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    Le Général Ely et la guerre d’Algérie

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    Le Général Ely et la guerre d’Algérie Empty Le Général Ely et la guerre d’Algérie

    Message par LANG

    Une étude tirée du site http://www.institut-strategie.fr/?p=641 sur lequel on trouvera l’article complet.
    Il m’a semblé intéressant de mettre en avant la guerre d’Algérie au niveau des « décideurs militaires » proches des « décideurs politiques »
    .



    Le Général Ely et la guerre d’Algérie Gapaul11

    Général Paul Ely

               En 1949, il devient Chef d’Etat-major général de la Défense nationale, Général d’Armée en 1953, Commissaire général et Commandant en chef en Indochine de juin 1954 à juin 1955, et remplace le général Guillaune en février 1956 au poste de Chef d’Etat-major général des Forces armées.
    Il approuve le comportement de Salan le 13 mai 1958, mais en désaccord avec le ministre de Chévigné qui a mis aux arrêts ses adjoints Challe et Martin, il démissionne le 16 mai.
    Le général de Gaulle le rappelle début juin comme Chef d’Etat-major général des Armées. Six mois plus tard, il reprend son poste à la Défense nationale. Il sera prolongé d’un an en 1960 et quittera le service peu avant le putsch d’avril 1961.

    ***


    Le général Paul Ely, qui a été chef d’état-major général de 1949 à 1961, est un personnage mal connu. Etant à la charnière du politique et du militaire, il a pourtant joué un rôle éminent dans la politique de défense des IVème et Vème République, et en particulier dans quatre domaines de responsabilité :

               – la liquidation de la présence française en Indochine,

               – la préparation de l’expédition de Suez,

               – la politique militaire en Algérie,

               – le Plan militaire à long terme qui sera mis en oeuvre ensuite par le général de Gaulle.

    ( Aujourd’hui dans le texte qui suit il ne sera question que du troisième point )
           
    ***


    L’ALGÉRIE.  

               Pour le Chef d’Etat-major général, l’Algérie constitue la priorité du moment.
    Estimant que la politique des petits paquets  est responsable de la perte de l’Indochine, il livre une première bataille pour l’augmentation des effectifs, alors que les chefs de gouvernement successifs, de Guy Mollet à Michel Debré, escomptent une victoire militaire rapide et demandent  la réduction des contingents. « Il est impensable,  écrit Debré en 1959, que tout ne fut pas terminé en 1960″.  
    Faisant l’impasse sur l’OTAN, Ely réussit à porter les effectifs d’Algérie à près de 450.000 hommes, en rappelant les disponibles en 1956 et en allongeant la durée du service de 18 à 27 mois, puis à maintenir les effectifs grâce au transfert des 100.000 hommes qui servent au Maroc et en Tunisie. A partir de Challe, le recours à 120.000 supplétifs armés pallie le déficit dû aux classes creuses et permet de maintenir, jusqu’au putsch d’avril 1961, une moyenne de près de 600.000 combattants dont 380.000 de l’armée de terre.

    (Différentes remarques sur cette augmentation de l’effectif :
    Les effectifs affectés au Maroc et en Tunisie étaient très importants de 1954 à 1958.
    Les maximas seront atteints en octobre 1956 (rappelés) et octobre 1958.
    La stabilisation des effectifs instruits de l’armée de terre sera constatée de 1959 à 1961 par la montée en puissance des supplétifs,
    La baisse débutera à l’été 1961 et concernera en particulier les parachutistes et les supplétifs, et en 1962 les appelés et engagés musulmans.
    )

               La deuxième préoccupation du général ELY est la conduite des opérations militaires, associées à des actions de guerre psychologique conduites au niveau du gouvernement.
    Il réalise l’unité d’action en réunissant ministres et généraux dans un Comité de guerre en juillet 1957.
    Il met en place,  avec le concours des Services spéciaux, un système de renseignement qui a fait ses preuves en Indochine.
    Il décentralise le commandement au niveau des trois régions d’Algérie, et obtient la constitution de réserves mobiles qui vont permettre à Challe de nettoyer les zones d’implantation rebelle, en partant de l’Oranie vers l’Aurès.
    Il préconise en 1959 de passer à l’autodéfense active des populations, en confiant les secteurs pacifiés aux officiers des Sections administratives spécialisées (SAS).

               Parallèlement, le soutien du Maroc et de la Tunisie aux rebelles réfugiés sur leur territoire constitue une préoccupation constante. Ely recherche d’abord une solution diplomatique en proposant , sans succès, au ministre Guedira, à Bourguiba et au Prince Hassan, de participer au contrôle de ces bandes inorganisées. Il préconise en juin 1957 le blocage des frontières et obtient du ministre Morice l’édification de barrages qui permettront en avril-mai 1958, avec l’engagement des régiments parachutistes, de gagner la bataille des frontières et d’interdire le ravitaillement en armes de la rébellion intérieure.
    Favorable au droit de suite et aux ripostes aériennes, il se range ensuite à l’avis des diplomates et limite les interventions en Tunisie et au Maroc à des actions secrètes de commandos de harkis, strictement contrôlées.

             Sur le plan de la politique algérienne, le général Ely se prononce dès 1956 pour une solution libérale, une association de type fédéral incluant le Maroc et la Tunisie.
    Il s’efforce d’en convaincre les officiers à l’occasion de nombreux voyages en Algérie, mais il est confronté aux hésitations et aux contradictions du général de Gaulle dont il ignore les objectifs politiques et avec lequel il a des échanges assez vifs, qu’il rapporte mot à mot dans son Journal.
    « De Gaulle a donné l’impression qu’on le trompait,  écrit-il en août 1958, que c’était la pagaille, que les chefs d’état-major étaient de pauvres types qui n’y  comprenaient rien. Et pourtant le responsable est en partie le général de Gaulle avec lequel il est bien difficile de travailler. C’est même désespérant.. » .
    Il ajoute en septembre :  » de Gaulle est aussi empoisonnant, il ne vous croit pas, il conteste les chiffres, n’est pas convaincu de la chute des effectifs si l’on revient à 24 mois…. »
    Et en avril 1959 : « Il est impossible de travailler avec de Gaulle, c’est un homme seul...Vous croyez toujours qu’on veut vous rouler, lui dit-il, il n’est pas possible de travailler dans ces conditions « .

