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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  Empty Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

    Message par LANG le Sam 15 Déc - 17:17

    Après quelques mots sur Ernst Jünger, j’ai pensé à un autre écrivain.
    Il est tombé un jour avec son avion au large de la Corse (*). Il nous a laissé un « Petit Prince » et quelques pages qu’on ne devrait pas oublier. Pour se les rappeler, une nouvelle édition vient de voir le jour.

    Et puis, comme il me semble qu’Arcim vient de passer.
    Si, si je vous assure chers collègues !
    C’est le bon moment de parler d’un aviateur… Vous ne croyez pas ?

     

    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice
    Valeurs Actuelles
    Par Philippe BartheletPublié le 14/12/2018 à 12:30

    Antoine de Saint-Exupéry aux commandes de son avion dans lequel il disparaîtra le 31 juillet 1944.

    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  33456710


    Peu d'œuvres font corps à ce point avec la vie de leur auteur : cette nouvelle édition des écrits de Saint-Exupéry, par sa richesse iconographique, permet de ne pas les dissocier.
    Quand on a l'âge du Petit Prince, on dessine un mouton (ou plutôt un éléphant), on admire de loin cet enfant achevé et l'on est inconsolable de sa mort ; quand on grandit, on devient très intelligent et l'on ironise un peu, comme Roger Nimier, sur cette philosophie pour veillée scoute ; et puis quand on n'a plus peur d'être dupe de ses grands sentiments, on retrouve Saint-Exupéry comme une présence fraternelle, un de ceux - sont-ils si nombreux parmi les écrivains ? - à qui l'on aurait aimé serrer la main.

    L'écriture était pour lui le contraire d'un alibi. Il est mort à sa hauteur, laissant une œuvre accomplie, comme on dit une mission accomplie. Cette trajectoire parfaite est en soi une leçon, qui coupe court aux commentaires : comme Charles Péguy en 1914, comme Rupert Brooke en 1915, même comme Albert Camus en 1960, sa mort l'a sauvé de la littérature.
    Il est mort à l'extrême de la jeunesse, à cet âge où, passé 40 ans, on connaît le « grand secret » dont parlait son aîné Péguy : « qu'on n'est pas heureux » ; ose-t-on l'imaginer survivant, général, académicien, ressassant des leçons d'« humanisme » pour classes élémentaires ? Il y a ce point périlleux où, sauf métamorphose, un homme - qui plus est un écrivain - cède la place à sa propre caricature et l'on comprend qu'un Malraux l'eût envié, lui qui n'avait su mourir ni en Espagne en 1936, ni en Alsace en 1944.

    Saint-Exupéry est mort - ou, pour parler comme le Petit Prince, il est revenu à sa planète car lui non plus, « on n'a pas retrouvé son corps ».
    Suprême politesse à ses « frères humains », en forme d'énigme et de clin d'œil.
    C'est parce que son œuvre est inséparable de sa vie que l'éditeur de ce volume, M. Alban Cerisier, a voulu que l'une et l'autre soient mêlées : en plus de tous les titres que l'on connaît, et qui se trouvent déjà dans l'édition de La Pléiade, des poèmes, toute sorte de correspondances, de dessins et de documents précisent son portrait, ainsi que, en écho, les critiques de ses livres à mesure qu'ils apparaissaient.

    Dans son premier roman, Courrier Sud (1929), le vol solitaire vers Dakar par-dessus l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie a pour contrepoint le retour dans son pays d'enfance, dans la vieille maison où il a grandi « où les choses, une à une, éclatent, sous l'obscure poussée du trésor ». Edmond Jaloux est peut-être le premier critique à avoir noté que « le charme, chez Saint-Exupéry, naît du perpétuel contraste entre […] l'énergie de cet homme d'action et le monde intérieur, fait de roses et de fées, qu'il porte en lui ».
    « Le surpassement de soi qu'obtient la volonté tendue »

