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    LA NUEVE

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    09052019

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    La Nueve, ou neuvième compagnie, et le nom de l’une des unités qui composaient la fameuse 2e Division blindée qui s’est illustrée sur le sol africain et européen en 1944-1945 pour repousser jusque dans leur dernier retranchement, le nid d’aigle de Berchtesgaden, les troupes hitlériennes. Elle était majoritairement composée de républicains espagnols, réfugiés en France après la victoire de Franco. C’est l’histoire de ces oubliés de l‘ «histoire officielle» que raconte la journaliste Evelyn Mesquida.

    Le nom la Nueve devait apparaître dans le titre du livre en français, comme dans le titre de l’édition espagnole : Evelyn Mesquida l'a imposé aux éditeurs. Il s’agissait de sortir de l’oubli les combattants d’une compagnie emblématique et, au-delà, tous les Espagnols qui ont participé à la Seconde guerre mondiale aux côtés des troupes alliées, et d’autre part de rappeler que le 24 août 1944, date de l’entrée des troupes alliées dans la capitale, les Espagnols étaient au premier rang.

    La Nueve

    Sur les 160 hommes de la Nueve, 146 d’entre eux étaient Espagnols ou d’origine hispanique. Il y avait aussi des Espagnols dans d’autres unités mais la Nueve était la plus homogène. Evelyn Mesquida rappelle d’ailleurs que la 2è Division blindée était composée de soldats de plus de vingt nationalités différentes. Les Espagnols étaient les plus nombreux : le livre s’ouvre sur l’exode vers la France de plus de 500 000 d’entre eux après la victoire franquiste en février 1939, dont quelque 250 000 hommes. La plupart reprendront les armes contre le nazisme après de terribles séjours dans les camps d’internement du sud de la France ou d’Afrique du Nord. Comme le rappelle Jorge Semprun dans la préface du livre, les Espagnols qui se joignirent aux combats n’étaient pas «une poignée» mais des dizaines de milliers.

    C’est en 1998, alors qu’elle travaillait sur l’exil républicain en France, qu’Evelyn Mesquida apprend l’existence de cette unité : sur une photographie, prise en Angleterre, des soldats vêtus d’uniformes américains, appartenant à une compagnie française mais tous ou presque espagnols.

    Les oubliés de l’histoire officielle

    Commence alors une longue quête dans les archives militaires et civiles et un patient collectage de témoignages, certains bouleversants. Le travail est compliqué par les imprécisions de certaines archives comme celles de la Légion étrangère dans laquelle de nombreux Espagnols durent s’enrôler, ou celles de la 2è DB où les noms des soldats furent parfois francisés. Compliqué aussi par le temps qui s’est écoulé. Ainsi deux acteurs refuseront de témoigner, pour eux cet hommage venait trop tard.

    Dans la première partie du livre, on suit pas à pas, des côtes de l’Afrique équatoriale à l’ultime repère de Berchtesgaden, en passant par la Tunisie et la France, la geste des troupes du général Leclerc. Au passage, Evelyn Mesquida rappelle aussi comment les combattants africains furent écartés des rangs lorsque la 2è DB fut constituée en août 1943, malgré les protestations de Leclerc. A eux non plus, la geste nationale de la reconquête n’a pas rendu justice.

    Le 24 août 1944, au coeur de l'épopée

    Le jour-là, le premier officier de la fameuse 2è DB à entrer dans l’Hôtel de ville de Paris, déjà occupé par le Comité national de la résistance, était un Espagnol, Amado Granell, lieutenant de la Nueve. Et les premiers véhicules à entrer sur la place de l’Hôtel de Ville n’étaient pas –contrairement à ce que retiendra l’histoire officielle- les chars Romilly, Champaubert et Montmirail dont les noms fleurent bon la France profonde mais des half-tracks, des véhicules blindés plus légers et munis de mitrailleuses, pilotés par des Espagnols de la Nueve et nommés Guadalajara, Teruel ou encore Guernica.

    Rendre un nom et une histoire à ces visages

    Dans une seconde partie, les survivants de la Nueve se racontent à l’auteur. Elle donne chair au récit, rappelant que l’épopée militaire, ce sont les hommes qui la fabriquent avec leur sang et le sang a beaucoup coulé dans cette compagnie qui était la troupe de choc de la 2è DB. L’enfance en Espagne, les trois guerres –la guerre d’Espagne, la guerre de Tunisie contre les troupes du général allemand Rommel et la libération de la France, les acteurs égrainent leurs souvenirs. «La majorité des hommes qui composaient la Nueve avaient moins de vingt ans lorsqu’ils prirent les armes, en 1936, pour défendre la République espagnole : les survivants ne les déposeraient que huit ans plus tard». Ils devraient déposer des armes qu’ils avaient pensé pouvoir utiliser pour combattre la dictature franquiste en Espagne. Mais après la guerre, chasser Franco était d’autant moins une priorité que dans le monde bipolaire qui émergeait une Espagne verrouillée était un moindre mal.

