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    Hermann RENKERT Fallschirmjäger parachutiste

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    Hermann RENKERT Fallschirmjäger parachutiste Empty Hermann RENKERT Fallschirmjäger parachutiste

    Message par CASTOR2 le Mar 4 Aoû - 9:06

    C’est en recherchant le site de l’association des anciens du 8 que je suis tombé sur un texte publié sur le site de la Fédération Nationale des Associations Parachutistes (FNAP).
    Il s’agit de l’histoire de Hermann Renkert, un Alsacien « Fallschirmjäger » qui est devenu « parachutiste »…



    *******

    (Texte rédigé en mars 2020).
    Le « 8 » est en deuil. Le « 8 » vient de perdre un de ses plus grands Anciens, un de ces soldats qui ont fait l’histoire des paras, la légende du « 8 », Hermann, un rescapé de Dien Bien Phu, après avoir servi comme « Fallschirmjäger ».
    C’était un homme d’une extraordinaire humilité, un homme simple, solide, fidèle, extrêmement respectueux, qui m’a profondément impressionné chaque fois que j’ai eu l’honneur et le bonheur de le rencontrer, à Castres et chez lui, en Alsace.
    Vous trouverez en pièce jointe un très beau texte écrit par Jacques Antoine, qui témoigne d’un destin exceptionnel et admirable ; pensez donc, un soldat titulaire à la fois de la Croix de Fer et de la Légion d’Honneur.
    Une page de notre histoire se tourne, quelle tristesse, mais quelle leçon !
    Nous ne pourrons pas l’accompagner dans son dernier saut sur terre, mais nous lui rendrons l’hommage qui lui est du le moment venu.
    Bien amicalement
    Claude Réglat


    De la croix de fer à l'ancre d'or.

