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    Victor Iturria, les SAS, Zirnheld

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     Victor Iturria, les SAS, Zirnheld  Empty Victor Iturria, les SAS, Zirnheld

    Message par bretivert le Mar 14 Avr - 15:57



    Alors que certains de leurs camarades participent en cette fin du mois d’août à la Libération de Paris, que d’autres ont regagné l’Angleterre en Dakota depuis l’aérodrome de Meucon pour s’y faire soigner ou récupérer des Jeeps dans la perspective de nouvelles opérations en France, une partie des parachutistes du 4 SAS – ceux-là même qui ont sauté à Duault ou Saint-Marcel à partir de la nuit du 5 au 6 juin – œuvrent désormais aux limites du Morbihan, de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Inférieure : il s’agit, en coordination avec les Américains et les bataillons FFI/FTP, de contenir les forces allemandes dans les poches de Lorient et Saint-Nazaire en cours de constitution, de tester leurs défenses aussi.

    Les SAS de la France libre délaissent donc très largement les tactiques de guérilla qu’ils ont mis en œuvre pendant plus de deux mois en Bretagne au profit de patrouilles de reconnaissance en Jeeps, des véhicules pour la plupart parachutés ou déposés par planeurs dans le Morbihan au début du mois d’août.

    La mort au coin du bois

    Le 25 août, le sergent-chef Iturria, accompagné de trois autres parachutistes, dont Louis Le Goff, un Breton, comme lui Français libre de la première heure, rendent visite à l’un de leurs camarades blessés, soigné à l’hôpital de Redon. Sur la route du retour vers Blain, la Jeep du petit groupe tombe dans une embuscade tendue par des soldats allemands, à proximité de la maison forestière de Carheil, en forêt du Gâvre.

    Marc Maigret et Victor Iturria sont tués sur le coup, sans doute par les tirs d’une mitrailleuse, tandis que le véhicule termine sa course au fossé. Les deux survivants, Golder et Le Goff, bien que blessés, parviennent à s’échapper à pied à travers bois. Ils sont recueillis à quelques kilomètres du lieu de l’embuscade par deux autres SAS revenant de patrouille, qui ont, eux aussi, essuyé des tirs. Ils ne peuvent rien cependant pour Iturria et Maigret.

    Les deux parachutistes sont les derniers d’une longue liste à être tué au combat en Bretagne – deux autres SAS, Gabriel Creten et Pierre Jeannot, meurent de leurs blessures à Vannes et Auray les 28 août et 11 septembre suivant.

    Iturria est une figure à part cependant dans le petit monde des parachutistes de la France libre : s’il n’a participé qu’à la dernière phase des combats de la Libération de la Bretagne puisqu’il n’y a été parachuté que dans la nuit du 3 au 4 août, en compagnie d’une quinzaine d’autres SAS et de quatre Jeeps du squadron motorisé du 4 SAS, c’est avant tout un vétéran de la 1e Compagnie d’infanterie de l’Air (1e CIA), la première unité parachutiste de la France libre.

    Un des premiers Français libres

    Né à Bassussarry en 1914, ce champion de pelote basque est mobilisé en 1939 et participe à la campagne de mai-juin 1940 au cours de laquelle il décroche une citation après avoir été blessé au combat de Souchez, le 23 mai, alors qu’il sert comme tireur au canon antichar.
    Évacué sur un navire-hôpital depuis Dunkerque, il rejoint la Grande-Bretagne le 31 mai où il est hospitalisé jusqu’au 10 juillet.
    Le 25 août 1940, il rejoint les Forces françaises libres. Il est affecté à la 1e CIA, officiellement constituée en Grande-Bretagne le 15 septembre 1940 par le capitaine Bergé. Breveté parachutiste en mars 1941 – son brevet porte le n°407 –, il rejoint en janvier 1942 l’Egypte et le camp de Kabrit où l’unité devient le French Squadron de la SAS Brigade, mise sur pied quelques mois plus tôt par Lord Stirling.

    C’est dans les rangs des SAS que le caporal puis sergent Iturria se distingue dans des opérations particulièrement audacieuses sur les arrières de l’ennemi, notamment contre l’Afrika Korps de Rommel.

    Des raids sur les arrières de l’Afrika Korps en Libye et Tunisie

    En juin 1942, il est ainsi du vaste raid lancé contre une demi-douzaine d’aérodromes allemands et italiens en Libye mais aussi en Crète. Le groupe de cinq hommes commandé par l’aspirant Zirnheld, auquel appartient Itturia, est déposé le 11 juin dans la soirée par les Chevrolet du LRDG britannique à une trentaine de kilomètres de l’aérodrome de Berka III, près de Benghazi. Il faut deux nuits d’infiltration aux SAS français pour approcher de leur objectif.

    Le 12 au soir, ils passent à l’attaque. Après avoir éliminé plusieurs sentinelles, les parachutistes parviennent à détruire six avions, déclenchant une riposte sévère de la part de l’ennemi. A cours de munitions, profitant de la nuit, ils parviennent à se replier sans pertes. Ils retrouvent alors le groupe du captain Mayne, futur commandant du 1 SAS britannique, qui a attaqué l’aérodrome de Berka I au même moment, puis les équipes conduites par le major Stirling et le lieutenant Gurdon, du LRDG.

