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    LA BRCS "Colonel SEROT"

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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty LA BRCS "Colonel SEROT"

    Message par KUPALOV Sam 23 Jan - 14:47

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]


    Dès le début de la guerre d'Indochine, il apparut au commandement que l'arme aérienne aurait à jouer un rôle capital dans la conduite des opérations qu'il s'agisse de renseignement, d'appui au sol, d'interventions aéroportées ou tout simplement d'aérotransport d'hommes et de matériel. L'étendue du territoire, l'impénétrabilité de certaines zones, l'isolement de nombreuses garnisons autant que la nécessité de réagir rapidement aux actions d'un ennemi particulièrement fluide rendaient inévitable un recours massif à l'aviation. En devenant un élément essentiel de la stratégie opérationnelle du Corps expéditionnaire, les bases aériennes constituaient, dès lors, des cibles de choix pour l'adversaire.

    Soucieuse d'assurer au mieux la protection de ces bases, la sécurité "Air" crée, sur chacune d'entre elles, une section "Exploitation" destinée à recueillir les renseignements indispensables à l'organisation de la défense. Ces sections sont très rapidement complétées par des sections "Intervention" chargées d'intercepter et de détruire les éléments viet-minh opérant à proximité des bases.
    De 1946 à 1950, cette organisation donne toute satisfaction en permettant de faire face avec succès aux actions de guérilla et de harcèlement laissées, la plupart du temps, à l'initiative de chefs de bandes locaux. A partir de 1950, l'activité viet-minh va perdre progressivement son caractère improvisé pour s'intégrer dans des plans d'ensemble élaborés selon les directives données par l'état-major du Nambo.

    Le commandement de l'armée de l'air répond alors avec la création de "Brigades de recherche et de contre-sabotage" (BRCS) sur chaque grande base. Regroupant les sections "Exploitation" et "Intervention", les BRCS sont placées directement aux ordres du commandant de base. Leur existence sera officialisée par le général Salan en 1951.

    Mise sur pied par le capitaine Charles-Albert Meyer dont nous avons déjà parlé ici-même, la BRCS "Colonel Serot" est chargée de la protection de la BA 191 de Tan-Son-Nhut. Sa mission est d'empêcher toute activité rebelle dans les domaines de l'espionnage et du sabotage et de prévenir toute action d'envergure venant de l'extérieur. La zone d'action initiale de la BRCS est fixée dans un rayon de 20 à 30 kilomètres autour de la base, elle-même incluse dans un quartier constituant la zone de défense rapprochée aux ordres du colonel commandant la BA 191. Cette zone d'action va toutefois se révéler insuffisante pour exploiter efficacement le renseignement et la BRCS étend rapidement son action bien au-delà des limites prévues. Cette extension la conduit à agir dans les quartiers et secteurs de l'armée de terre avec laquelle elle va coopérer de manière exemplaire.

    Le recrutement est à base de combattants viet-minh ralliés. Sur le plan opérationnel, la BRCS agit de manière autonome à partir des renseignements qu'elle a recueillis, la règle étant de travailler uniquement sur renseignements recoupés. Ancêtre des commandos de l'air, la BRCS "Colonel Serot" va remporter de nombreux succès et fera école auprès des autres BRCS. Ses principes d'action sont simples et peu nombreux :

     précision du renseignement,
     mobilité, rapidité, effet de surprise dans l'exécution,
     action en souplesse, exceptionnellement en force.

    Son fondateur, le capitaine Charles-Albert Meyer est un ancien des services spéciaux, qui a fait ses premières armes dans le renseignement durant l'occupation, dès l'âge de 17 ans. Par la suite, il fera une brillante carrière dans le renseignement et les unités opérationnelles, en particulier dans les commandos de l'air où il servira sans interruption de 1956 à 1962. Charles-Albert Meyer quittera le service actif avec le grade de général de brigade aérienne.

    C'est en hommage à son ancien chef qu'il décide de donner à sa BRCS le nom de "commando Colonel Serot". Il conçoit alors un insigne reprenant cette appellation, accompagnée du poignard des commandos et des ailes de l'armée de l'air entourant un cercle dans lequel un combattant vêtu de noir (tenue des commandos-partisans) se détache sur une carte d'Indochine. L'insigne ne sera réalisé qu'après son départ. Il n'existe qu'en fabrication locale.

