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    Jacques Gindrey De l’élève résistant du maquis de l’Ain au chirurgien de Dien Bien Phu

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    Jacques Gindrey De l’élève résistant du maquis de l’Ain au chirurgien de Dien Bien Phu  Empty Jacques Gindrey De l’élève résistant du maquis de l’Ain au chirurgien de Dien Bien Phu

    Message par WILLIS le Jeu 9 Mai - 14:59


    par René GRANGIER

    Jacques Gindrey naît en 1927 à Thorey-sous-Charny en Côte-d’Or. Son père, ancien de 1914-1918, occupe un emploi réservé d’éclusier.
    Après des études primaires à Gray, en Haute-Saône, le concours d’entrée aux Écoles militaires préparatoires, institution
    créée en 1884 pour les enfants de troupe, scelle son destin. Alea jacta est.

    En 1940, devenues Écoles d’éducation, les EMP sont transférées en zone sud, celle d’Épinal l’accueille à Montélimar. Puis, en seconde, il devrait rejoindre Autun, où le jeune Bonaparte passa quelques mois, qui est déclarée ville ouverte le 15 juin 1940 par le maire, le docteur Renaud.
    La Wehrmacht réquisitionne l’école, qui se replie à Valence au quartie Chareton, et, dans la panique, son drapeau est oublié dans un bureau.
    Les bâtiments sont convertis en camp de prisonniers de guerre parmi lesquels se trouve le lieutenant Michel Debré. Son père, le professeur Robert Debré, et le docteur Latouche d’Autun pénètrent dans la cour, les bras chargés de médicaments, destinés aux prisonniers malades.
    À Valence, la Wehrmacht récupérant la caserne, la rentrée de septembre 1943 se fait au camp de Thol dans l’Ain, dans les baraquements du 10ème bataillon de chasseurs à pieds jusqu’à l’arrivée des quatre cent soixante-quinze élèves (de la classe de seconde à celle de mathématiques élémentaires). Depuis 1942, face à l’invasion de la zone libre, un certain état d’esprit bouillonne. Pour Gindrey, “nos chefs craignant nos réactions nous réunissent et nous adjurent ‘soyez dignes, dignes, dignes’. Je crie ding, deng, dong et tous de rire sauf le Commandant”. Au sein du camp école, véritable caisse de résonance, cette
    pépinière va préférer la guérilla à l’étude. Deux maîtres d’internat, Guy Forteguerre, dit Phare d’auto et Jacques Dalbiez, dit Jacquot, sont à l’origine d’un élan non retenu pour le maquis.

    Jacquot vient du centre Bayard sis à Audinac-les-Bains (en Ariège), centre de formation des élèves qui attendent de s’engager dans l’armée pour rembourser leurs études. De ce creuset germeront des graines de héros. À Thol, tel l’Ordre des Templiers, les enfants de troupes catholiques (ETC) et deux scouts forment un noyau dur. L’un, Maurice Masini (Sioux), chef routier, est en contact avec les scouts du lycée Lalande de Bourg-en-Bresse. Paul Many, son camarade de maths-élem, futur agrégé du Val-de Grâce, aidé de la serveuse Marie-France, de l’hôtel du Pont, fait le lien avec la Résistance HISTOIRE DES SCIENCES MÉDICALES - TOME XLIV - N° 1 .

    L’autre scout, Fernand Collignon dit Rapace, très motivé, veut venger son frère tué au combat en juin 1940. Tous les soirs il fouille le bureau du directeur à la recherche de renseignements. Hors de l’École, les rencontres sportives aident à brasser les idées.
    Par ailleurs, le chef cuisinier de l’École, en cheville avec le maquis, et trois militaires vont jouer un rôle capital. Henri Girousse (Chabot) dirige le groupement sud du maquis de l’Ain. Gaston Gambier dit Augé, ancien du 10ème chasseur, rêve de fonder un maquis.
    Il sera servi. Sioux lui sera présenté à l’hôtel du Pont. Il pose comme condition au départ des élèves la dotation d’armes. Enfin, Signori dit Mazaud, ancien lui aussi de ce bataillon, a passé tout l’hiver sur le plateau du Retord. Athlétique, il impressionne les élèves.

