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    junker

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    Histoires d'été (Une dernière...)

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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Ven 31 Juil - 22:40

    Quelques textes perdus au fond d'un tiroir que je vous propose pour commencer ce mois d'aout...
    Comme dans le célèbre "feuilleton", je vous préviens : ils seront détruits après lecture...
    Normal, car ils n'ont aucun rapport avec le forum.
    Comme diraient certains (?), ils sont HS...
    Mais vous pouvez les lire quand même car ils ne sont pas forcément "bien pensants"...


    ****

    Pour ceux qui vont à la pêche...

    La truite de ma grand-mère.

    Ma grand-mère n’aimait pas le poisson.
    Même le vendredi, elle préférait faire un repas normal au risque de déplaire à monsieur le curé.
    Oui, une drôle de dame ma grand-mère.
    Charmante et enjouée elle n’avait pas son pareil pour cuisiner en chantant.
    Mais je ne l’ai jamais vu cuisiner du poisson.
    Pourtant, elle habitait à deux pas de la rivière et les pêcheurs lui proposaient souvent une belle prise.
    Pourquoi ce refus ?
    Petit, je n’ai jamais osé lui demander et le temps a passé.
    Elle nous a quitté un soir de printemps.
    En revenant de l’enterrement, j’ai eu l’explication en discutant avec l’un de ses voisins.
    Cet homme, qui était un pêcheur à la ligne assidu, me raconta une étrange histoire.
    Un jour d’octobre, alors que rien ne mordait, il vit passer ma grand-mère. Ils s’entendaient bien et à chaque rencontre ils échangeaient leurs souvenirs de classe.
    Ce jour-là, ils évoquèrent peut-être les récréations pendant lesquelles garçons et filles se lançaient des boules de neige par-dessus la clôture de séparation. C’était un moyen de déclarer sa flamme à condition de savoir viser et ma grand-mère était douée. Elle faisait souvent mouche sur le même garçon qui devint un jour mon grand-père…
    L’évocation des souvenirs allait bon train.
    Soudain, les éclats de rires furent interrompus par le tressaillement de la canne à pêche. Un poisson mordait.
    Le voisin, surpris, s’arcbouta pour maitriser sa prise.
    Après quelques instants, l’heureux pêcheur aperçut une magnifique truite au bout de sa ligne. Quelques moulinets de plus et elle se retrouva dans le panier.
    Elle était belle. Très belle. Vraiment une truite magnifique.
    Consciente du sort  qui l’attendait elle se débattit sans beaucoup de conviction.
    Le pêcheur, persuadé que ma grand-mère lui avait porté chance, lui offrit sa prise.
    Une heure plus tard, elle cuisina la truite accompagnée d’amandes.
    Ce fut un régal.
    Mais, cette truite, d’une exceptionnelle beauté, avait une très grande réputation dans la rivière.
    Tous les poissons admiraient sa prestance et la couleur de ses yeux.
    Son regard bleu acier et ses coups de queue en avaient séduit plus d’un.
    Sa disparition avait fait l’effet d’une véritable lame de fond et la nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre.
    En quelques heures une grande tristesse s’abattit sur le monde sous-marin.
    Les poissons se mirent à pleurer, pleurer.
    Beaucoup pleurer...

    On évacua ma grand-mère en bateau pneumatique au milieu de la nuit.
    La rivière avait débordé…


    Dernière édition par LANG le Dim 30 Aoû - 16:45, édité 25 fois
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Mar 4 Aoû - 17:08

    Toujours dans le cadre de ces « histoires d’été » (qui vont disparaître) j’ai pensé à ceux qui ont un chien…

    ******

    Une histoire de chien…

    Ce matin j’ai eu une longue conversation avec mon chien.
    Après m’avoir réveillé à l’aube en faisant des galipettes dans mon lit, il a tenu  à préciser que c’était la dernière fois. Surpris, j’ai pris mon petit déjeuner et, après m’être rasé, je l’ai convoqué pour un entretien.
    Il a mis un certain temps avant de venir s’assoir dans le canapé...
    Passées les formules d’usage, je lui ai signifié mon étonnement quant à sa déclaration faite après m’avoir réveillé à l’aube. Pourquoi avait-il tenu à préciser que c’était la dernière fois ?
    J’ai bien vu à son regard que cette question directe le gênait. Il tourna plusieurs fois sa langue autour du museau et s’exprima en me fixant droit dans les yeux.
    Son exposé était clair, limpide et précis. Venant de mon chien cela n’avait rien d’étonnant, mais quand même une telle dextérité dans sa démonstration avait de quoi impressionner. J’ai mis un certain temps à comprendre.
    A comprendre qu’il avait attentivement regardé les informations la veille au soir pendant que je surfais d’un site à l’autre sur mon ordinateur. Assis dans son fauteuil bleu, un œil bien ouvert, il avait lu par-dessus mon épaule. Passées les infos sur un petit gros insignifiant et quelques nouvelles sans intérêt, il avait été fasciné par un article qui le concernait. Un peu plus tard, la télévision, qu’il suivait toujours attentivement, avait confirmé ce dont il était question. Son statut était en discussion au parlement : plus question qu’il soit un meuble !
    J’ai essayé de lui faire comprendre que cela ne changerait rien entre nous.
    En vain.
    D’un air supérieur, il a déclaré qu’il ne faisait plus partie du mobilier !
    Et, comme je n’avais toujours pas compris, il précisa qu’il n’était plus mon réveil matin !

    Depuis, je dors beaucoup mieux…

    Histoires d'été (Une dernière...) Goliat12

    (Vous l'avez certainement reconnu...
    Le mien s'appelle Gulliver.)
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty re : Histoire d'été

    Message par otosan le Mar 4 Aoû - 17:48

    Merci Lang , elles sont belles ces histoires .
    je reconnait Goliath 2 , mais ce n'est pas lui qui nous réveillaient le matin , il n'aboyait pas a ses fort !!!
    ce n'était pas un meuble mais la coqueluche du 1er RCP .
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par junker le Mar 4 Aoû - 19:14

    C'est beau d'être compris par son chien et du coup le maitre qui lui a tout compris !! Il y en tellement de maitre qui n'ont jamais compris les animaux et pourtant ils sont si expressifs !!!!!
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par Brigitte B. le Mar 4 Aoû - 20:52

    Comprendre les animaux...

    Comme je vous suis junker. Encore faut-il se déboucher les oreilles et ouvrir les yeux...

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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Ven 7 Aoû - 16:52


    Qui a dit qu'il faisait 40° ?
    Ces gens du Sud exagèrent toujours un peu...
    Bon d’accord, il fait chaud.
    Certains sautent en parachute pour prendre l'air, d'autres vont rendre visite au réfrigérateur...
    Je suis parti faire le tour du jardin…



    **********

    Conversations dans un jardin…

    Au détour du buisson d’asters je le vis.
    Il était appuyé sur son pied gauche et son œil me fixait.
    Un hochement de tête me fit comprendre qu’il avait quelque chose à me dire.
    Un héron qui communique c’est rare. Je me suis approché.
    Un petit coup de bec sympa sur ma main tendue et la conversation s’engagea.
    Avec un charmant petit accent, il m’expliqua qu’il devenait de plus en plus difficile de trouver un endroit pour faire un nid.
    Je l’ai écouté avec intérêt…
    Un peu plus loin, au pied d’un vieux pommier, j’ai été interpellé par un couple de corbeaux qui découpait une pomme en rondelles. Découper des tranches avec un bec ce n’est pas facile mais ils y tenaient. Ils étaient de la vieille école. Manger proprement faisait partie de leur éducation.
    Entre deux croassements de satisfaction eux aussi me firent part de leurs soucis pour se loger.
    Les arbres un peu grands étaient coupés par peur des tempêtes. Les plus petits étaient envahis par les étourneaux et leurs horribles piaillements.
    Comment dans ces conditions trouver un endroit pour élever les enfants correctement !
    J’étais bien d’accord avec eux...
    En poursuivant mon chemin, je suis tombé nez à nez sur un écureuil qui enfouissait laborieusement une noix sous un arbuste.
    Une fois de plus, j’entendis quelqu’un se plaindre des difficultés à trouver un logement. Les oiseaux migrateurs s’étaient installés partout. Des tentatives de négociations avaient bien été faites mais personne ne se comprenait. Les traducteurs avaient renoncé car le langage des signes avait entrainé des affrontements. Certains gestes ayant été mal interprétés.
    Faute de mieux, les écureuils s’étaient installés dans les tas de feuilles au grand dam des hérissons.
    Ces derniers avaient cherché refuge chez les fourmis.
    Depuis, les vers de terre creusaient des trous partout à la recherche d’un peu de tranquillité.
    Arrivé au fond du jardin, j’ai fait signe au rouge gorge qu’il était inutile de pousser des piaillements de désespoir.
    J’avais compris. Encore un qui avait des problèmes d’installation !
    Alors, la mésange bleue que je connaissais bien sauta sur mon épaule pour me proposer une graine de tournesol.
    J’ai accepté son cadeau et nous avons bavardé un instant.
    Nous avons surtout parlé de la couleur du ciel. A la fin de la conversation, au moment de me quitter, elle m’a demandé si elle pouvait s’installer dans la cheminée.
    Je n’ai pas répondu. J’ai peut-être eu tort…

    Depuis une semaine, je ne sais plus où dormir.
    Le héron est dans le salon. Il saute de fauteuil en fauteuil, il est ravi.
    Les corbeaux sont dans la cuisine, mais tout est parfaitement rangé et les petits font la vaisselle chacun leur tour.
    Les écureuils passent de la chambre à coucher à la salle à manger et cachent leurs noix sous les armoires.
    Le rouge gorge s’ébat dans la baignoire et chante à tue tête dès que je tente de prendre une douche.
    Quant à la cave, elle est occupée par le hérisson qui s’est installé dans la réserve à vins. Je bois de l’eau, c’est meilleur pour la santé.
    Le garage est devenu le royaume des fourmis et la voiture disparait sous une montagne  d’épines de sapins.
    Depuis, je prends les transports en commun.

    Hier, j’ai téléphoné à mon voisin pour lui demander s’il avait une chambre à louer.
    Il y avait beaucoup de bruit chez lui.
    Il était navré de ne pas pouvoir me rendre service.
    Sa maison était occupée par une bande de cols verts…
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Dim 9 Aoû - 21:35

    40° ?...
    Allez, une dernière pour la route, histoire de se rafraichir avant que tout ne disparaisse…


    ************

    C’est qui ?

    Sur un air de chanson.
    Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ...?

    Il avait une drôle de tête.
    Ce type-là.
    Une tête d’électricien, de pompier ou de directeur financier.
    A vrai dire je ne sais pas, mais il avait une drôle de tête.
    Une tête bien faite avec deux yeux et un nez. Et des oreilles aussi.
    Bon, cela ne suffisait pas à en faire une drôle de tête mais, avec ce menton en galoche et ce front sans rides, il avait une tête.
    J’oubliais.
    Oui, j'allais oublier sa bouche fermée qui complétait le tableau avec un petit air dubitatif.
    Un genre qu’il se donnait peut-être ?
    En tout cas, cela lui donnait l’air sérieux et même préoccupé.
    Il m’examina de la tête aux pieds.
    Je n’aimais pas ce regard inquisiteur, cette façon de vous mesurer du regard !
    Je l’ai déjà dit mais c’est vrai, il avait une drôle de tête.
    Bouche fermée, il ne parlait pas.