    Quant au colonel Serot qui donna son nom à la BRCS, ses états de service firent de lui un des héros de la Résistance et du renseignement français. Saint-cyrien, pilote de la première guerre mondiale, organisateur avec le commandant Paillole des services de renseignement en France occupée, il devient le chef du service de sécurité des armées à la Libération. En 1947, il est détaché auprès des Nations Unies en Palestine et devient le chef des observateurs français à Jérusalem. Il sera assassiné dans cette ville, le 16 septembre 1948, par le groupe Stern de l’Irgoun, dirigé par Menahem Beghin, aux côtés du comte Folke Bernadotte.


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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty Re: LA BRCS "Colonel SEROT"

    Message par 66-2B Sam 23 Jan - 15:09

    Je vais encore me coucher ce soir moins ..

    Merci pour la découverte de ces BRCS," la fabrication locale , accompagnée de son  descriptif était nécessaire..."

    Pour mener à bien leurs actions, les PIM représentaient un avantage certain pour l'infiltration  parmi les viets .
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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty Re: LA BRCS "Colonel SEROT"

    Message par WILLIS Sam 23 Jan - 15:10

    Merci KUPALOV de ce nouveau sujet très bien rédigé. De part vos connaissances bien sûr, mais aussi par vos talents d'écriture qui ravissent nombre de lecteurs.
    Vous faîtes parti des experts de ce forum, chacun dans son domaine de prédilection.
    Avec vous, avec les autres experts, on apprend à chaque nouveau sujet.

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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty Re: LA BRCS "Colonel SEROT"

    Message par junker Sam 23 Jan - 15:12

    Merci de ce rappel de nos futurs Cocoyes !!!
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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty L'assassinat du colonel André SEROT

    Message par - Bidassoa - Sam 23 Jan - 18:34


    Merci à KUPALOV pour le sujet, on peut dans doute ajouter des précisions sur ces assassinats.


    En 1981, L'AASSDN commémorait le 33° anniversaire de l'assassinat à Jérusalem de notre ami et camarade, le colonel André SEROT. Il était médiateur de l'O.N.U. aux côtés du comte Folke BERNADOTTE.

    Nous devons à l'obligeance de notre camarade lyonnais RÉAUX un émouvant récit de cet attentat. Nous l'avons extrait de son journal de marche, en même temps que quelques passages édifiants sur le climat qui régnait en Israël. Mais est-ce bien différent aujourd'hui ?


    ... Dans la nuit du 17 au 18 août 1948, des détachements des trois armées se glissent vers le Government House, les Juifs avec des camions blindés, les Arabes à pied.

    Rencontre sérieuse, combat de nuit, échange de mortiers et d'obus. La bataille fait rage jusqu'au jour.

    Du côté juif : 50 tués ou blessés.

    Le commandement juif prétend qu'averti de l'intention des Arabes de s'emparer de l'hôpital, il a voulu les devancer afin d'évacuer des malades juifs qui s'y trouvaient.

    Mais les Arabes ont réagi, et le 17 au matin, ils occupent le Government House, tandis que les Juifs se sont installés dans l'université arabe et l'école d'agriculture juive.

    Arabes, Égyptiens et Juifs sont au contact et chacun s'organise sur le terrain conquis.

    Dans la journée, les observateurs de l'O.N.U. essaient en vain d'obtenir le retrait des troupes de part et d'autre.

    Le 18 seulement, on obtiendra une trêve permettant de relever les cadavres et blessés restés entre adversaires. Malheureusement, malgré les engagements les Arabes tirent sur les brancardiers juifs et 3 cadavres restent sur le terrain, d'où ils ne seront relevés qu'en septembre. Les cadavres juifs ramenés sont atrocement mutilés, selon la vieille coutume arabe !...

    Vers 10 heures, je descends en jeep avec deux camarades jusqu'à l'American School, P.C. du colonel SÉROT, commandant le secteur arabe de Jérusalem.

    Je retrouve avec joie ce dernier, avec qui j'ai passé deux ans au S.R. de Belfort, en 37-38, et à qui j'ai toujours été très cordialement attaché.

    Depuis quelques jours, violente campagne dans les journaux contre l'O.N.U., et surtout contre BERNADOTTE.

    31 août 1948
    Un radio américain et un ouvrier juif sont grièvement blessés au carrefour du consulat américain. Cela fait les 4e et 5e victimes. On pense (enfin !)... à rechercher un itinéraire moins dangereux.

    A 21 heures, je suis à Lifta avec tous mes officiers. La nuit est magnifique.. Sous le ciel bleu parsemé d'étoiles, à 40 m. des mitrailleurs au créneau, derrière la maison du P.C., une vaste cour entourée d'oliviers et de figuiers ; des chaises et des bancs sur toutes les faces. Au centre, un énorme projecteur qui inonde de lumière les dalles roses de la cour.