    Suite aux parachutages de janvier 1944, Augé demande à Many de remettre à Sioux une mitraillette Sten. Celle-ci circule en classe. Un élément décisif, le service du travail obligatoire, sert de catalyseur aux réfractaires au S.T.O. Ainsi, Jean Rouquier, le premier, quitte Thol faisant croire à une maladie familiale. Sur place, le médecin du maquis du Lot “constate les oreillons”. Quant à Gindrey, il ronge son frein.
    Souffrant d’une otite, il lit les tracts et le journal Combat, tiré par André Bollier, polytechnicien, dans une imprimerie clandestine près de Grange-Blanche (hôpital Édouard-Herriot H.E.H.).
    Le 6 février 1944, le départ au maquis d’une centaine d’élèves est remis. Ce faux départ démotive les meneurs. À la rentrée de Pâques, Sioux, préférant l’appel du maquis du Limousin, ne revient pas. Rapace le remplace. Dès lors, le 2 mai à 22h15, il regroupe trente élèves dont neuf de seconde. Many, quant à lui, surveillant d’étude d’une classe de seconde et du fait du cloisonnement par équipe de trois, n’a pas été prévenu du départ.
    De son côté, Gindrey, par pur hasard, séchant un cours, voit deux copains faire leur sac : “cette fois j’y serai, l’as de carreau (le sac à dos) la toile de tente, tout le tintouin et même les 75 clous, soulier de biffin de Jacques Deygout (le copain) les miens trop fatigués ...
    Le 3 matin, après la nuit à la belle étoile, Rapace, Deus ex machina de cette aventure m’aperçoit et crie : ‘qu’est-ce que tu fous là, Bébé’. En effet, je n’étais pas prévu dans son plan”. En mai, dans le bois de Priay, avec d’autres jeunes, le camp d’Autun s’organise. Tous manient des armes, dans le muguet, avec leurs deux maîtres d’internat.

    Leur professeur de philosophie Jacques Pactus (Socrate) âgé de 32 ans, n’hésite pas, bien que réformé pour claudication, à partager la vie aventureuse et périlleuse des élèves. Pour André Coupireau, “élèves et cadres de l’école constituent jusqu’au 6 juin la majeure partie des maquisards du camp Mazaud, cinquante-cinq sur soixante-six. Au début de juillet, on comptera cent quatorze combattants”. Des conditions spartiates attendent ces maquisards en herbe. Exemple : pâtes cuites au vin, car ils ne disposent pas d’eau de cuisson. L’épopée des cinq mois d’existence du camp est racontée par Collignon et Raymond Peytavi (Ramon) dans Le journal de marche de l’école d’Autun.
    Le 6 juin au soir, en gare d’Ambérieu, dans le cadre du “plan vert” conçu pour freiner l’avancée allemande, le sabotage de cinquante-deux locomotives et de dix machine-outils est dirigé par H. Girousse et Gaston Brucher (Louison) responsable des cheminots-résistants. Aux ordres de Mazaud l’équipe comprend des élèves dont Peytavi. Celle de Gindrey est en réserve.

