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    Capitaine Charles TREPEL Commando de France

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    Capitaine Charles TREPEL  Commando de France  Empty Capitaine Charles TREPEL Commando de France

    Message par CASTOR2 le Lun 4 Mai - 17:00

    Capitaine Charles TREPEL  Commando de France  Trepel10

    Né le 21 septembre 1908 à Odessa, sa famille quitte la Russie au moment de la révolution bolchevique, et s'installe en Allemagne. Le jeune Charles y fera de solides études, qu'il termine en 1931, avec un diplôme d'Ingénieur-Electricien. Témoin de la montée du nazisme, il décide de gagner la France, où l'une de ses tantes est déjà établie. Ayant sollicité la naturalisation française, il doit effectuer son service militaire, qu'il termine à la suite d'un stage qui l'élève au grade de Sous-lieutenant d'Artillerie de Réserve.

    Rendu à la vie civile, il commence par une activité commerciale, puis entre à la Direction des Éditions de Livres d'Art "Gründ". Mobilisé dès septembre 1939, il est élevé au grade de Lieutenant.
    Il est démobilisé après l'Armistice de 1940, regagne Paris et décide aussitôt de tenter de rejoindre l'Angleterre. Il passe la frontière des Pyrénées le 27 juillet 1941, mais, fait prisonnier, il s'évade et se retrouve à Barcelone où il parvient à embarquer sur un cargo grec qui le mène à Gibraltar. De là il gagne l'Angleterre, où dès le 24 octobre 1941 il signe un engagement aux FFL.
    Il est envoyé dans un camp de l'Armée de terre, mais cette vie oisive ne le satisfait guère. En mars 1942, il prend contact avec les Opérations Combinées et obtient un détachement pour suivre un training commando au Camp d'Achnacarry, en Écosse, lequel s'ouvrira désormais aux volontaires étrangers.

    A la fin de son training, il assistera à l'arrivée du Lieutenant Interprète et du Chiffre Philippe " " " " , accompagné du Lieutenant des Équipages Francis Vourc'h et de vingt-quatre volontaires.
    Dûment breveté, Trépel est présent lors de l'inspection de l'Amiral Auboyneau. Premier français breveté Commando britannique, il va décider de se joindre à la troupe de " " " " , en qualité d'adjoint, accompagné d'un petit groupe de volontaires de l'Armée de Terre.
    Le n°10 Commando Inter-allié va séjourner jusqu'en mai 1943 au Pays de Galles et compte alors au titre de la Troop 1 de l'Unité quatre-vingt subsistants, dont quinze d'entre eux ont participé le 29 août 1942 au raid de Dieppe, opération où la petite unité a eu son premier mort, Maître Montailler, et un prisonnier qui parviendra à s'évader et à rejoindre l'Unité en juin 1943.

    C'est une époque d'intense activité. En mai 1943, un groupe d'une cinquantaine de volontaires, conduit par le Lieutenant des Équipages Alex Lofi, arrive en Angleterre, venant du Liban où leur Unité, le 2ème Bataillon Fusiliers-Marins, venait d'être dissous, leur mission de gardes des côtes libanaises depuis près de deux ans ayant été supprimée. A ce groupe va s'adjoindre un jeune aspirant sorti de l'École des Cadets, ainsi que quelques volontaires FNFL et un groupe d'hommes venant soit d'Afrique du Nord, soit récemment libérés d'Espagne, où certains avaient été détenus depuis plus de deux ans.

    La création d'une deuxième troupe française, la n°8 du 10 Commando est alors décidée. Le Lieutenant Trépel, élevé au grade de Capitaine, en sera le chef. Cette nouvelle troop arrive au Commando Dépôt le 27 juin 1943 et subira l'entraînement intensif Commando jusqu'au 27 juillet. A cette date, le Capitaine Trépel peut estimer qu'il a en mains une Unité soudée, où les différences d'origines se sont totalement estompées. C'est aux côtés de ses hommes qu'il va suivre pour la troisième fois le dur entraînement au Commando Dépôt.

    Très proche de ses hommes, sans être familier, il est attaché à connaître le caractère de chacun. Ayant lui-même participé en tant que chef à presque tous les exercices, il sait sur lesquels il peut compter. La majorité de la nouvelle troupe l'adore et lui fait entièrement confiance ; seuls quelques individus le craignent, sachant qu'aucune faiblesse ne serait tolérée, il demeure aussi dur pour ses hommes que pour lui-même.


    Capitaine Charles TREPEL  Commando de France  Dague_10
    (Tiré d'un site : ICI)

    Un anecdote est révélatrice de son esprit : la troupe composée de 75 hommes se trouve scindée en deux groupes en vue des marches d'entraînement. Un matin, le Capitaine Trépel accompagne successivement chacun des groupes. A l'arrivée, l'Aspirant Hulot, exténué, se laisse tomber au sol et s'adresse au Capitaine : " Je suis épuisé, comment avez-vous pu faire cette quick march deux fois de suite ? ". La réponse du Capitaine fut immédiate : " C'est le mystère du commandement. Si vous le désirez, levez-vous, nous partons ensemble, ce sera mon troisième 10 miles, et vous verrez qu'on peut arriver à le faire deux fois ! ". Hulot ne s'est heureusement pas levé, mais le Capitaine Trépel était homme à effectuer un tel exploit.