    Tous les témoignages s’achèvent sur un sentiment de «travail» non achevé. L’un des acteurs raconte : «je me souviens qu’un médecin américain m’avait demandé, un jour, pourquoi nous, les Espagnols, on luttait avec les Français, après les coups de pieds qu’ils nous avaient donnés. J’ai répondu qu’on luttait contre Hitler, qu’on savait que les Français profitaient de cette lutte, mais qu’ils nous avaient donné la possibilité de faire la guerre contre les nazis». Certains sont morts sans jamais être retournés en Espagne.

    Une histoire pour un pays à reconstruire

    Tous ces hommes ont fait leur vie en France. Après la guerre ils ont dû apprendre la langue, apprendre un métier, chercher un travail. La plupart ont rejoint la foule des héros anonymes même si certains ont été l’objet d’hommages publics, tant en France qu’en Espagne. Publics mais tardifs, dans les deux pays. Si tous les soldats de la Nueve ont été décorés de la médaille militaire, tous n’ont pas eu la Légion d’honneur ; un «oubli» que l’auteur s’emploie à réparer. «J’ai demandé la Légion d’honneur pour ceux que j’ai rencontrés qui ne l’avaient pas eu. Deux l’ont eu et trois sont morts sans l’avoir», raconte Evelyn Mesquida, et ce alors que leurs faits d’armes, au regard de ceux accomplis par d’autres combattants, leur auraient largement valu cette reconnaissance.

    Comme l’explique Jorge Semprun dans sa préface, l’histoire n’a retenu que ce qui pouvait servir à la construction d’une geste nationale et nationaliste et les étrangers n’y avaient pas leur place. Cette «francisation» de la Libération fut selon lui «une opération politique consciente et volontaire de la part des autorités gaullistes et, dans le même temps, des dirigeants du Parti communiste français». L’épopée gaulliste et l’épopée communiste de la Libération ne pouvaient être que nationales. «La participation armée des Espagnols a été récupérée par les gaullistes». Pour ce qui est de la participation des Espagnols à la Résistance, c'est l’objet de son prochain livre.


    La Nueve 24 août 1944 : ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, Evelyn Mesquida, éd. Le Cherche-midi, Paris, 2011.



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    LA NUEVE :: Commentaires

    suspente

    Message le Jeu 9 Mai - 17:10 par suspente


    Un peu avant 21 h, ce jour-là, les premiers hommes de la 2e DB entrent dans Paris. Ils sont à peine 150, commandés par un capitaine sarthois : Raymond Dronne.

    LA NUEVE Rd10


    Colette Flandrin, fille de Raymond Dronne.

    L'origine

    « Mon père était un homme gai, curieux de tout... et gueulard aussi ! Nous sommes issus d'une lignée de paysans, installés dans les environs de Mayet et d'Écommoy, depuis des siècles. Mon frère a fait des recherches généalogiques et est remonté jusqu'à un Jean Dronne, paysan ici en 1560.

    Papa est né à Mayet, le 8 mars 1908. Il était l'unique enfant d'un couple de paysans. Après la mort de son père, en 1917, il a suivi sa mère chez son grand-père, à Écommoy, où il a passé son enfance. À l'école, il se montre brillant. « Le petit gars est intelligent », dira l'instituteur à ma grand-mère. Elle le savait déjà (sourire).

    Le germaniste

    Ma grand-mère aimait son fils, mais ne l'a pas couvé. Elle voulait le meilleur pour lui. Elle l'aurait bien vu inspecteur des finances. Pour elle, qui avait un grand sens des affaires, c'était une situation intéressante. Mon père a donc été placé en pension à Montesquieu au Mans. Il y est resté jusqu'au bac. Et a été fidèle toute sa vie à l'amicale des anciens du lycée.

    Il avait choisi d'y apprendre l'allemand et a passé, plus tard, une année à l'université de Berlin et de Leipzig. Là-bas, il a lu et relu Mein Kampf. Il a aussi assisté à la montée d'Hitler et savait ce qu'était la doctrine nationale-socialiste.

    À cette époque, il était assez mal vu, en France, d'être germaniste. Lorsqu'il a soutenu sa thèse de droit sur les revendications allemandes, en 1933, le président du jury l'a taxé de mauvais Français !

    L'amour sur le quai de Burgos

    Mon père a rencontré ma mère, Angèle Maurin, sur le quai de la gare de Burgos, en Espagne. Ils avaient tous les deux 21 ans. Papa était parti étudier là-bas et ma mère y venait suivre des cours d'été d'espagnol. Mon père était chargé d'accueillir les petits nouveaux à la gare. Pendant un mois, ils se sont beaucoup baladés. Ils sont même allés à l'exposition universelle de Barcelone. Depuis cet été 1929, ils n'ont cessé de s'écrire et se sont mariés en 1933. Ils ont eu deux enfants, mon frère, puis moi en 1936.