    Cinq cents personnes au moins, civiles et militaires, s'y entassent. On nous a réservé des places à la table d'honneur, aux côtés du colonel venu pour l'occasion. Dans un coin, un orchestre à cordes sur une estrade.

    La nuit est calme, fraîche. A l'arrivée du colonel, un commandement bref retentit, tout le monde est au garde-à-vous... L'hymne national retentit, chanté avec une ardeur sauvage, presque mystique...

    18 septembre 1948
    Le comte Folke BERNADOTTE et le colonel SEROT sont assassinés par le groupe STERN (groupe choc de l'AGANA dont le chef était M. BEGIN).

    On a beaucoup écrit, beaucoup épilogué sur ce meurtre. Voici exactement comment les faits se sont passés.

    Dans la voiture de tête, l'officier de liaison juif, le secrétaire et l'aide de camp de BERNADOTTE.

    Dans la deuxième voiture, devant : le commander Mox et, comme chauffeur, Mr. BUGLEY, chef de la sûreté de l'O.N.U. ; derrière, de gauche à droite, le général LANDSTROËM, le colonel SEROT au centre, le comte BERNADOTTE à droite.

    Brusquement, une jeep barre la route au convoi, deux Juifs en descendent, mitraillette au poing, inspectent la première voiture, puis arrivent à la deuxième. Celui de gauche passe le canon de son arme par la portière de gauche et descend à bout portant le colonel SEROT qui se penchait vers lui, couvrant BERNADOTTE, puis le comte, qui s'effondre frappé à mort. Le comte meurt pendant son transfert à l'hôpital.

    Mr. BUGLEY, non armé, n'a pu intervenir. Les deux Juifs se sont replié en tirant, crevant même le pneu avant droit de la voiture de tête, et la jeep a disparu.

    L'officier de liaison juif (le capitaine HILLMANN) n'a « naturellement » rien vu ! On ne retrouvera jamais les agresseurs.

    Dans l'après-midi, les corps sont déposés sur des brancards, dans une salle du YMCA transformée en chapelle ardente, et nous veillons toute la nuit les corps de ces martyrs de la Paix » dont la toilette funèbre a été faite par des religieuses françaises.

    20 septembre 1948
    Les corps de BERNADOTTE et de SEROT sont transférés à Haïfa. Long cortège d'une vingtaine de voitures. Autorités juives et consulaires. A Latrum, l'Arab Legion, alignée le long de la route, rend les honneurs.

    Parti à 9 heures, le cortège arrive vers 13 heures, en pleine chaleur. Les corps sont immédiatement embaumés.

    Nuit d'une chaleur étouffante.

    A 6 heures du matin, les corps de nos infortunés camarades sont partis en avion pour la France.

    Nous leur adressons du terrain d'Haïfa un dernier adieu. Pauvre Mme SÉROT !...

    A 8 heures, je prends l'avion à mon tour.

    A 9 h 30 je suis à Colundia et à 17 heures je réintège le YMCA, sans incident, mais « vanné » !

    Triste corvée enfin terminée !

    La nuit est agitée, mais le sommeil l'emporte.

    Les Juifs s'attendent à une réaction en Europe, et à l'application des sanctions.

    22 septembre 1948
    Police, patrouilles, contrôles... le grand jeu ! Mais on a l'impression que c'est du bluff et que les coupables sont déjà à l'abri. Il faut bien calmer l'opinion mondiale ;

    A 10 heures, service religieux, chez les Pères de Ratisbonne, pour le repos de l'âme du colonel SÉROT. Autorités juives et étrangères y sont représentées.




    Amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale
    par Mr. REAUX, publié dans le Bulletin N° 108 (1981)


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    LA BRCS "Colonel SEROT" Empty Re: LA BRCS "Colonel SEROT"

    Message par LANG Sam 23 Jan - 21:26

    Bonne idée bidassoa d'avoir complété cet article. L'Amicale des Anciens des Services Spéciaux est pleine de ressources.
    Cette rubrique sur les insignes que notre ami KUPALOV alimente avec beaucoup de talent est une clef pour ouvrir des sujets parfois insoupçonnés. 
    On y parle d'insignes magnifiques de significations... 
    D'insignes du passé... 
    D'hommes de valeur bien oubliés qui renaissent grâce à ces symboles dessinés un jour pour être des témoins...
    Merci KUPALOV pour ces témoins qui racontent leurs histoires.
    Certains détails de ces histoires ressemblent étrangement à des conflits d'aujourd'hui...
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