    De retour à Eastbourne, dans le Sussex, d'où l'on peut apercevoir par beau temps les côtes de France, l'entraînement ne va jamais cesser, et tous s'attendent à être engagés dans des opérations d'un jour à l'autre. Début octobre 1943, l'Amiral Thierry d'Argenlieu vient inspecter l'Unité, et de façon solennelle annonce que la première compagnie F.M. Commando va prendre le titre officiel de 1er Bataillon Fusiliers-Marins Commando et qu'il passe dès ce jour sous la responsabilité des autorités britanniques, étant désormais apte à participer à des opérations de raids.
    Dès le 10 octobre1943, l'Unité éclate et va être répartie en divers lieux, préparant fiévreusement une série de dix opérations "Hardtack" sur les côtes de l'Europe occupée.

    Ces coups de mains de sondages sont prévus pour la nuit du 24 au 25 décembre, mais, compte tenu des conditions climatiques et de la disponibilité des bateaux de la Royal Navy, seulement six d'entre elles sont exécutées alors que quatre sont annulées dont celle du Capitaine Trépel, prévue sur Berck.
    C'est à cette époque que Trépel charge un de ses Commando d'étudier un badge pour l'Unité. Il sera effectivement réalisé début 1944.

    Toutefois, Trépel estime à ce stade qu'il lui est impossible d'assurer un Commandement alors que son raid vient d'être annulé. Il obtient des Anglais une seconde chance, un raid sur la côte hollandaise, où deux équipes britanniques avaient précédemment échoué.
    C'est le raid de Wassenaar, à 12 km au nord de La Haye.
    Opération entreprise le 27 février, puis remise au 28, le Capitaine Charles Trépel accompagné de cinq de ses hommes de la Troop 8, prirent place dans le canot de caoutchouc leur permettant de gagner le rivage depuis le Doris qui les avait amenés : on sait qu'il y a eu des bruits et des lueurs à terre, l'équipe du raid ne revint pas. Les corps furent retrouvés lors de la Libération de la Hollande, enterrés sommairement sous de fausses identités comme "Aviateurs de la RAF".
    L'époque exaltante des raids prenait fin. Malgré toutes les recherches entreprises par les autorités anglaises et hollandaises, le mystère de leurs morts reste une énigme.

    On pourra lire un article complémentaire sur ce raid. « L’étrange mystère du commando Trepel « ICI


    Cette période de raids avait coûté à l'Unité neuf morts, et quatre disparus purent rejoindre l'Unité en 1945. Entre temps, il y a eu le 6 juin 1944 et la Libération du territoire. A l'endroit où périrent le Capitaine Trépel et ses compagnons, à la "Borne 91" sur la plage de Wassenaar, un monument rappelle leur sacrifice.

    Source Soldat de France

    Aujourd'hui, une Unité de Commandos Marine porte son nom et garde sa mémoire.

    Capitaine Charles TREPEL  Commando de France  Langfr10


    Voir la présentation succinte sur le site de la Défense  ICI


    On trouvera un autre récit concernant Capitaine Charles TREPEL sur le site fondation de la France Libre avec le témoignage de l’un de ses hommes ICI

    Petit extrait
    « …Au cours des marches qui étaient de plus en plus rapides et de plus en plus longues, les groupes devaient terminer le parcours au complet. Fréquemment des hommes épuisés perdaient à demi connaissance, ou s’évanouissaient en cours d’exercice. Traînés, portés même au besoin par leurs camarades, ils franchissaient l’arrivée avec les autres.
    Trépel qui était à ce camp pour la troisième fois suivait, scrupuleusement, tous les exercices, se chargeait d’un sac ou d’un fusil pour soulager un de ses hommes épuisés. Mais en école anglaise il se faisait un point d’honneur de ne jamais intervenir dans la formation. Fidèle observateur, il encourageait les groupes, très rarement les individus.
    Une anecdote montrera ce qu’il était, mieux qu’une longue description. À ce moment qui se situe à peu près au milieu du training, je fus victime d’une éruption d’anthrax, très douloureux sur les jambes, reste de la longue détention faite pour atteindre l’Angleterre. L’un d’eux se déclara de façon malheureuse sur un orteil et dut être ouvert au bistouri. Ayant pratiqué cette petite opération, le docteur anglais m’inscrivit pour quatre jours de repos, mais je regagnais la baraque, juste au moment où ma section partait pour un 20 milles forcé. Tous les exercices devaient être faits sous peine d’un renvoi immédiat ; je pris le départ et je ne sais comment, me frottant au passage le visage aux branches d’arbres mouillées pour oublier la douleur, parvins à faire cette marche dans le temps.
    Trépel m’avait observé et ne dit rien à l’arrivée. Une demi-heure plus tard, il prit seulement connaissance de la note du médecin et vint me trouver dans la baraque. Il me dit simplement : « c’est très bien, nous sommes contents de vous, vous avez fait un excellent temps ». Dans les jours qui suivirent, il me demanda à plusieurs reprises si ma blessure se refermait et de le prévenir si j’estimais ne pouvoir tenir…
    »


    Dernière édition par CASTOR2 le Lun 4 Mai - 18:36, édité 1 fois (Raison : Rajout d'un extrait Fondation France Libre)
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