    L'engagement en Afrique

    Après Sciences po et un doctorat de droit, papa a candidaté pour les services d'administration civile du Cameroun. Entre deux séjours là-bas, il a fait l'école coloniale et est devenu administrateur des colonies en 1939. Il devait nous rejoindre dans la Sarthe quand la guerre a éclaté. Il a été mobilisé sur place, en Afrique, et a très rapidement rallié la France libre.

    Il a été rayé de l'administration par Vichy, ses biens ont été mis sous séquestre, et il a été condamné à mort par un tribunal militaire. Entre 1940 et 1944, ma mère n'a reçu que cinq lettres de lui. Pendant ce temps, il combattait en Afrique. En mars 1943, il a été gravement blessé en Tunisie. Opéré sur place, il a été transporté en camion à Tripoli, puis à Alexandrie. Leclerc qui était en permission, est allé lui rendre visite là-bas pendant sa convalescence. Mon père et lui étaient très liés.

    La libération de Paris et la Nueve

    Remis sur pied, papa a rejoint le Régiment de marche du Tchad et a fait la campagne de France à la tête de la 9e compagnie de ce régiment, lui-même rattaché à la 2e DB. Cette « Nueve » était essentiellement composée de Républicains espagnols volontaires. J'ai mis du temps à réaliser que ce qu'avait fait mon père avec la Nueve était incroyable. Il en parlait peu.

    Il disait juste que c'était un hasard, si lui et ses hommes s'étaient retrouvés à entrer dans Paris au soir du 24 août, avec trois chars et une quinzaine de half-tracks. Il avait exécuté l'ordre du général Leclerc qui lui avait dit : « Dronne, filez droit sur Paris, Entrez dans Paris ». La « Nueve », c'était sacré pour papa. Elle passait avant tout. Ses hommes participaient à nos réunions de famille... Et tous les ans, il y avait un grand rassemblement de la 9.

    Après la guerre, la politique

    Après la guerre, Leclerc a demandé à mon père de faire l'Indochine. Ce qu'il a fait pendant un an. Mes parents n'avaient plus rien. À part des cantines un peu partout : à Yaoundé, Casablanca, Alexandrie... Et elles ne contenaient pas grand-chose. Et puis mon père s'est lancé en politique. Le maire d'Écommoy n'était pas revenu des camps. On lui a demandé de se présenter aux élections partielles de 1947. Il a dit : « D'accord, mais pas pour longtemps ». Il a été maire d'Écommoy pendant 36 ans... (1)

    Mon père a beaucoup voyagé et a vécu des expériences hors du commun. Mais a il a toujours gardé Le Mans et la Sarthe dans son coeur. C'était ses racines. Et c'est dans son champ de la propriété de Mayet qu'il a voulu être enterré. »

    (1) Raymond Dronne a été aussi sénateur, de 1948 à 1951, et député de la Sarthe, de 1951 à 1962 et de 1968 à 1978.




    Olivier RENAULT.

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    LANG

    Message le Jeu 9 Mai - 21:28 par LANG

    Ecrire, réécrire l’histoire…

    « …Comme l’explique Jorge Semprun dans sa préface, l’histoire n’a retenu que ce qui pouvait servir à la construction d’une geste nationale et nationaliste et les étrangers n’y avaient pas leur place. Cette «francisation» de la Libération fut selon lui «une opération politique consciente et volontaire de la part des autorités gaullistes et, dans le même temps, des dirigeants du Parti communiste français». L’épopée gaulliste et l’épopée communiste de la Libération ne pouvaient être que nationales. «La participation armée des Espagnols a été récupérée par les gaullistes»


    Paragraphe que je rapprocherais de celui de Eric De Verdelhan dans un article du site « officiertoujours » à propos de la célébration du 8 mai :

    « …Il est parfaitement normal que l’on fête la libération de notre sol mais j’aimerais qu’on le fasse avec un minimum d’honnêteté intellectuelle et qu’on arrête d’entretenir le mythe, aussi stupide que mensonger, de « la France libérée par elle-même » et du « premier résistant de France » boutant le Teuton hors de France à coups de croix de Lorraine, aidé par les FTP communistes.
    La « barbarie nazie » a été mise à bas par… 360 divisions soviétiques, et sur notre sol, par 90 divisions américaines, 20 divisions britanniques et… l’armée d’Afrique.
    En effet, il n’est pas exagéré de dire que l’armée d’Afrique a libéré la France…. »


    Un certain Orwell avait publié son livre « 1984 » en 1949. Un livre de science-fiction où on réécrivait « l’histoire » ! C’était en 1949 !

    Prendre ce qui vous arrange, oublier ce qui dérange…
    Mais les médias ne font pas autre chose, vous ne croyez pas ?

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