    Quel silence.
    Heureusement, un vieux ventilateur grinçant mettait un peu d’ambiance.
    Un bruit sympathique tout compte fait, mais il y manquait le rythme.
    J’aurais préféré quelque chose de plus rock’n roll. Tant pis.
    A bien y réfléchir c’était un peu inutile vu l’atmosphère.
    Un silence de mort, une ambiance lugubre, un type à drôle de tête…
    Pas de boogie woogie avant la prière du soir ?
    Mais, au contraire !
    Ce devait être un bon moyen pour dérider cet homme bien préoccupé.
    Un prétexte pour entamer une conversation, discuter du dernier résultat de l’émission « The voice », parler de la coiffure de Pokora ou de la dernière des « Vieilles canailles ». Et, pourquoi pas, aborder un sujet plus sérieux comme le problème de la culture musicale à l’école maternelle ?
    La musique adoucit les mœurs et rapproche les hommes !
    Alors rock’n roll ou pas ?

    J’en étais là de mes réflexions profondes lorsqu’il s’est éloigné.
    Il a ouvert une porte derrière moi.
    J’ai entendu comme un bruit de roulettes. Et une impression de déplacement à l’horizontale…
    Des roulettes sur des rails…
    Tout est devenu noir et plus que silencieux.
    Il faisait frais, même un peu froid.
    Et, je me suis demandé où j'étais.
    Et même, tenez-vous bien, je me suis demandé si je n'étais pas... mort !

    La prochaine fois que je verrai cet homme à la drôle de tête,
    Je lui poserai quand même la question...
    Drôle de type !
    Une tête à croquer des morts…
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par bretivert le Dim 9 Aoû - 23:27



    un vieux ventilateur grinçant mettait un peu d’ambiance. Un bruit sympathique tout compte fait, mais il y manquait le rythme. J’aurais préféré quelque chose de plus ...........


    Cela me rappelle une autre histoire, celle d'un aumônier parachutiste et de sa machine à écrire remington, Oh une histoire bien ancienne.
    Le bruit caractéristique de cette machine, a rythmé bien des journées sur cette contrée éloignée d’Indochine.

    Il y avait aussi un chien, mascotte, dont le nom m’échappe aujourd’hui, et les éternels véhicules ramenant inlassablement des corps de soldats, parfois des copains.
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par junker le Lun 10 Aoû - 10:46

    Vous êtes les meilleurs !! Elles sont bien sympa ces petites histoire de rien du tout , mais c'est charmant !!!!
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Lun 10 Aoû - 15:19

    Merci bretivert
    Merci junker d'apprécier ces mots faits pour nous aider à passer ce mois d'aout.
    Alors, exceptionnellement, j'ai ressorti quelques feuilles.
    Histoire de supporter la chaleur et les mauvaises nouvelles...
    Tout d'abord, j'ai pensé que ces mots pouvaient être précédés par le VERBE.
    Un VERBE énigmatique bien entendu...
    .


    ******

    Le Verbe...

    Avant, il y eut le verbe, beaucoup de verbe.
    Le verbe se fit chair, on tua le verbe.
    Le silence se fit, un silence profond, presque indifférent.

    Alors, un verbe nouveau se fit entendre, envahissant,  mystérieux.
    C’était un autre verbe, inquiétant, malicieux.
    Il parla aux oiseaux, à la poule d’eau et aux écureuils.
    Un type qui regardait sauter les poissons au bout de sa ligne, l’entendit et se mit à rire.
    Son chien, agacé par cette attitude déplacée, lui mordit la cheville. Il hurla de douleur.
    Le poisson qui avait tout vu en profita pour se libérer de l’hameçon. Las, ses coups de gueule maladroits brisèrent la canne pourtant de bonne qualité et l’homme cria encore plus fort.

    Le verbe, agacé, réclama le silence. Rien n’y fit. Les hurlements de douleur et de rage avaient attiré foule.
    Les commentaires se superposaient aux arguments et les interprétations aux raisonnements.
    C’est à celui qui parlerait le plus fort pour convaincre l’inconnu qui s’agitait en face et réciproquement.
    Silencieux, oiseaux et poule d’eau regardaient la scène sans comprendre. Les écureuils, qui comprenaient tout, se bouchaient les oreilles et le chien fermait les yeux.

    Alors, le verbe inquiétant et malicieux se fit entendre, envahissant, mystérieux.

    Un vieux moustachu qui connaissait l’histoire du pays évoqua le verbe d’avant.
    Et ce fut l'inquiétude...
    Très rapidement, tout le monde se demanda comment tuer ce verbe. Ce nouveau verbe.
    Deux petites vieilles lui demandèrent hypocritement de se faire chair. Méprisant, le verbe refusa.
    Un jeune imberbe lui adressa deux mots incompréhensibles que le verbe lui retourna. Le jeune homme s’effondra mortellement touché.
    Un gamin qui venait d’arriver, pour se rendre intéressant,  répéta les deux mots.
    Un couple d’âge indéterminé qui avait tendu l'oreille pour lui manifester un intérêt bienveillant tomba foudroyé.
    Quelqu’un émit l’hypothèse qu’ils s’agissaient de mots dangereux.
    " Des mots qui tuent ! " lança un artisan qui s'y connaissait en plomberie.
    " Deux mots qui tuent ? " répéta incrédule le livreur de pizzas.
    C'est à ce moment que le chien se mit à parler.
    Il répéta les deux mots plusieurs fois en hurlant à la mort.
    Les oiseaux, la poule d'eau et les écureuils firent de même dans une cacophonie lugubre.
    C’est à celui qui parlerait le plus fort pour clouer le bec ou le museau qui s'agitait en face.
    Deux retraités de la poste et trois fonctionnaires territoriaux, qui écoutaient sans comprendre, s'effondrèrent sur le champ.

    Alors, la peur se répandit dans la foule.
    Elle arriva subrepticement par la plante des pieds puis s’immisça lentement par la narine droite.  
    Tout le monde regretta le verbe d’avant mais il était trop tard…
    Les gens tombèrent comme des dominos...
    Les plus intelligents, survécurent en se bouchant les oreilles. Ils étaient peu nombreux. Un étranger eut la même chance car il était sourd.

    Ravi de ses deux bons mots, le verbe inquiétant et malicieux décida de faire une sieste...
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    Message par junker le Lun 10 Aoû - 16:19

    Quelle imagination fertile j'en suis décontenancé ! Par Saint Michel c'est trop fort !!! Il faut en faire un petit ou un grand livre,pour nos p'tits gars des cités à caractère grammaticalement, carrément opposé !!
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    Message par LANG le Mar 11 Aoû - 17:29

    Quand il fait chaud, on va au bord de la rivière…

    Le silence de la rivière...

    Je l’avais vu arriver. Sobre, raide et souriante.
    La présentation ne m’a laissé aucun souvenir.
    Elle était elle. J’étais moi.
    Que dire ? Rien. Le silence permettait une communication profonde sans arrangements.
    Je l’ai regardée passer sans un mot. Sauf un léger clapotis. Amical peut-être ?
    Que s’était-il passé ? Rien. A part le silence contrarié par cette vaguelette.
    Pourtant nous avions parlé. Nous avions parlé sans nous entendre ?
    Oui, sans nous entendre.
    On peut entendre le bruit de la mer mais pas celui d’une rivière.
    Une rivière est discrète. Elle n’étale pas ses sentiments même s’il lui arrive parfois de sortir de ses berges.
    Alors on s’était parlé en silence.
    Un silence bien rempli. Que de choses, que d’évènements depuis la source !
    Ce jaillissement discret, puis ces cheminements joyeux au milieu des herbes en compagnie de copines venues d’un peu partout.
    Le regroupement final pour ne former qu’une bande tumultueuse avide de dévaler ce lit dépourvu de douceur.
    Tout ce passé, toutes ces rives caressées et tous ces arbres salués, parfois arrachés ! Combien de galets à lisser et à polir pour faire éclater leurs couleurs de ciel d’orage ou de matins silencieux.
    Et ces ponts fiers de résister à ses assauts, mais inquiets de la voir charrier tous ces débris aux allures de cadavres momifiés.
    Oui, la route était longue. Longue jusqu’au saut final plein de promesses.
    Quelles promesses à la fin de ce parcours ?
    C’est à ce moment de notre conversation silencieuse que j’ai senti qu’elle me posait la question.
    Elle avait ralenti et une petite feuille s’était mise à tournoyer devant mes pieds en faisant des ronds.
    Que répondre ?
    Lui donner l’espoir d’une arrivée dans un monde où elle pourrait s’exprimer ?
    Elle qui rêvait d’océan déchainé, de ressac assourdissant et de liberté…
    Je n’ai pas osé lui parler du silence de la mer.
    Et je n’ai pas eu le temps de la rassurer.

    L'éclusier, gardien du barrage, m’a salué d’un air entendu. Il avait l’habitude de ces conversations interrompues.
    Il n’était pas là pour donner des illusions mais pour fermer les portes.
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty re : Histoire d'été ( la rivière )

    Message par salliere herve le Mar 11 Aoû - 18:32

    Merci Lang , quel plaisir de vous lire , ces Histoires d'été ont tout , tendresse , réflexion sur l'avenir et rafraichissement .
    Si j'osais , je dirais encore ......
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Mer 12 Aoû - 16:55

    Merci salliere.

    Quelqu’un, là-bas dans le fond a parlé d’écrire, de "p’tits gars des cités à caractère grammaticalement, carrément opposé…"
    Ecrire, oui c’est une idée.
    Mais encore faut-il en avoir, des idées, et quand elles arrivent gare au dérapage.
    Je ne parle pas du dérapage des idées.
    J’entends, et je ne suis pas le seul, j’entends d’ici Madame Grammaire…
    Elle est impitoyable son univers est impitoyable…
    Quant à l’Orthographe, ce complice ridicule et suffisant, c’est une calamité.
    Alors, je comprends ces petits jeunes qui « grammatisent » à leur manière et « ortophonent » comme ils peuvent…
    Je les comprends, mais je ne comprends pas ce qu’ils disent. Mais, cherchent-ils à se faire comprendre ?
    Tenez, je les invite pour une séance de mots.
    Ils vont finir par les comprendre et… à les respecter. Si, si je vous assure…

    - Trente pompes pour renforcer les fesses, ça peut servir…
    - Pause cigarette et pipi de la peur, 5 minutes, rompez !
    - Embarquez !
    - Position crash !
    - Souriez vous êtes filmés…

    Vous voyez c’est simple, voila qu’ils chantent « calmes et triomphants »…
    - Debout accrochez !
    - Go !



    ****************

    Alors écrivons…

    Ecrire, écrire...

