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    Mali : Réactions à une libération

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    Mali : Réactions à une libération Empty Mali : Réactions à une libération

    Message par LANG le Mer 14 Oct - 16:56

    Une libération qui en  a interpellé plus d’un.
    Le CEMA se devait d’intervenir…
     
    Mali: l'armée française ne déviera "pas de sa ligne" face aux jihadistes
     
    Un article de l’AFP  (proposé par Otosan)


    Mali : Réactions à une libération Le_coi10
      © Christophe ARCHAMBAULT Le général François Lecointre, chef d'état-major des armées, en novembre 2019 à Paris


    Le chef d'état-major des armées françaises a martelé mercredi que les jihadistes qui ont libéré plusieurs otages au Mali, dont la Française Sophie Pétronin, étaient des "groupes terroristes" que l'armée française continuerait à combattre "avec la dernière détermination".
    "Il y a des propos qui ont été tenus au moment de la libération de Mme Pétronin qui, me semble-t-il, risquent de fausser l'appréciation qu'on doit avoir de la situation au Mali, de l'engagement des armées françaises", a déclaré le général François Lecointre devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.
     

    Mali : Réactions à une libération Mali110
    © STRINGER Sophie Pétronin, avec son fils Sébastien Chadaud Pétronin, après sa libération, le 8 octobre 2020 à Bamako, au Mali


    "L'adversaire qui est le nôtre n'est pas un groupe armé comme un autre (...) On ne peut absolument pas imaginer que ce groupe terroriste puisse être comparé ou désigné comme un groupe armé d'opposition au régime malien", a-t-il lancé.
    Après sa libération, Sophie Pétronin s'est gardé de parler de ses gardiens comme de "jihadistes". "Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d'opposition armés au régime", a-t-elle dit.
     
    Pour le général Lecointre, "il s'agit bien d'une organisation terroriste internationale et, pour la partie de cette organisation qui sévit au Mali, entre autres d'une organisation terroriste et de groupes terroristes qui ont fait allégeance à Al-Qaida". Il faisait notamment référence au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM).
     

    Mali : Réactions à une libération Mali210
     © MICHELE CATTANI L'homme politique malien Soumaïla Cissé accueilli par ses supporteurs après sa libération, le 9 octobre 2020 à Bamako

    "Il doit être très clair pour l'ensemble des familles qui ont perdu des leurs dans le combat que nous menons au Mali depuis des années que nous ne dévions pas de ligne, que notre combat reste le même et qu'il est tout aussi légitime qu'il l'était", a-t-il souligné.
    "En ce concerne cette libération d'otages, je confirme que la France n'a en rien été impliquée dans des négociations d'aucune sorte avec ce groupe terroriste que nous continuerons à combattre avec la dernière détermination", a-t-il ajouté.

    Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a recouvré la liberté au Mali en même temps qu'un prêtre et un jeune italiens ainsi que l'homme politique malien Soumaïla Cissé, après des mois voire des années de détention aux mains présumées des jihadistes.
    Cette libération a coïncidé avec la libération de plusieurs dizaines de prisonniers que des responsables maliens s'exprimant sous le couvert de l'anonymat ont présentés comme des jihadistes.
    En coulisses, des militaires français n'ont pas caché leur frustration de voir relâchés tant de jihadistes, dont des cadres, capturés par leurs soins et qui pourraient les retrouver bientôt sur le terrain.
    Des photos montrant l'accueil triomphal réservé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige le GSIM, à plusieurs dizaines de détenus libérés, ont aussi fait grincer des dents à Paris.
    vl/fz/jhd
     
    *************************
     
    On pourra lire en complément à cette affaire le fichier PDF ci-joint.


    Un article de « Marianne » publié sur son site le 13 octobre 2020


    Voici le dernier paragraphe :
    « Notre présence au Mali est juste, nécessaire et légitime. Cependant, nous ne devons pas nous enliser. Cela fait sept ans et demi que nous sommes sur place. C’est plus que la durée de chacune des deux guerres mondiales. Nous devons donc trouver les moyens de rallier la population à notre cause, de renforcer l’appareil sécuritaire malien et de réformer notre propre dispositif. 
    Le Général Gomart, ancien patron des Opérations spéciales, nous donne de précieuses pistes dans son nouvel ouvrage :"L’une des solutions résiderait peut-être dans le retrait de la majorité de la force militaire française, pour ne conserver qu’une capacité de réaction rapide avec une ossature de forces spéciales dotée d’hélicoptères nombreux, dont certains avec des capacités de transports lourds (…) pour intervenir de façon ponctuelle sur des points chauds." 
    En tout cas une chose est sûre, pour le moment il n’y a plus d’otages français dans le monde, mais la politique française, elle, est plus que jamais otage de la dictature de l’émotion »
    Fichiers joints
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    Mali : Réactions à une libération Empty Re: Mali : Réactions à une libération

    Message par Blu le Jeu 15 Oct - 15:23

    RMC 15/10/2020
     
    Mali : Réactions à une libération Mali10

     
    Le terroriste islamiste Iyad Ag Ghali a publié les photos d'un banquet tenu dans le désert à la suite de la libération d'environ 200 jihadistes au Mali.
    Le chef touareg Iyad Ag Ghali vient d’adresser un sacré bras d’honneur à la France et à l’armée Française en publiant sur internet les photos d’un invraisemblable banquet dans le désert.
     
    Il y a 10 jours, les autorités maliennes ont libéré environ 200 jihadistes en échange de 4 otages dont la Française Sophie Pétronin. Ce que l’on découvre aujourd’hui c’est que la plupart de ces prisonniers libérés ont été personnellement accueillis dans le nord du pays, par l’ennemi public numéro 1 des Français dans la région, le chef touareg Iyad Ag Galhi.
     
    Des auteurs d'attentats libérés
    Il a organisé un méchoui géant, avec une dizaine de chèvres, de la semoule, des légumes des fruits pour plus de 100 convives. Et les photos ont aussitôt été mises en ligne pour servir la propagande jihadiste et saluer la victoire.
     
    D'après Claude Angeli du Canard enchaîné, les militaires français ont reconnu sur ces photos des hommes qu’ils connaissent bien : l’auteur de deux attentats à Bamako et Mopti qui avaient fait 28 morts, l’auteur d’une attaque au Burkina Faso qui avait fait 30 morts, sans parler de leur chef Ag Ghali qui a revendiqué tous ces attentats et un autre à Gao qui avait fait 70 morts...

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    Mali : Réactions à une libération Empty Re: Mali : Réactions à une libération

    Message par LANG le Jeu 15 Oct - 18:30

    Dans cette affaire il n'est peut-être pas inutile de lire cet éclairage de Bernard Lugan publié par l'ASAF.

    Posté le jeudi 15 octobre 2020

    Au Mali, la libération des otages dont celle de la propagandiste musulmane Myriam Pétronin et des « jihadistes » détenus par Bamako, cache en réalité la phase 2 d’une opération complexe dont j’avais annoncé le début dans mes communiqués du samedi 6 juin et du jeudi 20 août 2020, respectivement titrés « Les véritables raisons de la mort d’Abdelmalek Droukdal » et « Mali : ce coup d’Etat qui pourrait enclencher un processus de paix ».
     
    En effet :
    1) L’Algérie est redevenue maîtresse du jeu à travers son relais régional Iyad ag Ghali avec lequel a été négociée la libération des otages et celle des jihadistes.

    2) L’universalisme jihadiste a été ramené à ses réalités ethniques, les « jihadistes » libérés étant en effet majoritairement des Touareg obéissant à Iyad ag Ghali et qui ont directement été acheminés dans son fief de Kidal.

    Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut bien voir que tout a débuté au mois de juin 2020 avec la mort d’Abdelmalek Droukdal, le chef d’Al-Qaïda pour toute l’Afrique du Nord et pour la bande sahélienne, abattu par l’armée française sur renseignement algérien. Cette liquidation s’inscrivait dans le cadre d’un conflit ouvert qui avait éclaté entre l’EIGS (État islamique dans le Grand Sahara), rattaché à Daech, et les groupes se réclamant de la mouvance Al-Qaïda, dont celui d’Iyad ag Ghali associé aux services algériens.

    À partir de 2018-2019, l’intrusion de Daech à travers l’EIGS avait en effet provoqué une évolution de la position algérienne, Alger ne contrôlant pas ces nouveaux venus dont le but était la création d’un califat régional. Entre l’EIGS et les groupes ethno-islamistes se réclamant de la mouvance Al-Qaïda, le conflit était dès lors inévitable, puisque les premiers privilégiaient l’ethnie (Touareg et Peul) aux dépens du califat.
    Or le coup d’État qui s’est produit au Mali au mois d’août 2020 a permis de donner toute liberté à la négociation qui a pour but de régler deux conflits différents qui ne sont pas à racine islamiste. Il s’agit en effet comme je le montre dans mon livre Les Guerres du Sahel des origines à nos jours de conflits inscrits dans la nuit des temps, de résurgences ethno-historico-politiques conjoncturellement abritées derrière le paravent islamique. Ces deux conflits qui ont chacun leur propre dynamique sont :
    – celui du Soum-Macina-Liptako, qui est porté par les Peul, d’où l’importance d’Ahmadou Koufa ;
    – celui du nord Mali, qui est l’actualisation de la traditionnelle contestation touareg, d’où l’importance d’Iyad ag Ghali.
    Or Abdelmalek Droukdal, qui était opposé à ces négociations, avait décidé de reprendre en main et d’imposer son autorité, à la fois à Ahmadou Koufa et à Iyad ag Ghali. Il était donc l’obstacle au plan de paix régional algérien soutenu par la France et qui vise à isoler les groupes de Daech. Voilà pourquoi il est mort.

    À travers la libération des otages, le plan franco-algérien qui a pour but le retour dans le jeu politique des Touareg ralliés au leadership d’Iyad ag Ghali, et de ceux des Peul suivant Ahmadou Koufa, se déroule donc pour le moment parfaitement. 
    L’Algérie éloigne ainsi le danger EIGS de ses frontières, et la France va pouvoir concentrer tous ses efforts sur ce dernier avant d’alléger le dispositif Barkhane.
    Nous voilà une fois encore loin des analyses superficielles du monde médiatique.


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