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    Dans l’intimité du Viêt-Minh

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    Dans l’intimité du Viêt-Minh Empty Dans l’intimité du Viêt-Minh

    Message par CASTOR2 le Mer 19 Aoû - 16:49

    Dans l’intimité du Viêt-Minh, les images capturées par le garde Le Bris
    Par Benoît Haberbusch


    En novembre 1948, lors d’une opération militaire menée dans l’île de Bentré, à 80 kilomètres de Saigon, un gradé de la garde républicaine, Édouard Le Bris, découvre plusieurs dizaines de photographies réalisées par le Viêt-Minh. Il conservera pendant de longues années cette prise de guerre avant d’en faire don en 2005 au Service historique de la Défense. L’album ainsi constitué permet une plongée en profondeur dans le camp adverse au début de la guerre d’Indochine.
    Ces images produites par le service de propagande ennemi sont surtout une excellente représentation de la guerre révolutionnaire prônée par le Viêt-Minh. À l’action militaire, faites de raids et d’embuscades, s’ajoute une action politique, plus fondamentale, basée sur une vision globale du conflit où toutes les ressources doivent être mobilisées et où la population constitue l’enjeu ultime.

    *****

    Remarque : ce document est un commentaire de photos mais il ne contient malheureusement aucune des photos dont il est question. Les informations sont néanmoins intéressantes.
    Voici un extrait du début de ce document qui pourra être lu en entier sur le fichier pdf joint.


    *****

    … En tout, 79 photographies ont été récupérées. Le maréchal des logis-chef Le Bris les a rassemblées dans un album. Il a pris soin de légender la plupart d’entre elles, ou plus exactement de taper un commentaire plus ou moins bref à la machine à écrire.
    Toutefois, les clichés manquent d’informations aussi essentielles que la date et le lieu des prises de vues. Les personnes photographiées conservent, elles aussi, leur anonymat. Seul un patient travail d’identification permettrait de fournir de précieux renseignements et de rendre plus exploitables toutes ces images. La tâche peut paraître difficile mais la découverte d’éléments nouveaux lors de la rédaction de cet article a déjà permis plusieurs avancées significatives.

    Parallèlement aux images, les commentaires tapés à la machine à écrire par le sous-officier de gendarmerie offrent, quant à eux, un intéressant exemple de la perception de l’adversaire par un combattant français. Pour désigner l’ennemi, le maréchal des logis-chef Le Bris utilise ainsi les expressions de « rebelles » ou « vietmin (sic) » et plus couramment le diminutif de « Viet ».
    Le ton employé dans les légendes n’est en aucun cas diffamant mais plutôt informatif, à la manière d’un exposé. Ainsi en commentant un cliché, il écrit : « Un poste français après [avoir] été pris par les rebelles est incendié. L’armement a été récupéré par eux. Les blessés auront été achevés sur place et leurs cadavres seront la proie des flammes. » Une deuxième photographie lui inspire la remarque suivante : « Les Viets contemplent leur beau travail : ils viennent d’incendier un village pacifié par les Français. » À côté d’une troisième photographie, il se contente d’écrire : « Partisans engagés, chez nous, prisonniers et décapités par les Viets. » Les légendes sont souvent laconiques, mais leur auteur sait parfois mentionner l’élément qui donne toute sa valeur à l’image.

    Le premier intérêt de l’album est de pouvoir donner un visage aux membres du Viêt-Minh des années 1947-1948 à travers des portraits individuels ou de groupe. Les sujets, hommes ou femmes, posent complaisamment devant le photographe. Ils affichent une détermination et une réelle fierté, surtout lorsqu’ils sont armés.
    À côté de l’un d’eux, le commentaire suivant a été inscrit : « Chef de groupe Viet, ex-adjudant de la garde du Vietnam Sud. » Même si cette information reste difficile à vérifier, faute de références, elle traduit néanmoins une réalité.
    En matière d’habillement, les tenues sont très disparates. Les shorts et les chemises blanches voisinent avec les « pyjamas noirs ». Plusieurs vont pieds nus. La récupération semble la règle, surtout en matière de coiffure. L’influence de l’armée française apparaît évidente à travers les bonnets de police et les chapeaux de brousse. Quelques combattants arborent encore des casques japonais rescapés de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, le célèbre casque colonial vert frappé de l’étoile rouge ne figure sur aucune photographie. Une partie des hommes se contentent de foulards noués ou restent nu tête.
    La diversité vestimentaire n’empêche pas la volonté affichée d’une tenue relativement réglementaire, notamment lors des prises d’armes. Là encore, l’inspiration française se fait sentir à travers certaines pièces d’uniformes des gardes d’honneur, étrangement proches de celles des troupes coloniales.
    Durant cette période, à la troupe régulière, dotée d’un uniforme, de cadres et d’une organisation cohérente, s’ajoutent des formations de guérilla appelées « troupes d’auto-défense » ou Tu-vé. La limite entre ces unités est encore difficile à tracer.
    L’armement, quant à lui, demeure léger. On observe essentiellement des fusils et des pistolets mitrailleurs de provenances diverses : françaises, japonaises, américaines et anglaises. Des mitrailleuses et des mortiers sont également visibles. Toutes ces armes, facilement transportables, sont adaptées à la guérilla. Le reste de l’équipement, plutôt sommaire, est aussi de nature à faciliter les déplacements rapides.