    Un jour j’ai rencontré un vieil écrivain.
    Il n’écrivait pas. Il se promenait, et son cheval aussi.
    Son chien faisait la même chose.
    A la recherche d’inspiration, yeux mi-clos, l’écrivain tournait et retournait les brins de sa moustache. Sens des aiguilles d’une montre ou pas cet appendice devait être de bonne composition.
    Mais, tordus, lissés, étirés les poils n’en pouvaient plus. Ce tripotage incessant les mettait dans tous les états. Gauloise le matin, prussienne l’après-midi, la moustache finissait second empire le soir. La nuit venue, devant une page blanche, elle tombait de fatigue sous le regard d’une lampe de bureau et l’indifférence d’une corbeille à papiers.
    Quant au chapeau ! Délavé, tyrolien sans sa plume, il servait à conserver au chaud les idées de son maître qui ne prenait jamais de notes. Brave couvre-chef ! Toujours fidèle au poste, de jour et parfois la nuit. Il était petit, ridicule et content de lui.
    Le cheval permettait de voir les choses d’en haut
    Le chien ne servait à rien.
    Les idées arrivaient au gré des rencontres, et des intempéries. Un temps maussade et l’achat d’un fromage chez l’épicier donnaient souvent une histoire triste.
    Quant à l’hôtelier ou l’électricien c’étaient deux chapitres assurés et parfois un troisième. Prendre une bière à la terrasse du café était plus économique qu’un branchement électrique.
    Tout allait bien, il suffisait d’écouter les histoires des uns et des autres. Une fois le chapeau bien rempli, imaginer un début, si possible une fin et exprimer le tout avec des mots.
    Le problème venait des femmes. Non pas des rencontres au sein du village. Elles étaient rares et n’étaient pas toujours accompagnées de petits déjeuners.  Non, le problème venait des correctrices de l’éditeur.
    Ces dames à l’œil acéré, armées d’un crayon, sillonnaient les pages du manuscrit à la recherche du moindre défaut. Un mot de trop par ci, une phrase trop longue par-là, un manque de clarté ailleurs et l’écrivain ne reconnaissait plus son texte.
    Le choix du titre n’était pas remis en cause, sauf par l’éditeur.
    Restaient les dédicaces : un vrai travail d’écrivain !
    Un jour, beaucoup plus tard, j’ai retrouvé le vieil écrivain. Il avait encore sa moustache.
    Mais pas son cheval.
    Le temps avait passé, le succès était-il toujours au rendez-vous ?
    Assis sur un banc, il voyait encore les choses d’en haut car il écoutait son chien assis à ses pieds.
    Il agitait son chapeau et le remplissait, peut-être, avec des histoires de croquettes ou de chasse au renard ?  

    Finalement, c’est utile un chien, même pour un écrivain.
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    Message par LANG le Jeu 13 Aoû - 16:57

    On n’écoute pas suffisamment ce que les gens vous racontent.
    Quelques mots échangés c’est parfois une histoire, un étonnement ou un mouchoir agité…


    *****************
    Une vache m’a dit…

    Un jour, la vache du champ d’à côté m’a adressé la parole.
    Elle avait un petit accent, de grands yeux bleus, un museau luisant et une marguerite au coin des lèvres. Avec un air charmant elle m’a lancé :
    —    Alors, on se promène ?
    C’est vrai, je n’avais pas envie de répondre. Je pensais à autre chose. Mais elle insista.
    —    Vous avez l’air triste et préoccupé. Allons, il fait beau, l’herbe est verte et les oiseaux chantent. Pourquoi se faire du souci, la vie est belle !
    Comme je la regardais avec des yeux incrédules, elle poursuivit :
    —    Voyez, moi par exemple, je suis heureuse ! Mes petits veaux sont partis et je peux manger dans le calme. Mes deux copines sont allées faire un tour en camionnette et j’attends leur carte postale. Mon voisin le taureau est fatigué, j'ai enfin la paix. Je vous assure, je n’ai jamais été si heureuse. Et vous, comment allez-vous, pourquoi cet air triste ?
    Une vache qui s’intéresse à vous de la sorte mérite une réponse.
    Je lui ai expliqué que mes copains étaient partis je ne sais où, qu’ils me manquaient et que je n’avais pas de copine. Par politesse,  je lui ai demandé si elle avait déjà reçu des cartes postales.
    Elle m'a regardé d’un un air pensif.
    Elle allait me répondre quand nous avons été dérangés.
    Un type affublé d’un chapeau et armé d’un bâton a ouvert l’entrée de mon champ. Je n'ai jamais aimé ce type. Ni son regard inquisiteur, ni sa main qui me tapotait hypocritement le dos. Il a grommelé quelque chose en m’indiquant vigoureusement la sortie.
    Je n’avais pas le choix. Une dernière bouse pour marquer mon passage et en avant pour l’aventure !
    La vache du champ d’à côté, avec sa marguerite au coin des lèvres, m'a regardé d’un drôle d’air. Un air pas rigolard du tout…
    J'ai tourné lentement la tête et, avec un grand sourire, je lui ai promis d'envoyer une carte postale…

    Une vache m’a dit…
    Oui, cette histoire, c’était dans une autre vie !
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    Message par LANG le Ven 14 Aoû - 17:33

    On va bientôt nous reparler de confinement.
    Alors faut s’habituer à rester chez soi…


    Bulles...

    Certains ont la bible sur la table de nuit et, après une sainte lecture, s’endorment pour rêver tranquillement. Pour ma part, j’ai un faible pour Brian Greene * qui m’initie aux univers parallèles. Chacun son univers…  
    Rien de tel qu’une navigation dans un monde de « branes » accompagné de quelques « bosons de Higgs »  en se frayant un passage au milieu des « cordes » et « super cordes » qui vibrent, pour se changer les idées le soir au fond du lit…
    (Bon d’accord, je sais, tout le monde a compris que j’ai un faible pour la « cosmologie »…).

    Nous ne sommes pas seuls parait-il.
    Notre univers pourrait faire partie de milliards de milliards d’univers-bulles ! Et, pour être totalement rassuré, figurez-vous que nous vivons dans un espace à neuf dimensions. Oui, neuf dimensions au lieu des trois comme nous en avons l’habitude. Et pour simplifier, en rajoutant le temps, nous vaquons délicieusement dans un espace-temps à dix dimensions !
    Impressionnant non ?
    Pourtant cela n’empêche personne de dormir…  
    Et je m’endors, puis me réveille dans mon univers bulle.

    Mais, l’autre jour, en sortant de chez le boulanger, il m’est arrivé une chose curieuse alors que je descendais tranquillement la rue de la bibliothèque avec ma baguette sous le bras.
    Deux pigeons jaunes roucoulaient sur une gouttière, une vieille dame tirait son chien installé dans un caddie et le cantonnier s’évertuait à ramasser une feuille d’érable sans se baisser. Au loin, une jeune femme, les pieds dans l’eau, aidait un caneton à nager et sur la rivière un gars remontait le courant en pédalo en chantant La Marseillaise. Un pêcheur assurait l’accompagnement avec une trompette et les poissons appréciaient en sautant hors de l’eau. Sur un parking, un type en maillot de bain embrassait le tronc d’un platane pour se ressourcer et une joggeuse – son épouse peut-être - courait après sa fille qui  faisait du gym cana entre les voitures. Dans le ciel, un avion de ligne du Qatar vidait allègrement son carburant pour prendre de l’altitude. Il faisait beau, les tondeuses jacassaient et les pompiers vérifiaient leurs sirènes.
    Jusque là rien à dire. Je suis d’accord. La routine habituelle en quelque sorte.
    J’ai jeté un coup d’œil à travers les vitres de la bibliothèque pour voir s’il y avait du monde. Personne.
    Et soudain…
    Oui, et soudain, « effet tunnel » peut-être, que sais-je, je me suis retrouvé sur les bancs d’une école !
    Vous savez avec un tunnel qui relie deux zones de l’espace temps tout est possible. Si, si je vous assure.
    J’étais donc dans une école.
    Une école qui sentait bon l’encre bleue, le bois usé par des générations de coudes et la fumée d’un poêle à charbon. Les dessins sur les murs avaient des allures géométriques et le tableau noir était rempli de formules mathématiques. Aucune ne m’était familière.
    Un silence pesant régnait dans la salle.
    J’étais assis à droite avec des garçons qui portaient des cheveux longs. A gauche, se tenaient ceux qui avaient les cheveux courts.
    Devant nous, du haut d’une plateforme surélevée, officiait le maître. Absorbé, il lisait un texte sur un grand livre suspendu par deux tiges en acier. En le regardant tourner les pages on pouvait apercevoir de temps en temps de gros titres. Il s’agissait de journaux. Le professeur lisait la presse !
    Mais, et quelle ne fut pas ma surprise : devant moi, sur le pupitre se trouvait également un journal. Un petit tour d’horizon me le confirma : nous lisions tous des journaux ! Le même d’ailleurs.
    Malgré mes efforts je n’arrivais pas à comprendre le moindre mot. J’étais désespéré par mon incapacité à déchiffrer le texte.
    En relevant la tête, je vis soudain que le maitre me regardait. Ses yeux me fixaient avec intensité et, lentement, il leva son bras droit en me désignant du doigt et s’écria : « Lisez-nous les deux commandements !»
    Les deux commandements ? Ma stupeur se transforma en panique, où trouver ces « commandements » ? Dans ce journal étalé devant moi que j’étais incapable de déchiffrer ? Les mains moites, je tournais les pages fébrilement mais les lignes étaient toujours aussi incompréhensibles.
    Le désespoir allait me submerger lorsqu’un coup de coude de mon voisin me fit tourner la tête. Le garçon aux cheveux longs me désignait discrètement un panneau accroché au mur. On pouvait lire, et j’arrivais à lire : Les commandements du monde des bulles.
    Je m’entendis égrener à haute voix :
    « Dans un univers-bulle, tu regardes où tu mets les pieds et tu ne regardes pas dans la bulle d’à côté ! »
    Un applaudissement à tout rompre salua ma prestation. La maître leva les bras au ciel et désigna un autre élève puis, toute la classe chanta les deux commandements sur un air endiablé.
    J’étais bien.
    J’ai fermé les yeux un instant.
    Quand je les ai ouverts, je n’étais plus dans la salle de classe !

    A côté de moi se tenait la dame au chien dans le caddie. En levant les bras, elle me demandait de crier moins fort car je faisais peur à son toutou. Derrière elle, une foule énorme brandissait des banderoles indéchiffrables et  grondait en me regardant méchamment. Je reconnu la joggeuse qui criait comme une furie et le pêcheur qui brandissait sa trompette d’un air menaçant. Je ne comprenais rien aux invectives. La haine se lisait pourtant sur les visages. J’étais désespéré par mon incapacité à déchiffrer ce langage.
    En me retournant, je vis le cantonnier qui me regardait d’un air ironique.
    « Vous donnerez le bonjour à votre dame ! » me lança-t-il allégrement.
    Miracle. Je l’avais compris !
    Je remontais la ruelle en courant en regardant le bout de mes pieds.  
    Il était temps de revenir dans mon univers-bulle… et d’y rester.
    « Dans un univers-bulle, tu regardes où tu mets les pieds et tu ne regardes pas dans la bulle d’à côté ! »

    Je sens que je vais arrêter  de lire ce bouquin d’astronomie…

    * Brian Greene : astrophysicien professeur de physique et de mathématiques à l’université de Columbia de New York. Ses livres :   L’univers élégant, La Magie du cosmos, La réalité cachée.

