Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Derniers sujets
Août 2020
LunMarMerJeuVenSamDim
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Calendrier Calendrier

Petites annonces

    Pas d'annonces disponibles.

    Qui est en ligne ?
    Il y a en tout 31 utilisateurs en ligne :: 1 Enregistré, 1 Invisible et 29 Invités :: 1 Moteur de recherche

    junker

    Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 257 le Mar 2 Juin - 23:31
    Statistiques
    Nous avons 389 membres enregistrés
    L'utilisateur enregistré le plus récent est fromenteaux bernard

    Nos membres ont posté un total de 4661 messages dans 1649 sujets

    Les vietnamiens à Dien Bien Phu

    Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

    Aller en bas

    Les vietnamiens à Dien Bien Phu      Empty Les vietnamiens à Dien Bien Phu

    Message par LANG le Lun 11 Mai - 14:15

    (Remarque importante : Article réalisé grâce aux recherches faites par Bertrand Potel)


    Supplétifs vietnamiens engagés dans les unités françaises

    Chez les paras :
    . 6e BPC (commandant Bigeard) : 200 Vietnamiens sur un effectif de 651 hommes
    . II/1er RCP (commandant Bréchignac) : 400 Vietnamiens / 569
    . 1er BPC (commandant Souquet) : 413 Vietnamiens / 722
    . 1er BEP (commandant Guiraud) : 336 Vietnamiens / 654
    . 5e BPVN (commandant Botella) : 585 Vietnamiens / 700 (à la chute du camp retranché, le 5e BPVN aura perdu en tout 709 hommes, soit 80 Européens et 629 Vietnamiens)

    Sur les 5075 paras franco-vietnamiens qui ont laissé leur vie à DBP (tués, disparus, morts en camps de déportation), on compte 2495 Européens et 2580 Indochinois

    Autres unités de supplétifs :

    . Les 2e et 3e bataillons thaïs, rattachées aux troupes coloniales et donc le comportement au feu a été très variable et inégal,
    . Des unités de supplétifs : 2 compagnies thaïs et les reliquats des compagnies de compagnies de supplétifs militaires (CSM) du GMPT venues de Laï Chau ;
    . Des formations de partisans rattachés pour la plupart aux formations de renseignement GC 8/ GMI et DOP (1),
    . Les PIM (quelques 2 000 Prisonniers Internés Militaires) dont l’attitude a été exemplaire (2)
    . Quelques anciens VM, faits prisonniers lors des combats et qui ont demandé à changer de camp en s’engageant directement dans les bataillons.

    **

    Et pour en garder la mémoire, il y avait aussi « les filles» du BMC vietnamien (3)


    ***

    (1) Leurs femmes les avaient assez souvent suivi et avaient trouvé refuge dans les villages avoisinants ;

    (2)Symboliquement gardés par les gendarmes du camp, ils devaient participer, au début, à l’aménagement du camp et aux divers travaux ; ensuite, ils ont été chargés des inhumations, et quand ce ne fut plus possible, ils ont contribué à ravitailler les PA isolés, en eau principalement, la nuit, jusqu’à la fin des combats, au prix de très lourdes pertes.
    Dans les derniers jours, ils ont même approvisionné en munitions les armes automatiques, voire les ont servies.
    . Selon Bernard Fall (pages 314 et suivantes), ils étaient au nombre de l’ordre de 2 240 le 13 mars 1954 ; ils se répartissent en 3 catégories : celle des P.I.M. réguliers, immatriculés dans un camp, celle des P.I.M. détenus par l’unité qui les a capturés et qui s’en sert comme coolies, et celle des P.I.M. « convertis », c'est-à-dire engagés volontaires dans les troupes françaises. Dans le cas de ces derniers, on se livre à une petite comédie qui consiste à signaler d’abord que la P.I.M. s’est évadé puis à rendre compte de l’engagement d’un nouveau soldat vietnamien portant un nom différent de l’évadé…
    Le camp de prisonniers est sous le commandement d’un officier jeune et gentil, le lieutenant Patricot, qui dispose d’une équipe de garde de 8 tirailleurs nord-africains avec, à sa tête, un sergent tunisien. ..
    La loyauté des P.I.M. envers leurs gardiens reste un mystère. 30 d’entre eux seulement tenteront vraiment de s’évader lorsqu’ils iront ramasser les colis parachutés entre les lignes…
    Au cours de leurs corvées de ramassage, ils trouveront souvent des armes qui viennent d’être parachutées ou des armes chargées qui traînent sur le champ de bataille. On en verra jamais un tenter de les cacher…
    Dans de telles conditions de vie et de travail, les pertes subies par les P.I.M. s’élèveront à plus de 50% (note : les missions de ravitaillement -jerrycans d’eau, caisses de munitions - causeront des pertes énormes, parfois de l’ordre de 80% pour une liaison de ce type) ...
    Ils seront soignés, après les bombardements, à l’ACM 29 du commandant Grauwin dans l’ordre exigé par la gravité de leurs blessures…
    A la fin des combats, des centaines de P.I.M. connaissent le lieutenant Patricot de vue et un bon nombre également … ; aucun ne le dénoncera…
    Le commandant Coldeboeuf a commandé un important détachement de P.I.M. ; lorsque, à son tour, …il passera devant son propre détachement qui attend sur le bord du chemin les camions qui les emporteront ; un par un, les P.I.M. se lèveront pour le saluer. L’un d’eux qui parle français, lui dira même « Bonne chance mon commandant »…On ignore presque tout du traitement que réservera le Vietminh à ces prisonniers à leur retour. Peut-être les traitera-t-il comme l’U.R.S.S. traita les siens en 1945, comme des lâches et des déserteurs.

