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    1944, La Poche de Saint Nazaire

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    1944, La Poche de Saint Nazaire Empty 1944, La Poche de Saint Nazaire

    Message par CASTOR2 le Mer 30 Sep - 13:06

    1944, La Poche de Saint Nazaire Dzobar11
     
    Historique des évènements


    Le 6 juin 1944, quatre ans après le triomphe nazi des années 1940/1941, les troupes alliées débarquent en Normandie. Après plus d’un mois et demi de combats indécis, le 30 juillet 1944, les troupes américaines des généraux Patton (3 rd Army) et Middleton (1 st Army) enfoncent les lignes ennemies au niveau d’Avranches. L’avancée des troupes alliées s’accélère : en 7 jours elles atteignent Brest, dont la prise constitue le véritable objectif de la libération de la Bretagne. Libérer Brest c’est en effet établir un ravitaillement direct des troupes alliées depuis les États-Unis, sans passer par l’Angleterre. La guerre de mouvement, tant désirée par Patton, est alors mise à l’œuvre au nord, au centre et au sud de la Bretagne. Mais partout en Bretagne la résistance allemande reste vive. Elle ralentit l’avancée des troupes américaines.
    Cette combativité laisse du répit aux débris de la 7ème armée allemande pour se réorganiser : l’état-major et plusieurs régiments des XXVème et LXXIVème Armee Korps en profitent pour se replier dans les festungen de Brest, Lorient et Saint-Nazaire. Les Allemands bénéficient également de cafouillages du commandement américain, notamment entre l’état-major de la 3 rd Army et le charismatique Gal John Shirley Wood de la 4 th Armored Division (4ème division blindée).
     
    Au lendemain de la percée d’Avranches le Gal Wood reçoit comme objectif de libérer Rennes, Vannes et Lorient. Ses chars arrivent aux portes de Rennes le 2 août où ils rencontrent une grosse opposition. Persuadé que la victoire sur l’Axe ne se joue pas en Bretagne, Wood décide alors de contourner Rennes et de foncer vers Châteaubriant pour rallier Angers, verrouiller la péninsule bretonne et rejoindre le front est. Cette tergiversation permet aux éléments survivants du XXVème Armee Korps sous les ordres du Gal Wilhelm Fahrmbacher, de se replier sur Lorient et Saint-Nazaire. Le 3 août, l’Oberst Koenig commandant la place de Rennes, ordonne le repli vers Saint-Nazaire. Le même jour, la 265 Infanterie Division allemande basée à Redon sous les ordres du General major Hans Junck, amorce le même mouvement en détruisant tous les ponts existants sur son passage.

    1944, La Poche de Saint Nazaire Carte10
     
     
    Le 4 août, les fantassins du 13th Infantry Regiment US rentrent dans Rennes, libre de défenseurs. Au matin même, Wood est rappelé à l’ordre. Ses chars font alors demi-tour et se séparent en plusieurs groupes. Le même jour, dans la région de Saint-Nazaire, une escouade de combat isolée du 4 th Armored Division échoue dans sa tentative de traversée du pont Miny détruit, puis est repoussée par les troupes allemandes.

    Dans la soirée du 5 août les premiers chars américains arrivent à Vannes. Mais Fahrmbacher, replié sur Lorient depuis le 3 août, a eu le temps de réorganiser les défenses de la festung. Entre le 5 et le 8 août les affrontements se multiplient autour de Lorient et Saint-Nazaire. Les derniers éléments de l’armée allemande en profitent pour se replier et dans la nuit du 8 au 9 août, les troupes de l’Oberst Koenig arrivent sur Saint-Nazaire. Accrochés par de violents combats et pilonnages sur Lorient et le long de la Vilaine, les Américains reculent et s’engagent pas à pas dans une guerre de position.
    Les 9 et 10 août les « poches » de Saint-Nazaire et de Lorient se referment définitivement sur leurs habitants.
    Au 15 août, la quasi-totalité de la Bretagne est libérée, mais cette libération a un goût d’inachevé. L’ennemi a pu se replier dans ses places stratégiques de Brest, Lorient et SaintNazaire d’où il mène une résistance acharnée. Seule éclaircie dans le ciel des stratèges alliés, la reddition de Saint-Malo le 17 août 1944, après un siège destructeur de 15 jours.
    Le même jour, Hitler ordonne le repli général vers les frontières du Reich, excepté pour les troupes repliées dans les festungen qui doivent tenir coûte que coûte ; ce à quoi s’appliquent ses troupes dans la ville de Brest, agitée dès le 7 août par des combats intenses et destructeurs.
    A Lorient, les deux camps se sondent et se bombardent mutuellement. Le bouillonnant Gal Wood qui redoute une guerre de position, se voit rassuré par sa hiérarchie : le 10 août, il reçoit l’ordre de repartir vers l’est. Ses blindés longent la grande Brière et la presqu’île guérandaise sans y pénétrer, et arrivent aux abords de Nantes le 11 août. Le 13 août la ville est libérée. On signale alors à Wood que la mission bretonne de la 4 th Armored Division est terminée. On l’attend désormais sur Orléans. L’encerclement des poches de Lorient et Saint Nazaire est alors confié à la 6 th Armored Division à qui l’on adjoint sur Saint-Nazaire les hommes du 331st Infantry Regiment. Plusieurs bataillons de FFI se portent également et progressivement sur le front de la poche, pour se placer sous les ordres du colonel Jacques Chombart de Lauwe, chef départemental des FFI de Loire-Inférieure depuis le 4 août. Tous proviennent du département mais aussi d’Illeet-Vilaine, des Côtes-du-Nord, du Maine-etLoire, de Vendée, de Vienne et de HauteVienne.

    Le 10 septembre, les troupes américaines postées devant Saint-Nazaire sont relevées par le 376th Infantry Regiment de la 94th Infantry Division. En ce début d’automne 1944, ce régiment et environ 12 000 résistants font face à près de 30 000 soldats allemands issus de tous les corps d’armée et répartis au nord et au sud de la Loire (entre la Vilaine et Pornic), et 130 000 civils « empochés ».
    Les Allemands assiégés ont réorganisé les défenses, autrefois tournées vers la mer, pour les orienter vers les lignes alliées. Des canons fixés sur les bateaux ou rendus inutiles dans certains blockhaus, sont rendus mobiles par la construction de batteries sur wagon de chemin de fer et d’affûts pour des pièces de campagne. Face à eux, la 94th Infantry Division équipe les résistants français en armement. Les belligérants se préparent à un assaut final qui n’aura jamais lieu.

    Le 19 septembre 1944, après 45 jours de combats destructeurs et meurtriers, les Américains reçoivent la reddition des Allemands retranchés à Brest. Les pertes sont catastrophiques: près de 10 000 morts, de chaque côté. Brest est prise mais le port, saboté, est définitivement rendu inutilisable. A la même époque, les Alliés ont porté les combats à la frontière historique du Reich avec la France. La libération des forteresses bretonnes, trop éloignées du front, n’est plus une priorité pour les alliés. Les habitants de la poche de Saint  Nazaire devront encore attendre leur libération. Mais la poche n’est pas pour autant abandonnée des Alliés. Seule la tactique change : d’une stratégie offensive de libération, les Alliés passent à une stratégie de siège, d’encerclement et d’épuisement des forces adverses.


    1944, La Poche de Saint Nazaire Soldat12
     
     Les poches de l’Atlantique deviennent alors le terrain d’entraînement idéal d’une armée française en pleine reconstruction. Les nombreux groupes et bataillons de francs tireurs, partisans et FFI qui se sont portés spontanément sur le front des poches sont pris en main par l’encadrement militaire français du Gouvernement provisoire de la République. Placées sous le commandement du Gal de Larminat le 14 octobre 1944, ces Forces Françaises de l’Ouest (FFO) prennent l’appellation de Détachement d’Armée de l’Atlantique (DAATL) le 1er mars 1945. Le 26 octobre 1944, le Gal de Larminat nomme le Cel Raymond Chomel, alias Charles Martel, commandant des Forces Françaises de LoireInférieure (FFLI), sous les ordres du Cel René Marchand, commandant de toutes les troupes françaises du secteur côtier compris entre Lorient et Saint-Nazaire.
    Dans les faits, les Américains de la 94th Infantry Division, puis à partir de janvier 1945 des Panthermen de la 66th Infantry Division, disposent du contrôle suprême des opérations et donc des 30 000 Français répartis entre Lorient et Saint-Nazaire. Le commandement français quant à lui organise les unités, encadre et forme ces volontaires rompus aux combats clandestins mais pas à la discipline militaire. Il s’occupe aussi, et surtout, de l’approvisionnement et de la distribution en armes et équipements. Ces troupes bigarrées  à l’automne 1944 finissent par former, au printemps 1945, sur les fronts de Lorient et Saint-Nazaire, les 19ème et 25ème Divisions d’Infanterie, embryons du futur 3ème Corps d’Armée.
    La formation de ces unités prend du temps, ce dont l’ennemi profite à plusieurs occasions pour élargir le périmètre de la poche au sud de la Loire (octobre et décembre 1944), multiplier les incursions et effectuer des razzias de bétail et autre denrées pour ravitailler ses troupes et celles d’autres poches. C’est que la poche de Saint-Nazaire est la plus vaste de France avec 1800 km² de terres fertiles. Elle est toutefois progressivement évacuée au fur et à mesure que les combats s’éternisent. Encouragées par les allemands pour avoir des bouches en moins à nourrir, ces évacuations sont également voulues par les civils qui subissent le froid de l’hiver 1944/1945, les privations, réquisitions et vexations de toutes sortes, et la peur des bombardements.
    Tous ne partent pas cependant. Les travailleurs réquisitionnés restent ainsi que ceux qui le veulent. Pour eux le quotidien est d’autant plus dur que les privations et les risques augmentent au fur et à mesure de l’occupation. En janvier 1945 arrive la nouvelle de l’échec de la contre-offensive allemande dans les Ardennes et de l’effondrement du front russe. La victoire est enfin à portée de main. Mais à Saint-Nazaire, une discipline de fer règne au sein des troupes allemandes, même si ceux qui ne croient plus à la victoire sont de plus en plus nombreux. La menace de représailles sur les familles restées en Allemagne ôte toute velléité de rébellion. Les exécutions aussi, ce qui n’empêche pas plusieurs désertions!
    En mars, les alliés franchissent le Rhin et mènent une percée fulgurante dans le centre de l’Allemagne. Le 13 avril, les Soviétiques prennent Vienne. En France, un plan d’attaque des différentes poches de l’Atlantique est projeté pour le mois d’avril. Le 15, les soldats et habitants de la poche de Saint-Nazaire voient passer au-dessus de leurs têtes quelques 1350 forteresses volantes allant vomir leur déluge de feu sur la festung Royan. Les craintes d’un tel déferlement sur Saint-Nazaire se font sentir. Les combats sont en effet plus présents et plus violents. Mais le 16 avril commence le siège de Berlin, laissé aux mains des Soviétiques.
    La capitulation allemande est signée le 2 mai. Plus rien ne s’oppose alors à la libération de la poche de Saint-Nazaire. 
    L’acte de reddition des troupes allemandes est signé le 8 à Cordemais, et le 11, jour officiel de la cérémonie de reddition des troupes allemandes, la « poche » a vécu.

    1944, La Poche de Saint Nazaire Signat10

    Source archives de Saint Nazaire  ICI

    En pièce jointe le guide complet publié par Les archives de Saint Nazaire
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