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    Message par LANG le Sam 15 Aoû - 17:08

    On ne voit pas tout.
    Parfois c'est parce qu'on a perdu l'habitude de regarder
    .


    Qui a vu...

    Ce matin j’ai eu peur.
    J’étais en train de me raser tranquillement devant ma glace lorsque j’ai eu un choc. Quelqu’un me regardait droit dans les yeux !
    Observé pendant sa toilette du matin ! Et sans complexe !
    Croyez-moi, ça fait un drôle d’effet.
    On est occupé à suivre le rasoir du coin de l’œil et tout à coup ce regard qui vous fixe sans ménagement.
    D’abord, on a du mal à y croire, on détourne les yeux, on fait semblant de s’intéresser à autre chose.
    Mine de rien, on suit avec attention le parcours de la lame, la mousse qui déborde sur la narine gauche, le poil qui a survécu sous le menton…
    Tout faire comme si de rien n’était.
    Et d’écouter attentivement les nouvelles diffusées par une radio nasillarde car les piles sont usées.
    En vain.
    Inutile de déployer son énergie matinale à occulter cette sensation d’être observé.
    Il suffit de vérifier.
    Un coup d’œil furtif : le regard de la glace est toujours là.
    Impressionnant !
    Rien à faire pour s’en débarrasser !

    Demain, je me laisse pousser la barbe.
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty re : Histoire d'été ( Qui à vu ...)

    Message par otosan le Sam 15 Aoû - 18:17

    Vous aussi !!! je pensais être le seul à voir cet inconnu ..... enlever le miroir , mais comment ce raser ??? la barbe une solution , mais je risque d'être contrôlé plus souvent et madame , va t'elle apprécier ???
    des idées camarades , je suis preneur ;
    Merci Lang
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    Message par LANG le Dim 16 Aoû - 17:04

    Avant, on entendait parler tous les jours du drapeau noir. Depuis, c’est le silence. On se demande où il se trouve, s’il existe encore.
    Je crois bien l’avoir retrouvé…


    Le drapeau noir flotte sur la marmite.

    J’avais faim.
    Mettre un pied devant l’autre permettait d’avancer et de penser à autre chose qu’un bon potage fumant.
    Au détour du chemin je suis tombé nez à nez avec un escargot qui me barrait le passage.
    Ses intentions n’étaient pas belliqueuses malgré ses cornes qui tournaient dans tous les sens mais je n’étais pas rassuré.
    Finalement, à l’entendre, il y avait de quoi.
    Il m’expliqua que sa nervosité venait d’une histoire que lui avait racontée un collègue venu du nord. Une bande d’énergumènes ravageait le pays en détruisant tout sur son passage. Les gens fuyaient en les entendant arriver.
    Les nids de fourmis laborieusement échafaudés sur des souches anciennes faisaient l’objet d’un saccage où la rage des destructeurs se déchainait sans aucune retenue. Le manque de respect pour ces monuments était navrant. Tous ces chefs d’œuvres détruits en quelques instants, quel malheur, quelle catastrophe.
    Mais il y avait pire.
    Ces gens-là ne s’occupaient pas que des ouvrages de fourmis.
    A l’écouter, ces « nettoyeurs » (c’est ainsi qu’on les surnomme) passent le reste du temps à secouer les tapis, les couvertures et même les draps dès qu’ils aperçoivent la moindre salissure.
    « La propreté à tout prix ». C'est la devise qui figure sur le verso de leurs drapeaux noirs.
    L'inscription sur le recto est illisible.
    Malheur aux taches sur les murs : le mur est condamné !
    Honte aux vitres sales : les carreaux sont brisés !
    Quant aux vêtements douteux : leur vie ne tient qu’à un fil !
    Sus à la poussière, quelle que soit sa couleur, elle est martyrisée, torturée, brisée et vaporisée !
    Sur les propriétaires de ces choses souillées circulaient les bruits les plus inquiétants. Selon certains, ils subissaient le même sort : l’élimination collatérale !
    Un tel programme faisait froid dans le dos et j’imaginais tous ces gens fuyant en emportant leurs matelas douteux et leurs couvertures décorées de poils de chien.
    Mais j’avais toujours aussi faim.
    Alors, courageusement, je repris ma course en quête d’un potage réconfortant.
    Au sommet de la colline j’aperçu soudain une marmite fumante !
    Une dame, la tête ceinte d’un bandeau noir, s’affairait avec une grande perche pour remuer le contenu de la marmite.
    Je m’approchais.
    Une surprise m’attendait.
    L’odeur qui émanait du récipient ne faisait aucun doute.
    Ce n’était pas de la soupe !
    De la lessive !
    Le grand nettoyage était là devant moi.
    La petite dame me regardait avec attention. Je pris conscience que mes vêtements n’étaient pas d’une grande propreté.
    Le temps de sentir la peur m’envahir et d’apercevoir le drapeau noir qui surmontait le bâton ne dura qu’une fraction se seconde.
    Je me retrouvais par terre.
    C’est ce qui me sauva !

    La perspective de finir au fond de la marmite m’avait fait tomber du lit.


    Histoires d'été (Une dernière...) Drapea14

    Ndlr : toute référence à l'actualité passée ou à des personnes connues serait pure fantaisie.
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    Message par LANG le Lun 17 Aoû - 16:29

    Histoires d’été.
    En fouillant bien…

    Il parait qu’on rencontre beaucoup de guêpes en ce moment.
    Des guêpes oui, mais pas que…


    Rencontres !

    Le sol était humide et j’étais en pantoufles. Charentaises peut-être mais quand même… Oui, la glissade était assurée.
    Je glissais donc.
    E=mc² !  Bien entendu toute mon énergie se transforma en masse animée d’une certaine vitesse. Ou l’inverse peut-être…
    La gravitation(*) m’apporta un secours non négligeable. Oui, ce « tissu », qui fait office de vide pour les ignares, avait une déformation, une pente, bien adaptée à notre planète et à mon dérapage.

    (*) La gravitation comme chacun le sait n’est pas une force mais une déformation de l’espace-temps. Oui, un peu de « culture scientifique » ne fait pas de mal ! Non ?

    Je retombai donc, les quatre pieds en l’air, avec un poids que n’aurait pas renié la pomme de Newton.
    Mes pantoufles, un peu à la traine, ont fini par me rejoindre. Nous étions au complet ! Complets sans être synchronisés.
    C’est alors, profitant de mon désarroi, qu’une mouche me piqua.
    Une mouche, une grosse mouche bien dodue à la recherche de l’âme sœur.
    Entrer en relation ne me traversa pas l’esprit. Il était ailleurs. Il était à la recherche de mes lunettes car sans lunettes comment savoir à qui l’on a à faire.
    Je n’ai pas retrouvé mes lunettes !
    A défaut d’y voir, j’entamai une conversation avec cette mouche si téméraire.
    Si, si, je vous assure, et les sujets ne manquaient pas.
    Nous avons d’abord parlé pantoufles.
    Elle ne connaissait pas et de plus trouvait que ce n’était pas commode pour se frotter les pattes. Bonne raison que j’acceptais sans discuter. J’ai eu quand même du mal à lui faire admettre que je ne voyais pas où était l’intérêt de me frotter les orteils. Ses gros yeux ont examiné mes deux appendices avec circonspection.
    L’absence d’ailes sur mon dos l’a intriguée.
    J’ai essayé de lui expliquer que pour voler il me suffisait de prendre un billet d’avion ou de m’équiper d’un parachute, elle resta perplexe.
    Nous avons longuement étalé nos différences à propos de nos plats préférés. Elle n’aimait pas les frites et j’avais horreur des asticots.
    Quant à nos activités, nos gouts étaient peu compatibles. Je ne me voyais pas marcher au plafond de ma chambre et la randonnée n’était pas sa tasse de thé.
    Nous avons tout essayé pour trouver un point commun pouvant justifier notre entrée en relation. La musique, la lecture, le jardinage, les séries télévisées et même la qualité des oreillers, rien n’y fit.
    Nous étions incompatibles !
    Le « quelque chose » qui l’avait attiré vers moi restait un mystère.
    Alors, d’un geste grave, elle croisa une dernière fois ses pattes sur mon nez et s’envola délicieusement.
    D’un battement d’aile, elle me survola une fois encore pour me dire d’un air grave :
    « Je vais m’inscrire à un site de rencontre ! «.
    D’un signe de la main je lui ai souhaité bonne chance.
    Et j’ai retrouvé mes lunettes.

    Une dizaine de mouches tournaient autour de moi.
    J’avais un succès fou !
    Il ne faut pas décevoir une foule.
    J’ai tout de suite donné l’adresse d’un site de rencontre…

    Et je suis allé prendre ma douche.
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    Message par junker le Mar 18 Aoû - 9:03

    Je me délecte, je savoure ta verve et ta façon de jongler avec tes personnages incompatibles !!!
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    Message par LANG le Mar 18 Aoû - 16:51

    Certaines histoires « d’été » peuvent être proches de la réalité…

    ****

    Dessine-moi une parabole…


    J’étais venu…
    Oui, c’était un peu par hasard, mais j’étais venu.
    Venu vous voir.
    D’abord, il m’a semblé que vous étiez intéressé. Un nouveau, un mot, une tournure tout semblait vous surprendre, agréablement.
    Des services rendus, des réparations en tous genres et des histoires originales à l’allure de paraboles… J’exhaussais vos demandes et vous écoutiez avec ravissement en dégustant vos apéritifs.
    Et puis vous avez pris l’habitude…

    Un jour, je ne sais pas pourquoi, en faisant une balade en l’air, j’ai tourné un peu rapidement à quatre vingt dix degrés.
    Mon engin qui était resté dans un coin était un peu nerveux. Et puis, j’aime bien les sensations fortes.
    Quelqu’un m’a vu.
    C’était un type casqué qui volait en parlant américain.
    C’était du côté du triangle… Oui, je sais c’est top secret.
    Top là comme on dit chez vous ?  Pas tout à fait au top me direz-vous. C’est vrai, j’ai oublié quelque chose. J’ai oublié de vous dire que j’étais venu de loin, de très loin même.
    Mon père m’avait dit vas-y, tu verras du pays, ils sont sympas ce sont des gens comme nous.
    Comme nous, ils ont deux yeux, deux oreilles, un nez et plein de trucs annexes qui sont agréables au toucher.
    J’étais donc parti.
    En arrivant, j’ai constaté que mon père avait raison. Les pères c’est comme ça, on y pense quand on ne les a plus sous la main et ils ont raison quand ils ne sont plus là…
    J’étais arrivé un matin.
    J’ai croisé une gentille dame qui cherchait son caddy. Je lui ai donné un coup de main. Elle était charmante.
    Au coin de la rue il n’y avait personne alors j’ai demandé mon chemin à une petite fille. Elle a rit en me tendant son smartphone et nous avons regardé un énergumène se trémousser. Cà la faisait rire, c’était charmant.
    Plus loin, un jeune à moto cherchait à faire pétarader son engin. Je lui ai donné un coup de main. Chacun sait que nous maitrisons la propagation du son et que nous avons depuis longtemps banni le bruit dans notre espace. Il voulait du bruit, je lui ai donné du bruit. Il s’est tourné vers moi avec un grand sourire. Il était charmant…
    Sur un banc, j’ai trouvé un gars qui semblait concentré en regardant sa main. Il a levé la tête et mis sa main à la bouche. Fermé les yeux et deux secondes après a expiré de la fumée. Il devait avoir chaud au cœur pour en arriver là. Il m’a tendu la main mais je lui ai répondu par un sourire car je ne voulais pas lui prendre sa chaleur. C’était un échange charmant…

