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    Féminisation dans les Armées

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    Féminisation dans les Armées Empty Féminisation dans les Armées

    Message par Kuiper le Mar 1 Sep - 11:07

    Féminisation dans les Armées Les-fe10
    Photo Min. Déf.

    (Article rédigé à partir de la Revue Historique des Armées et de la revue Saint-Cyrienne Le Casoar.)

    C’est un sujet délicat mais qu’il faut aborder. La Revue Historique des Armées a publié une étude intéressante à partir d’écrits de femmes ayant servies sous les Drapeaux.

    .


    Des femmes sous les drapeaux écrivent
    Jean-Jacques Monsuez

    Résumé de ce texte :
    La lecture des récits des pionnières de la féminisation des Armées montre que si celles qui ont accompagné les combattants de la seconde Guerre mondiale ou d’Indochine ont rapidement été adoptées, les autres, entrées dans la carrière en l’absence de conflit ouvert, à partir de la fin des années 1970, ont mis plus de trente ans à être acceptées, principalement en raison de la réticence des hommes à les voir à leurs côtés. Parmi les facteurs déterminants du succès de leur insertion, on retrouve le partage des risques et des difficultés liés aux opérations et l’affectation à des missions qui ne soient pas subalternes.

    La féminisation des Armées n’a pas été une chose évidente.
    On lira ce document avec intérêt.
    Je vous propose un premier accourci qui ne traite que du début :


    Si les femmes ont été impliquées de longue date dans la logistique des armées et les secours aux blessés abandonnés sur les champs de bataille, elles n’ont longtemps eu aucun statut et n’ont laissé, en dépit de dévouements parfois exemplaires, que peu de témoignages. Le changement de conception quant à leur place dans les armées qui se fait au début de la Seconde Guerre mondiale, se structure pendant le conflit évoluant vers une féminisation progressive des unités.
    Dans le même temps apparaissent des textes rédigés par des femmes sous les drapeaux, documents administratifs, comptes-rendus de missions ainsi que des autobiographies. Leurs textes, qu’il s’agisse de ceux de volontaires engagées au cours du dernier conflit mondial ou plus tard de ceux de femmes entrées dans la carrière militaire, présentent, en dépit de leur très grande diversité, un certain nombre d’éléments communs.
    Quelles furent les motivations réelles de ces femmes, leurs aspirations profondes lors de leur engagement ? Etaient-elles différentes de celles de leurs camarades masculins qui peuvent se résumer en ces termes servir, combattre, commander. Quelles difficultés ont-elles rencontré en terme de reconnaissance dans leurs fonctions aux côtés des hommes mais aussi en matière de statuts, de perspectives de carrière ? Leurs descriptions du métier des armes et des événements qu’elles ont vécus sont-elles caractéristiques d’une vision plus personnelle qui en cela diffèrerait de celles des hommes ? Comment ont-elles surmonté leurs appréhensions des dangers en opérations, de la captivité mais aussi comment ont-elles géré les difficultés au quotidien de promiscuité avec les hommes ou les problèmes inhérents à une vie de couple ? Enfin, quel regard portent-elles sur leur insertion au sein d’une collectivité dont elles observent les réactions oscillant entre adoption ou rejet, estime ou condescendance quand ce n’est pas mépris voire misogynie ?

    ......

    Et la dernière partie qui traite de la féminisation à partir des années 1970 :

    Le panorama que dressent les femmes ayant choisi de faire carrière au sein des forces armées au début de cette période de « féminisation » progressive à partir de la fin des années 1970, est parfois accablant pour les hommes qui les ont accueillies avec eux sous les drapeaux. Une perspective d’ensemble des difficultés liées au service, aux relations hiérarchiques et au commandement a été dressée, montrant encore en 2000 que moins d’un tiers des femmes, toutes armes confondues, ont une responsabilité hiérarchique, qu’elles n’exercent en moyenne que sur une dizaine de personnes, dont une majorité de femmes. Une large majorité de femmes (79,5 %) considèrent l’accès aux postes de commandement plus difficiles pour les femmes, mais qu’en revanche, les difficultés rencontrées dans l’encadrement, en particulier d’hommes, ne sont pas insurmontables.

