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    le bagne du domaine Saint-Jean de Corte

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    le bagne du domaine Saint-Jean de Corte Empty le bagne du domaine Saint-Jean de Corte

    Message par locatelli le Jeu 11 Juin - 7:54



    C'est l'histoire d'un passé déjà lointain qui resurgit de temps à autre. Celui de la section d'épreuve de la Légion étrangère, le bagne du domaine Saint-Jean de Corte qui, à la fin des années soixante-dix, ferma ses lourdes grilles après avoir tant fait parler de lui.


    Les traitements infligés aux légionnaires disciplinaires condamnés aux travaux forcés alimentent encore les conversations de ceux qui se promènent, aujourd'hui, sur un site que la commune consacre désormais au sport et aux activités de plein air.

    Le bagne de la Légion a-t-il été aussi terrible que ce qui est écrit dans L'épreuve, l'ouvrage publié par Henri Allainmat en 1977 ?

    Le sujet a toujours été l'objet de controverses, mais une voix s'élève, aujourd'hui, catégorique. « Jamais vous ne pourrez imaginer... ».

    Cette voix est celle de Joaquim Neves-Alves, 58 ans, un accent à couper au couteau qui en dit déjà long sur l'homme venu du Portugal dès l'adolescence. Il débarqua en France presque par hasard. « J'avais pris mon balluchon, je n'avais pas vraiment de destination ». Joaquim a été légionnaire. Et il en est fier. « Je lui voue un respect éternel, mais elle a eu aussi ses brebis galeuses qui ont fait beaucoup de mal ».

    Joaquim sait de quoi il parle. Il nous dévoile son passé de disciplinaire, six mois à la section d'épreuve de Corte. Un témoignage unique, 36 ans après les faits, mais la mémoire d'un homme meurtri nous fait pénétrer à l'intérieur des terribles murs.

    « Là-haut », répète-t-il sans cesse, dès lors qu'il évoque le bagne de la Légion. Il n'a pas oublié la route d'Aléria, ni la piste qui monte vers le domaine Saint-Jean. « Sur environ trois kilomètres ».

    Une distance d'autant plus claire dans ses souvenirs, qu'il fut contraint de la parcourir en rampant, son paquetage sur le dos. C'était le jour de son arrivée, le 1er juillet 1974. Joaquim ne veut pas se tromper sur les dates, son dossier militaire est là, pour écarter les approximations.

    Parler, enfin ! L'idée a commencé à faire son chemin dans sa tête le jour où il lut l'interview d'Henri Allainmat que Corse-Matin publia le 14 novembre 2008. « Je n'ai pas lu son livre, j'ai entendu dire qu'il avait été retiré de la vente, mais peu importe, je sais ce que j'ai vécu à Corte ».

    Pour comprendre comment et pourquoi l'ancien légionnaire a connu la section d'épreuve, il faut remonter à l'époque où, posé à Bayonne, il passait devant le centre de recrutement de la Légion étrangère. « Au Portugal, déjà, j'habitais tout près d'une zone d'entraînement de parachutistes ». L'image des paras, elle a fait naître et grandir la passion de Joaquim, elle l'a poussé jusqu'à son engagement, le 14 décembre 1970, et déjà, jusqu'à la Corse.

    Après huit mois d'instruction à Bonifacio, il entre à la 2e compagnie de combat du 2e Rep de Calvi, où ses ennuis ont commencé... « Lors d'un saut d'entraînement, j'ai été victime d'un accident, trois vertèbres lombaires brisées. J'ai porté un corset pendant six mois, j'avais le dos fracassé mais je ne me plaignais pas. Ma fierté était grande, je voulais faire mon chemin dans la Légion, devenir au moins caporal ». Mais les parcours du combattant répétés vont révéler le mal. « Un jour, mon dos s'est complètement coincé. Je savais qu'il n'y avait plus rien à faire, mes supérieurs ont fini par se rendre compte de mon état et m'ont déclaré inapte au saut ».

    Adieu les paras, direction Tahiti le 25 juin 1973, le régiment mixte Pacifique et une mission moins lourde. Depuis les atolls où ont lieu les essais nucléaires, le destin de Joaquim va glisser sur la mauvaise pente. « Un caporal-chef m'a cherché des noises, nous nous sommes battus, il a été blessé. Je m'attendais à être puni, mais pas à être condamné aux travaux forcés et à être classé individu dangereux ».

    La Légion le condamne pourtant à retourner en Corse, mais à Corte cette fois, pour trois mois à la section d'épreuve. « J'ai invoqué mes graves problèmes de dos, on m'a répondu ironiquement que j'allais avoir l'occasion de me soigner... ».

    Dès lors, l'ancien disciplinaire entre dans les terribles détails de sa peine. Les deux premiers mois dans une minuscule cellule que les cadres aspergeaient d'eau régulièrement, de longues journées à manier la masse pour casser des cailloux. « À ce rythme, très vite, je n'avais plus de peau sur les mains. Le matin, pour arriver à les ouvrir, je les massais avec mes excréments ». Un « traitement de faveur » qui n'est pas sans conséquence pour le dos de Joaquim. « Un jour, pendant que je cognais sur la roche, mon dos s'est complètement bloqué. Pour s'assurer que je ne simulais rien, les cadres m'ont "testé" à coups de rangers dans l'abdomen, en me tirant par les bras et par les jambes pendant des heures. Quand ils ont compris que c'était sérieux, ils m'ont fait hospitaliser une semaine, mais une fois de retour là-haut, c'était encore la misère. En cachette, je cherchais du bois pour mordre dedans et supporter la douleur ».

    Un jour, le disciplinaire est convoqué par l'officier responsable. Il est condamné à trois mois de plus. « Je n'ai jamais compris pourquoi ». Il se souvient aussi du « régime » à partir du troisième mois, les chambrées collectives où après des journées harassantes, il est impossible de dormir la nuit.

    « On nous obligeait, en silence et dans le noir, à défaire et refaire nos lits. C'était impossible, alors, on recommençait, jusqu'au matin... ». Joaquim parle souvent de ces cadres qu'il revoit, tels des tortionnaires. « L'après-midi, ils revenaient ivres, c'était encore plus terrible ».

    Les deux derniers mois, l'ancien légionnaire vivra une relative accalmie présentée comme une « préparation à la sortie ».

    « Derrière le grand portail arrière de la section, il y avait ce qu'on appelait "la bergerie". J'ai fini mon temps au bagne en m'occupant des cochons et en servant le petit-déjeuner aux officiers ». Quand il retourne à la « vraie Légion », il se rend compte qu'il n'a plus rien à y faire. « On m'a brisé mon rêve », lâche-t-il. À l'évocation de ces pénibles instants, jamais Joaquim ne perdra son sang-froid, jamais il ne se départira du ton posé et soigné dans le cours de son récit. Il quitte l'Armée cinq mois après, devient, à Ramatuelle, le chauffeur de Simone Volterra. Il exerce ensuite en tant que chauffeur routier, mais son dos le torture plus que jamais. Retiré aujourd'hui à Draguignan, Joaquim vit seul... sur un fauteuil roulant. Il est amputé d'une jambe. « Et je crois que l'autre ne va pas tarder à partir », ajoute-t-il sans se vouloir larmoyant.

    Il voit du monde, se déplace un peu en quad, mais passe ses journées à prendre des médicaments. Dès le retour à la vie civile, il a engagé un autre combat avec l'armée, et avec la Sécurité sociale, pour faire reconnaître tout ce qu'il avait enduré.

    Une pension finalement accordée à vie peut-elle tout effacer pour autant ? Joaquim persiste, malgré tout, à croire que la section d'épreuve n'est pas totalement responsable de son état physique actuel.

    Ce qui lui reste de son passé de soldat ? Une grande fierté, celle d'avoir appartenu à un corps d'élite. Le sentiment, aussi, d'avoir gagné, d'avoir malgré tout triomphé des brebis galeuses. « Vous pouvez tout écrire, mais surtout, ne dites pas de mal de la Légion. Jamais ».

    « Là-haut, personne ne pouvait déserter »
    Quand il était disciplinaire à la section d’épreuve, Joaquim Neves-Alves avait entendu parler de désertion. « On racontait à l’époque que des disciplinaires avaient fui l’enceinte du bagne de Corte. Je peux vous assurer qu’il était impossible de déserter de là-haut. À mon avis, les gars n’étaient plus là, mais ils étaient restés dans le coin… ».
    Joaquim s’interrompt, sa voix se fait plus grave, ses propos aussi mystérieux qu’inquiétants.

    « À l’époque, je m’étais rendu compte que deux cadres sortaient la nuit, et le lendemain, on retrouvait nos outils plein de boue alors que nous les avions nettoyés la veille. Ce qui est certain, c’est que ces cadres étaient sortis pour remuer la terre, un travail qu’ils ne faisaient jamais. C’était celui des disciplinaires… ». Dès lors, Joaquim se tait, il n’ose pas prononcer les mots. Des disciplinaires morts à cause des mauvais traitements ? Il n’esquive pas la question : « Je le crois, mais je ne peux pas être affirmatif ».




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    le bagne du domaine Saint-Jean de Corte Empty Re: le bagne du domaine Saint-Jean de Corte

    Message par vent du sud le Jeu 11 Juin - 10:45



    Pour mieux situer et comprendre, voici ce que Wikipédia en dit.


    La section d’épreuve de la Légion Étrangère, basée à Corte en Corse au domaine St-Jean, est la dernière section spéciale de discipline de l’armée française, après 1972, date de dissolution des autres unités similaires de l’armée régulière (fort d'Aiton et 3eCILA à Djibouti).

    Elle accueille les légionnaires condamnés pour fautes graves (insubordination grave, désertion, etc.) Leur durée d'affectation est fixée par le Ministre de la Défense sur proposition du colonel commandant le Groupement de la Légion étrangère (GLE).

    La section d'épreuve a été dissoute en 1976 et on estime à environ 400 le nombre de légionnaires passés par la SELE pendant ces huit années.

    À l’origine il existait une Compagnie de Discipline des Régiments Étrangers, basée à Colomb-Béchar au Sahara, puis à la fin de la guerre d’Algérie en 1962, les effectifs de la Légion ayant fondu, il subsista une Section de Discipline du Sahara, confiée au 2e Régiment étranger d'infanterie (2e REI) à Djeniene Bourezg. Celle-ci dut dissoute en 1964.

    Pendant 5 ans, la Légion ne disposa plus de corps spécial de discipline.

    En 1967 une réflexion fut lancée sur la discipline qui semblait se relâcher au sein des unités de la Légion. Les désertions, nombreuses en cette période post-guerre, étaient aussi un problème à prendre en compte par le commandement. Il fut alors décidé de recréer une section de discipline qui prendra le nom de Section d’Épreuve de la Légion Étrangère.

    La légion étant alors établie en Corse au retour d'Algérie, la section d'épreuve fut donc créé à Corte au début 1969. Elle s'installe à l'écart de la garnison de Corte, au domaine Saint-Jean.

    La section est placée sous le commandement du chef de corps du 1er Régiment étranger puis du Groupement de Légion étrangère (GLE).

    Le régime y était dur et de nombreuses punitions, excessives, parfois dégradantes, dépassant le cadre réglementaire, s’y produisaient. De nombreux ex-disciplinaires ont dénoncé des blessures graves, des suicides, et parfois des maltraitances entraînant la mort.

    En 1972, la section d'épreuve passe sous le commandement du Groupement d'instruction de la Légion étrangère (GILE) puis du 2ème Régiment étranger d'infanterie.

    Ce n’est qu’en novembre et décembre 1976 que cette section fut d’abord mise en sommeil, puis dissoute. Le double meurtre de Bustanico en Corse (septembre 1976), quand un déserteur à l’instruction assassina deux bergers corses, provoqua l’émoi sur l’île et une grande enquête de gendarmerie s’ensuivit. Au cours de celle-ci, l’attention des gendarmes fut portée sur la Section d’Épreuve de la Légion Étrangère, et ce qui s’y passait.

    Des jeunes gens d’une vingtaine d’années qui n’étaient ni assassins, ni terroristes, y furent gravement blessés, rendus instables psychologiquement, d’autres sont morts dans des circonstances parfois obscures.

    Les disciplinaires, affectés à la section d'épreuve sont affectés au groupe d'instruction. En fonction de leur attitude et des décisions du commandement, ils peuvent voir leur peine prolonger. Après une période variable, ils peuvent être affectés au groupe de combat, en phase préparatoire de leur retour en régiment.

    La section d'épreuve comptait en général une trentaine de disciplinaires.

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    le bagne du domaine Saint-Jean de Corte Empty Re: le bagne du domaine Saint-Jean de Corte

    Message par Blu le Jeu 11 Juin - 14:22

    Une lecture intéressante.
    Une « vérité » qui n’est pas en harmonie avec notre époque où « tout le monde il est plutôt gentil »……  
    Une "vérité" qui peut fâcher...
    Merci de l'avoir présentée.
    ***
    Cet article n'est pas un jugement de valeur sur la Légion mais une information.
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    Message par locatelli le Jeu 11 Juin - 15:03


    Oui blu, c'est une information et non un jugement.
    d'autant qu'il n'y a pas qu'à la Légion que ce genre de camp a existé.
    Bien d'autres, oui bien d'autres.
    BIRIBI par exemple, pour ne citer que cet ensemble de compagnies disciplinaires ...................
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    le bagne du domaine Saint-Jean de Corte Empty Re: le bagne du domaine Saint-Jean de Corte

    Message par junker le Ven 12 Juin - 9:38

    Nous avions au "3" des "durs" et pour certain la punition était un coup de poing dans la gueule par Bigeard ou le capitaine, et parfois la punition de marcher en tête avec une grenade dégoupillé lors d'opérations de nuit, les heures sont longues dans ce cas !! C'était çà ou viré du régiment !! si le gars est raisonnable il revient dans les rangs en fermant son clapet !
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