    Cela fait maintenant un bout de temps que je suis ici.
    L’endroit est amusant et les gens semblent sympathiques. Ils aiment bien quand je leur raconte mes histoires et surtout quand je leur rends des services. C’est vrai.
    C’est vrai, mais je commence à me poser des questions.
    Mon père m’avait dit qu’ils avaient deux yeux, deux oreilles, un nez et plein de trucs annexes qui sont agréables au toucher.
    Finalement, à bien les observer, je trouve que leurs yeux passent leur temps à regarder n’importe quoi. Des écrans, ils passent leur temps à regarder des écrans de couleurs.
    Leurs oreilles doivent avoir une sacrée contenance. Avec tout ce qu’ils entendent et se disent à longueur de journée le degré de saturation doit être atteint en très peu de temps.
    Je ne sais pas comment ils y arrivent.
    Leurs nez avalent tout et n’importe quoi, comme les oreilles d’ailleurs. Cela ne doit pas être bon pour leurs connexions supérieures. Mais ces connexions existent-elles vraiment ?
    J’ai des doutes quant à leur efficacité.
    Faire le tri, ils en sont incapables. Et on s’en rend compte dans certaines conversations échangées. Ils disent souvent n’importe quoi.
    Leurs cheveux sont agréables à toucher et encore tout dépend à qui on a à faire.
    Finalement, vous voyez, mon père avait un peu raison mais pas trop.
    Depuis, j’en ai appris des choses.
    Ainsi, savez-vous que les petits jeunes s’amusent beaucoup avec de petites jeunes. A force de regarder ces gars qui se trémoussent les petites jeunes finissent par amuser ces petits jeunes et d’autres petits jeunes ou vieux à raison de cinquante fois par jour.
    Cinquante fois c’est beaucoup non ?
    Et pendant ce temps, on peut apercevoir toutes ces jambes qui courent après un ballon rond. C’est certainement  plaisant si on écoute tous les hurlements de bêtes qui les accompagnent. Ici, on hurle quand on donne des coups.
    Donner des coups, ils aiment…
    Ils ont d’autres jeux.
    Avec certaines balles, ces jeux se terminent mal. Comme avec les mots., car ils savent tuer avec les mots.

    Alors, je vais faire mon rapport.
    Entrer en relation avec ces gens-là est certainement possible.
    Une possibilité assortie d’un impératif.
    Une obligation même. Oui, il faut rester totalement invisible pour ne pas les voir ou les entendre.
    Je parle de ceux à deux pattes.
    Les autres, qui se déplacent avec quatre membres, des nageoires ou des ailes, sont fréquentables.
    Sinon, c’est vrai, c’est un coin charmant.

    Tenez, je vous rends votre couronne, c’était gentil de votre part.

    ******************


    Histoires d'été (Une dernière...) 53210110
    Photo lignesdedefense

    « Dans un communiqué du 4 août, le DoD (ministère américain de la défense) a annoncé la mise en place d'une unité chargée d'étudier les signalements d'OVNI. »
    Vous pourrez lire le texte complet ICI
    Et vous y trouverez des vidéos déclassifiées de 2004 et 2015 !  ICI
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par game duration le Mar 18 Aoû - 19:23

    ICI, le mot est lâché, ICI est parsemé ici ou là dans le texte, tel les cailloux du petit poucet ! ICI oui ICI et pourquoi ici est pas ailleurs ?
    Et bien peut-être que c'est ici que l'on se sent bien, ici que c'est chez nous, mais ici, selon ou l'on se trouve, ce n'est pas le même endroit. Et là réside la difficulté vous en conviendrez. Mais ce forum, notre forum, pour tout le monde il est au même endroit, il es ICI, et là c'est une certitude.
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    Message par LANG le Mer 19 Aoû - 16:59

    Le temps, un ami qu'il ne faut pas perdre...

    *************

    Les maitres du temps.

    Hier matin ils étaient cinq.
    Enfin, deux qui creusaient un trou et trois qui regardaient en discutant.
    Tout avait commencé à 8h30, heure d’été. Un camion, une camionnette, un tractopelle.
    Et bientôt cinq gars revêtus de combinaisons couleur orange ont contemplé un bout de trottoir en bavardant.
    La discussion s’est poursuivie et l’attente s’est prolongée jusqu’à 11heures environ.
    Vers 11h30 le trou a commencé à se creuser.
    A midi, bien entendu, une pause s’imposait.
    Elle eut lieu.
    Et, à 13h30 le trou a commencé à… se combler avec du sable.
    A 16h, naturellement tout s’arrêta.
    Il était temps d’attendre la semaine prochaine pour recommencer…une bonne journée bien remplie.

    Le temps…
    Maitriser le temps c’est prendre le sien…
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Jeu 20 Aoû - 17:02

    Si tout le monde pense la même chose, s’agit-il d’une pensée unique ?

    La pensée unique.

    Depuis quelques temps on entend parler de pensée unique. Je me suis demandé ce qu’était cette pensée unique. Pour obtenir une réponse à cette question existentielle j’ai tout simplement pris rendez-vous.
    Oui, j’ai rencontré l’homme à la pensée unique !
    Il habitait dans une petite ville que je ne connaissais pas. Il n’y avait personne dans les rues et c’est lui qui faisait l’animation en se rendant à la poste pour acheter des timbres sans faire la queue.
    Il n’achetait qu’un seul timbre et l’unique préposée de la poste avait beaucoup de difficultés pour en détacher un du seul carnet dont elle disposait.
    Pour le retour, à chaque fois, il empruntait le sens unique pour rentrer chez lui et ne rencontrait personne.
    Sa maison était grande et isolée. C’est là qu’il m’avait reçu. Il m’attendait seul devant sa porte et m’a fait entrer.
    Une grande pièce occupait le rez-de-chaussée. Une table et une seule chaise. Nous sommes restés debout pendant l’entretien.
    Après un long monologue d’une heure, j’ai appris beaucoup de choses.
    Enfant unique, il avait été élevé seul sans ses parents par une grand-mère bénévole passionnée de musique. Elle n’aimait pas Brahms mais avait une dévotion particulière pour Wagner et le petit s’endormait bercé par les Walkyries.
    Dispensé d’école maternelle pour d’obscures raisons, il échappa à l’école primaire grâce à des cours particuliers dispensés par un instituteur à la retraite. Cet homme, qui n’avait aucun sens pédagogique, partageait la même haine pour Brahms que la grand-mère.
    Le collège ne lui fut pas épargné et il bénéficia des programmes remaniés à l’issue de la réforme portant sur le collège unique.
    Premier de sa classe en musique, il ne faisait jamais de passes pendant les matchs de foot et s’était retrouvé gardien de but à la demande de ses camarades. Solitaire pendant les récréations, il se lia d’amitié avec le concierge, un célibataire endurci, qui parlait tout seul en balayant la cour.
    Le soir, pour se détendre, il allumait le poste de télévision avec son programme unique diffusé par l’ORTF. Une seule chaîne qu’il ne regardait que d’un œil l’autre étant plongé dans l’histoire de Robinson Crusoé naufragé solitaire dont il admirait les prouesses sur une ile déserte. Une ile déserte comme sa chambre dans laquelle il aimait se réfugier les soirs d’hiver pour admirer un tableau peint par son père. Une pièce unique d’après sa grand-mère, qui représentait une maison isolée derrière un arbre éclairé par une lune couleur feu de braises.
    Tout le monde l’aura compris, l’environnement du jeune homme prédisposait au calme et à la sérénité. Il favorisait la réflexion.
    C’est ainsi qu’il se forgea une idée du monde qui l’entourait. Une idée qu’il avait du mal à partager car la plupart du temps il était seul. Parfois, en se regardant dans la glace, il tentait d’esquisser un dialogue mais son homologue disait la même chose. Lassé, il avait fini par supprimer toutes les glaces et se contentait de parler seul sans se regarder.
    A la fin de l’entretien, qui tenait plutôt du monologue, il fut surpris de constater ma présence.
    Lui ayant expliqué l’objet de ma visite, à savoir la recherche de la pensée unique, il m’a longuement regardé.
    Le silence était insoutenable.
    Soudain, alors que je lui tendais la main pour prendre congé il est parti d’un grand éclat de rire.
    J’ai quitté la pièce, tête basse, sans renouveler ma question.

    Depuis que j’ai quitté l’homme à la pensée unique, je cherche toujours une réponse.
    Cela me demande beaucoup de temps.
    En attendant, pour passer ce temps, je ris, je ris presque toute la journée.

    C’est fatiguant et ce n’est pas facile de réfléchir dans ces conditions mais je ne me plains pas car la nourriture est bonne.
    Ma chambre a des murs bleus. J’ai la télé avec toutes les chaines TNT, un petit lit pour moi tout seul et le personnel est très gentil.
    Tous les matins, je part à la recherche de la pensée unique.

    Pour me faciliter les choses, ils ont enlevé toutes les glaces de ma chambre sans fenêtre …
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    Message par LANG le Ven 21 Aoû - 16:58

    Le mois d'aout touche à sa fin.
    Mes histoires aussi.
    En voila encore une, verte et pas trop mûre.
    Et n’oubliez pas, les mots savent nous jouer des tours…


    Le tigre du potager.