    Au cours des huit opérations SAS menées conjointement lors de cette nuit du 12 au 13 juin 1942 contre les aérodromes d’Héraklion (en Crête), Derna-Est, Derna-Ouest, Martuba III, Berka I, Berka III, Benina et Barce, un SAS – le Breton Léostic – a été tué, 17 ont été capturés, mais 34 avions italiens et allemands ont été détruits, 12 autres endommagés, tandis que plusieurs dépôts de munitions et de carburant ont été réduits en cendres.

    Dans la nuit du 26 au 27 juillet, Iturria est aussi du raid contre l’aérodrome principal de Sidi Haneish. 18 véhicules SAS participent à l’opération, dont trois Jeeps conduites par des parachutistes du Free French Squadron. Armés chacun de quatre mitrailleuses Vickers, les véhicules commandés par le major Stirling foncent en deux colonnes sur la piste d’aviation allemande, mitraillant les avions qui se trouvent de part et d’autre : plusieurs dizaines d’aéronefs ennemis sont détruits à cette occasion, au prix de pertes limitées pour les SAS.
    C’est cependant au lendemain de cette attaque que l’aspirant Zirnheld est mortellement blessé lors d’une attaque aérienne : le caporal-chef Iturria apparait d’ailleurs comme témoin sur le rapport faisant état du décès de l’officier.

    Quelques semaines plus tard, on retrouve Iturria parmi les Free French qui participent à l’opération Snowdrop contre Benghazi. Si le raid échoue en raison d’attaques de l’aviation ennemie qui, selon toute vraisemblance, avait eu vent de l’opération (67 des 75 véhicules sont détruits…), la quasi-totalité des 220 SAS français et britanniques engagés parviennent à regagner leurs bases. On les retrouve donc au cours de l’automne 1942 puis de l’hiver 1942-1943 menant des opérations sur les grands axes de communication ennemis, de part et d’autres de Tripoli dans un premier temps, puis en Tunisie début 1943. Le groupe du sous-lieutenant Legrand, auquel appartient Iturria, est ainsi l’un des premiers à faire sa jonction près de Gafsa avec les GI’s de la Ie Armée américaine, débarqués en Algérie et au Maroc au mois de novembre 1942.

    Préparer la Libération de la France

    Autant dire que, lorsque les SAS français rescapés de cette campagne d’Afrique du Nord regagnent la Grande-Bretagne, courant 1943, Iturria fait figure, auprès des nouvelles recrues, d’un « ancien » respecté2. Sans doute n’est-ce pas un hasard si, le 14 juillet 1943, lorsque la 1e( CIA défile à Londres à l’occasion de la fête nationale, c’est lui qui en porte le fanion. Promu sergent, il appartient à ces cadres aguerris sur lesquels le commandant Bourgoin, qui prend la tête de ce qui est devenu un bataillon SAS français libre, le 4e BIA/4 SAS, peut se reposer alors que l’entraînement s’intensifie, en Ecosse notamment.

    Sans doute l’attente de l’engagement en France, dans les combats de la Libération fut-elle longue pour Iturria à l’été 1944 : alors que les premiers SAS français sont parachutés en Bretagne dès la nuit du 5 au 6 juin, puis, dans le cadre des missions de sabotages dites Cooney Parties, dans la nuit du 7 au 8 juin, alors que nombre de ces anciens camarades qui, comme lui, se sont battus en Afrique du Nord, combattent aux côtés des résistants bretons, ce n’est que début août que le sous-officier touche à nouveau le sol de France, plus de quatre années après l’avoir quitté. Il y trouve la mort une vingtaine de jours plus tard.

    Son parcours au sein de la France libre depuis juin 1940 lui vaut cependant d’être fait Compagnon de la Libération à titre posthume le 29 décembre 1944. 17 autres SAS sont dans ce cas. Iturria est cependant le seul à ne pas être officier.      


    Yann LAGADEC et David PORTIER



    Pour en savoir plus :

    Sur les SAS de la France libre en général :

    PORTIER, David, Les parachutistes SAS de la France libre, 1940-1945, Paris, Nimrod, 2010.

    Sur les SAS en Bretagne :

    CORTA, Henri et alii, Qui ose gagne. Les parachutistes du 2e RCP (4e SAS). France-Belgique (1943-1945), Vincennes, SHAT, 1997.

    LAGADEC, Yann, « Entre l’Etat-major allié, la France libre, et la Résistance intérieure : les bases radio des forces spéciales dans les Côtes-du-Nord à l’été 1944 », in HARISMENDY, Patrick et LE GALL, Erwan (dir.), Pour une histoire de la France Libre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, p. 122-145.

    LAGADEC, Yann, « Transmissions et actions spéciales : les opérations de l’été 1944 en France », Revue historique des Armées, 2008, n° 251, p. 112-121.

    LAGADEC, Yann, « La Résistance bretonne vue par les forces spéciales alliées en 1944 », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2004, p. 515-533.

    PORTEAU, Olivier, « Esquisse d’un bilan réévalué de l’action des parachutistes français en Bretagne : mission militaire et/ou politique ? », En Envor, revue d'histoire contemporaine en Bretagne, n°2, été 2013.
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