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    Il faut sauver Geneviève de Galard

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    Il faut sauver Geneviève de Galard Empty Il faut sauver Geneviève de Galard

    Message par LANG le Jeu 23 Avr - 12:14



    Un aviateur nous raconte…

    Tentative de sauvetage de Geneviève de Galard


    Diên-Biên-Phù 1954.
    Je vais vous raconter notre tentative désespérée et suicidaire pour essayer de récupérer à Diên-Biên-Phù Geneviève de Galard et son équipage.
    C'était donc fin mars, vers le 28 ou 29, que la bataille faisait rage. Au cours d'une tentative d'atterrissage de nuit pour essayer de récupérer quelques blessés, l'avion, piloté par le commandant en second du groupe "Béarn", et dans lequel était Geneviève de Galard, avait été endommagé à l'atterrissage et n'avait pas pu redécoller. Et, bien entendu, à l'aube, les Viets artilleurs se sont fait un malin plaisir de le détruire.
    La nuit suivante, le commandant du groupe "Béarn", avait tenté d'aller très courageusement le récupérer et n'avait pas pu réussir en raison des conditions météo épouvantables. C'était donc un largage de jour. J'étais en train de larguer des munitions sur le camp retranché. Une DCA épouvantable. Je me souviens : à un moment donné, trois obus de DCA ont secoué l'avion et les dispatchers qui étaient à la porte sont venus me trouver un peu pâles, en me disant :
    - « Mon Lieutenant, ça a pété à hauteur de la porte ».
    Inutile de dire que l'on était serrés de près.
    On a pu mener à bien notre mission. On avait terminé quand j'ai été interpellé à la radio par le commandant du Groupe "Béarn", plus exactement par le commandant en second, le Cdt Blanchet qui était le pilote de Geneviève de Galard et qui m'a assez violemment pris à partie, pas moi personnellement - il ne savait pas qui était le pilote de ce Dakota qui tournait au-dessus de la cuvette. Il m'a dit :
    - « Quand est-ce que vous allez vous décider à venir nous tirer de là. Ce sera la première fois dans son histoire que l'Armée de l'air abandonne un équipage aux mains de l'ennemi ».
    Le pauvre homme était désespéré. Moi, j'étais embêté, et, pour m'en tirer, j'ai dit :
    - « Eh bien écoutez, mon commandant. Moi je fais ce qu'on me dit de faire. Si on me donne l'ordre de venir vous chercher, j'essaierai ».
    J'avoue honnêtement que j'ai dit cela pour me tirer d'affaire. Je ne me faisais aucune illusion quant aux chances d'aller le récupérer. Et je ne pensais déjà plus à ça.
    On est rentré à Hanoï. Je finissais de dîner quand le commandant du groupe "Sénégal", le Cdt de Saint-Marc et le chef des opérations, le Cne Rougier, sont venus me trouver et m'on dit :
    - « Eh bien, voilà ; il paraît que vous êtes volontaire pour aller récupérer l'équipage du Cdt Blanchet et Geneviève de Galard. Et bien ! Mon petit vieux, vous allez y aller ».
    Inutile de vous dire, vous aviez vu l'ambiance.
    On s'est retrouvé aux pieds du Dakota avec le moral. Il fallait y aller ? Il fallait y aller ! Je vous dis franchement que nous ne nous faisions aucune illusion : nous étions certains qu'une nuit plus tard nous serions morts.
    On est arrivé sur la cuvette, la bataille faisait rage. C'était, je crois, la nuit du 29 au 30, ou du 30 au 31 mars 1954. Ça illuminait de partout. Je fais une première tentative et j'ai été obligé de remettre les gaz à basse altitude parce que le gonio qui était censé me donner quelque cap ne pouvait pas le faire, le pauvre bougre : il prenait des 105 plein la gueule. J'ai donc remis les gaz.
    J'ai voulu faire une deuxième tentative et, à ce moment, le Cdt Guérin, pilote de chasse, qui, sur sol, réglait, pendant toute la bataille avec un calme et un sang -froid admirables le ballet aérien, d'une voix presque en colère m'a dit :
    - « Adias, arrêtez vos conneries. Je vous donne l'ordre de rentrer à Hanoï ».
    Et nous sommes rentrés sur Hanoï. Inutile de vous dire qu'au retour, les gars de l'équipage, ils chantaient...
    Ça a été la dernière tentative. À partir de ce moment-là, jamais plus personne n'a pu atterrir sur le terrain de Diên-Biên-Phù, et l'équipage et Geneviève de Galard sont restés prisonniers.
    Je dois reconnaître que si nous sommes en vie, on le doit à l'autorité dont à fait preuve le Cdt Guérin qui était un grand monsieur et qui a pris sur lui de dire :
    - « Arrêtez vos conneries. Rentrez, vous allez vous faire tuer pour rien ».

    Mais l’histoire n’était pas entièrement terminée…


    Le retour de Geneviève de Galard


    Je vais vous raconter comment, nous avons, avec mon camarade Duchenoy, ramené Geneviève de Galard de Diên-Biên-Phù.
    La bataille allait se terminer et les Viet-Minh avaient autorisé un certain nombre de très grands blessés à être libérés et rapatriés sur Hanoï. Les évacuations se faisaient - la piste de Diên-Biên-Phù n'étant plus utilisable puisqu'elle avait été criblée par des obus de gros calibre - soit par hélicoptère, soit par avions légers sur Luang-Prabang, la capitale du Laos. Et de là, nous les ramenions en Dakota vers Hanoï.
    Donc, ce jour-là, nous partions avec mon camarade Duchenoy pour Luang-Prabang pour faire une rotation et ramener des blessés.
    En Indochine, les pleins normaux des Dakota étaient de 500 gallons, c'est à dire en gros, 5 h d'autonomie, ce qui était, pour ce genre de mission, largement suffisant.
    Premier problème : arrivés à Luang-Prabang, on nous dit :
    - « Bien, voilà, vous allez faire une reconnaissance du côté de Diên-Biên-Phù. Il se peut qu’il y ait des gens qui ont pu casser l'encerclement des Viet Minh et qui errent dans la jungle. Essayez de les repérer ».
    Cela nous avait fait perdre encore une bonne heure cinquante de vol. On a rien vu, mais on a fait une heure cinquante de vol. Prudent, je voulais recompléter mes pleins d'essence à Luang-Prabang. Pas de chance, l'adjudant qui était gestionnaire de l'essence, arrivée en bidons de 200 litres - il n'y avait pas de citerne - me dit :
    - « Écoutez. Je suis très embêté. Il ne me reste presque pas d'essence et le peu que j'ai, il me le faut pour les avions et les hélicoptères qui vont chercher les blessés à Diên-Biên-Phù ».
    Je fais le point de l'essence qui me restait avec le mécanicien et je dois ajouter qu'entre autres qualités le Dakota avait des jauges d'essence qui étaient réputées très justes, très fiables. On fait le point avec le mécano : pas de problème, ça devrait passer, on devrait arriver à Hanoï avec une sécurité correcte.
    C'est ce jour-là donc qu'avec des blessés, nous ramenions, aussi Geneviève de Galard qui avait été libérée par les Viet-Minh.
    Nous avons décollé de nuit et nous étions à peu près à mi-parcours, travers de l'ancien camp retranché de Nasan. D'un seul coup le moteur droit se met à avoir des ratés et on constate que nous n'avions plus de carburant dans les réservoirs côté droit.
    Nous avons été obligés de continuer la route en pompant tout sur le réservoir de gauche en nous disant : pourvu que ça ne fasse pas pareil.
    Et du coup j'ai demandé un atterrissage d'urgence sur le terrain de Bach-Maï, alors que l'atterrissage était prévu de l'autre côté sur le terrain de Gia-Lam. Je risquai de ne pas avoir assez d'essence pour gagner ce terrain et de terminer notre carrière dans les flots du Fleuve Rouge qui, à cet endroit avait 7 km de large. Ce n'est pas un petit ruisseau.
    Nous nous sommes posés en urgence et de nuit sur le terrain militaire de Bach-Maï. Nous avons dégagé la bande et les deux moteurs se sont arrêtés : nous n'avions plus une goutte d'essence dans les réservoirs. Et nous avons fait une arrivée triomphale au parking, tiré par un tracteur.
    Et voilà comment le retour triomphal de Geneviève de Galard a failli se terminer par un plongeon final et définitif dans les eaux du Fleuve Rouge.
    Arrivés sur le parking, toujours tirés par notre tracteur, il y a eu un gag.
    Il y avait, bien sûr des journalistes, des photographes, etc, qui ne s'occupaient que de Geneviève de Galard. Et je me suis mis dans une colère noire, parce qu'à bord nous avions des mourants et personne ne semblait s'en occuper. Je me suis mis dans une colère épouvantable et j'ai engueulé tout le monde. Et à ce moment-là, j'ai vu la scène : un brave général de l'Armée de terre s'est précipité pour brancarder les malheureux blessés...

    Il faut sauver Geneviève de Galard G_de_g10


    Et voilà comment s'est terminé le retour glorieux de Geneviève de Galard à Hanoï.

    Jean ADIAS

    Texte et photo publiés avec l’aimable autorisation de Jean-Pierre Houben du site Histoires d’Aviateurs
    Source : http://aviateurs.e-monsite.com
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    Il faut sauver Geneviève de Galard Empty Re: Il faut sauver Geneviève de Galard

    Message par Hericourt Louis le Jeu 23 Avr - 12:40

    Une belle histoire, mais une belle histoire ou les protagonistes risquaient leurs vies.
    J'ai eu l'occasion de rencontrer Madame de Galard en 2007, si sa présence à Dien Bien Phu était un coup du sort, sa conduite elle ne doit rien au hasard.
    Anonymous
    Hericourt Louis
    Invité


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