    Huit années durant, en Afrique occidentale puis en Amérique du Sud, il ouvre les lignes de l'Aéropostale. Fin 1941, devant de jeunes volontaires américains, il y reviendra pour en tirer les leçons : « Je faisais lancer les moteurs. Je lisais les prévisions météo comme un compte rendu de corvées : les orages, le givre, la neige… et je décollais dans la nuit, vers un petit jour douteux. Or, quand je pèse le dépôt que les événements de ma vie ont laissé dans mon cœur, je découvre que compte seul le souvenir de ces corvées. [...] Ces mains serrées en maugréant, voilà que je reconnais avec surprise qu'elles ont laissé en moi la trace puissante d'un souvenir d'amour. [...] Si nos créations de lignes nous enrichissaient le cœur, c'est à cause des dons qu'elles exigeaient de nous. La ligne naissait de nos dons. Une fois née, elle nous faisait naître. »
    Vol de nuit raconte tout cela, « roman » si l'on veut, quoique la fantaisie n'y eût nulle part ; dans sa préface, André Gide exalte la leçon d'héroïsme que le livre nous fait : « Ce surpassement de soi qu'obtient la volonté tendue, c'est là ce que nous avons surtout besoin qu'on nous montre. »
    Vol de nuit obtient le prix Femina 1931 et la Croix du 6 décembre tonne contre « ce roman qui , étant donné l'esprit qui l'anime, n'apporterait qu'un ferment moral très nuisible et tout à fait païen au plus grand nombre des jeunes gens ». Robert Brasillach commettra le même contresens : faire de Saint-Exupéry, à cause de la préface, un disciple de Gide et un propagandiste de « l'acte gratuit ».
    Pendant les années 1930, Saint-Exupéry, toujours impécunieux (l'épouse qu'il a ramenée d'Amérique du Sud, Consuelo, mène grand train), multiplie les conférences, les reportages (en Russie soviétique en 1935, en Espagne en 1936), tente de battre le record de vitesse de la liaison aérienne Paris-Saigon, raid qui se termine par l'échouage de son avion dans le désert de Libye, et s'occupe même de cinéma : les Américains ont tiré un film de Vol de nuit, ce qui l'encourage, avant d'adapter lui-même Courrier Sud, à écrire le scénario d' Anne-Marie, dont la vedette féminine, Annabella, deviendra une amie très proche à qui il offrira les épreuves du Petit Prince. Il sait qu'il se disperse, et il en souffre ; à son amie Nelly de Vogüé, il parle du cinéma et du journalisme comme de « vampires » qui l'empêchent d'écrire ce qu'il aimerait. Il y parviendra enfin, après un dernier raid New York-Terre de Feu qui se termine par l'écrasement de son avion au Guatemala en 1938, de graves blessures et son rapatriement à bord du Normandie. Il annonce aux journalistes qu'il rapporte le manuscrit d'un livre « à peu près entièrement écrit » : ce sera Terre des hommes, dont le titre primitif, Du vent, du sable et des étoiles, retenu pour la traduction américaine ( Wind, Sand and Stars), est repris pour ce volume de Quarto.
    Qu'est-ce que l'homme ? Il ne faut pas demander à Saint-Exupéry d'être un philosophe, pour lui la question de Kant ne se pose pas, pas plus que la question de Pilate : qu'est-ce que la vérité ? « La vérité pour l'homme, c'est ce qui fait de lui un homme », et cette espèce de tautologie a tout le poids indiscutable de l'expérience.
    Terre des hommes, le titre de ce curieux « roman » - il sera distingué en 1939 par le Grand Prix du roman de l'Académie française -, a quelque chose d'un paradoxe, à la fois une angoisse et un espoir ; angoisse de voir la terre qu'il décrit si peu humaine, et espoir qu'en dépit de tout, l'humanité de l'homme aura le dernier mot. Quand il veut faire son prédicateur, tentation qui le prend quelquefois, alors la grandiloquence n'est pas loin avec ses mots à majuscule - « Seul l'Esprit, s'il souffle sur la glaise, peut créer l'Homme » - d'autant plus gênants qu'ils ne sont rien de plus que des métaphores, autrement dit des parodies ; mais il serait dommage de s'arrêter à cette limite rhétorique.
    Ce que cherche passionnément Saint-Exupéry, c'est un langage commun qui unisse les hommes, comme l'expérience partagée de l' Aéropostale, car « le langage qui transforme les hommes change aussi le monde autour d'eux ».
    Il est aux États-Unis pendant l'été 1939, l'hôte de Lindbergh, quand la déclaration de guerre le ramène en France. « Tout ce que j'aime est menacé. [...] Je veux faire la guerre par amour, et par religion intérieure. Je ne puis pas ne pas participer. » Lui qui porte « d'azur à l'épée d'argent en pal montée d'or » veut naturellement se battre ; son âge - 39 ans -, son état de santé le font d'abord récuser. Il s'obstine, parvient à être affecté à un groupe de reconnaissance aérienne. Entre mars et juin 1940, sept missions valent au capitaine Antoine de Saint-Exupéry la croix de guerre avec palme. Transféré en Afrique du Nord avec son unité, il se fait démobiliser et retraverse l'Atlantique, voulant aider par son influence à l'entrée en guerre des Américains : « C'est une religion que nous défendons, celle de la liberté - et c'est la vôtre. »
    « Moi j'étais fait pour être jardinier »

    Il écrit Pilote de guerre, le récit de sa mission de reconnaissance vers Arras en mai 1940, publié d'abord à New York puis à Paris fin 1942 : bien que le livre soit censuré et retiré de la vente moins d'un mois plus tard, ses ventes en font, selon Alban Cerisier, « l'un des plus grands succès littéraires de l'Occupation ». Pendant son exil aux États-Unis, il mûrit ce grand livre « qui donnerait à boire », comme il l'écrivait à sa mère dès le printemps 1940 - et qui deviendra Citadelle.
    En février 1943, Saint-Exupéry obtient non sans mal de revenir en Afrique du Nord sur le terrain des opérations. Il donne avant son départ le bon à tirer du Petit Prince ( « Il s'est remis à écrire un conte d'enfants qu'il illustre lui-même à l'aquarelle », note dans son journal son visiteur Denis de Rougemont) et celui de sa Lettre à un otage. L'otage à qui il s'adresse sans le nommer est son ami Léon Werth, le dédicataire du Petit Prince, otage comme tous les Français de France occupée. Cette considération pour la France souffrante, sa défiance à l'égard de la France libre ( « Il n'est pas de commune mesure entre le combat libre et l'écrasement dans la nuit. Il n 'est pas de commune mesure entre le métier de soldat et le métier d'otage » ) lui vaudront un nouvel ostracisme de la part des gaullistes à son retour en Algérie, où ses livres seront interdits…
    C'est grâce aux Américains que le commandant de Saint-Exupéry, alias le « major Ex », peut réintégrer son escadrille. Le 31 juillet 1944, c'est de Bastia qu'il s'envole pour une mission dont il ne reviendra pas, sans doute abattu par la chasse allemande.
    Il laisse sur son bureau deux lettres, à Nelly de Vogüé, et à Pierre Dalloz : « Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m'épouvante. Et je hais leur vertu de robot. Moi j'étais fait pour être jardinier. » En 1948, ce qu'il appelait « son œuvre posthume » est publiée, Citadelle, dont l'énorme manuscrit ne le quittait jamais depuis New York, et dont il faisait la lecture à ses visiteurs (Joseph Kessel, Jules Roy… ) Cette méditation d'un prince du désert sur les conditions d'une société humaine se termine par la lettre d'un jardinier : « Ce matin j'ai taillé mes rosiers. »


    « Du vent, du sable et des étoiles », d'Antoine de Saint-Exupéry, Gallimard, collection « Quarto », 1 680 pages, 32 €.

    (http://www.valeursactuelles.com/culture/saint-exupery-ou-la-noblesse-du-sacrifice-nouvelle-edition-de-ses-ecrits-101693)

    ...Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m'épouvante. Et je hais leur vertu de robot. Moi j'étais fait pour être jardinier...

    (*) : En réalité, c'est plus loin qu'il a été "descendu" comme a bien voulu le préciser Briselance : "ce n'est point au large de Bastia, d'où il était parti (Poretta), mais au sud de Marseille, à l'est de l'île de Riou, au large du Cap Croisette."


    Dernière édition par LANG le Dim 16 Déc - 18:18, édité 1 fois
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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  Empty Re: Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

    Message par briselance13 le Dim 16 Déc - 16:21

    Cher Lang, permettez moi une petite correction concernant la chute de l'avion de notre
    héros,ce n'est point au large de Bastia, d'où il était parti (Poretta), mais au sud de
    Marseille, à l'est de l'île de Riou, au large du Cap Croisette.
    J'ai eu l'occasion de m'en approcher, par bateau, partant de Cassis.


    Ceci dit, merci de nous rappeler cet homme extraordinaire qui fut aussi un pionnier de la célèbre Aéropostale, comme Jean Mermoz.
    Ce jour, TF1 a rendu hommage à ces deux aviateurs par un reportage relatant un vol de plusieurs avions, suivant le même parcours, avec les mêmes étapes,  jusqu'à Dakar.

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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  Empty Re: Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

    Message par VERT le Dim 16 Déc - 17:12

    Merci à vous,
    Histoire intéressante que celle de Saint-Exupéry


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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  Empty Re: Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

    Message par briselance13 le Dim 16 Déc - 17:34

    Merci Vert pour cette vidéo nous apportant davantage de détails sur l'avion reposant au
    fond de la mer.

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    Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice  Empty Re: Saint-Exupéry ou la noblesse du sacrifice

    Message par LANG le Dim 16 Déc - 18:27

    Oui, merci Vert pour cette vidéo et merci Briselance pour votre précision toujours la bienvenue.
    J'ai également regardé TF1 avec ces pilotes d'aujourd'hui qui ont repris ce parcours historique où beaucoup de Mermoz, Saint Ex... ont pris des risques énormes pour transporter du courrier.
    Et j'ai été agréablement surpris de constater que les hôtels et autres vestiges avaient été bien conservés.
    Le reportage était un peu court, dommage...
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