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    Charlie Hebdo. Le stress dans l’action.

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    Charlie Hebdo. Le stress dans l’action. Empty Charlie Hebdo. Le stress dans l’action.

    Message par Blu le Lun 31 Aoû - 9:21

    Le procès des complices des frères Kouachi s’ouvre en ce moment.
    Une occasion de revenir sur un article de M. Goya du 18 janvier 2016 concernant le stress au moment de l’action.
    Une analyse pertinente qui mérite d’être lue ou relue.



    Janvier 2015 Attaque de Charlie Hebdo
    Six combats en 16 minutes dans un rectangle de 250 x 80 m



    Charlie Hebdo. Le stress dans l’action. 15010710


    Les frères Kouachi arrivent dans la rue Nicolas-Appert le 7 janvier à 11h20. Ils pénètrent au n°6 croyant sans doute être dans les locaux de Charlie Hebdo. Après avoir menacé les employés et obtenu la bonne adresse, ils pénètrent au n°10 et tirent sur les agents de maintenance, tuant froidement l’un d'eux, Frédéric Boisseau. Cet assassinat tranche avec l’attitude qu’ils auront par la suite avec ceux qui ne rentrent pas dans la catégorie qu’ils ont décidé de cibler, signe de tension extrême qui se détendra par la suite lorsqu’ils auront considéré avoir réussi leur mission. Une fois à l’intérieur du bâtiment, ils parviennent par la menace à obtenir le code d’accès au journal et arriver dans la salle de réunion du comité de rédaction.

    Entre temps, un des premiers hommes attaqués a averti la police qui envoie immédiatement sur place une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC). Le contact avec l’homme qui a téléphoné permet de faire remonter le renseignement que l’affaire est sans doute liée à Charlie Hebdo, qu’il y a «  Trois [erreur du témoin] personnes à l'intérieur du bâtiment avec des armes lourdes » et il demande du renfort. Outre un agent qui reste avec le véhicule, le reste de l’équipe (deux hommes et une femme) se met en position de bouclage sur les trois sorties possibles du bâtiment. Trois policiers à vélo sont alors en route depuis l’avenue Richard Lenoir suivis par deux autres en voiture pour parfaire le bouclage en attendant probablement l’arrivée de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention).  

    Pendant ce temps, le premier combat a déjà eu lieu à l’intérieur du bâtiment. Les deux frères ont pénétré dans la salle de réunion où ils se trouvent face à un seul garde du corps. Malgré les menaces régulières, l’incendie de novembre 2011, les cyber-attaques et le classement public (Inspire, revue d’AQPA du printemps 2013) de Charb parmi les hommes à tuer, la protection de l’équipe de Charlie Hebdo avait été progressivement réduite de neuf hommes à un seul (plus une patrouille mobile régulière qui n’a été d’aucune utilité) en l’espace d’un peu plus de deux ans. Les soldats agissent toujours au minimum par deux, un seul homme ne pouvant en réalité compter que sur la chance lorsqu’il est surpris par deux attaquants équipés de fusils d’assaut. Malheureusement, Franck Brinsolaro n’a pas eu de chance ce jour-là.

    A 11h33, les frères Kouachi sortent du bâtiment, côté rue Nicolas-Appert, calmement et en hurlant victoire (« Nous avons tué Charlie Hebdo », « Nous avons vengé le Prophète », ce qu’ils répéteront à plusieurs reprises).
    Une policière placée à dix mètres dans le coin droit du bâtiment en face d’eux tire trois fois avec son pistolet, les rate et se poste à nouveau derrière le mur. On retrouvera le même phénomène le 9 janvier au matin lorsqu’un gendarme départemental tirera depuis le coin de l’imprimerie de Dammartin sur Saïd Kouachi à 4 mètres de lui. Il parviendra à le toucher légèrement au cou, ce qui provoquera sa chute, mais au lieu de le neutraliser définitivement, il le laissera se relever et retourner à l’intérieur.

    Les images ne montrent pas les frères Kouachi comme étant fébriles et encore moins inhibés, mais comme étant « focalisés », c'est-à-dire concentrés sur une action précise à la fois comme le policier à terre vers lequel ils courent tous les deux en même temps, sans s’appuyer l’un après l’autre et utiliser les protections de l’environnement. Ils sont alors en situation de déconnexion morale. Le pire est déjà arrivé, s’ils sont très conscients cognitivement de ce qu’ils font, ils n’ont plus aucune conscience ni du danger, ni surtout de l’horreur de ce qu’ils font. Cette conscience peut venir plus tard avec les remords mais ce n’est pas toujours le cas, loin de là. Cette focalisation cognitive explique pourquoi ils se concentrent sur des détails, comme plus tard la chaussure tombée, et en oublient d’autres, comme la perte de la carte d’identité lors du changement de voiture.

    Le même phénomène de « focalisation » frappe aussi certainement les hommes et les femmes qui leur font face. La plupart se concentrent sur l'origine du danger immédiat, avec souvent une acuité accrue, mais d'autres peuvent rester sur la mission qu'ils ont reçu même si celle-ci a changé, un problème technique à résoudre, un objet, etc. Il y a forcément une déperdition de l'efficacité globale, surtout si les hommes et les femmes sont dispersés sans quelqu'un pour donner des ordres.

    Le comportement dans une bulle de violence obéit ainsi à sa propre logique qui peut apparaître comme irrationnelle vu de l’extérieur. Pour le comprendre, il faut partir du stress et de sa gestion…



    Fin de l’article
    …Tout cela a un coût, en finances et en temps d’entraînement, mais cela suppose surtout un changement de regard sur les agents de sécurité, passant du principe de méfiance à un principe de confiance.
    Le premier soldat français tué durant la guerre d’Algérie a été abattu alors qu’il essayait de sortir ses munitions d’un sac en toile. Les premiers soldats engagés dans l’opération Vigipirate avaient également leurs munitions dans des chargeurs thermo-soudés. Il est même arrivé que la prévôté retire leurs armes à des militaires en opérations après des combats. Ces humiliations n’ont, semble-t-il plus cours, et on s’aperçoit que non seulement les soldats ne font pas n’importe quoi pour autant mais sont plus efficaces. On peut considérer que mieux armer les agents de sécurité de l’Etat et assouplir leurs règles d’ouverture soit un danger majeur contre les citoyens, il est probable que cela soit surtout plus dangereux pour leurs ennemis.

    Les attaques de combattants spontanés, plus ou moins dangereuses, de l’agression au couteau jusqu’à l’attaque multiple par un commando très organisé, existent déjà depuis plusieurs années et elles perdureront tant que la guerre contre les organisations djihadistes perdurera. Le cas d'Abdelhakim Dekhar en novembre 2013 montre d'ailleurs que d'autres motivations peuvent aussi exister.

    Il reste donc aux décideurs politiques, et aux citoyens qui les élisent de faire ces choix. On peut se contenter, après chaque attaque, de réactions déclaratoires, de symboles et d'adaptations mineures. Cette stratégie de pure résilience peut avoir ses vertus, mais il faut l'assumer. On peut aussi décider de vraiment transformer notre système de défense et de sécurité pour faire face à l'ennemi, à l'intérieur comme à l'extérieur. Cela suppose des décisions autrement plus fortes qui auront nécessairement un impact profond sur notre système socio-économique et notre diplomatie.

    La France ne sera pas tout à fait la même dans les deux cas mais le courage ne peut pas rester la vertu des seuls hommes et femmes qui sont en première ligne.

    Michel Goya

    Article complet à  lire Le STRESS AU COMBAT

    Charlie Hebdo. Le stress dans l’action. Oip_jf10
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