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    Le Soldat augmenté. Les Questions.

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    Le Soldat augmenté. Les Questions. Empty Le Soldat augmenté. Les Questions.

    Message par Blu Sam 2 Jan - 17:45

    Le Soldat augmenté. Les Questions. Soldat12
     


    Dans un article précédent nous avions présenté quelques moyens permettant "d'augmenter" le soldat. Le texte suivant est un peu plus "théorique"...


    Il s'agit de la synthèse d’un colloque qui début 2019 a abordé le sujet du « Soldat augmenté ».
    Tous les aspects ont été traités. Domaines technique, psychologique, médical…
    Conséquences, problèmes d’éthique…
    Ce sujet est à l’ordre du jour. C’est le moment de se faire une première idée avant d’être mis devant le fait accompli… peut-être ?
    Le document complet figure en pièce jointe. Pour donner l’envie de le lire, je vous propose quelques extraits pour commencer…
     
     
     
    Résumé figurant en début de texte.
     
    Depuis l’aube de l’humanité, l’homme cherche à s’affranchir des limites de sa condition humaine et à dépasser ses limites biologiques. Depuis la philosophie des Lumières, la société professe sa foi dans le progrès, avec en toile de fond la volonté d’arracher l’homme à toute forme d’hétéronomie, qu’il s’agisse par exemple de la religion ou de la nature, et passer d’un monde subi à un monde voulu dans lequel le refus de toute dépendance s’exprime par l’apologie de l’autonomie. Elle trouve pour cela dans la technologie une réponse aux barrières physiologiques qui contraignent l’homme, afin de l’adapter au mieux à son environnement ou à ses conditions de travail, voire pour qu’il vive mieux tout simplement.
    Le soldat, de son côté, se bat pour la nation et risque sa vie pour une cause et un intérêt qui lui sont supérieurs. Les armées l’entraînent pour qu’il soit au meilleur de sa condition physique et opérationnelle. Ce qui passe avant tout par l’entraînement. Mais si les armées suivent une logique d’efficacité, elles ont aussi l’obligation morale d’assurer sa protection et de le préparer au mieux pour leur mission, ce qui peut passer par une augmentation des performances du soldat en vue de faire face aux ennemis qu’il affronte.
     Cet ouvrage regroupe les actes du colloque « Le soldat augmenté, regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat » du 15 janvier 2019.
     Il entend analyser les ressorts de cette (r) évolution sociétale en puissance qui pourrait être celle d’une société de personnes qui choisiraient elles-mêmes de s’augmenter et, par extension, de militaires eux-mêmes acteurs de leur augmentation. Il cherche à identifier et à mesurer les conséquences sociologiques pouvant impacter durablement les armées mais aussi les enjeux en découlant pour l’éthique militaire.
     
     
    ****
     
    Quelques passages "au hasard" pour se faire une idée.
     
     
     
    … À force d’obstination et de constance, l’augmentation des performances humaines a fini par faire entrer l’humanité dans un cycle indubitablement singulier, le nôtre aujourd’hui, où les possibles semblent considérables, sur le plan physique, sur le plan cognitif, sur le plan technique. Notre monde contemporain ambitionne de modifier le corps comme nous l’avons fait jusqu’ici avec la nature.
    La naturalité du corps est sans cesse en question, elle est comme repoussée dans ses ultimes retranchements par une prolifération d’artifices, une intense d’artificialisation de nos corps et de nos existences, donnant à la vie même un fondement de plus en plus humain, de moins en moins naturel…
     
     
    *******
     
    La caractéristique de ces guerres modernes fut en effet la mise à distance progressive des belligérants. Au XIXe siècle, Hegel et Tocqueville reprennent le constat qui avait accompagné jadis l’invention de l’arbalète : le recours généralisé à l’arme à feu permet la suppression du corps à corps et, de là, conduit à se rendre abstrait l’ennemi qu’on ne touche plus. D’où une insensibilité croissante à la mort de l’autre, la perte du sentiment de l’altérité qui offre pourtant à l’individu de se situer et de s’évaluer. Il en résulte une certaine démoralisation du soldat, dont l’exaspération est sans doute perceptible dans la situation créée par le recours aux drones télécommandés (un film récent d’Andrew Niccol, intitulé Good Kill, traite éloquemment du mal-être du soldat amené à tuer par écran interposé et sans plus d’initiative qu’un exécutant mécanique, puisque l’ordre lui en est donné par une hiérarchie qui ne se soucie que de calculs de trajectoires balistiques). La « dé-moralisation » est assurément un sentiment dépressif qui instancie la honte prométhéenne précédemment évoquée. Elle signale aussi la disparition du sens moral, c’est-à-dire de cette inhibition intériorisée des comportements, grâce à quoi la civilisation est possible. Je trouve cela exprimé dans une phrase écrite par un militaire, le colonel Michel Goya : « Ce qui aide le plus à tuer reste la distance avec la victime. » En d’autres termes, la technologie, qui permet d’accroître cette distance, désinhibe, déresponsabilise l’acte et, en même temps, elle offre de provoquer la mort sans risquer soi-même de mourir…
     