    Au total, ces photographies semblent la parfaite application des préceptes de Mao Zedong : « Les armes sont un acteur important mais non décisif de la guerre. Le facteur décisif c’est l’homme et non le matériel. »  Malgré son dénuement, le soldat Viêt-Minh demeure effectivement un combattant redoutable.

    En opérations avec le Viêt-Minh
    Plusieurs photographies sont consacrées aux actions armées menées par le Viêt-Minh. Elles sont une excellente illustration du mode de lutte employé à l’époque, à savoir la guérilla, littéralement la petite guerre, faite d’embuscades, de raids et de coups de mains.
    Plusieurs aspects de cette forme de combat sont représentés en images. Un premier élément caractéristique, propre au conflit indochinois, concerne les coolies. Leur rôle est parfois occulté ou minimisé mais il n’en demeure pas moins fondamental dans cette guerre. La carence en matière de routes, d’engins de transport (notamment les hélicoptères) et la nature du terrain obligent à recourir à de nombreux porteurs. Employé par les deux camps, plutôt contraint que consentant, le coolie, généralement paysan, est amené à parcourir de longues distances lourdement chargé. Durant tout le conflit, des centaines de milliers de coolies – hommes et femmes – parcourent le Viêt-nam en tous sens, de nuit comme de jour, et le plus souvent sous les couverts, donc à l’abri des vues de l’aviation française.
    Sur la seule épreuve qui en montre, Édouard Le Bris a noté : « Porteurs de munitions aux troupes rebelles. » Il n’a pas ajouté d’autres commentaires pour préciser si ces coolies effectuent ce transport de leur plein gré. Quoiqu’il en soit, grâce à leur aide, le Viêt-Minh dispose d’une grande marge de manœuvre pour frapper où il le souhaite en faisant suivre sa logistique. Guerre de mouvement, le conflit indochinois est aussi une guerre d’attente. Se déplaçant sans cesse, le partisan doit savoir se rendre invisible aux moyens d’observation efficaces de l’armée française, notamment aux photos aériennes. Il passe maître dans l’art du camouflage et de la dispersion.
    L’album du gradé Le Bris témoigne de la maîtrise acquise par l’adversaire dans ce domaine. Il a appris à tirer avantage du milieu dans lequel il évolue. La forêt, les berges des cours d’eau et même les rizières sont susceptibles d’offrir autant de cachettes où l’on peut se tapir en attendant le moment propice pour attaquer. Une des photographies, prise au plus près de parachutistes français en patrouille, est un exemple saisissant de la faible distance qui pouvait exister avec l’ennemi. Ce cliché permet également de mieux saisir le climat oppressant régnant au sein de la troupe française face à un rival insaisissable et pourtant si proche.

    Deux types d’embuscades sont représentés : l’une contre une embarcation fluviale et l’autre contre un convoi routier. Si la première se limite à une photographie montrant le résultat de l’attaque (l’embarcation en flammes), la seconde s’apparente à une véritable séquence répartie en huit images. Pour cette dernière opération, la question d’une éventuelle reconstitution peut se poser en raison de la netteté de l’image. Ceci dit, si la scène a pu être « rejouée », cela s’est fait très peu de temps après l’embuscade, comme en témoigne la mise à feu progressive des véhicules.
    La première photo présente le convoi sur la route avec la rizière en premier plan où l’on devine des guérilleros. Édouard Le Bris note : « Ils le laissent s’engager dans l’embuscade qu’ils ont tendue de chaque côté de la route, ceci fait ils donnent l’assaut sur les véhicules : drapeau rouge en tête. »
    Les deux clichés suivants montrent effectivement les assaillants chargeant à découvert. L’opérateur est placé derrière eux. S’il avait été placé devant, la reconstitution aurait été plus que probable. Toutefois, plusieurs détails, tels que la position des fusils ou cet homme immobile semblant contempler la scène, donnent à penser que l’assaut a très certainement été rejoué.
    Deux autres clichés se focalisent sur les véhicules. De toute évidence, la prise de vue ne s’est pas faite dans le feu de l’action car les vainqueurs ont l’air plutôt nonchalant. Comme le remarque le garde républicain, des cadavres de Français peuvent être aperçus près des véhicules. Édouard Le Bris note encore ceci : « Avant de se retirer, avec l’armement qu’ils auront récupérer (sic), ils détruisent tous les véhicules constituant le convoi. »
    Sur l’un des véhicules civils, une affiche de la République de Cochinchine avec trois bandes bleues et un portrait a été apposée. Il n’y a aucune mention permettant d’identifier la date et le lieu de cette embuscade. Toutefois, la découverte de clichés identiques ou similaires dans trois publications permet de déterminer qu’il s’agit de l’embuscade survenue près de Tân Hiêp à l’ouest de Mytho le 25 avril 1947. Au cours de cette attaque engagée contre une trentaine de véhicules, deux membres de la République de Cochinchine trouvent la mort : le ministre de l’Éducation nationale Truong Vinh Khanh et le sous-secrétaire d’État à l’information Diêp Quang Dông. Le bilan des pertes s’établit à 40 militaires, dont le lieutenant-colonel Jean Augustin Trocard, chef du 2e bureau du commandement supérieur des troupes françaises d’Extrême-Orient, et cinq fonctionnaires français ou indochinois tués...
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