    Un brin de menthe se laissait caresser par le vent.
    C’était une manière d’attirer l’attention.
    Arrivé à maturité, il était grand temps de se faire cueillir.
    On la surnommait le tigre du potager car ses rapports avec les autres n'étaient pas faciles.
    Comme avec cette voisine, une touffe de persil, qui n'avait pas supporté son odeur.
    La rupture eut lieu un soir d’été et les merles voisins s’en souviennent encore. Le tintamarre avait même été entendu par un vieux poireau pourtant bien enterré. La perturbation s’était installée dans le massif de carottes et même les pommes de terre avaient refusé de pousser.
    Le vieux jardinier eut beaucoup de mal à remettre de l’ordre mais il s’y connaissait dans l’art de remettre chacun à sa place. La menthe grogna un peu mais accepta finalement sa solitude retrouvée.
    Le calme était revenu. Chacun vaquait à ses occupations en prenant soins de ne pas regarder la menthe dans les yeux.
    Un jour pourtant, il y eut du changement.
    Un nouveau jardinier venait d’arriver. Tout jeune, tout beau, tout mignon.
    A la différence de l’ancien, il ne connaissait pas très bien les rapports entre les différents habitants du potager. Le passage de consignes, pour des raisons obscures, n’avait pas eu lieu.
    Le brin de menthe profita de cette ignorance pour demander son transfert dans un coin plus ensoleillé. Il eut satisfaction.
    Un peu plus tard, il obtint l’arrachage de plusieurs pieds de tomates puis un arrosage personnalisé.
    Ses grandes feuilles pointues exerçaient un charme certain sur le nouvel arrivant.
    Au fil des semaines ce charme opéra une profonde transformation du petit jardinier... et du jardin.
    Un claquement de feuille, une bouffée de menthe, un appel impératif et le jeune homme accourait.
    Il était devenu son homme à tout faire. Et il faisait beaucoup.
    Si bien que le potager s’était vidé de ses habitants. Seule la menthe trônait maintenant au milieu de ce vaste espace.
    Les sollicitations restaient si fréquentes que le petit jardinier décida de s’y installer à demeure. Il creusa un trou et le transforma en abri.
    Bien entendu, le brin de menthe lui imposa la couleur de la cuisine, la taille des casseroles et la largeur du lit.
    Le temps apporta quelques heureux événements et le jardin vit l’éclosion de petites pousses de menthe fraîche.  
    Le brin de menthe se chargea de leur éducation.
    Le petit jardinier les regarda pousser. Il tenta de communiquer  avec elles mais on lui fit comprendre qu’il avait autre chose à faire.
    Du lever au coucher du soleil et même la nuit, il ratissait, bêchait, remuait, transportait, arrosait, faisait, défaisait…
    Sa vie était devenue un enfer.
    Pour se changer les idées, un jour, il creusa un trou encore plus profond pour respirer tranquillement.
    Il eut tort.
    Il était devenu inutile.
    D’un revers de feuille, la menthe boucha le trou.

    Cette menthe, le tigre du potager…
    Le tigre du potager était un tigre de l’herbe… une "menthe » religieuse !

    ***

    Et dire que certains pensent que l’orthographe ne sert à rien.
    Sauf les vrais jardiniers bien entendu…
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    Message par salliere herve le Ven 21 Aoû - 20:17

    Espérons qu'un nouveau jardinier arrive et remette la menthe dans sa solitude .....
    Merci Lang pour ces Histoires d'été très appréciées .
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Sam 22 Aoû - 18:45

    Une dernière avant de s’envoler ?
    A tire d'aile...


    Un oiseau m’a dit.

    Un oiseau m’a dit qu’il ne comprenait pas pourquoi il devait passer son temps à courir après la nourriture, se battre pour échapper aux rapaces ou au chat alors que le chien coulait des jours heureux. Des jours heureux à attendre d’être servi par un maître toujours aux petits soins pour lui.

    Il ne comprenait pas que sa maison fût souvent détruite par des gens qui massacraient les haies à la recherche d’alignements éphémères. Alors que les paniers des chiens encombraient le passage dans les couloirs ou trônaient aux pieds des lits sans aucune pudeur.
    Personne ne faisait attention à leurs chants diffusés aux quatre coins pour égayer l’arrivée du soleil ou échanger les dernières nouvelles avec les copines. Les aboiements des chiens, par contre, faisaient l’objet de toutes les attentions. Pour les féliciter ou les conforter ils étaient parfois accompagnés de cris des maitres et le concert reprenait de plus belle.
    Les privilèges des chiens étaient insupportables m’a dit l’oiseau avant de s’envoler.
    L’écœurement devait être important car ils sont tous partis.
    Mon rouge gorge familier est parti le dernier. Il m’a survolé un instant. Je n’ai pas compris ce qu’il me chantait…
    Depuis qu’ils ont quitté la région les chats sont tristes.
    L’un d’eux m’a lancé en soupirant que la course aux escargots sous la pluie ne servait qu'à se mouiller et que tout le monde y avait renoncé. Il a rajouté qu’il avait décidé comme les autres de quitter le pays.
    Plus d’oiseaux, plus de chats !

    Mon chien n’a fait aucun commentaire.
    Il est vrai qu’il reste un hérisson dans le jardin et… je suis toujours là.
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty re / Histoire d'été ( une dernière )

    Message par salliere herve le Sam 22 Aoû - 21:01

    Ne vous envolez pas trop loin Lang , il reste chez vous un Condor et les Rapaces ne sont jamais très loin .
    Vous les verrez passé sous leur corolles blanche .
    Paramicalement
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    Message par LANG le Sam 22 Aoû - 21:31

    Merci salliere.
    Bon, je vais faire un peu de "surplace" mais pas trop...
    Demain, c'est promis, je posterai une histoire un tout petit peu moins Hors Sujet...
    Un tout petit peu.
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    Message par LANG le Dim 23 Aoû - 15:26

    Un peu moins H. S....

    Ce soir, branle bas de combat, maillot ou pas maillot c’est la guerre, c’est le foot…
    Tiens, ça me rappelle quelque chose…


    Faut pas gâcher…


    Je ne sais plus qui disait cela à n’importe quelle occasion.
    Colombo ? Poirot ? Non…
    Oui, mais bien sûr, c’est Guy !
    Je lui parlais tranquillement dans la rue grâce au smartphone offert par ma fille.
    Je croyais être seul, tous ceux qui téléphonent dans la rue sont persuadés qu'ils sont seuls.

    Oui, Guy, faut pas gâcher ces motards qui font de l’acrobranche sur leurs roues arrières…
    Ces « petits jeunes » ont tout dans les jambes.
    Dans les jambes, c’est sûr, y a qu’à regarder leur joie quand les gars qui jouent au ballon gagnent avant de glisser à genoux sur la pelouse.
    Les jambes à leurs cous qu’ils prennent ces petits jeunes quand il s’agit…

    Quand il s’agit de quoi Monsieur ?
    .......
    Pas de réponse Monsieur ?
    Et bien alors, mon cher monsieur, ne posez pas de question !
    Le petit jeune abhorre les questions. Ne me demandez pas pourquoi.
    D’abord parce que je ne répondrai pas.
    Je ne réponds jamais à un petit vieux.
    Les petits vieux c’est comme les petits jeunes.
    Oui, monsieur, ça joue au gars qui a toujours 20 ans mais qui appelle sa maman quand ça va mal.
    Mon papa ?
    Mon papa, il s’en fout quoi. Il est au chômage comme la rivière qui attend qu’on racle les fonds pour ramener quelque chose à la surface…
    Pourquoi je dis ça ?
    Parce que vous les petits vieux vous passez votre temps à nous dire qu’on est des bons à rien.
    Vous perdez votre temps.
    Pourquoi ?
    Eh bien parce que c’est vrai. Ben oui quoi.
    Alors vous les petits vieux, allez vous reposer car rien ne changera.
    On sera toujours des bons à rien.
    Mais si vous me prêtez quelques sous, que je ne vous rendrais pas, alors je veux bien vous ramener jusqu’à l’EHPAD…
    Ben oui quoi. Faut être sérieux Monsieur !


    Me dit-il  d’un air rigolard, casquette à l’envers, la paume droite sur le nombril et le majeur gauche pointé vers le ciel.

    EHPAD ?
    Une école me suis-je demandé. Une école hautes performances pour qui… ?
    C’est alors qu’un ange est passé.
    Quand je dis un ange, c’est un peu vrai.
    Il volait.
    Il volait comme un « Shuto-Uchi ».
    Oui, vous voila perturbé. Je le sens.
    Que vient faire un « Shuto-Uchi », c'est-à-dire une attaque circulaire avec le tranchant externe de la main sur le côté du cou, dans cette histoire ?
    Et bien c’est simple.  
    Un truc enseigné chez les primates.
    Oui, vous savez, ces types d’avant, ceux qui sautaient d’un avion en marche sans assurance sauf une SOA avec ficelles cassantes homologuées.
    Il avait fait une proposition ce jeune homme, il méritait récompense.
    Un « Shuto-Uchi » !
    Et, vous ne savez pas ? Et bien, ce petit jeune m’a remercié.
    Ebahi, ramassé, ébloui qu’il était…

    Depuis, et j’en ai parlé à Guy, il est méconnaissable.
    Faut pas gâcher m’a-t-il dit. Oui, Guy a raison.
    J’ai suivi son conseil.
    Alors, le petit jeune pousse mon caddy, passe l’aspirateur, balaye devant ma porte et promène le chien.
    Demain, il passe les tests.
    Les pompes, les tractions, la course avec 80 kg et d’autres trucs du même genre.
    Vous allez voir d’ici quelques balades en avion on va en faire quelque chose de ce petit.

    EHPAD il avait dit…
    On y est.
    Ecole Hautes Performances pour Ados Désœuvrés…
    Ben oui quoi…
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    Message par junker le Dim 23 Aoû - 20:41

    C'est fou!! Fou!! Fou!! mais tellement détonant ! il faut suivre la série de maitre Lang !! trop beau !!
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    Message par LANG le Lun 24 Aoû - 16:35

    On se promène et on rencontre des gens qui parlent.
    Parfois on écoute ou on fait semblant.


    Une histoire de balai...

    L’autre jour, je l’ai rencontré dans la rue de la bibliothèque.
    Le dos courbé, la casquette bien enfoncée, il manipulait lentement son balai.
    D’un revers de pied il catapulta la canette de coca pour la faire atterrir dans  sa brouette.
    Magistral ce coup de pied !
    En m’apercevant, il marmonna quelque chose d’incompréhensible et je hochais la tête d’un air entendu.
    C’était une erreur.
    Il se redressa brutalement et lança son balai tel un tambour major. Le temps pour l’engin à poils de tournoyer joliment m’a permis de comprendre que je n’avais rien compris. Rattrapé au vol, le balai se retrouva à l’horizontale à quelques centimètres de mon nez.
    Pas question de bouger.
    Lentement, il m’expliqua que j’avais tort d’approuver ce qu’il m’avait dit. Je lui répondis que j’étais un peu dur d’oreille et que je n’avais pas compris ses paroles.
    Le balai hésita puis reprit lentement sa position verticale.

    Il parait que le maire veut mettre des poubelles partout. Imaginez mon travail ! Tous ces sacs à ramasser !
    Mais c’est mieux que de ramasser les papiers un par un non ?

    Son regard s’est allumé. Des yeux marron clair ont cherché les miens à travers mes lunettes sales et le manche du balai s’est figé.

    Vous ne parlez pas sérieusement Monsieur, dit-il d’une voix rauque, et poursuivant, le mal de dos vous connaissez ?
    Oui, le mal de dos je connaissais. Mais engager la discussion sur l’importance d’une bonne position pour soulever les charges ne me semblait pas pertinent.

    Croyez-vous qu’il va pleuvoir ? lui dis-je l’air souriant pour lui changer les idées.
    Ma question le perturba.
    Le ciel était bleu.
    Il releva la tête à la recherche du moindre nuage et soudain, éclata de rire. Un rire sonore qui résonna contre le mur de l’église, remonta la rue et se perdit après avoir dépassé la boulangerie.
    Mais il n’y a aucun nuage Monsieur !

