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    l'aéroportée Britannique en Normandie

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    l'aéroportée Britannique en Normandie Empty l'aéroportée Britannique en Normandie

    Message par Jean Lun 1 Juin - 20:47



    Les planeurs du Major Howard visent le pont de Bénouville

    En ce soir du 5 juin 1944, deux habitants du coin, Auguste Delaunay et Alexandre Sohier, sont requis pour monter la garde avec les allemands. Ils commencent leur garde à 20h à l’entrée du pont levant de Bénouville, entre les cafés Gondrée et Picot, et ne connaissent pas encore le destin funeste qui les attend. Les forces d’occupation sont fébriles, on signale des mouvements d’aviation anormaux aux alentours. Les soldats qui logent à proximité sont partis en exercice de nuit, ainsi nos deux civils se retrouvent à faire les 100 pas sur le pont aux côtés de deux autres sentinelles allemandes.

    Au loin, à des centaines de pieds au-dessus de La Manche, six planeurs tractés par avions filent dans la pénombre. Ils sont  chargés de pilotes chevronnés et de soldats de la 6th British Airborne Division. La D Compagny du 2nd Oxford and Buckinghamshire Light Infantry s’apprête à ouvrir le grand bal d’une multitude d’opérations visant cette nuit à forcer le verrou du Mur de l’atlantique sur le littoral normand.

    A 0h15, trois planeurs  se posent à quelques mètres du pont de Bénouville, près de l’étang. Les quatrième et cinquième atterrissent aux abords du pont de Ranville, le sixième s’est déporté à treize kilomètres, près de Perriers-en-Auge. L’opération Tonga est lancée, le Major Howard commande les 180 hommes qui composent la troupe d’assaut. Le bruit de l’atterrissage est couvert par les tirs de la défense anti-aérienne et les sentinelles allemandes et civiles françaises  ne prêtent pas attention à ce qui se déroule  à côté d’eux.  

    Les anglais connaissent l’ouvrage par cœur pour s’être entraîné sur une maquette grandeur nature en Angleterre. Le pont est important pour les alliés : construit en 1935 sur le canal parallèle à l'Orne, il constitue l'unique point de passage entre Caen et la mer. Le pont est pris en 10 minutes avec sang-froid après quelques échanges de tirs. L’ouvrage devait être piégé, mais les assaillants constatent que seuls les détonateurs sont posés, les explosifs sont manquants.

    Malheureusement pendant l’attaque, les Britanniques ont eu deux tués : le caporal Greenhalgh s’est noyé dans l’étang, le lieutenant Brotheridge a été mortellement touché sur le pont. Auguste Delaunay et Alexandre sohier ont été tués dès le début de l’assaut, car difficilement identifiables dans la nuit au milieu des ennemis. Mais le temps presse, la D Compagny se déploie en position défensive aux abords du canal pendant qu'une bonne nouvelle parvient au Major Howard : Les sections des Lieutenants Fox et Sweeney ont réussi leur mission, le pont tournant de Ranville est lui aussi aux mains des troupes aérotransportées.

    Le radio Ed Tappenden peut alors envoyer à l’Etat-Major le message codé Ham and Jam, synonyme que les deux ouvrages ont été pris. Le Major Howard fait un point sur la situation puis établi son PC au café de la famille Gondrée, à l’entrée Ouest du pont levant. Le 7th Parachute Battalion du Lieutenant-Colonel Pine-Coffin qui a sauté près de Ranville arrive en renfort. Ranville est libéré vers 2h30, puis une heure plus tard, le Général Gale, commandant de la division aéroportée Britannique, établi son QG dans le bas Ranville. Quant aux 12th et 13th Battalions, ils prennent position au Sud de la localité.

    Pendant plus de douze heures, les paras subissent les assauts répétés des allemands. La 716. Infanterie-Divison et des éléments de la 21. Panzer-Division enchainent les contre-attaques. Encerclés, les Britanniques doivent tenir les deux ponts coûte que coûte.