     
    *********
     
    Nombre de combattants de tous grades ont expérimenté cette réalité lors d’entraînements très poussés qui leur ont permis de découvrir que les faiblesses du corps peuvent être dépassées dans un premier temps par la force de l’esprit, puis, quand ces forces paraissent anéanties, par la puissance de l’âme, qui vient insuffler un élan jusqu’alors inconnu.
    Ils ont pu aussi la percevoir lors d’opérations exigeantes qui ont puisé dans leurs réserves physiques, physiologiques et psychologiques, à tel point qu’atteignant un degré d’épuisement conséquent, ils ont connu les affres de la dépression.
    Ils n’ont fait au demeurant que découvrir à leur tour ce que des générations de guerriers ont vécu avant eux, comme le Berserker, guerrier viking entré dans un état de fureur sacrée le rendant surpuissant, ou l’obusite des poilus de 14-18.
    Au Mali, alors que notre base venait de subir une attaque de véhicule-suicide, un de mes parachutistes, rendu sur la zone jonchée de cadavres, fut quasi instantanément frappé de catatonie. Lorsque la situation fut revenue à la normale et que nous pûmes nous occuper de lui, les événements qu’il ressassait en boucle n’avaient rien à voir avec la journée : il ne parlait que des morts d’Afghanistan, traumas qu’il avait intériorisé durant quatre ans…
     
     
     
    ***********
     
    Dernière partie de la conclusion.
     
     
    … La première contrainte est celle de la justification publique : l’État libéral doit être en mesure, sans cesse, de justifier ses décisions, ses actes. La deuxième contrainte est celle de la reddition ultime des comptes : au terme de son droit de décider, de son mandat, tout gouvernant doit nécessairement rendre le pouvoir et aussi rendre des comptes. Ces deux limites caractérisent le pouvoir libéral ou de type démocratique. La troisième limite au pouvoir de l’État libéral est l’impossibilité de croître davantage en raison d’obstacles rencontrés et sur lesquels bute sa puissance. Cette limite tient au fait que nulle puissance humaine n’est infinie. Elle ne caractérise donc pas l’État libéral.
    Au fond, quel que soit l’État ou la forme qu’il peut prendre, il se trouve un moment où il ne parvient pas à réaliser ce qu’il a entrepris parce que sa capacité n’est pas suffisante. Mais ceci ne caractérise pas la puissance de l’État libéral mais la puissance de tout État en tant qu’il n’est qu’une institution humaine, historiquement vouée à péricliter et à disparaître.
    L’État autoritaire, au fond, n’est principalement soumis qu’à cette seule limite, irréductible, la limite de ses capacités, la limite que représente la résistance de l’obstacle qu’il rencontre et dont il ne parvient pas à venir à bout, la limite que porte inévitablement la certitude d’un déclin dans l’histoire. Pour le reste, les contraintes de justification, de reddition des comptes, lui sont épargnées. L’État autoritaire, par nature, s’est émancipé jusqu’à l’obligation institutionnelle de rendre le pouvoir et de le remettre en jeu, le pouvoir à vie y est possible.
    Ce cadre de contraintes faibles donne une situation radicalement différente lorsqu’il s’agit d’interroger, de réfléchir et de débattre à propos d’enjeux tels celui du soldat augmenté. Je dirais que le soldat augmenté ouvre des interrogations éthiques, celles qui nous intéressent aujourd’hui, auxquelles les systèmes politiques seront inégalement sensibles. Le débat public et général, à ce sujet, n’existera de manière obligatoire et récurrente que dans le cadre politique d’un État libéral. Or l’hypothèse du soldat augmenté se fonde sur des bénéfices invisibles ou peu visibles par les sociétés gouvernées, en particulier dans les États libéraux, encore profondément dominés par une mentalité irénique.
    On peut s’interroger sur la capacité des sociétés libérales sinon de comprendre du moins d’approuver les projets de soldat augmenté. Le débat pourrait être plus fortement influencé par les aspects négatifs potentiellement possibles : la santé du soldat, l’irréversibilité des effets, la dimension sacrificielle, y compris les conséquences possiblement destructrices sur l’ennemi, le coût financier que pourrait représenter un tel investissement, etc.
    Les sociétés libérales, de culture irénique, auront de plus grandes difficultés à regarder comme utile l’investissement de moyens financiers importants dans la sphère de la défense, et cela même s’il y a des raisons de considérer qu’à nouveau nous assistons à une montée des périls, comme dans le contexte actuel. La perception du risque peut ne pas suffire ou bien libérer trop tard les mécanismes du consentement collectif. Ou bien, au contraire, c’est la perspective du soldat augmenté qui favorisera le consentement à une politique de puissance, non plus à travers l’augmentation des capacités humaines mais plutôt par le truchement de la robotisation.
    L’automatisation des armes et du combat serait ainsi à l’armée de métier ce que l’armée de métier fut à la conscription. Peut-être ainsi pourraient être réduites certaines incompréhensions ou résistances de la société civile face un État libéral occupé à préserver ou à augmenter sa puissance. L’autre option, plus crédible aujourd’hui, est que l’avènement du soldat augmenté annonce un affaiblissement du monde libéral par la difficulté qu’auront ces États à prendre des décisions sur des enjeux d’une gravité extrême et qui feront l’objet de controverses incomparablement plus vives que dans des sociétés autoritaires.
    Il est dans la nature de l’autoritarisme d’atteindre plus rapidement des progrès significatifs et, conséquemment, une puissance plus grande si le pouvoir de type tyrannique inclut également une politique de leadership dans le domaine des sciences et des techniques, en un régime que l’on pourrait assimiler à une sorte de despotisme savant.
     