    Cette réponse était d’une logique implacable. J’avais le choix : parler des prévisions météo de la télé, de mes articulations qui annonçaient un changement de temps ou de ma grand-mère.

    J’ai parlé de ma grand-mère.
    Ma grand-mère avait les yeux aussi bleus que ce ciel et elle me disait qu’il ne fallait pas boire tout de suite après avoir mangé des cerises. Il parait que ça faisait gonfler l’estomac. Longtemps après, quand j’étais plus grand, j’ai bu après avoir mangé des cerises. Et bien, je n’ai rien ressenti. Ma grand-mère avait raconté des histoires.  Et vous, votre grand-mère vous racontait des histoires ?

    Lentement, il a levé son bras.
    Sa main gantée de jaune a saisit la visière de sa casquette.
    D’un geste sec, il a retiré son couvre chef et l’a remis visière à l’envers.
    Des deux mains il a saisi son balai et la pelle est tombée sur le trottoir avec un bruit d’enfer.

    J’ai été sauvé par son collègue qui est arrivé de nulle part pour lui demander s’il avait l’heure.

    Je ne saurai donc pas si sa grand-mère lui racontait des histoires…
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    Histoires d'été (Une dernière...) Empty Re: Histoires d'été (Une dernière...)

    Message par LANG le Mar 25 Aoû - 16:44

    Histoires d'été (Une dernière...) Psg10

    Il y a des jours, quand on voit certaines images, on peut être de mauvaise humeur.
    Et à d'autres moments aussi...



    QUOI MA GUEULE ?

    - Dis pourquoi fais-tu cette tête ?

    - Je vais tout t'expliquer.


     Le petit papillon de nuit m’a demandé pourquoi il était obligé de se bruler les ailes contre la lampe.

    Les petits poissons sont curieux, ils m’ont demandé pourquoi ils n’avaient pas le droit de sauter comme les grands.

    L’arbre, le soir, resserre son écorce en prévision du froid. Il m’a demandé pourquoi j’avais un manteau et pas d’écorce.

    La grande feuille d’érable qui flottait sur la rivière s’est rapprochée du bord et m’a regardé sans me poser de question.

    La coccinelle a ouvert un œil et s’est rendormie après avoir réclamé le silence. Je me suis arrêté de chanter.

    Le chèvrefeuille agrippé le long de la descente d’eau a repris son souffle. Il n’avait rien à me dire.

    Alors, je suis rentré chez moi et j’ai demandé à mon chien si le facteur était passé.

    Il m’a regardé d’un drôle d’air et…

    m'a remis sa note de frais !

    - ET TU AS LE CULOT DE ME DEMANDER POURQUOI JE FAIS CETTE TETE !!
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    Message par LACITA le Mar 25 Aoû - 18:54




    Merci pour ces textes " hors du commun "
    Je dois dire que moi aussi depuis quelques temps déjà je fais une drôle de tête quand je regarde les actualités télévisées ! ce que l'on y voit et ce que l'on y entend me laisse perplexe (pour rester poli)
    Tout dégénère avec l'accord de nos politiques et de la justice.

    5 ans de prison pour certains indélicats envers le fisc, un rappel à la loi pour tentative de meurtre sur des policiers !    
    Et tous ces jeunes des banlieues, qui sont, à les entendre, dans la misère mais qui supportent des joueurs de foot qui gagnent plusieurs millions d'euros par an, et qui vont même jusqu'à acheter un de leurs maillots plus de 100 euros, et qui dans le même temps crient au scandale quand un patron, créateur d'emplois, gagne 5000 euros mensuel.
    Quelle misère pour ces pauvres banlieusard.  

    Ils sont tellement pauvres qu'ils sont obligés d'aller à l’école avec des baskets à 200 euros et des téléphones portables à plus de 500 euros.
    Je comprends qu'ils demandent à ce que les masques leurs soient payés.
    non mais ! ! !
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    Message par LANG le Mer 26 Aoû - 17:19

    Tout cela pourrait mal finir.
    Une étincelle, une matière qui ne demande qu'à s'enflammer...


    ****


    Quelqu’un avait parlé de l’effet papillon...

    J’en connais un autre.



    L’effet coccinelle…

    La coccinelle en avait marre…
    Une équipe de pucerons venait, une fois de plus, de disparaitre.
    Le pire dans cette histoire n’est pas la perte d’un troupeau pour lequel on a sacrifié de l’énergie et du temps. Non, le plus vexant est que ces petites bêtes soient montées sur le dos du Triceratops pendant qu’il se frottait le dos contre le cerisier.
    Avoir été aux petits soins jour et nuit et voir disparaitre ses petits élevés à l’ancienne ! La rage !
    La coccinelle était furieuse!
    Elle envisagea de rejoindre d’un coup d’aile ce Triceratops perturbateur pour lui signifier son mécontentement. Après mûre réflexion elle s’envola.
    Le col vert en la voyant passer souleva son aile droite et ouvrit le bec. Sa copine s’arrêta de manger la feuille d’iris et leva les yeux au ciel. Une coccinelle qui vole à toute allure avait de quoi intriguer une paire de canards occupée à fabriquer un nid pour la future couvée. Sans réfléchir le couple quitta le bord du ruisseau et s’élança au-dessus des herbes hautes.
    Le préposé, aux papiers égarés par les passants pressés, se redressa au moment où le couple de volatiles surgissait à pleine vitesse. Il était trop tard. L’homme, percuté par la femelle, s’effondra. Il eut le temps de lever le bras pour tendre un dernier papier comme s’il appelait au secours.  
    La coccinelle qui passait par là, avait bon cœur. Ce geste désespéré méritait une réponse. Elle  se posa délicatement sur le front du préposé
    Un passant pressé regarda attentivement le corps étendu et maugréa entre ses dents : « Ces coccinelles sont insupportables. »
    Ce qu’entendant, cette dernière se redressa sur ses pattes et lança : « Passe ton chemin bipède ! ».
    L’injure était ridicule. L’homme pressé en convenait. Il poursuivit son chemin.
    La coccinelle qui avait atteint laborieusement le bout du nez du préposé aux papiers égarés savoura sa victoire. Arriver au sommet après avoir mis en fuite ce ridicule bipède avait de quoi renforcer sa colère. Furieuse, elle s’envola vers le nord.  
    Le Triceratops faisait la sieste. Les pucerons bronzaient tranquillement et se racontaient des histoires drôles. Les éclats de rire fusaient. A quelques pas, blottis dans leurs coquilles, les escargots grognaient sourdement ; ils n’arrivaient plus à dormir.
    Soudain, tout s’arrêta.
    Un silence pesant succéda aux gloussements de la joyeuse confrérie. D’abord imperceptible, puis de plus en plus envahissant, un bourdonnement intense, oui plutôt inquiétant, se rapprochait.
    Un coup d’œil rapide et les pucerons avaient compris. Tel un quadrimoteur aux hélices rugissantes une silhouette bien connue arrivait en poussant des cris horribles.
    Une coccinelle en colère qui vole c’est impressionnant !
    Le Triceratops réveillé en sursaut fonça droit devant lui.
    A la tombée de la nuit, il courrait encore. Le lendemain, on le vit traverser la ville à toute allure et depuis personne ne l’a vu.
    Cette disparition était gênante.
    Tous les préposés aux papiers égarés furent mis à contribution ainsi que tous les passants pressés. Las, personne n’avait vu le Triceratops.
    Cette affaire était vraiment gênante…
    Elle est restée gênante, car depuis plus personne n’arrive à dormir. La coccinelle en colère est toujours à la recherche de ses pucerons...

    Alors, si vous voyez un Triceratops, soyez gentils, faites le savoir…

    Histoires d'été (Une dernière...) Tricer10
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    Message par LANG le Jeu 27 Aoû - 17:10

    Il y a des jours comme ça où les choses prennent une couleur étrange.
    Pour être clair, on va dire que c’est un jeudi noir
    .


    Noir c’est noir.

    Histoires d’été… Oui, j’avais l’intention aujourd’hui de vous proposer une histoire pour tenir encore un peu jusqu’au dernier jour du mois d’aout.
    Ayant pris mon élan, pouces à l’extérieur (vous connaissez !), pieds crispés sur le plancher, l’œil à moitié ouvert, j’attendais…
    J’attendais la lumière et le klaxon bien entendu.
    Mais, et là faut dire que j’ai été surpris, j’ai appris que tout cela devait être remis à plus tard, voire annulé.
    Une tempête ? Un cyclone ?  Un ordre de la hiérarchie suprême ?
    Toujours est-il que la lumière est restée au rouge avant de s’éteindre.
    Le klaxon est resté silencieux.
    Ce silence oppressant n’avait aucune explication.
    Du moins, je n’en voyais aucune.
    Pourtant, après réflexion, et vous savez que la matière située en haut fonctionne bien (ben oui quoi !), après réflexion il n’y avait qu’une seule explication. Une panne de lumière. On devait être dans le noir.
    Pour la confirmer, j’ai remonté la carlingue le long de ce plancher marqué par tant de sauts vers l’inconnu, porte de gauche ou porte de droite peu importe.
    Au bout, j’ai retrouvé l’équipage.
    Concentrés qu’ils étaient.
    Tout le monde était plongé dans un document.
    Le gars assis entre les deux pilotes, je n’ai plus son nom mais c’était du genre Arc quelque chose, Arcim sûrement, m’a tendu un papier.
    Et j’ai lu :
    « L’honorable équipage ainsi que ses ayants droits (ceux qui sont derrière, blancs de peur, les fesses serrées et tout le reste…), tout le monde est informé d’un RDS ! »

    Un RDS ?
    Le préposé assis entre les deux pilotes m’a regardé incrédule et m’a tendu une feuille imprimée.
    - Regardez, ce n’est pas une plaisanterie !
    Vous vous rendez compte un RDS de dix !
    - Comment ça ils étaient dix ?
    - Oui Monsieur, regardez


    Histoires d'été (Une dernière...) 1010


    Force était de constater que c’était vrai ! Ils étaient dix !
    Le navigateur, un aviateur qui était chargé de répéter ce que disait la dame du GPS, se retourna en brandissant une affiche

    Histoires d'été (Une dernière...) 10dix10


    Et comme je n’avais toujours pas l’air de comprendre, il m’a tendu un journal :

    Le roman d’Agatha Christie, Dix petits nègres, retitré
    Boulevard Voltaire

    C’est une œuvre majeure de la romancière qui change de visage. Vendu à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde, il fait partie des dix livres les plus vendus de tous les temps. Désormais, Dix petits nègres devient Ils étaient dix. Et au fil des pages, le terme est remplacé par « soldats ».
    L’histoire raconte le piège mortel tendu à dix personnages convoqués sur « l’île du nègre », devenue désormais « l’île aux soldats ». De nouveaux termes arrivés en France pour cette réédition qui sort, ce jeudi 26 août, par l’intermédiaire de l’arrière-petit-fils d’Agatha Christie, James Prichard. Pour lui, son aïeule « était là pour divertir et n’aurait pas aimé que ses mots blessent », se justifie-t-il sur l’antenne de RTL.


