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    23 novembre 1984, 2 transall

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    10052019

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    Vendredi 23 novembre 1984, à 15 heures locales 4 Transall appartenant au Centre d’Instruction de la 63 Escadre de Transport (aujourd’hui Centre d’Instruction des Equipages de Transport, CIET 340) décollent de Toulouse - Francazal afin d’effectuer un double entraînement : un largage de parachutistes et un exercice de vol à très basse altitude pour passer sous les faisceaux des radars.

    Après une navigation en isolé les avions F156 et F209 se rejoignent à Montclar de Quercy. Les avions arrivaient à la verticale de Saint - Avit près de Castres et devaient alors reprendre la direction de Toulouse en effectuant un large virage, cela à 50-60 mètres d’altitude.

    C’est en effectuant ce large virage que ces deux Transall se sont accrochés et se sont écrasés aux lieux-dits « Cantegaline et Le Rouget » sur la commune de Carbes, près de Castres dans le Tarn. Il n’y a aucun survivant.

    Témoignage du sous-officier MATPARA chargé de récupérer les matériels TAP

    Cet événement, que j'ai du mal à fixer dans le temps, est un mauvais souvenir. Je n'ai que des brides de souvenir, mais chaque fois que j'ai l'odeur de la mort sous le nez, je repense à cet événement.

    Nous avons eu l'information de l'accident aérien sur la sono (flash info) de la salle de pliage. Scène surréaliste, mais pourtant véridique, certains plieurs étaient presque contents d’apprendre que des largueurs de la Bomap faisaient partie des disparus.

    Le chef de corps de l’époque, m'a envoyé, seul, sur le lieu du crash avec pour mission de récupérer les matériels de la BOMAP et de me mettre à la disposition de l'équipe d'enquêteurs de l'armée de l'air.

    En arrivant sur place, le soir, je me suis présenté à un officier supérieur de l'armée de l'air, qui a été surpris par mon grade (sergent à l’époque) et par la nature de ma mission. Dubitatif, il m'a laissé œuvrer et m'a demandé de voir si les largeurs du Transall F156 avaient mis en œuvre le TID (Témoin Inerte de Dérive).

    Après la visite de madame le procureur de la République (en hauts talons dans la boue) et de l'équipe des enquêteurs de l'armée de l’air, j'ai recherché les matériels, armé d'un pistolet désinfectant, de gants et de sacs plastiques , pendant que des personnels du service de santé et de la gendarmerie,  s’occupaient des corps éparpillés...

    L'odeur était insoutenable.
    Après avoir récupéré un maximum de matériels nettoyés des souillures humaines, j'ai rendu compte à l'officier de l'armée de l'air que j'avais terminé et que par conséquent je repartais sur Toulouse. Il m'a demandé d'attendre car un général de brigade de l'armée de l'air souhaitait me voir.

    Le général m'a en effet reçu, en colère contre le chef de corps de la BOMAP avec qui il s'était entretenu, auparavant, par téléphone. Il m'a ordonné de laisser sur place tout le matériel récupéré car il faisait partie intégrante de l'enquête accident: j'ai rendu compte à l'officier supérieur adjoint de la BOMAP et je suis rentré à Toulouse.


    Témoignage du LCL(er) Gérard COLOM

    Ce jour-là, je me trouvais à quelque 4 000 kilomètres du lieu de l’accident, à Bouaké au nord de la Côte d’Ivoire. Plus exactement dans la tour de contrôle de la base aérienne de Bouaké. Je participais à la manœuvre franco – ivoirienne « COMOE 84 », avec une équipe de chefs largueurs de la BOMAP et deux plieurs de la compagnie Technique. J’étais responsable des zones de saut et des zones de poser d’assaut utilisées au cours de cette manœuvre.

    Triste ironie du sort, le commandant de bord du Transall qui nous a amenés de France en Côte d’Ivoire était le patron de l’escadron de transport auxquels appartenaient les deux Transall. C’est en bidouillant un des matériels « Hi-Tech » de la tour de contrôle qu’il est tombé sur RFI et a appris la tragique nouvelle.

    Étant affecté à la Bomap depuis l’été 1982, je connaissais les trois sous-officiers.

    L’adjudant-chef NATTON, était le chef largueur, il faisait partie de la compagnie Technique. Bien que n’étant pas du Matériel, il avait commencé sa carrière au DT 411 de Montauban. L’adjudant-chef HUPLIEZ était l’adjoint de la section transmission de la BOMAP. Le sergent-chef THIBAULT était affecté à la compagnie des Services, en tant que sous-officier adjoint de l’atelier régimentaire.


    Discours prononcé par le général Klein, lors de la cérémonie du vingtième anniversaire de l'accident de deux TRANSALL à Carbes.

    Le 23 novembre 1984, deux C160 Transall en mission d’entraînement aérien s’abîmaient à proximité de la commune de Carbes avec leur treize membres d’équipage.

    Ces hommes appartenaient à l’armée de terre et à l’armée de l’air. Ils étaient animés des mêmes valeurs, unis dans la notion la plus extrême d’équipage : dévouement sans faille, recherche de l’excellence au service d’une cause ancrée au plus profond d’eux-mêmes.
    Ils savaient que l’entraînement était nécessaire pour les préparer à l’engagement opérationnel.

    Ils partageaient avec enthousiasme les missions aériennes qui fortifiaient en permanence leur vocation : être parachutiste ou aviateur.
    Leur univers commun était le vol.
    Véritables compagnons, unis dans une même mission, ils symbolisent l’engagement permanent au service des autres pour servir une cause commune.
    Ils démontraient au quotidien la fraternité d’armes entre parachutistes et aviateurs.

    Le monde aéronautique est monde réel. Quels que soient les efforts menés en faveur d’une plus grande sécurité, l’absolue réussite dans ce domaine n’existe pas et n’existeras sans doute jamais. La lucidité nous impose ce constat.
    Vingt ans après, la tragique disparition de nos camarades résonne toujours dans nos cœurs et nous rappelle cette cruelle réalité. Leur engagement, leur foi en la mission franchissent le temps pur parvenir jusqu’à nous et servir d’exemple aux jeunes générations.
    Il s ont vécu en donne tout sens à leur vie, en plein accord avec leurs convictions et leurs aspirations.

    Ils ont rejoint la cohorte de celles et ceux qui se sont sacrifiés au combat ou en entraînement au service de leur pays.

    En ce jour, nos pensées se tournent à nouveau vers leurs familles, leurs amis.
    Nos compagnons disparus nous avaient confié le devoir d’épauler ceux qui restent touchés par un funeste destin.

    Que serait l’âme de nos unités, de nos armées sans le respect du devoir de mémoire et le souci constant d’aider ceux qui restent.

    Aujourd’hui, vingt ans après, leur enthousiasme, la chaleur de leur amitié continuent de nous parvenir. Leur sacrifice continuera d’éclairer les générations qui nous suivent et permettra de mieux faire comprendre les enjeux, les risques et toutes les valeurs qui sous-tendent l’état de militaire.

    Il nous appartient à tous de perpétuer ce souvenir afin que le sens donné à l’existence de nos amis disparus ne s’arrête pas ce 23 novembre 1984.
    Au cours de la sonnerie aux morts, pensons avec ferveur à ces treize membres d’équipage, unis dans un même destin et à ceux qui ont donné leur vie au service des autres.



    MATPARA
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