    Les commandos débarqués sur la plage arrivent.
    Au large, la marine alliée règle ses tirs dans le but d’atteindre plus au Sud la ville de Caen. Les marins préparent ainsi le terrain pour la poussée des troupes Britanniques vers cet objectif qui devra être prit dans la journée. Mais les bateaux tirent trop court et les lourds obus s’abattent à mi-distance sur les deux villages et inquiètent même les paras les plus aguerris. Un soldat fébrile lance au Major Howard " Sacrebleu, mon commandant, ce ne sont pas des obus qu’ils nous envoient, ce sont des Jeeps ! "

    Qui plus est, les Allemands ne renoncent pas et s’appuient sur leur artillerie. Les Britanniques parviennent à briser huit contre-attaques face au pont de Ranville. Ils conservent leur avantage jusqu’à l’arrivée des commandos de Lord Lovat débarqués sur Sword Beach. Incrédules, l’espace d’un instant, les troupes aéroportées croient reconnaitre au travers du sifflement des balles le son d’une cornemuse. Est-ce la fatigue ? Non, c’est bien Bill Millin qui souffle dans son instrument, les bérets verts arrivent ! Il est 13h32.

    Enfin, dans la soirée, la venue des Warwicks, bataillon de la 3rd British Infantry Division, sécurise les lieux. D'autres troupes fraiches et du matériel transportés par la 6th Airlanding Brigade se posent près de Saint-Aubin-d'Arquenay et de Ranville. Ses renforts finissent d'éteindre les velléités allemandes, même si le château de Bénouville restera sous leur feu encore plusieurs semaines.





    Plagesdu6juin1944
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    l'aéroportée Britannique en Normandie Empty Re: l'aéroportée Britannique en Normandie

    Message par Jean Lun 1 Juin - 20:52



    Pegasus Bridge n’a plus les pieds dans l’eau. Depuis 1993, l’un des plus célèbres ponts de l’histoire militaire repose sur une pelouse bien taillée, dans l’enclos d’un musée. Peint en gris clair, il est soigneusement entretenu afin de conserver intacte la mémoire d’une nuit de juin 1944.

    Le pont que l’on franchit aujourd’hui est une copie conforme de l’original. Lorsqu’il fut lancé sur le canal de l’Orne (Calvados) en 1935, Pegasus Bridge s’appelait simplement le pont de Bénouville, du nom de la petite commune, située entre Caen et la Manche, qui l’accueille. C’est, assurent les ingénieurs, un «pont basculant de type Scherzer», du nom de l’Américain qui inventa, au XIXe siècle, cette technique héritée des ponts-levis du Moyen Age. Grâce à un contrepoids, ce pont en acier peut se relever pour laisser passer les navires. La «pontée», qui se soulève, mesure 43 mètres et l’ensemble pèse 630 tonnes. Une très belle mécanique.

    Lorsque les Alliés planifièrent l’opération Overlord de débarquement en Normandie, ils estimèrent que ce pont devait être pris intact, ainsi que celui de Ranville, situé 500 mètres plus à l’est, sur l’Orne. Sans quoi, les troupes britanniques (avec les 177 Français du commando Kieffer) débarquant sur la plage Sword ne pourraient franchir ces deux cours d’eau et, via la route départementale 514, grimper sur le plateau qui domine le secteur. Un point stratégique. Les militaires appellent cela une «coupure humide» - «coupure» parce qu’elle interrompt la progression des troupes, et «humide» parce que c’est de l’eau. En clair : une rivière ou un canal. Du coup, les ponts ont toujours joué un rôle considérable dans l’histoire des guerres, que ce soit pour les conquérir, les construire ou les détruire. Qu’on se souvienne du pont de Bouvines ou de celui d’Arcole, de la Bérézina, des cadets de Saumur, de Remagen ou d’Arnhem («Un pont trop loin»). Depuis l’époque moderne, les armées disposent de corps spécialisés dans ces tâches, les pontonniers et les sapeurs. En Normandie, la mission de conquérir ces deux ponts fut confiée aux 170 hommes du major John Howard. Policier à Oxford dans le civil, celui-ci avait rejoint les «Ox and Bucks», le Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry Regiment. Sélectionnés depuis des mois, ils avaient été entraînés pour cette mission, avec quelques sapeurs des Royal Engineers, chargés de désamorcer les explosifs que les Allemands pourraient utiliser pour faire sauter les ponts.

    La nuit vient à peine de tomber, le 5 juin à 22 h 56, lorsque six bombardiers Halifax décollent du Dorset, cap au sud-est, direction les côtes de France, par le travers de Cabourg. Chacun de ces lourds quadrimoteurs tire derrière lui un gros planeur Horsa, construit en bois et en toile. A bord, serrés les uns contre les autres et chantant à tue-tête pour se donner du courage, vingt-cinq hommes et deux pilotes. Minuit passé de sept minutes : le premier planeur décroche son élingue à 1 500 mètres d’altitude. Soudain, le silence. Minuit passé de seize minutes : le planeur se pose sur une étroite bande de terre, entre le canal et l’Orne. Un atterrissage remarquable, à moins de cinquante mètres en contrebas de l’objectif. Les Horsas se prennent dans les piquets et les barbelés installés par les Allemands. Pour quelques malchanceux, l’aventure s’arrête là, tués ou gravement blessés dans l’atterrissage. Les gardes allemands du pont n’ont rien entendu parce que, au même moment, des bombardements se déroulent dans la région : le ciel est plein de bruits d’avions. Les fantassins et les sapeurs giclent des planeurs - ou de ce qu’il en reste. Ils prennent d’assaut le pont de Bénouville, face à une modeste résistance des Allemands. En moins de quinze minutes, l’affaire est réglée. Les sapeurs constatent que les explosifs n’avaient pas encore été installés et finissent par les découvrir dans une remise. Pour l’autre équipe, chargée de prendre le contrôle du pont de Ranville, les choses se sont passées sans même devoir tirer un coup de feu. Une radio envoie le message convenu : «Ham and jam, ham and jam, ham and jam…» (jambon et confiture), indiquant que les deux ponts ont été pris intacts. Le lieutenant Fox fait de l’humour anglais : «Pour l’instant, l’exercice se déroule bien, mais je n’arrive pas à trouver le moindre fichu arbitre»… comme cela se passe durant les manœuvres !

    Il est minuit et demi. Si tout va bien, les troupes alliées - toujours en mer à ce moment - seront là dans douze heures. On ne le sait pas encore, mais le pont vient de changer de nom. Vingt jours plus tard, il sera officiellement baptisé Pegasus Bridge, du nom du cheval ailé de la mythologie grecque. C’est l’insigne des troupes aéroportées britanniques, inventé par la romancière Daphné du Maurier,épouse du général Frederick Browning à la tête de l’Airborne Corps.

    A Bénouville, les Allemands ne réagissent qu’à partir de 7 heures du matin. La situation se complique. Les paras anglais ont tout le loisir d’observer le café Gondrée, qui fait face au pont. Cet estaminet est la première maison française libérée par les Alliés. Ses propriétaires, Georges et Thérèse Gondrée, l’ont acheté en 1935. Lui parle un peu anglais, pour avoir travaillé à la Lloyd’s, elle, d’origine alsacienne, est parfaitement bilingue en allemand. Avant le Débarquement, les Gondrée informent les Anglais, via la Résistance, de l’état des défenses allemandes dans le secteur. Un jeu dangereux. Lorsqu’il entend les premiers tirs sur le pont, le couple se réfugie dans la cave avec ses trois filles. Ce n’est qu’au matin que le contact est établi avec les Britanniques, qui installent leur poste de secours dans le café. Georges offre le champagne à tout le monde ! Une tradition qui perdure de nos jours : lorsqu’un vétéran du 6 juin passe au café Gondrée, l’addition est pour le patron. Ou plutôt la patronne, parce que l’établissement a été repris par l’une des trois filles, Arlette - qui a épousé l’anglophilie au point de se marier avec un châtelain d’outre-Manche.

    N’anticipons pas : Arlette Pritchett est toujours une demoiselle Gondrée et elle a 6 ans. Le Débarquement est en cours. Peu après midi, alors que ce qui deviendra «le jour le plus long» est déjà bien engagé, un son familier se fait entendre. C’est une cornemuse, celle de Bill Millin, le piper personnel de Lord Lovat, quinzième du nom, qui arrive à la tête des commandos. Ils viennent de parcourir les six kilomètres depuis la plage, sur laquelle ils ont débarqué vers 7 h 30. Il leur a fallu franchir quelques obstacles. L’aristocrate écossais, en tenue de chasse, se présente au major Howard et lui dit «thank you», puis, regardant sa montre, ajoute : «Oh désolé, nous avons deux minutes et demie de retard.»







    6 juin 1944 : la vraie histoire de Pegasus Bridge
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