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    10 juillet 1943, opération Husky

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    10 juillet 1943, opération Husky Empty 10 juillet 1943, opération Husky

    Message par LOUDUN le Ven 10 Juil - 20:28




    DÉBARQUEMENT DE SICILE


    Il a été relativement oublié, notamment parce qu’il est resté dans l’ombre du très célébré Jour J du 6 juin 1944, en Normandie. Mais le débarquement en Sicile n’en constitue pas moins le premier assaut réussi des Alliés pour reprendre pied en Europe continentale durant la Seconde Guerre mondiale. Et des milliers de soldats canadiens ont pris part à cette attaque, lancée il y a aujourd’hui 70 ans.


    10 juillet 1943, opération Husky Sicile10


    1943. Après s’être rendus maîtres de l’Afrique du Nord, au prix de violents combats contre les troupes allemandes, les Alliés tournent leur regard vers l’Europe, toujours contrôlée par le régime hitlérien. Alors que Staline exige l’ouverture d’un nouveau front, le premier ministre britannique Winston Churchill plaide pour une attaque dans les Balkans, une région qu’il juge propice pour commencer la reconquête. Mais les Alliés américains et britanniques finissent par s’entendre sur un autre objectif : la Sicile.


    Les moyens mis de l’avant pour l’« opération Husky » donnent la mesure de la volonté de réussir cette nouvelle tentative de percée en sol européen. À ce moment, le souvenir de la catastrophe de Dieppe est encore frais. En août 1942, cet assaut raté contre les côtes françaises a coûté la vie à plus de 2000 soldats, dont près d’un millier de Canadiens. Un nouvel échec risquerait de contrecarrer tous les plans des Alliés, y compris un éventuel débarquement en France. Et de prolonger une guerre qui avait alors déjà fait des millions de victimes.


    Ainsi, pas moins de 160 000 soldats américains, britanniques et canadiens sont mobilisés pour mener cette attaque sur plusieurs plages du sud-est de la Sicile, de Licata à Syracuse. Les troupes sont à peine moins nombreuses que pour le débarquement de Normandie, un an plus tard. À eux seuls, les Canadiens sont 25 000. Cette armada, transportée à bord de 3200 navires, est aussi appuyée par 4000 avions.

    « L’objectif était de parvenir à ouvrir un nouveau front. En mettant de la pression sur les Allemands, on voulait les forcer à mobiliser des troupes, qui luttent alors contre les Soviétiques, pour défendre l’Italie », explique Rémi Landry, retraité des Forces armées canadiennes au grade de lieutenant-colonel et professeur associé à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.


    Les premières heures semblent donner raison aux hauts gradés militaires qui ont préparé les plans d’invasion. La résistance et les pertes sont faibles. Le major-général Guy Simonds, qui commande des troupes canadiennes, ne cache pas son enthousiasme. « Le moral est excellent et les troupes ont très confiance en elles-mêmes, écrit-il en fin de journée, le 10 juillet. Les Allemands et les Italiens ne les attendaient pas, souligne M. Landry. Il faut dire qu’ils ont fait le pari de débarquer dans un secteur où il n’y avait pas de grand port, notamment pour éviter de se retrouver face à une résistance importante.


    La réussite permet d’ailleurs de prendre des notes pour la suite de la guerre. « On a appris beaucoup en Sicile, estime M. Landry, ce qui permit de mieux préparer le débarquement en Normandie. C’est une grande répétition pour le 6 juin 1944. On en a tiré des leçons importantes. »


    Le succès initial tient aussi en bonne partie à un coup de chance. Dans les semaines ayant précédé l’opération Husky, les Britanniques déguisent un homme mort en officier des services spéciaux. On accroche à son poignet une mallette qui contient des documents stipulant que l’attaque sera menée du côté de la Grèce. La Sicile ne serait qu’un leurre. Le corps est largué par un sous-marin non loin des côtes espagnoles et repêché. Les Allemands croient cette information. Ils concentrent des troupes sur le territoire grec, au détriment de la Sicile.

    Les semaines qui suivent le débarquement s’avèrent plus difficiles. Les Italiens comptent plus de 200 000 hommes dans la région, et les Allemands 40 000. Ce sont surtout ces derniers qui opposent la plus forte résistance. Au total, il faudra 38 jours pour prendre le contrôle de toute la Sicile. Au final, les Alliés déplorent 5500 morts, dont 562 Canadiens. Allemands et Italiens cumulent 30 000 morts ou disparus.


    À la lutte acharnée pour chaque village s’ajoute « une véritable bataille » entre l’« impulsif » général américain George Patton et le « méthodique » général britannique Bernard Montgomery, rappelle Rémi Landry. Patton doit en théorie protéger le flanc ouest des Britanniques pour leur permettre d’avancer sur Palerme, au nord. Mais le général américain, chauvin et compétitif décide de prendre la ville, au prix de sacrifices humains importants. C’est aussi lui qui entre le premier dans la dernière ville de Sicile à tomber, Messine. « L’objet de la guerre n’est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d’en face meure pour le sien », répétait Patton.

    Si Messine est conquise le 17 août, les troupes qui avancent à travers l’Italie dès septembre mettent des mois à vaincre les Allemands, après la reddition des Italiens. Les Alliés entrent finalement dans Rome le 5 juin 1944, la veille du débarquement en Normandie. La victoire finale est totalement éclipsée par ce qui se passe sur les côtes de la Manche.


    Mais pourquoi est-ce que le débarquement en Sicile, une grande réussite d’un point de vue militaire, a-t-il été relativement oublié ? « Ce débarquement n’a pas mis fin à la guerre, insiste Rémi Landry. Il suivait une longue campagne en Afrique du Nord, qui a pris beaucoup d’espace. Il a aussi précédé celui de la Normandie, qui a contribué largement à mettre fin à la guerre. Mais c’est un grand fait d’armes et on ne donne pas assez de crédit au débarquement en Sicile. »

    Encore aujourd’hui, on en fait peu cas.






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