    Le 10 mai 1940, 35 divisions d'infanterie allemandes, 7 divisions blindées et 3 motorisées traversent la forêt des Ardennes en trois jours et surprennent le haut-commandement militaire français qui croyait cette zone infranchissable.
    Dans les semaines qui suivent, l'armée française, réputée la plus forte d'Europe est en déroute. Quelques unités vont se battre courageusement mais le sort en est jeté. La Blitzkrieg aura eu raison de Paul Reynaud, notre président du Conseil, qui disait en septembre 1939: "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts"
    En juin, la Wehrmacht entre en Alsace qui est aussitôt annexée au Reich. L'Alsace est rattachée au pays de Bade et les Alsaciens deviennent des "Volksdeutscher". La langue française est interdite, le port du béret aussi.
    A Hohwiller, un petit village au nord-est d'Haguenau, devant la ferme de ses parents, Hermann, 14 ans regarde passer un convoi de camions Opel-Blitz plein d'hommes casqués. Il ne sait quoi penser mais comprend qu'il n'est plus en France. Lui reviennent en mémoire les récits de son grand-père qui effectua ses trois ans de service militaire dans les Dragons du Kaiser en 1882 lorsque l'Alsace était devenue allemande après la guerre de 1870.
    Début 1941, le NSDAP se met en place avec tous les organismes du Reich, dont la "Hitlerjugend". Hermann est aussitôt concerné comme tous les jeunes alsaciens de 10 à 18 ans. On ne choisit pas ou non d'y adhérer, c'est obligatoire.
    L'uniforme est gratuit. Dans les Jeunesses Hitlériennes, il y a trois spécialités, le tir et les randonnées, le canoë ou le voilier et le vol à voile, ce n'est pas un hasard.
    Notre jeune alsacien fasciné par les avions va choisir le planeur. Il y a deux activités par semaine, une technique et l'autre politique. Entre temps, il y a l'école et le travail à la ferme. A 18 ans on quitte la "HJ" pour entrer dans le "RAD" (Service du Travail). C'est l'antichambre de l'armée pour six mois, le style est plus militarisé mais en dehors de la formation politique, le RAD effectue des travaux d'intérêt général. Il n'y a pas d'armes.
    C'est le 6 juin 1944 qu'Hermann endosse l'uniforme du RAD. Son premier grand chantier est le déblaiement d'une raffinerie de pétrole bombardée par les américains. Il n'a encore que 17 ans mais dans l’Allemagne de 1944 tout presse car l'empire hitlérien craque de toutes parts et au lieu des 6 mois de service habituels dans cet organisme, il n'en fait que trois. Le 5 septembre 1944 il est convoqué au centre de recrutement, subit des tests d'aptitude puis est envoyé à Wittstock-Dosse au nord-ouest de Berlin à l'école des parachutistes. Sa connaissance du vol en planeur l'a amené tout logiquement dans la Luftwaffe mais c'est aussi dans la Luftwaffe que l'on trouve les parachutistes. Hermann sera para, pas pilote. Il n'y a plus de carburant, il ne sera pas breveté et apprendra le combat d'infanterie.
    Début février 1945, Hermann est en Hollande dans un bataillon allemand face aux Anglais. Il va combattre pied à pied en reculant vers le nord de l'Allemagne jusqu'au 8 mai. Son unité va sans cesse jouer au loup traqué et maintes fois éviter la capture ou l'anéantissement. Les forces en face sont disproportionnées. Le moindre mouvement de jour déclenche un orage d'artillerie et les avions alliés qui constellent le ciel piquent et mitraillent tout ce qui bouge.
    Tous les jours, les paras allemands enterrent sur place des camarades tués. Dans la section d'Hermann ils sont un peu plus de vingt soldats très jeunes, leur chef, un adjudant Autrichien, vétéran de la Crête, la trentaine, est leur "papa" comme ils disent. Aucun d'entres eux n'a de nouvelles de sa famille, ils sont seuls dans la tourmente guerrière de cette Europe en feu. Leur "famille" est réduite à la section, la cohésion est au plus haut, l'insouciance du danger fait le reste. Le bataillon recule inexorablement. Depuis le début de février, ils se battent à présent dans le "Vaterland", en Westphalie, c'est le début de la fin.
    Quelques semaines auparavant, l'adjudant avait pris Hermann à part, lors d'un bref moment d'accalmie et lui avait dit: « On a reçu l'ordre d'envoyer les Alsaciens sur le front de l'Est pour éviter les désertions. J'ai dis que tu étais Allemand alors fermes la si tu veux rester avec nous. »
    Hermann à déjà un frère contre les Russes, un autre en Bretagne et le plus jeune vient d'être réquisitionné pour transporter des munitions dans les combats contre les Américains près de son village natal, mais pour ce dernier, il ne le saura qu'en rentrant.