    Source : Fondapol | Le soldat augmenté - Regards croisés sur l’augmentation des performances du soldat - Fondapol
     
    ************************
     
     
    Sites sur lesquels figurent des commentaires ;


    Soldats augmentés : Le concept est-il compatible avec le respect de la personne humaine ? (20minutes.fr)
     
    Le Comité d’éthique de la défense (defense.gouv.fr)

    Sur ce dernier, on y trouvera la composition du Comité d’Ethique ainsi qu’un avis sur « le soldat augmenté ».


    *************

    Ces textes sont plutôt "longs". Les lire demande du temps. 
    Fichiers joints
    Le Soldat augmenté. Les Questions. Attachment
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    Le Soldat augmenté. Les Questions. Empty Re: Le Soldat augmenté. Les Questions.

    Message par 66-2B Sam 2 Jan - 18:17

    Dissuasion, ces technologies augmentées ?

    Le terrain sera le seul arbitre avec ses retours d'opérations...

    Est ce que la guerre ne va pas devenir un jeu par écran interposé?
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    Le Soldat augmenté. Les Questions. Empty Re: Le Soldat augmenté. Les Questions.

    Message par LANG Sam 2 Jan - 21:30

    « Terrain… Dissuasion… Ecran… »
    Il y a du vrai, beaucoup de vrai…
    De quoi en parler un peu...
     
    Je n’ai pas lu tous ces documents. Il est certain qu’ils soulèvent des questions.
     
    Et tant qu’on est (on reste) dans ce domaine des  questions ou des raisonnements on peut se dire que ce sont des hypothèses toutes ces « études »ou ces « essais ». Que le soldat augmenté est une construction théorique…
    Mais, si on regarde un peu en arrière on s’aperçoit que l’homme ne recule jamais. Ceux qui reculent disparaissent (âge du fer, Hannibal et ses éléphants, la poudre, les chars, les fusées…).  Il est possible qu’on en reste au stade de la dissuasion comme avec l’arme nucléaire (intercontinentale).
    Mais il faudrait aussi se poser la question pourquoi la dissuasion s’est elle imposée et n’a pas engendrée de guerre mondiale ? Pas forcément évidente la réponse…
    Je pense pour ma part « qu’on va y aller ». C’est une question de temps, de circonstances, de hasard… L’intelligence artificielle (l’IA comme on dit) est déjà là. Nos générations on du mal à y croire car nous avons été bercés par la science fiction. « Celles d’aujourd’hui » baignent dans ces nouvelles technologies, on le voit bien. C’est eux qui décideront (je simplifie) de la suite à donner.
    Sous quelle forme, avec quelles règles (s’il y en a) ?
    Dans le fond, tout dépendra de « l’idée » que les dominants (ou les dominés) se feront des « valeurs » qui doivent caractériser l’être humain.
    L’instinct de survie a prédominé avec l’âge préhistorique et même au-delà. Sapiens a su se débarrasser de Néandertal…
    Une certaine  « élévation » a suivi pendant les siècles des rois , des princes, des églises. Mais tous n’étaient pas « élevés » au même niveau…
    La République par le peuple et pour le peuple a engendré la Terreur et après quelques aléas moins désagréables nous a donné Staline et Hitler. Qui d’ailleurs ont fait des petits… et peut-être réactivé cet Islam archaïque avec ses vierges.
    Et pendant toutes ces périodes l’homme s’est armé.
    Avec des mots, toujours. Avec des armes aussi.  Chaque fois le bras armé suit le cerveau…
    Chaque fois, la pelle n’est pas loin pour exploiter tout ce qui peut servir à augmenter le bien être et le profit…
    La loi du plus fort avec quelques « aménagements » pour limiter les excès…
     
    Demain, où en seront nous ?
    On aura toujours le bras armé avec les dernières panoplies et les pelles pioches.
    Le cerveau sera peut-être « augmenté » lui aussi.
    Mais là, je m’avance peut-être…
     
    La question que je me pose : dans toutes ces histoires, l’homme a-t-il réussi à « augmenter » son intelligence ?
    Mais la vraie question est plutôt : est-ce l’intelligence qui caractérise l’être humain ?
     
    Cela dit. Dans l’affaire précise qui nous préoccupe, je pense qu’il faudra encore des hommes pour occuper le terrain.
    A moins qu’il n’ait totalement disparu. Ce qui reste possible…
     
    Tout cela n’est qu’une suite de propos issus d’un vieux cerveau « non augmenté »…
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