               Ayant appris que le ministre Guillaumat a reçu l’ordre d’éliminer les gens du 13 mai, il estime en 1958 que le chef du gouvernement joue un jeu démoniaque dans les questions de personnes.. Lors de l’affaire des barricades en janvier 1960, Ely s’oppose aux civils de l’Elysée qui réclament l’ouverture du feu, (avec tout le sang qui a déjà coulé en Algérie, qu’est-ce que cela peut faire, dit le général), il conseille alors la négociation.
    Le rappel de Massu est pour lui une erreur politique.

               Sur la politique fluctuante du Général, Ely note qu’après le référendum de septembre 1958, de Gaulle ne voit pas de solution pour l’Algérie.  En octobre 1959, il croit que « l’Algérie va durer des années. Il n’y  aura pas de cessez-le-feu. Petit à petit, la rébellion se tassera… ».
    En mars 1960 à Catinat et Redjas, le Chef de l’Etat déclare aux officiers :  » La France a le droit de rester en Algérie. Elle y  restera « . Il juge que l’opérationnel est une mécanique bien rodée, mais il ne croit pas au reste, à la tâche de pacification et de contacts que selon Ely seuls les militaires sont en mesure de conduire.

               Le discours du 4 novembre 1960, qui évoque la future République algérienne,  provoque la stupeur de Debré,  de Joxe  et  d’Ely. Le 8 novembre, de Gaulle demande à Ely d’aller faire un tour en Algérie. « Vous direz que la raison commande que l’Algérie ne pouvait être une province française…L’armée n’a pas à en être touchée…elle sortira de là victorieuse…Jamais je ne donnerai l’Algérie à Ferhat Abbas … ».
    L’entrevue d’Ely à son retour d’Algérie, le 15 novembre, est dramatique.
    Il déclare à de Gaulle que l’armée ne lui fait plus confiance. Au cours de l’entrevue, il développe les idées qui lui sont chères sur la difficulté de travailler avec le général de Gaulle, sur l’intérêt qu’il y aurait à ce que les grands exécutants soient prévenus, etc.. De Gaulle a alors cette réplique étonnante :  » Et la surprise ? ».

    Le Général Ely et la guerre d’Algérie Ely_sa10


               Après le voyage tragique du 10 décembre 1960 à Alger, où les musulmans, invités à manifester par le Directeur des Affaires politiques François Coulet, ont été repris en main par les cadres du FLN, Ely note que « les cris et les drapeaux montrent comment les musulmans vont interpréter la notion d’Algérie algérienne et de République algérienne « .

               Mais Debré croit encore que «pour de Gaulle, la République algérienne est à 30 ans…avec drapeau et armée française ». «Qu’il le dise », répond Ely.
    « J’ai suivi le calvaire de Debré,  dira-t-il. De Gaulle ne savait pas quelle politique suivre. Je ne savais pas ce que voulait de Gaulle, et Debré non plus « .

               En dépit de son désaccord sur la politique algérienne, le général Ely est un légaliste. Il  désapprouve et condamne sans aucune réserve  le putsch et l’OAS.
    Profondément attaché à l’unité de l’Armée et de la Nation, il  observe que les Français ont approuvé à une large majorité  cette politique, et ressent une immense tristesse à la pensée de se trouver séparé de ceux qui, pendant longtemps, furent si proches de (lui ) dans l’action et pour la France.
    ...L’Histoire serait injuste,  écrit-il, si les quelques jours d’erreur de Challe cachaient à jamais la magnifique année d’un commandement exercé en Algérie avec tant de compétence et de bonheur, et si de ce fait et du même coup, elle mettait dans l’oubli les exploits d’une armée qui fut parmi les plus belles qu’ait eue la France

    ***


    Le général Ely sera victime d’un attentat de l’OAS.
    Il meurt en 1975 avant d’avoir pu écrire le troisième tome de ses mémoires, qui devait être consacré aux problèmes internationaux.  

    ************************************

    Informations données par le rédacteur de l’article.
       C’est dans le cadre de recherches sur la guerre d’Algérie, que voulant analyser le rôle des Etats-majors parisiens, j’ai eu accès par dérogation aux archives du ministre des Armées et au fonds privé du général Ely au Service historique de l’armée de terre. Je me suis aperçu alors que dans ce dépôt de 92 cartons, le général Ely avait conservé tous les documents importants reçus ou émis par son Etat-major, mais aussi les 37 cahiers de son Journal de marche et d’activités  (JMA). Tous les soirs de 1953 à 1961, avec le concours de son Cabinet, le général Ely a rapporté ses entretiens de la journée avec les responsables politiques et militaires, français et étrangers ; et lorsqu’il rencontrait le général de Gaulle ou Michel Debré, il rapporte la conversation mot à mot. Ce Journal apporte ainsi, sur la personnalité de ces interlocuteurs, des appréciations qui complètent celles qu’a relatées Alain Peyrefitte.


    ************************************


    Commentaire :
    Si besoin était, cet article rappelle, au passage, que c’est toujours « le Politique » qui dirige le « Militaire »…
    Cela ne nous fera pas oublier la poussière soulevée, les cailloux bousculés, la sueur, les morts, le sang et les larmes…
    LANG
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