    Début mars le bataillon est à Ossenberg non loin d'un méandre du Rhin au sud de la petite ville de Wesel. Il s'agit de défendre la gare qui est à vue d'une unité canadienne. La section de notre Alsacien s'y trouve retranchée. Le secteur est encore calme mais les paras subissent des tirs de harcèlement sporadiques qui finissent par irriter l'adjudant. Ce dernier désigne Hermann pour aller localiser l'origine des tirs.
    Les Canadiens sont sur une faible hauteur qui domine les voies ferrées. Hermann, malgré ses 1,88 m se faufile entre les maisons en ruines et se retrouve près des tireurs adverses. Il en compte 6 en avant de leurs lignes. Ils sont dans un fossé anti-char et de temps en temps, l'un d'entre eux se redresse, pointe son arme et tire au jugé vers la gare, 300 mètres plus bas. Constatant qu'il vient de trouver ceux qui énervent son chef, Hermann lance une grenade à manche sur eux. Le jet est trop long et l'engin tombe sur le bord arrière du fossé. Les Canadiens l'ont vu instantanément et bondissent comme un seul homme, sur la route. Hermann, les voyant rester bêtement debout, tétanisés, leur crie: "Achtung Granate"
    De longues secondes s'égrènent mais rien ne se passe. La grenade à la bonne idée de ne pas fonctionner. La situation est assurément plus claire, les 6 Canadiens sont à découvert, leurs armes dans le trou et Hermann à quelques mètres avec un PM braqué. Tous lèvent les bras. En chemin il comprend que ses prisonniers sont des Québécois et retrouve un peu son français pour leur parler.
    A la gare ils sont bien accueillis, les paras combattent sans haine. L'adjudant est ébahi par le fait d'armes. Quelques jours plus tard Hermann est promu caporal et on lui remet la croix de Fer. Il a 18 ans.
    La section va encore décrocher et de combats retardateurs en villages détruits, de contre-attaques désespérées en esquives précipitées, se retrouver le 5 mai 1945 sur les rives de la baie de Jade à 15 km au sud du port de Wilhelmshaven. C'est là que par radio, le bataillon apprend la capitulation et reçoit l'ordre de déposer les armes.
    Le lendemain, une compagnie anglaise se présente. Toutefois il va se passer quelque chose d'étrange. Les Anglais installent le bataillon complet dans plusieurs fermes. Les armes sont stockées dans l'une d'entre elles et laissées à la garde des parachutistes allemands. Aucun Anglais ne reste sur place mais ils reviennent régulièrement pour apporter des vivres. Cette situation dure jusqu'au début du mois d'août puis le bataillon est dissous. Churchill n'avait aucune confiance en Staline, il avait donné l'ordre, à son armée, de conserver toutes les unités allemandes fiables en état de reprendre le combat au cas où l'Armée Rouge ne s'arrête pas à la ligne fixée aux accords de Yalta.
    Hermann identifié comme Français est renvoyé chez lui après un passage à Chalons sur Saône dans un camp français de démobilisation. On reconnait sa qualité de "malgré nous" c'est à dire incorporé contre son gré. Il est libéré.
    Le 17 septembre 1945, il revient à Hohwiller en civil avec dans son sac, sa tenue de parachutiste et ses papiers militaire allemands. Il n'a pas encore 19 ans. Il est le premier des trois frères incorporés à rentrer. Emile fait prisonnier dans la poche de Brest reviendra d'Angleterre en août 1946 mais l'ainé Henri restera en Russie, tué à Brest-Litovsk.
    Hermann retrouve peu à peu le rythme du temps de paix et s'attèle aux travaux de la ferme. La vie d'après guerre n'est pas facile et le travail d'agriculteur non plus. il rêve d'autre chose mais ne sait pas vraiment de quoi. Les années passent. Début 1952, Hermann doit se rendre en train à Strasbourg. Il débarque sur le quai et traverse l'immense hall de gare. Juste avant d'en sortir une affiche placardée contre un mur attire son attention: "Engagez vous dans les parachutistes coloniaux".
    Il a entendu parler de l'Indochine. Il décide de tenter l'aventure. Il signe pour deux ans et se retrouve en Bretagne au camp de Meucon pour sa formation militaire. Son passé est connu, il est regroupé avec ceux qui ont déjà fait la guerre, leur instruction combat est déjà faite, il leur reste à passer le brevet de parachutiste.