    Bilan : un Allemand tué, un blessé côté Mazaud. Les représailles sur place n’ont pas eu lieu grâce à l’intervention du chef de dépôt von Berg, d’origine autrichienne, sous uniforme allemand. Ce sabotage ferroviaire annonce l’exploit de Pierre Ruibet, vingt ans, originaire de Voiron (Isère) et ancien élève d’Audinac. Le 30 juin, dans les souterrains près de Jonzac, à la pause de midi pour épargner les ouvriers, il fait sauter l’énorme dépôt correspondant à cent vingt trains de munitions grâce à la complicité du docteur Scafler et de Claude Gatineau. Pour cet acte, en décembre 1944, il est fait Compagnon de la
    Libération, à titre posthume.
    [Gatineau en effet est fusillé et Mathilde Robert, la fille de sa logeuse, qui a expédié des télégrammes de Ruibet à Bordeaux, sera emprisonnée au Fort du Ha, mais échappera à la mort]. Dans l’Ain, en réaction, cent vingt camions et trois mille hommes arrivent de Savoie et de la région lyonnaise, pour le grand assaut contre le maquis le 10 juillet. Triste bilan pour l’École le 11 juillet : cinq élèves tués, cinq blessés dont Gindrey et sept cadres de l’école fusillés en représailles à Pont-d’Ain.

    Le monument du Val d’Enfer à Cerdon, inauguré le 24 juin 1956 par le Général de Gaulle, rappelle ces combats. Quant à Gindrey, posté à Chenavel, grièvement blessé aux jambes, il est évacué sur une échelle par des jeunes du village jusqu’au poste de secours. Son ami de classe de première, Maurice Ferreloc (Momo), un Breton, est atteint de soixante éclats
    dont un aux reins. Ils sont hospitalisés à Nantua. Gindrey, dans La ballade de juillet, raconte l’épisode rocambolesque du convoi vers la Suisse, mitraillé puis arrêté.
    N’eût été un zeste d’humanité d’un major allemand boiteux, leur compte était bon. De retour à Nantua, sous bonne escorte, ils sont soumis à un double interrogatoire, par les S.S. puis par la Milice, et placés à l’hôpital en salle de détenus, dans l’attente de la cour martiale.
    Le 20 juillet Gindrey est transporté à l’hôpital de Bourg-en-Bresse. Les élèves blessés reçoivent des visites. Des jeunes filles prennent des nouvelles des amis du maquis. Les deux agents de liaison : l’une, Renée Vuarin (Adée), connue des élèves, car elle fut sténodactylo à l’école, épousera Signori en 1945 ; l’autre, Micheline Borochovich, la légendaire Michette, agent de liaison de Henri Romans-Petit, qui a vu son père assassiné par les Allemands, est la nièce du capitaine Jean Rosenthal, résistant appartenant au “Service Operational Executive”. Avec un beau culot en gare de Bourg ne se fait-elle pas aider par
    un soldat allemand pour porter sa valise contenant un poste émetteur ? Elle appelle les élèves “ses bébés”. Toutes les deux risqueront souvent leur vie pour sauver celles des maquisards (in Coupireau). Enfin, Madame Camille Forest, maîtresse-lingère à l’école, fait 30 km à vélo pour leur porter réconfort et friandises. L’aumônier de l’école leur rend aussi visite.

    Si l’échange est froid, c’est que dans la nuit du 6 mai 1944, un commando d’élèves était allé chercher le drapeau de l’école caché chez lui. Gindrey, le protestant, lui avait donné alors “un coup de pied aux fesses” qui lui restait en travers de la gorge. Ce drapeau, oublié en juin 1940 à Autun, retrouvé dans un coffre par le capitaine Varennes et l’adjudant-chef Tomasini, subtilisé à l’école, Mademoiselle Lacroix, infirmière des prisonniers, l’avait transporté caché sous sa blouse, dans la voiture de sa collègue, Chantal d’Anglejean, et remis en août 1940 au Cabinet du Ministre à Vichy contre un reçu.

    Ce drapeau, renvoyé à Valence, suivra ensuite les péripéties de l’École. Enfin le médecin-colonel Manchet, chirurgien, maquille les feuilles de température et évite ainsi à nos deux blessés la cour martiale. Gindrey quitte Bourg fin juillet 1944 avec ses béquilles. En février 1945, il rejoint enfin la ville d’Autun. En effet, les élèves maquisards, exclus de l’école, sont réintégrés sur ordre du Général de Gaulle. Ensuite, via le Prytanée il intègre l’École du Service de Santé Militaire (E.S.S.M.) de Lyon. À l’issue des études, il fait un stage au Pharo à Marseille.