    *****

    RDS ! Un refus de saut ?
    Non dix refus de saut !
    Un refus de saut de dix… « soldats » !

    Quand je vous disais qu’on vivait une drôle d’époque.
    Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir…
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    Message par junker le Jeu 27 Aoû - 18:48

    Pour une blague c'est une fausse blague ?? ou une vrai fausse blague ?? !
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    Message par LANG le Jeu 27 Aoû - 18:59

    Ce n'est pas une blague.
    Ni fausse ni vraie.
    C'est la "nouvelle vérité" d'aujourd'hui
    voir le Monde https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/08/26/le-roman-policier-dix-petits-negres-d-agatha-christie-devient-ils-etaient-dix_6049982_3246.html
    Il est vrai que la France a fait de la résistance jusqu'à hier...

    Si on veut "être sérieux" on peut se poser la question d'autres appellations...
    Tu vois junker, je crois qu'on va finir par ne plus parler ni écrire. Quant au langage des signes attention à certains gestes...
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    Message par junker le Jeu 27 Aoû - 20:22

    Je viens de visualiser le papier !! C'est effarant ! jusqu’où vont-ils pousser la repentance des mots, nous avons déjà ce de la mémoire de nos colonies qui a disparue, puis nos atroces guerres ou nous avons massacré tous ces pauvre gens de couleur !! Il va arriver qu'ils vont fabriquer un système pour nous pigmenter la peau afin que la différence disparaisse !!!
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    Message par LANG le Ven 28 Aoû - 17:14

    On fait des efforts qui parfois ne servent pas à grand-chose. Alors on rêve d’une autre vie…

    Réincarnation

    J’ai rencontré quelqu’un qui sillonne les routes pour amuser les vaches.
    A pied, parfois à vélo et jamais en voiture.
    Malgré tous ses efforts, aucun sourire n’est venu confirmer qu’il obtenait le résultat espéré. Un meuglement par ci ou par là pouvait même laisser penser que sa prestation était plutôt tristounette pour ne pas dire funèbre.  
    Pourtant, il ne manquait pas d’inspiration. Fidèle aux rendez-vous de l’actualité, il en profitait pour relever les épisodes les plus drôles et Dieu sait si certains étaient irrésistibles. Las, il avait beau y mettre toute son énergie, déployer bras et jambes pour appuyer ses shows, faire des mimiques inédites ou des acrobaties avec son vélo : aucune réaction !  
    Les bêtes à cornes le regardaient, l’œil indifférent, en mâchonnant un brin d’herbe, battant l’air sans mesure de quelques coups de queue.
    Désespérant.
    Faire tous ces efforts pour égayer ces braves bestioles qui s’ennuient derrière leurs barbelés avait de quoi faire perdre le moral.
    C’est ce qui se produisit.
    Un soir, après une nouvelle prestation sans réaction, il rentra chez lui l’air sombre. Cela ne pouvait plus durer ; une décision s’imposait, mais laquelle ?
    Après une nuit passée à réfléchir, il décida au petit matin de se transformer en oiseau. Ceux qui n’y croient pas ont tort. C’est possible.
    Depuis, il est heureux.
    Ses circonvolutions acrobatiques sont extraordinaires. Ses efforts pour voler sont d’un comique irrésistible. Il fait rire les oiseaux, chanter les abeilles et danser les écureuils. Quant aux vaches, elles se bousculent devant les barbelés pour voir ses plongeons se terminer par des décrochages sur le dos. Sublime !
    Bien entendu, depuis quelques temps il a fait des progrès et vole un peu mieux. Il se livre néanmoins à quelques facéties dés qu’il aperçoit des bêtes à cornes. Son succès est extraordinaire. Les spectateurs en redemandent à grands beuglements. Et c’est une foule en délire qui exprime sa joie. A vrai dire, ses blagues ne sont pas appréciées par les paysans du coin car le rire des vaches leur fait froid dans le dos. Mais bon…
    Je crois bien l’avoir vu l’autre jour.
    Un oiseau m’a fait un clin d’œil en se posant à côté de mon tas d’herbe sèche. Il s’est approché en sautillant maladroitement pour me faire rire et s’est emparé d’une grande tige desséchée. La grosse brindille était encombrante mais il la serra fermement dans son bec et prit son envol en direction du hangar tout proche.
    Un peu de sur-place et elle vint conforter le nid judicieusement placé.
    A l’abri sous les tuiles et bien au chaud avec le soleil de l’après-midi les oisillons étaient ravis…

    Finalement, pour être heureux, il ne faut pas être exigeant, il suffit de voler…
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    Message par LANG le Sam 29 Aoû - 17:32

    Si vous avez le temps, regardez autour de vous. Vous n’y verrez rien d’extraordinaire. Et pourtant…

    Une journée ordinaire.

    La fougère se redressa avec un brin de mépris et d’un geste élégant fit voltiger ses branches comme une chevelure. Ce papillon ne lui inspirait pas confiance.
    Posé comme un bouquet de fleur sur la plus grande feuille de la ronce endormie, il pavanait avec ses couleurs qui tranchaient sur le fond vert.
    Une goutte d’eau se décida à quitter son aiguille de sapin. Avec regret elle abandonna ce compagnon éphémère qui lui avait raconté des histoires de sous-bois qu’elle ne connaissait pas. Un plongeon de quelques mètres et elle se retrouva sur le dos d’un escargot qui sortit brièvement une antenne pour la saluer.
    La surface de l’eau s’habilla d’une multitude d’auréoles qui s’amusaient à se bousculer pour divertir les poissons. Il pleuvait.
    Un oiseau sans nom secoua ses plumes avec ravissement heureux de profiter de cette douche pour se laver.
    Le ruisseau qui s’était attardé pour bavarder avec une vieille souche qui rafraichissait ses racines prit congé avec élégance. Il était temps de surfer sur les gros cailloux.
    Le soleil qui n’avait rien à faire jeta un coup d’œil entre deux nuages noirs. Rien ne changeait là-dessous. Hormis quelques volcans isolés cette planète n’avait aucune énergie. Heureusement qu’il était là.
    Albert se gratta le menton avec satisfaction.
    Heureusement qu’il était là. Sa barbe grisonnante imposait le respect et les gens venaient de loin pour faire soigner leurs chiens ou leurs chats et bien entendu leurs entorses.
    Après avoir tambouriné sur sa poitrine en poussant un grand cri, il fit craquer les articulations de ses doigts, ouvrit son parapluie et s’approcha en sautillant de la petite dame qui souffrait du dos...
    Cette petite ville est bien agréable.
    En faire le tour est devenu un rituel pour toutes les dames d'un certain âge qui peuvent échanger des nouvelles tout en promenant leurs petits chiens. Et parfois leurs grands chiens.

    Alors ma petite dame comment allez-vous ce matin… ?
    Un brin de bavardage par ci, un touche-museau par là et chacun repart de plus belle sous l’œil amusé des merles.
    Parfois, l’imprévu est au rendez-vous : un vélo silencieux vient de passer...  
    Au loin, le petit cantonnier s'active pour ramasser les emballages ou les mégots; calme, yeux baissés mais oreilles grandes ouvertes. Attention à la réputation de celui qui oublie de le saluer...
    Et voila le coureur à pied, pompier ou gendarme, qui souffle bruyamment, rouge d'émotion peut-être, qui sait ?
    Deux collégiens passent en traînant les pieds, un parisien concentré et en sueur enlace un gros tilleul pour lui voler son énergie, un vieux monsieur se repose assis sur un banc couvert de graffitis...
    Un peu plus bas, la rivière s'amuse avec les cols verts et se referme sur le cormoran, intrépide plongeur, en quête du petit poisson imprudent. Le pêcheur indifférent regarde la péniche qui se signale à l'éclusier heureux d'ouvrir ses portes.
    Le soleil perce à travers les nuages; on aperçoit une culotte de gendarme...
    La petite dame presse le pas, le petit chien aussi; il est temps de rentrer.

    Oui, c’était une journée ordinaire. Comme avant…
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    Message par junker le Sam 29 Aoû - 20:51

    ET même, une journée extra........ordinaire !! BRAVO pour cette journée de rien !!!!
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    Message par LANG le Dim 30 Aoû - 16:53

    L’oreille est un organe sensible.
    Et pourtant avec tout ce qu’elle entend on se demande comment elle fait pour supporter tous ces bruits.


    J’aime écouter le silence.

    Et pourtant le bruit est partout. Dans la rue, sur les toits, n’importe où.
    Même là où on ne l’entend pas.
    Il a beaucoup de fantaisie le bruit. Presque silencieux, comme un bruit de fond, il sait aussi se déplacer sans bruit pour parler à mon chien.
    Parfois solitaire, il donne une énergie remarquable à ces bicycles motorisés.
    Un deux roues pour boutonneux, heureux de se faire entendre.
    Le bruit sait aussi faire preuve de sociabilité et faire la fête avec des copains.  A plusieurs, ils s’amusent à courir dans les rues et sur leur passage les gens se posent des questions.
    Des bruits qui courent c’est toujours inquiétant.
    Et que dire de ceux qui font semblant de ne rien entendre. Des bruits sourds qui ne s’entendent pas !
    Pourquoi parler du bruit ? Pour le rendre intéressant ?
    Il est suffisamment pénible même s’il sait se faire discret.
    Dire qu’il y a beaucoup de bruit ?
    C’est lui faire trop d’honneur. Beaucoup de bruit pour rien...
    Oui mais alors, pourquoi faisons-nous tant de bruit… pour rien ?

    « … Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent dans la Cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre…

    …Mais quand j’ai pensé de plus près et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective et qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près…

    …De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement… »

    Pensées de Blaise Pascal

    Demain 31 aout, dernier jour du mois, sera un jour sans histoire.
    Oui, un jour de silence avant le retour du bruit…

    Histoires d'été (Une dernière...) Mzoche10

    Merci d’avoir accepté ces quelques histoires « hors sujet » destinées à nous promener à travers le mois d’aout.
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    Message par otosan le Dim 30 Aoû - 18:26

    Merci Lang pour toutes ces Histoires d'été , elles nous auront fait passés un mois d'août sans penser au problèmes du monde réel et .....en silence .
    Le mois est fini , dommage , mais encore Merci .
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    Message par junker le Dim 30 Aoû - 19:37

    Avec tout les bruits sur le Covid, depuis le début de l'année, le bruit ne s'est pas arrêtait pour autant, j'ai même dans un silence complet entendu mes acouphènes bruités joyeusement dans mon oreille, ou alors ce sont des bruits venus de l'au-delà, m'avertissant d'un danger prochain ???
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    Message par LANG le Dim 30 Aoû - 22:15

    Faut pas t'inquiéter junker pour moi c'est pareil.
    La courroie de transmission à changer ? Un bouchon de cérumen ?
    Comme disais Pierre Dac " On appelle voiture d'occasion une voiture dont toutes les pièces font du bruit sauf le klaxon. "
    L'avenir reste incertain, avec ce virus on a déjà le masque, si ça continue on va nous imposer des bouchons d'oreilles. A quand les lunettes de soleil obligatoires...
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