    Ironie de l'Histoire, Hermann qui n'a pas pu monter dans un avion allemand faute de carburant en 1944 va sauter d'un Junker 52 aux cocardes tricolores. Au brevet, celui qui veut se "distinguer" doit, à la sortie de l'avion, parvenir à poser la main droite sur l'aile avant d'être emporté par la vitesse. Cela n'est absolument pas réglementaire et nécessite une gymnastique particulière et risquée, Hermann y parviendra. Six mois plus tard, le paquebot "Campana" le débarque à Saigon.
    Les bataillons paras sont au Tonkin, il est envoyé à Haiphong, puis Hanoï. Le "6", le bataillon Bigeard à besoin d'hommes mais Hermann n'est pas assez lié en service pour eux. Au 8e Groupement de Parachutistes Coloniaux, il y a de la place et surtout un besoin d'opérateurs radio. Hermann est aussitôt formé sur SCR 694 et rejoint la section commandement du bataillon.
    Désormais il va vivre dans l'environnement immédiat du chef, le capitaine Tourret. La vie des bataillons de parachutistes au Tonkin est des plus "dynamiques", peu de repos, beaucoup d'opérations, des sauts opérationnels souvent sur des zones improbables, des marches harassantes avec des charges pesantes, des combats incessants contre un adversaire fanatisé et mordant. Hermann est de toutes les sorties, sauf pour l'opération "Hirondelle" sur Langson, en juillet 1953 lorsque le "6" et le "8" effectuent une remarquable opération de commandos en plein sanctuaire vietminh suivi d'une esquive épuisante sur prés de 80 km. Il est en stage à Hanoï pour obtenir une qualification supérieure en transmissions.
    En novembre de la même année l'ultime aventure indochinoise commence, c'est l'opération "Castor" pour la prise de Dien Bien Phu. Le 8e GCP, rebaptisé 8e BPC( Bataillon Parachutiste de Choc) sera, avec le 1er BEP, les seuls bataillons aéroportés à demeurer sur place pour former un groupement intégré à la garnison du camp retranché.
    De novembre 1953 à fin février 1954, ces deux unités vont multiplier les reconnaissances offensives autour de la vallée et se heurter à chaque sorties aux divisions du Vietminh qui, inexorablement se resserrent en étau sur les Français. Les accrochages sont systématiques et de plus en plus proches du camp. Le 13 mars la bataille commence par un déluge d'artillerie. L'affrontement va durer 55 jours et va connaitre l'épilogue que l'on sait. Le 7 mai, après que chacun ait pris connaissance de l'ordre ultime du commandement: "Cessez le feu à 17H30», Hermann sort de son abri après avoir détruit ses postes. Non loin de là, les artilleurs posent des charges sur leurs canons et les font sauter.
    Notre Alsacien, debout dans une tranchée inondée démonte son PM et jette les pièces. Soudain une masse de boue comme une explosion silencieuse venue du sol, le projette en arrière violemment, il ressent une douleur au pied et l'eau se colore de rouge. Il comprendra plus tard que c'est une culasse de canon qui lui est retombée sur le pied. Un copain infirmier le soigne. Ils savent qu'ils vont se retrouver prisonniers des Viets avant la nuit. La blessure relativement légère est enveloppée dans un bandage disproportionné. C'est ce qui sauvera Hermann de la captivité. Cet énorme pansement lui vaudra une évacuation aérienne avec les grands blessés que l'ennemi rendra pour illustrer la "grande clémence de l'Oncle Hô".
    Après quelques mois de remise en forme, il est évacué sur la France par des avions de l'US Air Force. Un tour du monde avant de rentrer en quelque sorte. Hermann se souvient de l'escale à Hawaï. On leur annonce en vol qu'ils vont bénéficier de deux jours de visite dans les îles. Malheureusement lors de la prise en charge par le service de santé américain, un français mal inspiré, met la main aux fesses d'une infirmière. Bilan: Tout le monde est consigné dans les chambres, pas de visite touristique.
    En 1955 Hermann est démobilisé et rentre retrouver la ferme des parents. Son aventure militaire est définitivement close. Il se mariera, aura 7 enfants et travaillera encore des années dans l'agriculture avant de devenir conducteur routier. Il le restera jusqu'à sa retraite.
    Début des années 2000, il apprend l'existence de l'Amicale du régiment. Il s'y inscrit et depuis, tous les ans, pour la Saint-Michel ou le changement de chef de corps, il descend du fin fond de l'Alsace pour être présent. En 2010, eut égard à ses titres de guerre d'Indochine, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.
    Sa grande silhouette est désormais bien connue au 8e RPIMa

    Source FNAP ICI
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