    Nombre de femmes arrivées dans leurs unités ou leur école militaire se sont vues indiquer qu’elles n’y étaient pas à leur place.
    « Le métier de gendarme est un métier de disponibilité. On a besoin de gendarmes essentiellement le soir. Et c’est aussi le moment où les femmes veulent rentrer chez elles pour s’occuper de leurs enfants. Ce n’est donc pas compatible avec les attentes de la gendarmerie et de la population »,
    dit un officier de gendarmerie masculin à Laëtitia Pinchault, qui rapporte ses propos dans son mémoire de stage. Anne Geesen ajoute dans son rapport
    « Une femme d’honneur au miroir des faits » que « les gendarmes ont peur d’une concurrence qui pourrait s’exercer entre les hommes et les femmes. Les femmes briseraient la cohésion des hommes, car elles apparaissent comme des éléments perturbateurs ».
    Enfin, la suggestion faite dans le même ouvrage sur la féminisation dans la gendarmerie, « l’arrivée de femmes pourrait remettre en cause la reconnaissance sociale du métier », s’applique probablement à la réticence masculine dans les autres armées et pourrait aussi rendre compte du fait que réticence et misogynie ne soient pas nécessairement associées.
    Dans sa conclusion d’« Une femme amiral », Chantal Desbordes donne également des arguments dans ce sens.
    « A ce titre, je crois avoir été davantage tolérée que reconnue par les marins comme une des leurs… Sur 35 ans, j’ai vu la communauté des marins faire corps contre ce qu’elle ressentait comme l’intrusion d’un ennemi commun, les femmes d’abord, … puis les jeunes défavorisés, comme s’ils allaient ruiner la qualité de la marine… le personnel civil à son tour a cristallisé les manifestations de rejet ».
    La misogynie caricaturale à laquelle Marine Baron est confrontée à l’école des Fusiliers marins procède sans doute d’un mécanisme voisin, quand bien même la rapporte-t-elle avec une certaine brutalité.
    « Ils ne parlent jamais des femmes militaires qu’en termes obscènes et méprisants. Celle-ci, elle est à moitié nympho. Celle-là, elle est nulle, c’est à cause d’elle que l’exercice a foiré. Mais de qui tu parles, de la grande cheminée ? De celle qui a un c.. comme un Flamby ? »

    Plus loin, et en confidence d’une autre femme de son école.
    « Il y a deux types de mecs, ceux qui te draguent ouvertement et ceux qui te pourrissent la vie parce qu’ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas te sauter. …Au carré officiers, les mecs étaient déchaînés. Ils ne parlaient que des différents types de c.. des Africaines ». Malgré cela, c’est surtout la réticence du commandant de l’école qui la minera le plus, et dans laquelle elle décèle, peu avant qu’il ne soit muté, un intérêt pour elle qu’elle n’avait pas soupçonné, chez « un homme qui avait toujours eu des problèmes avec les femmes ».

    Une réticence voisine à sa présence dans la Marine est signifiée à Catherine Bertrand-Gannerie, mais dans une seule de ses affectations, à la BAN de Lann Bihoué. Certes, elle a déjà été conduite auparavant à gifler un officier supérieur qui tentait de l’embrasser, alors qu’elle ne portait encore qu’un unique galon, mais cet incident, au reste isolé, traduit plus une maladresse personnelle de son interlocuteur qu’un phénomène général. Cependant, sa difficulté à être reconnue comme un officier de marine demeure pour elle le problème essentiel de sa carrière. A peine stagiaire embarquée à bord de l’Agenais, elle demande :
    « Quand y aura-t-il de la place pour nous ? Ma question ne reçoit comme réponse que des sourires condescendants ».
    Des années plus tard, à Lann Bihoué, avec ses trois galons et la motivation sans faille qui a guidé sa carrière, elle en est à nouveau accablée.
    « Plus que du mépris, c’est maintenant de l’hostilité que je sens chez le pacha. Pour lui, je prends la place d’un masculin ; je n’ai rien à faire ici… Ce cinéma autour de l’embarquement du personnel féminin ! Poudre aux yeux, cache-misère face au public, aux journalistes, au ministre lui-même ».
    Toutefois face à de tels préjugés l’auteur répond en ces termes dans sa conclusion.
    « J’ai aimé commander, comprendre, prévoir, assumer. J’ai aimé obéir et accepter. Et aussi dire non. Messieurs les officiers, que vous l’admettiez ou non, j’ai été un officier de la Marine ».

    Plus belle encore, parce qu’elle montre bien que le long chemin qu’ont tracé les pionnières de la féminisation comme Catherine Bertrand-Gannerie a ouvert les voies de l’intégration complète actuelle, la biographie de Christine Allain, qui retrace ses quinze premières années dans la Marine, qui la conduisent au commandement à la mer. Certes, quelques élèves, à l’Ecole navale, lui ont dit en 1994 qu’une fille n’a pas sa place dans la Marine, mais ils ont admis plus tard qu’à cette époque, trop jeunes, ils manquaient de maturité. Certes, à son embarquement sur le Cassard, qui n’est pas « féminisé », « certains craignent que le bâtiment parte moins souvent en mission parce que c’est [devenu] un bateau de gonzesses », mais l’adoption est néanmoins rapidement au rendez-vous. Il suffit pour cela de lire les deux premières pages d’Une femme sur l’eau, lorsqu’elle quitte l’aviso Commandant Bouan. « Pose ton sac, commandant », lui dit son second, avant que ses officiers ne la débarquent à la rame, ultime marque de leur estime.

    Conclusion
    Les femmes, qui n’ont longtemps pas eu de place aux Armées, ont dû, pour s’y faire reconnaître, surmonter les multiples difficultés qui leur faisaient obstacle. La détermination qui leur a permis d’en venir à bout a souvent eu pour corollaire leur préférence pour les affectations en opérations ou dans une activité dont elles puissent concevoir l’utilité.
    A l’inverse, les récits qu’elles ont fait de leur passage ou de leur vie sous les drapeaux réfutent pour la plupart l’intérêt qu’elles ont pu avoir pour la vie en caserne et les missions de secrétariat, de logistique administrative, qu’une large majorité d’entre elles a décrit comme caricaturalement subalternes et démotivantes, jugement souvent exprimé plus explicitement que ne le font les hommes. La lecture des récits autobiographiques des pionnières de la féminisation des Armées montre que si celles qui ont accompagné les combattants de la Seconde Guerre mondiale ou d’Indochine ont rapidement été adoptées, les autres, entrées dans la carrière en l’absence de conflit ouvert, à partir de la fin des années 1970, ont mis plus de trente ans à être acceptées, principalement en raison de la réticence des hommes à les voir à leurs côtés.

    Le document complet figure en pièce jointe. Vous y trouverez la période précédant 1970.  



    Référence électronique
    Jean-Jacques Monsuez, « Des femmes sous les drapeaux écrivent », Revue historique des armées [En ligne], 272 | 2013, mis en ligne le 22 novembre 2013, consulté le 31 août 2020. URL : http://journals.openedition.org/rha/7781

    Jean-Jacques Monsuez
    Médecin des Hôpitaux de Paris, il est l’auteur de plusieurs articles portant sur l’implication des étrangers dans l’armée française parus dans la Revue historique des armées : « Des chars français premiers blindés israéliens ». « Des Luxembourgeois au service de la France ». « Artillerie de marine Hotchkiss, un fleuron français à la fin du xixe siècle ». « Les sections sanitaires automobiles féminines ». « Les étrangers du service de santé dans la campagne de France ».

    *******************

    LE CASOAR - AVRIL 2018 - n° 229

    EXTRAITS :

    Féminisation dans les Armées Cyr10


    "Entrée à Saint-Cyr en 1996, le colonel Catherine Busch a commandé le 1er bataillon de Saint-Cyr. Mariée à un officier et mère de trois enfants, elle a su concilier un parcours professionnel exigeant et sa vie de famille. Elle reconnaît toutefois que sa carrière et sa vie personnelle n’ont rien d’un long fleuve tranquille. Les clés de sa réussite : la détermination, l’épanouissement dans ses temps de commandement et un solide noyau familial.

    Le général d’armée (2s) Bruno Dary président de La Saint-Cyrienne

    Extrait de son avant-propos.
    … Mais si un équilibre naturel et sain a été trouvé au fil des années, il s’agit de rester constamment vigilant, car la vie nous apprend que rien n’est jamais acquis !
    Cette vigilance revêt plusieurs aspects : d’abord, l’existence de « référent mixité » dans les formations, d’abord pour apporter au commandement un regard féminin, puis, le cas échéant, pour assister les femmes qui seraient confrontées à des difficultés relationnelles. Ensuite, la formation en école, car force est de constater que parmi l’ensemble de ceux qui s’engagent, quel que soit leur grade, tous n’ont pas reçu la même éducation ; il s’avère donc nécessaire, et même indispensable, de conduire des actions de sensibilisation dans le cadre de la formation humaine et morale.
    Enfin, à l’instar de tout organisme, personne n’est parfait et les armées ont été et resteront confrontées, de temps à autre, à des comportements individuels déviants voire scandaleux, qui ont été réprimés en leur temps et qu’il faudra encore sanctionner. Mais nous vivons dans un monde particulier, où, par le jeu médiatique, ce n’est plus « l’exception qui confirme la règle », mais c’est « l’exception qui fait la règle ». Il s’agit donc de se préparer un jour à devoir être confronté à une affaire glauque et inexcusable, où peu de personnes seront impliquées, mais qui rejaillira sur l’ensemble de la communauté militaire, avec tous les excès de langage que l’on peut craindre alors. Ce qui vient de se passer dans le monde du spectacle en est un triste exemple…
    Mais ce risque ne doit pas empêcher d’affirmer, avec sérénité et modestie, que la féminisation dans nos armées, loin de toute idéologie, a été et demeure une réussite, pour le plus grand « succès des armes de la France » !
    Le général d’armée (2s) Bruno Dary
    Source Le Casoar
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    Message par junker le Mar 1 Sep - 14:37

    Je comprend très bien cette explication, Mais en temps de conflit, es-ce que une femme est capable de porter des charges lourde jusqu’à épuisement et monter à l'assaut d'un ennemi qui exècre les femmes au combat comme par exemple les musulmans !! Il y a beaucoup à dire car je sais que dans certain cas la femme est plus résistante que l'homme!!
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    Message par LANG le Mar 1 Sep - 21:17

    J’aurais tendance à penser la même chose.
    Mais, et c’est important, je juge avec des critères « d’autrefois » (comme toi).
    Difficile d’imaginer des femmes dans « notre univers ». Infirmières, d’accord, infirmières parachutistes, pilotes d'hélicoptères, pourquoi pas. Elles étaient surprenantes et on les admirait.

    Au fond d’un trou, 30 ou 50 kg sur le dos… Après 30 ou 70 kms… On a du mal à les imaginer. Ce n’est pas de « l’antiféminisme » (comme on dit aujourd’hui), c’était l’époque qui voulait ça. On n’était pas habitué à les voir comme des « combattantes »… Même si l’histoire nous donnait des exemples. Des exemples « ponctuels ».  

    Aujourd’hui, on nous présente les femmes dans l’Armée avec des images : aviation, Marine, capitaine, colonel, fonctions administratives, élèves à Saint Cyr… Je sais bien que dans certaines armées du monde (Kurdes) elles combattent en première ligne. Mais l’information s’arrête assez rapidement.
    Finalement, sans être arc-bouté sur un point de vue, je veux bien mais je demande « à voir » dans le temps, comme au poker…

    Une dernière remarque : si physiquement, elles peuvent avoir « du mal », il n’en est peut-être pas de même quand il s’agit d’analyser ou de prendre des décisions. « Elles » sont peut-être mieux adaptées que "nous" pour les postes de commandement ? Avec elles aurions nous eu la catastrophe de la RC4, Dien Bien Phu et autres décisions hasardeuses ?
    Bien entendu, je brode un peu…
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