    En 1953, les premières “santardes” sont admises à l’École. L’une d’elles, Marguerite Vansteenberghe, est la plus jeune décorée de la croix de guerre. Pour Gindrey, c’est le Tonkin et, le 17 février 1954, c’est Dien Bien Phu avec l’antenne chirurgicale mobile (A.C.M. 44). Il se retrouve au côté de Paul Grauwin, en fin de contrat, qui remplace Thuries (A.E.T.) malade. Dans son livre J’étais médecin à Dien Bien Phu, 1954, Grauwin, arrivé par hasard dans ce camp, narre cette période.
    Avec son expérience il assure le triage des blessés, rôle dévolu au plus chevronné, et la réanimation. Son action dès 1942 dans la Résistance, au sein du réseau Sylvestre où il crée la première antenne chirurgicale dans l’hospice de Templeuve (Nord), a initié sa vocation et son courage, reconnu par tous.
    Pendant ce temps, Gindrey opère durant cinquante-sept jours et cinquante-sept nuits au fond de son boyau obscur. “Le soleil brille … pour tout le monde sauf pour nous”, dira-t-il à Grauwin.

    À partir du mois de mars, la mousson, la boue et les obus rendent les conditions surhumaines. Pour Gindrey, “il n’y a pas lieu de séparer médecins des bataillons et médecins des antennes, tous dans le même mauvais bateau”. Dès le 15 mars s’intensifie l’offensive Viêt-minh.
    Les croix rouges sont prises pour cibles. L’afflux massif des blessés sans possibilité d’évacuation aérienne et terrestre, à partir de fin mars, oblige les médecins des postes avancés à faire des gestes opératoires majeurs tels qu’amputation distale ou fermeture de thorax ouvert.
    Les garrots faits avec du fil électrique et levés trop tard obligent Gindrey à amputer larga manu. Jean-Marie Madelaine, médecin du 2ème B.E.P., constate des morts subites par épuisement en marchant.

    Sur la fin, trois antennes sont larguées sous les obus et même la nuit pour l’A.C.P.5. À sa tête, Ernest Hantz, porteur
    d’une hépatite, saute dans la fournaise le 11 avril, avec ses infirmiers René Cayre et Canzano.
    Il mène à bien deux cent-cinquante interventions d’urgence dont cinquante abdomens (durée deux heures par opération) jusqu’à la chute du camp le 7 mai.

    Jacques Aulong, ancien “brution”, chirurgien à l’hôpital Lannessan à Hanoï, a reçu les blessés avant et après le 7 mai. Son livre De sang, de boue et d’or témoigne de la dure réalité vécue sur le terrain ainsi que des risques inouïs pris par les personnels de l’aviation pour le ravitaillement et les évacuations sanitaires.

    Après la chute, Grauwin, Le Damany - le médecin-chef du camp - et Geneviève de Galard, mènent un autre dur combat pour la restitution des huit cent cinquante-huit blessés bloqués au camp. Pour Gindrey, Hantz, Vidal, Madelaine et les autres, le 13 mai débute la longue marche vers les camps de prisonniers.

    Rendu à la vie civile, Jacques Gindrey rejoint Vire en 1971. Il exerce jusqu'en 1989 comme traumatologue orthopédiste.

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    Jacques Gindrey De l’élève résistant du maquis de l’Ain au chirurgien de Dien Bien Phu  Empty Re: Jacques Gindrey De l’élève résistant du maquis de l’Ain au chirurgien de Dien Bien Phu

    Message par Blu le Jeu 9 Mai - 18:03

    Un parcours exceptionnel avec une jeunesse particulièrement "occupée".
    Et l'enfer de DBP.
    “Le soleil brille … pour tout le monde sauf pour nous”
    Anonymous
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