    (3) Les Vietnamiennes ont disparu, toutes et pour toujours.
    Un journaliste, Alain Sanders, rencontrant des années plus tard le docteur Grauwin, lui demande s'il a connu le sort des prostituées du BMC de la Légion, les Vietnamiennes donc, dont personne n'a plus entendu parler.
    II publie le récit de Grauwin dans le journal Présent daté du 12 mars 1992: « Ces filles étaient des soldats. De vrais soldats. Elles se sont conduites de façon remarquable. Tous mes blessés, tous mes amputés, mes opérés du ventre étaient à l'abri dans des trous souterrains. Et il fallait qu'ils pissent, qu'ils fassent leurs besoins, qu'ils fassent un peu de toilette. Ces sont ces femmes, ces prostituées transformées en "anges de miséricorde" qui m'ont aidé à les aider, qui ont permis à nos blessés de supporter leurs misères. Elles les ont fait manger, boire, espérer contre toute espérance... »
    De la suite, de leur agonie, il n'y a plus de témoins directs, simplement le récit que Grauwin a recueilli plus tard, parce qu'un commissaire politique, dans un camp, a parlé de ces femmes à un prisonnier :
    « Pourquoi un commando de femmes contre nous ? – Il n'y avait pas de tel commando. – Si, elles nous ont tiré dessus... »
    Ainsi donc, les filles des BMC, infirmières au plus fort de la tragédie, auraient-elles aussi pris les armes lorsqu'elles n'ont plus eu d'espérance à offrir.
    Grauwin sait qu'elles ont été rossées, tabassées, affamées. Elles n'ont cessé de crier à leurs bourreaux qu'elles étaient françaises qu'à l'instant où elles ont reçu, l'une après l'autre, une balle dans la nuque. » (Ref : www.legion.etrangere.parachutiste.com)

    Variante : « Ces filles étaient des soldats. De vrais soldats. Elles se sont conduites de façon remarquable. Tous mes blessés étaient à l’abri dans mes installations souterraines. Il fallait les soigner, il faillait qu’ils pissent et le reste, qu’ils fassent un peu de toilette. Ce sont ces femmes, ces petites prostituées transformées en “anges de miséricorde” qui ont permis à mes blessés de supporter leurs misères. Elles les ont fait manger, boire, espérer contre toute espérance… ”. Quelques jours après la chute de Diên Biên Phu, un commissaire politique était venu voir le médecin - commandant Grauwin au camp 308, où il était emprisonné, pour lui dire «comment se fait-il que votre commandement ait créé un commando de femmes vietnamiennes pour nous tuer? – Vous vous trompez, il n’y a jamais eu de tels commandos. – Si! Elles ont tiré sur nous!
    Dans les dernières heures de combat, elles avaient effectivement fait le coup de feu, aux côtés des paras et des légionnaires, contre les Viets.
    Capturées, battues, et, malgré les menaces et les privations de nourriture, elles refusèrent de cracher sur le drapeau tricolore. "Nous sommes des Françaises", répétèrent-elles aux Viets furieux. Humiliées, torturées, elles furent finalement abattues.
    Il faut leur rendre hommage, disait Grauwin, elles sont tombées comme des soldats. »


    Les vietnamiens à Dien Bien Phu      Arrivz10


    ************

    Les disparus vietnamiens :

    A la chute de Dien Bien Phu, 3 000 combattants d’origine vietnamienne ont été capturés. Séparés des autres, ils n’ont jamais fait l’objet de révélation sur leur sort. 100 sortiront  des camps ; 32 ont pu se réfugier en France.
    « Le sort des combattants vietnamiens capturés au coté des soldats français reste incertain. Beaucoup ont sûrement été exécutés comme traîtres. D’autres ont été déportés dans des camps de « rééducation politique » où leur sort est demeuré inconnu ».  (source : Perin Turenne)
    Dans le film « Face à la mort : les témoignages des prisonniers d’Ho Chi Minh » (ECPAD-UNAPI), le lieutenant-colonel Huynh Ba Xuan, déclarait que 90% des prisonniers d’origine vietnamienne étaient morts dans les camps.
    Pour le général de Beaufort, au total, ce sont plus de 9 000 prisonniers de guerre indochinois qui sont décédés ou ont été exécutés dans les camps, hors contrôle de la Croix Rouge.
    Pour Geneviève de Galard (Une femme à Dien Bien Phu page 201) : « un sort affreux les attend : être fusillé ou avoir les tendons d’Achille tranchés avec une lame de rasoir », avec le témoignage du capitaine Cuq : un certain nombre de combattants vietnamiens de Dien Bien Phu ont subi cette amputation et se traînaient en rampant sur les coudes et les genoux, avec une ration insuffisante pour survivre ; ils étaient promis à la mort en quelques semaines.

    ******


    Dernière édition par LANG le Mar 12 Mai - 17:46, édité 1 fois
    LANG
    LANG
    ADMINISTRATEUR
    ADMINISTRATEUR

    Messages : 785
    Points : 19639
    Réputation : 8557
    Date d'inscription : 09/12/2018
    Age : 78
    Localisation : Yonne

    Revenir en haut Aller en bas

    Les vietnamiens à Dien Bien Phu      Empty Re: Les vietnamiens à Dien Bien Phu

    Message par Lombart le Lun 11 Mai - 15:55

    c'est vrai que l'on ne pense pas souvent à eux, à elles, quand on parle des combats d'Indochine, ce sujet est donc le bienvenu.
    Mais il fait mal, très mal. C'est pourtant une page d'histoire.
    Anonymous
    Lombart
    Invité


    Revenir en haut Aller en bas

    Revenir en haut


     
    Permission de ce forum:
    Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum