

    Après, la réalité de la guerre, c’est tout autre chose. La guerre c’est cruel, c’est dégueulasse, ça pue. Les enfants meurent. On a sorti les corps de la famille des gardiens de l’immeuble, avec leurs quatre petites filles, je me souviens encore très bien de l’image de cette petite fille avec le ventre ouvert et les tripes à l’air. Je me souviens d’un sous officier de la section qui avait des envies de tuer, des envies de meurtre pour se venger. C’étaient des gamins, ils avaient 18, 19 ans, comme nous. Ce qui nous foutait en l’air, c’est que personne n’avait pu se défendre. La lâcheté de l’attentat, c’est ça.

    Après, cette excitation du combat, je l’ai toujours cherché dans toutes mes affectations, dans tout ce que j’ai fait. Avec cette fameuse quête de l’adrénaline. Qu’est-ce qui vous nous apporter plus d’Adrénaline que ce qu’on a vécu à Diodon 4 ? Je l’ai trouvée dans les sauts en parachutes, je l’ai trouvée au service action de la DGSE, et dernièrement en Libye, mais ça s’est mal terminé.

    Quel regard aujourd’hui ?

    C'est sûr qu'on aurait bien aimé savoir qui a vraiment commandité cet attentat. Honnêtement on ne sait toujours pas. Le Liban, l’Iran, la Syrie ? Il y a plein de rumeurs qui ont circulé. Il y a eu derrière des représailles qui ont été tentées, notamment des tirs de missile dans la plaine de la Bekaa par des Super-Etendards qui ont tué deux chèvres et un mouton, le berger aussi. Ensuite il y a eu la tentative de représailles contre l’ambassade d’Iran, par des gens de mon futur service, le service action de la DGSE. Une jeep bourrée d’explosifs a été garée devant l’ambassade, mais ça n’a pas fonctionné. Ils ont tiré dessus avec une roquette anti-char mais ça n’a pas fonctionné.

    J’ai l’impression que c’était hier. J’ai encore le bruit des sirènes, l’odeur des morts dans les narines. Aujourd’hui, on pense à tous ces gens, à tous nos frères d’armes qui ont été tués ce jour-là. Pour nous, la journée du 23 a été infinie.

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Drakka11

    les opérations de fouille, l’extraction et l’évacuation des corps ainsi que la collecte des indices permettant d’identifier les victimes. Si la collecte des brevets parachutistes et des plaques d’identité a pu contribuer à l’identification, la photographie qu’en réalise Joël Brun revêt également une dimension symbolique d’hommage posthume.

    --------------------------------------------------------------------------------


    N'oublions pas nos amis américains :

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Aero10

    Une force multinationale, sous l'égide des Nations unies, est déployée au Liban en septembre 1982 afin de restaurer la paix après l'intervention militaire d'Israël dans la partie sud du pays.

    Sa présence ne fait pas l'unanimité, suscitant particulièrement la méfiance de la population musulmane de Beyrouth qui perçoit les troupes américaines comme des alliés des catholiques maronites et d'Israël.

    Le 18 avril 1983, un attentat d'envergure contre l'ambassade des États-Unis fait une soixantaine de morts. Il est revendiqué par le Hezbollah, un jeune mouvement créé à la suite des événements de 1982.

    Six mois plus tard, le 23 octobre, une autre attaque suicide sur deux fronts retient l'attention du monde entier. D'abord, un camion chargé d'explosifs saute près du quartier général des forces américaines situé au coeur de l'aéroport de Beyrouth. La déflagration fait 241 morts, la plupart des Marines, ainsi qu'une soixantaine de blessés.

    Quelques minutes plus tard, c'est au tour d'un immeuble abritant des troupes françaises, le « Drakkar », d'être la cible d'un attentat à l'explosif qui fait 58 morts et une quinzaine de blessés.

    Le Djihad islamique revendique le coup qui, selon plusieurs analystes, a profité de l'aide d'autres pays comme l'Iran ou la Syrie.
    Les gouvernements américain et français réagissent en affirmant qu'ils maintiendront leur présence au Liban. Le président français François Mitterrand se rend même à Beyrouth afin de prendre connaissance de la situation. Quelques mois plus tard, entre février et avril 1984, la force multinationale quittera néanmoins ses bases.


    ---------------------------------------------------------------------------------------------

    14 juillet 2008


    Alors que la participation officielle du président syrien Bachar Al-Assad au défilé du 14-Juillet suscite toujours autant de réprobation au sein de la classe politique et de l'armée, une source au sein de l'Elysée a tenté de défendre cette décision, affirmant que l'attentat du Drakkar, qui a coûté la vie 58 soldats français le 23 octobre 1983 et dans lequel nombre d'observateurs ont vu la main de Damas, n'est pas le fait de la Syrie mais du Hezbollah et de l'Iran.

    "Le Drakkar, c'est pas la Syrie. Franchement, j'ai beaucoup de respect pour tout le monde, mais pourquoi dit-on des choses fausses.", a indiqué cette source anonyme à plusieurs organes de presse."Le Drakkar, c'est l'Iran et le Hezbollah. Demandez à tous ceux qui s'intéressent à cette question, ils vous feront la même réponse". L'attentat du Drakkar a eu lieu le même jour que celui qui a tué 239 marines américains à Beyrouth. Ce dernier a été revendiqué par le "Mouvement de la révolution islamique libre" et par le "Jihad islamique", alors que celui contre les militaires français l'a été par un mouvement islamique inconnu.

    "On peut ne pas vouloir que M. Assad soit là, mais dire que c'est à cause de l'affaire du Drakkar, c'est simplement une erreur", a ajouté la même source, rappelant que le numéro un syrien "a déjà été l'invité de la France en 2001 (...) C'est une polémique qui n'a pas lieu d'être".

    " L'OMBRE DU DRAKKAR VA PLANER SUR LE 14-JUILLET "
    Reste que la polémique existe bel et bien, et notamment chez les militaires qui défileront devant la tribune officielle où sera présent M. Assad. Parmi les 4 000 militaires qui défileront, seront présents trois cent casques Bleus, et notamment la promotion de l'Ecole militaire interarmes de Coëtquidan, baptisée "Antoine de la Batie", du nom d'un officier tué lors de l'attentat.
    Plusieurs associations d'anciens militaires ont fait savoir le "malaise" que suscitait la présence officielle de M. Assad lors des commémorations de la fête nationale.

    "L'ombre du Drakkar va planer sur le 14-Juillet. Il faut certes tourner la page, mais ce n'est pas facile. C'est un peu tôt. Pour nos camarades morts là-bas, on ne peut pas dire que c'est bien", a estimé Jean-Luc Hemar, président de l'Association des anciens militaires du camp d'Idron, d'où provenait la quasi-totalité des soldats tués.
    La Fédération nationale des anciens des missions extérieures (Fname), a quant à elle appelé à porter un brassard noir en signe de protestation.

    Au sein du gouvernement, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a confié que la présence de M. Assad ne le "remplit pas d'aise", mais a souligné qu'il est "important de parler avec des gens qui s'opposent".
    Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, le fait que le chef d'Etat syrien soit "une source de polémique pour le 14-Juillet" est la conséquence "des initiatives, à mon avis désordonnées, de Nicolas Sarkozy".



    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Brevet10

    Le major (R) Omer Marie-Magdeleine se souvient de l’attentat du Drakkar  Drakka14
    saut ops
    saut ops

    Messages : 57
    Points : 4701
    Réputation : 56
    Date d'inscription : 29/04/2017

    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut


     
    Permission de ce forum:
    Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum