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    La belle évasion du général de Lattre, 3 septembre 1943.

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    La belle évasion du général de Lattre, 3 septembre 1943. Empty La belle évasion du général de Lattre, 3 septembre 1943.

    Message par LOUSTIC le Jeu 3 Sep - 15:35




    Il avait été loyal au maréchal Pétain jusqu’à l’invasion de la zone libre par les Allemands. Dès lors, de Lattre se rebelle, est arrêté, jugé, incarcéré. Il finit par s’évader pour rejoindre de Gaulle. Mais quelle évasion…


    Le matin du vendredi 3 septembre 1943, un coup de tonnerre ébranle l’Hôtel du Parc à Vichy. Le cabinet du maréchal Pétain apprend l’évasion, dans la nuit, du général Jean de Lattre de Tassigny… Le maréchal convoque aussitôt son secrétaire d’État à la Guerre, le général Bridoux, pour lui demander des explications. Il annule un voyage prévu le dimanche à Aurillac. Preuve que l’information est de première importance, elle est censurée. Aucun des quotidiens paraissant à Lyon ou à Limoges n’en fait mention sur le moment… Car de Lattre n’a pas pu s’évader sans complicités…

    Mais que faisait de Lattre en prison ? Qui plus est dans une cellule gardée par des Français ? Il était incarcéré depuis neuf mois à la maison d’arrêt de Riom pour “abandon de poste” — lui, de Lattre ! En juin 1940, il avait 51 ans et était dans le camp des vaincus comme toute l’armée française, mais pas prisonnier. Il passait alors dans ce que l’on appelait l’Armée d’armistice, les quelque 100 000 hommes (dans la zone non occupée de la métropole) négociés par Pétain avec Hitler. De Lattre avait été envoyé dans le Puy-de- Dôme ; il en avait profité pour monter des camps d’instruction et des écoles de cadres destinés à “régénérer” la jeunesse. Puis il était parti pour la Tunisie prendre un autre commandement, avant d’être rappelé en métropole où lui était confiée la 16e division militaire à Montpellier.

    Allemands et Italiens franchissent la ligne de démarcation le 11 novembre 1942
    S’il avait été jusqu’alors loyal envers le maréchal Pétain, répugnant à quitter son commandement, ses hommes et le sol français pour rejoindre Londres et le général de Gaulle, il n’avait aucun doute sur son devoir. Il estimait que la France devrait reprendre au moment voulu les armes contre l’Allemagne. Il partageait ainsi le sentiment des généraux Weygand et Juin, eux aussi restés dans l’Armée d’armistice.

    Il crut le moment venu lorsque les soldats allemands et italiens franchirent, le 11 novembre 1942, les lignes de démarcation, en réaction au débarquement américano-britannique du 8 novembre en Afrique du Nord. Il avait espéré que le maréchal Pétain donnerait, face à la violation des termes de l’armistice par la Wehrmacht et au nom de l’honneur, l’ordre de résister. Lui avait tout préparé et entendait bien ordonner à ses unités de faire mouvement vers les Corbières, où il se voyait, grâce à des dépôts d’armes clandestins, créer un bastion de résistance à l’ennemi. Mais le général Bridoux préféra « inviter » officiers et soldats à regagner leurs casernes afin de s’y faire désarmer par les Allemands.

    Pressé de fuir par avion pour Alger, le maréchal Pétain avait refusé de partir, alléguant que son « devoir est de rester ici pour amortir les coups ». Ce jour-là, de Lattre s’estima délié de sa loyauté vis-à-vis d’un chef qu’il jugeait au moins « moralement prisonnier » et d’un régime qui ne représentait plus l’idée qu’il se faisait de la France.

    Accusé de rébellion, de Lattre est lâché par ses officiers, arrêté par les gendarmes, placé en résidence surveillée, enfermé au fort de Montluc, à Lyon, où il est jugé par un “tribunal d’État” aux ordres. L’accusation de “tentative de trahison” ne peut être retenue ; il est tout de même condamné à dix ans de prison. Et le 2 février 1943, date de son anniversaire, il est incarcéré à Riom, dans la même cellule où, un an plus tôt, l’ont précédé les anciens présidents du Conseil Léon Blum et Édouard Daladier. Il n’a plus qu’une idée en tête : s’évader pour reprendre le combat.

    Les conditions de sa détention ne sont guère rigoureuses. Sa femme, Simone, et son fils, Bernard, lui rendent visite régulièrement sans jamais être fouillés. Pas plus que les colis qu’il reçoit. Il se réveille à l’heure qu’il veut. Un détenu lui porte ses repas et entretient sa cellule, qui reste ouverte toute la journée.

    Après une première tentative avortée, il s’évade dans la nuit du 2 au 3 septembre 1943. Un récit rocambolesque de cette histoire va servir de version “autorisée”, pieusement maintenue jusqu’à sa mort par la maréchale de Lattre : son mari aurait limé les barreaux de sa cellule, serait descendu dans la cour grâce à une corde introduite dans la prison par son fils et aurait ensuite franchi l’enceinte extérieure par une échelle de corde déposée par des complices extérieurs…

    Officier au Service historique de la Défense, l’historien militaire Ivan Cadeau, qui publie une toute nouvelle et passionnante biographie du général de Lattre, n’est pas du tout convaincu par cette version initiale, certes héroïque mais improbable. Il s’interroge sur les conditions véritables de l’évasion. Après la guerre, des témoins raconteront que le général est tranquillement sorti par la porte de la maison d’arrêt, grâce à des complicités internes.

    Dans les années 1980, des résistants, tel Louis Grave, affirmeront que l’opération a été montée par le réseau Gallia. L’échelle de corde et les barreaux sciés n’auraient été qu’une mise en scène destinée à éviter des représailles contre les agents pénitentiaires et les policiers stationnés sur place. Mais qui donc l’a assisté ? Qui avait intérêt à le faire ? Ivan Cadeau évoque de multiples hypothèses. Il y en a même une où, pressé par les Allemands, qui réclamaient le transfert de De Lattre en Allemagne, Vichy aurait pu discrètement le laisser filer ! Autre hypothèse, celle des services secrets britanniques agissant à la demande du général Giraud, qui aurait ainsi pu rééquilibrer son duumvirat inconfortable à Alger avec le général de Gaulle (ils coprésident le Comité français de libération nationale). Ni à Londres ni à Washington, on n’aurait beaucoup pleuré sur l’effacement de l’homme du 18 Juin, jugé trop rigide et inquiétant.

    De Lattre est l’opposé de De Gaulle à bien des égards : extraverti, impulsif, mondain et plus soldat que politique pour le premier, quand le second est introverti, impassible, austère et plus politique que soldat. Les deux hommes, qui n’ont qu’une année d’écart, se connaissent et une sourde rivalité les a opposés : avant la guerre, de Lattre a été préféré à de Gaulle par Weygand pour rejoindre l’état-major. Enfin, troisième scénario, celui des services gaullistes eux-mêmes. Pourquoi n’auraient-ils pas pris l’initiative, confiants dans leur capacité à “retourner” cet aristocrate vendéen impétueux ?

    Pour tous, en tout cas, son évasion est un formidable succès de propagande. La libération du seul général français à avoir voulu s’opposer par les armes à l’invasion de la zone libre par les Allemands, voilà un beau tableau de chasse ! D’autant que celui qui fut le plus jeune général de France en 1939 et un soldat valeureux — blessé à 5 reprises pendant la Première Guerre mondiale, où il a reçu 8 citations puis 3 autres lors la campagne du Rif — présente un profil singulier. Il incarne la fin des illusions que la majorité des Français ont eues sur Pétain. Obtenir son ralliement à tel ou tel camp, c’est montrer la voie de la rédemption aux élites, militaires et civiles, trompées par le discours sacrificiel du vainqueur de Verdun.

    Six semaines après son évasion, la nuit du 16 au 17 octobre 1943, un bimoteur britannique Hudson se pose sur un terrain de fortune dans le Mâconnais. Sept personnages grimpent dans l’avion ; parmi eux, un homme à l’épaisse barbe noire habillé en paysan. Ce barbu, c’est de Lattre. À peine débarqué à Portsmouth, il file à Londres, retrouve le général Mathenet, représentant des Français libres à Londres, et… s’installe au Ritz. Trois semaines plus tard, un télégramme du général de Gaulle lui annonce un nouveau commandement et son grade de général d’armée. Sa cinquième étoile !

    « Vous n’avez pas vieilli, mon général », lui dit de Gaulle en l’accueillant à Alger. « Et vous, mon général, vous avez grandi », lui répond de Lattre. Nommé à la tête de l’armée B, qui deviendra la Ire armée, de Lattre sera aux premières loges du débarquement de Provence, le 15 août 1944. Et, dans la nuit du 8 au 9 mai 1945, il signera pour la France l’acte de capitulation de l’Allemagne.



    Par Jean-Michel Demetz
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